mere-pas-top

Bon Pont

  Mère-ma-soeur, attache ta ceinture, nous traversons une zone de turbulences.

Certains les appellent des ponts, on peut même les voir comme des viaducs, en réalité toi et moi savons bien ce qu'il en est.

Ce sont des trous d'air tout simplement.
L'équivalent de ces très désagréables moment en aéronefs où tout en sachant que ce n'est pas grave, on ne désire quand même qu'une seule chose...
Que ça s'arrête!!!

Que s'arrêtent ces interrogations pleines d'entrain qui nous cueille dès 7 h38 le matin alors que seul un de nos deux yeux a accepté de s'ouvrir, juste le temps de visualiser la cafetière, le café et la tasse qui va avec.
-    "On fait quoi aujourd'hui?"

Et que s'arrête leur corrolaire
    -"Pfffff, c'est nul, nan j'veux pas"
alors qu'avec la mine réjouie d'une ménagère qui vient de tester une nouvelle lessive, nous leur proposons une activité dans l'organisation de laquelle nous avons investi un temps et une énergie tels, que même notre Président du temps où il était monté sur ressort n'a jamais eue.
-    "Attend ma chérie mais c'est une exposition-atelier de création de statue d'animaux en chocolat avec projection de photos et préparation d'un film, le tout dans un complexe sportif doté d'une piscine à vagues.
-    ""Pfffff, c'est nul, nan j'veux pas, j'veux rester à la maison"

Nous sommes donc en période de ponts, zones de turbulences dans l'organisation de la vie de la marmaille, qui nous voit nous creuser les méninges pour savoir comment les occuper un jeudi ou un lundi, et si on a pensé à racheter du beurre parce que demain et après-demain c'est fermé.

Mais finalement,j'espère que tu en profites bien mère-ma-soeur et que tu penses comme moi :
C'est quand même cool de pouvoir piquer un roupillon sur l'herbe au soleil un jeudi après-midi à une heure à laquelle on est encore censée travailler.

Même si la marmaille s'agite autour de nous.
Surtout, si la marmaille s'agite autour de nous et qu'on la sent à portée de bisous.

Bon Pont

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7 Mai 1908

  Aujourd'hui ma Grand-Mère a 100 ans.

Je ne l'appellerai pas pour lui souhaiter un bon anniversaire. Elle n'aime pas les anniversaires. Les siens, ceux des autres, je ne l'ai jamais vue en souhaiter un seul.
 Elle regarde d'un air un peu méprisant cette manie qu'on a de nos jours de souffler des bougies dans tous les sens.

Le Maire qui voulait venir avec son écharpe et ses flonflons fêter "notre nouvelle centenaire" a été prié de rester dans ses pénates.
Manque de goût, manque de décence, manque de pudeur. N'approche pas Monsieur le Maire.

Hier, il y a 10 ans, ma grand-mère a eu 90 ans. A l'époque elle m'avait confiée cette impression d'être victime d'une blague, ce sentiment d'irréalité.
    -"Est-ce-que tu comprends?"
Oh oui Grand-Mère je te comprends! Comment, même à 90 ans, peut-on accepter l'idée d'être une vieillarde? Comment se ressentir ainsi, même si le corps lâche de partout, même si les amis disparaissent de vieillesse, même si l'époque de notre enfance est depuis longtemps dans les livres d'Histoire?
Oh oui je comprends que ce sentiment qu'on a tous, adulte, du décalage entre notre âge réél et celui qu'on ressent, ce sentiment  ne disparaît jamais. L'étonnement de fêter déjà nos 30 ans alors que nos vingt ans sont si récents, l'irréalité de souffler 40 bougies quand on se sent tout juste avoir dépassé la trentaine, l'ahurissement d'avoir déjà 50 ans alors qu'on pensait seulement s'approcher de la quarantaine, et ainsi de suite.

Et quand on arrive à 90 ans cette irréelle impression d'être la vieillarde des autres.
Et quand on arrive à 100 ans ce sentiment d'être un phénomène de foire.

Ma Grand-Mère n'a pas la télé : elle ne l'a jamais voulue.
Ma Grand-Mère n'a pas la radio : elle ne l'a jamais voulue.
Ma Grand-Mère a arrêté d'aller au cinéma à la mort de son mari, quelques mois avant ce joli mois de mai 68.

Ma Grand-Mère lit. Enormément, goulûment assidûment. Mais qu'aucune scène avec quelque relation charnelle ne soit contenue dans les pages, sinon le livre est  remisé irrémédiablement. Certains livres jugés comme pornographiques selon ses critères très très personnels ont même fini dans la cheminée, sans autre forme de procès.
Oui ma Grand-Mère peut avoir la censure littéraire assez excessive.

Ma Grand-Mère est historienne. Les conversations avec elles ne sont pas communes. Sans télé, radio ou journaux, elle ne suit que de très loin l'actualité. Le commentaire d'un fait divers sordide est un exercice qui lui est inconnu et impossible,  jamais elle ne lit un article en entier une fois que l'effroyable réalité de tel ou tel fait divers lui apparaît.

Alors, dans nos conversations nous évoquons la famille, les amis ou les acteurs qui nous ont toutes les deux fait rêver. Elle, ayant connu leur éclosion et leur gloire (ah Gérard Philippe dans Les Grandes Manoeuvres et Pierre Fresnay dans Marius), moi les ayant souvent découverts de manière posthume. Puis la discussion dérive sur les maréchaux d'Empire ("lequel est ton préféré?"), Le roi François 1er à qui la préseance offre la tâche de donner un nom à cette nouvelle variété de prune qu'on vient de déposer sur la table royale ("Cette prune est douce et tendre comme ma mie la Reine, nous l'appellerons Reine-Claude"), la tête que ferait l'Abbesse de Rochechouart "si elle se voyait ainsi accolée à ce révolutionnaire de Barbès".
En réalité elle évoque, j'écoute, me forgeant ainsi des connaissances historiques qui forcent l'admiration de mes amis.

Et puis toutes nos anecdotes familiales. Avec plus de trois dizaines de descendants, elle est un puits d'anecdote sans fond, même si les versions varient au fur et à mesure de leurs évocations, ce qui ne trouble que les personnes bien trop rigides.

Quand elle ne lit pas, ma Grand-Mère reste sur son fauteuil, le regard perdu dans le vague.
Plus jeune je ne comprenais pas. J'avais un peu pitié de ces moments à ne rien faire, forcément synonymes d'ennui dans ma tête de petite fille.
Maintenant que j'ai avancé, je comprends que le défilé de souvenirs puisse être une occupation très douce, même si mélancolique. Et peut occuper les longues heures de rêverie d'un corps qui n'a plus la capacité de bouger sans cesse.

J'ai connu beaucoup des amies d'enfance et de jeunesse de ma Grand-Mère. Ces petites filles qu'on voit à côté d'elle sur les photos d'avant la première guerre mondiale, elle qui avait un père si moderne possesseur d'un appareil photographique. Elle a l'amitié très fidèle. A plus de 80 ans elle les recevait encore dans sa maison, qui n'était pas sa maison d'enfance.
Sa maison d'enfance est restée de l'autre côté de la mer, dans un pays qui a retrouvé son indépendance mais qui pour elle restera à jamais "son pays". Même si elle n'y a plus jamais remis les pieds depuis qu'elle a reccueilli toute sa famille de ce côté-ci de la mer en cette année 1962 si triste pour elle.
    "Les abricots de mon pays Claire, ah si tu savais..."

Quand les amies ne viennent plus, c'est qu'elles ne sont plus là. Elles deviennent alors des images que ma Grand-Mère convoque lors de ses longues rêveries.
Elles deviennent aussi une de ces larmes qui parfois brillent dans son regard à l'évocation de tel ou tel souvenir.

7 Mai 2008.
Il y a 100 ans naissait ma Grand-Mère.

Une vie commencée sur le modèle du 19ème siècle et qui se poursuit jusqu'au 3ème millénaire.

PS : Je pourrais parler d'elle encore des heures, écrire des pages et des pages.
Lorsqu'elle n'avait que 99 ans, j'avais fait un autre texte pour elle à l'occasion du 11 Novembre qui pour elle n'évoque pas un jour de livre d'Histoire, mais un jour de sa vie. Ce texte est.

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Ecologiquement compatible


Mère-ma-soeur, puisque tu as la gentillesse de faire un tour par ici, c'est que tu te reconnais un peu. Un chouïa. Disons que parfois il t'arrive à l'insu de ton plein gré et sous le coup d'un renvoi d'hormones tout à fait déplacé de ne pas te comporter exactement comme le préconisent les magazines qui me furent chéris avant de me tomber des mains, j'ai nommé "Parents" ou "Enfants".

Ces magazines, qui, quel que soit le sens dans lequel ils prennent le problème, finissent toujours par nous abreuver de conseils péremptoires, applicables dans une vie irréélle.
Vie où la femme a été génétiquement programmée pour s'éclater et dans les activités de bambins
et dans la cuisine et dans les travaux manuels et dans la lecture à haute voix d'histoire de lapinours et dans l'organisation du rangement et dans ...

Bref où cette femme a été génétiquement modifiée!!!

Contrairement à moi.
 
Voilà, je suis donc fière de rédiger le premier blog de l'Histoire garanti sans OGM
Je suis d'ailleurs moi-même garantie sans conservateur (hélas).
Et pleine d'imperfections.

Comme un légume d'une  espèce ancienne boudée des producteurs car ne se laissant pas calibrer pour le format cagette.

Et si le Grenelle de l'environnement, au lieu d'avoir été seulement une vaste opération de communication de notre gouvernement actuel, avait eu pour réél but de poser les bases de changements radicaux de production et de consommation, il aurait pu s'attaquer à ce problème de la mère OGM présentée comme modèle universel.

Modèle totalement artificiel et ne se trouvant pas à l'état naturel sur notre bonne vieille Terre.

Avant de terminer mère-ma-soeur, et sans trop de rapport, il y a un petit moment que je voulais te faire l'aveu qui suit.

Je reçois parfois des remerciements pour ce blog et son côté déculpabilisant, qui est de lire sur l'interespace blogosphérien que la non-topitude maternelle existe ailleurs que chez soi.
Je remercie sincèrement toutes ces personnes qui prennent la peine de m'écrire de telles gentillesses.

Ça me fait vraiment plaisir de savoir que je réconforte tant de personnes qui peuvent se dire après avoir lu mes exploits:
-    "Ah ben il y a pire que moi"

Ah oui ça me fait plaisir!

Euh...

Attend...

 PS1 : En réalité, ça me fait authentiquement plaisir. Parce que c'est un peu le but de ce blog. Et les deux lignes qui précèdent, c'est just for fun.

PS2 : Blog sans OGM mais nourri par de nombreux Organismes Génétiquement Maternels (très mauvais jeu de mot, mais si je ne l'avais pas fait, un(e) autre se serait couvert de honte en faisant le plus mauvais jeu de mots de l'histoire des blogs. Je me suis dévouée...)

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Scènes de la vie ordinaire


Il y avait au fond d'un fichier, ce texte que je ne me décidais pas à mettre en ligne. Alors, entre un pont, un week-end ou une fin de vacances, quelques grammes de tendresse pour fêter l'arrivée du joli mois de mai et le début de la belle saison.

Obélix et Barbie flirtent avec pudeur, confortablement installés dans le carosse à paillette de la belle.

Un bateau de pirates les observe. Son capitaine est un vaillant pompier harnaché de pied en cap. Sous ses ordres, des chevaux intrépides, un âne courageux et un jardinier en tenue. Le dinosaure suit à la nage.

Dans la maison face à la mer un chien se prélasse sur la meilleure literie, tandis qu'un cheval tranquillement installé dans la cuisine est en grande conversation avec un tigre sans moustaches.

Prêt à l'abordage du bateau pirate, un drakar viking se prend pour un porte-avion depuis qu'un aéronef s'est installé sur son pont.

Du haut du château, qui ne comprend qu'une pièce installée au sommet de tant et tant de marches, un oiseau conte fleurette au chat dans sa baignoire.

Pendant ce temps là, un dauphin et un tigre se sont endormis dans le même lit, bien bordé des deux côtés.

Je referme la porte, tout va bien.

Les jouets vivent leur vie et les enfants dorment...

PS : Et je ne les ai pas réveillés pendant ma visite de pre-coucher. Yeah...
Apprendrais-je  enfin de mes erreurs?


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Jeune et Jolie

 Ce post je l'avais enlevé un matin. Toi dont la réaction m'avait tellement touchée, j'espère ne pas te refaire mal si tu le lis. Mais finalement, à la relecture et sans le contexte, il m'est apparu ce qu'il est, anodin.
Je m'excuse auprès des personnes très matinales qui ont donc déjà lu ce texte il y a plusieurs semaines, j'ai changé deux trois trucs cependant.

Mère ma soeur, ne nous voilons pas la face, une insulte nous menace gravement. Tôt ou tard, clairement énoncé ou juste pensé très fort, ce mot sera utilisé à notre encontre. Par la chair de notre chair:
    "Mais qu'est-ce-qu'elle me veut encore la vieille...!"

Il faut donc prévenir, pour que jamais au grand jamais cet adjectif sacrilège ne lui vienne en tête.
Permet-moi donc aujourd'hui de me prendre pour un blog girly en vogue et de donner un conseil-beauté: comment ne pas faire son âge?

Ce conseil est très simple, gratuit et pas fatigant.
Je suis en cela bien supérieure à ELLE qui t'indique des crèmes à 15 000 euros le litre et à Femme Actuelle qui t'indique des exercices que quand t'as fini de lire l'article tu transpires (d'angoisse à la vue de ces contorsions épuisantes).

 Non seulement ça fera du bien à mon ego, mais en plus avec un peu de bol, un stagiaire pas futé qui démarre son esclavage gratuit - non, son stage en entreprise pardon - dans une boite de pub, va se planter, lire "conseil-beauté" et m'envoyer des échantillons directs sans regarder le titre du blog. Je suis d'accord avec toi, c'est loin d'être probable. Dommage, mais moi je suis adepte de la devise kurlandaise : "sans essayer, n'aucun succès".

Ah ben zut alors, je voulais te donner des conseils et voilà que je me prends les pieds dans le tapis.

Car le principe de notre conseil beauté est en effet de déprogrammer son cerveau de certaines expressions.

Je ne te parle même pas d'effacer les apostrophes "De mon temps" ou "Quand j'étais jeune". Si tu en es à prononcer ce genre d'entrées en matières, ton cas dépasse ma compétence.

Non il s'agit de déprogrammer ton cerveau des références télévisuelles et musicales de ton enfance.

Prenons un exemple: si dans le vif d'une discussion comme celle que nous connaissons aujourd'hui, une phrase tirée directement d'un feuilleton vieux de trente et des bananes d'années te vient en bouche, empresse-toi de rajouter: "Comme dit toujours ma mère" ou alors "Tu connais ce feuilleton? Ma grand-mère en était fan!"
En clair éloigne les soupçons et met au moins une génération entre toi et ta référence culturelle.

De même si tu te mets à  chanter à tue-tête le générique de Starsky et Hutch
-     "Starskyyyyyy, et Hutch, ta ta ta ta ta ta ta !"
sans préciser immédiatement combien c'est sympa ces chaînes du câbles qui passent des vieux feuilletons d'avant la guerre, là je te dis c'est mort. Tu ruines des années d'application soigneuse de crèmes anti-rides et d'inscription en club de sport.

Petit à petit, il faudra également commencer à manier le concept "Casimir" et "Goldorak" avec précaution. Ces valeureux héros sont traîtres. Si à la moindre vue d'un homme avec de l'embompoint et un tee-shirt orange tu te mets à entonner:
-    "Voici venuuu, le teeeemps des rires et des chants"
crois-moi, autant donner ta date de naissance franco. Pour l'instant, elle est sympathique, mais entraîne-toi pour dans quelques années. Je connais personnellement une femme qui s'est grillée en entonnant le refrain de Colargol alors qu'elle postulait à un emploi-jeune.

La musique je ne t'en parle même pas, il est évident que la mort de Balavoine ne pouvait en rien toucher le nourrisson que tu étais et le premier concert des Enfoirés t'a été raconté par ton grand-frère. La mode Punk te rappelle les photos de ton grand-père jeune.

Et j'espère pour toi que le 6 Mai 2007 tu n'as absolument pas fait mine de reconnaître qui que ce soit dans les personnalités autour de Sarko et tu n'as pas dit:
-    "Mireille Matthieu? Elle existe encore? Ben ça ne nous rajeunit pas"
Car dans ce cas-là, crois-moi, autant raconter combien c'était chouette quand tes parents ont acheté leur première télé en couleurs. Et que la télécommande tu trouvais ça mortel!

Voilà, mère-ma-soeur, je t'ai fait un petit topo rapide pour que tu comprennes le concept. C'est simple, par sécurité il faut juste faire l'effort d'oublier immédiatement ce que tu regardes à la télé.
Oui je suis d'accord avec toi: en réalité vu l'inanité de la plupart des programmes, l'effort intellectuel réel serait de SE SOUVENIR de ce qu'on a vu cinq minutes auparavant.

Avant de terminer totalement, j'aimerais cependant t'indiquer la seule référence que tu peux te permettre de garder en tête et de citer à tout bout de champs:
"La petite maison dans la prairie".
Plus personne n'étant à même de se souvenir de sa première diffusion (1873? 1902? Les experts s'empoignent à ce sujet et des datations au carbone 14 sont en cours), ce feuilleton ne rentre plus dans la catégorie des cafteurs cathodiques.

PS: Au fait j'ai oublié de préciser:
Après la phrase:
"Dommage, mais moi je suis adepte de la devise kurlandaise : sans essayer, n'aucun succès",
il fallait lire:
" Mère-ma-soeur, tu connais ce feuilleton? Ma grand-mère en était fan!"
Quel feuilleton? Mais la Demoiselle d'Avignon bien sûr.


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Footeuse de mère

 

 Une idée assez répandue veut que le foot soit un sport très aimé des hommes, beaucoup moins des femmes.

Idée totalement fausse, des milliers de femmes peuvent le prouver.
A commencer par moi qui depuis une certaine coupe du monde de quand j'avais 10 ans de moins, sais qu'une équipe est composée de 11 joueurs.

 Plus 11 remplaçants ce qui nous fait un total de 22 mâles.
Et quels mââââles..!
Rhâââ (oui parfois les sportifs me font beaucoup d'effet).

Mais je m'égare, reprenons.
Certaines personnes, de mauvaise foi donc, prétendent qu'il suffit de regarder une famille française moyenne après le pique nique dominical sur un coin de prairie pour comprendre que le foot est un sport de mec.
Effectivement qui joue au foot avec les enfants? Hein? Qui?
Le père, l'oncle, le cousin voire l'amant de la grand-mère. Bref un représentant de la gent masculine. Point de paire de seins sur le terrain.

Alors là mère-ma-soeur permet-moi de pouffer, de me gausser et de m'esclaffasser.

Si, dans nos beaux parcs citadins, ce sont les pères qui tapent dans le ballon les après-midis dominicales, ce n'est pas une question de testosterone.
Point du tout.

Ou alors il faudrait admettre que la testostérone a une action directe sur les pieds masculins (autre que la propension à  l'odorifécation nauséabonde je veux dire), consistant à créer un geste réflexe de shoot dès qu'un ballon passe à proximité.
Cette hormone pourrait même les inciter à courir pour récupérer la balle si besoin.

Excusez-moi mais on est très loin de la réalité.
 
Réfléchissons un peu au problème. Que faut-il pour avoir envie de courir derrière un ballon un beau dimanche après-midi de printemps lorsqu'on se retrouve face à une étendue d'herbe verte? Quel est l'élément indispensable au réveil de cette envie?
De l'e-ner-gie!!!
Du peps, du ressort, de la vigueur ...

Toute une panoplie d'attributs totalement absents du corps de la mère-pas-top en fin de semaine.
Laquelle à la vue d'un bout de pelouse verte et chauffée par le soleil, se programme en mode bullage-automatique, les yeux fermés, le visage tourné vers le soleil, et le corps en repos absolu. Enfin...
Et non en mode
-    "Eh ici, ici, à moi vas-y fais une passe ouais c'est tout bon, shoote!"

Et oui mère-ma-soeur, la propension des mecs à jouer au foot le dimanche avec leurs enfants est une conséquence directe de l'inégalité dans la répartition des tâches ménagères dans le couple, (je rappelle que si un homme sur deux déclare faire la vaisselle, seulement 5% s'occupent du nettoyage des lieux d'aisance familiaux).
Voilà... Le dimanche le père a besoin de se dépenser, la mère cherche à reconstituer ses batteries pour la semaine à venir.  

Et que personne ne vienne me dire que si c'est le père qui s'y colle et non la mère, c'est juste parce que malgré sa fatigue, il fait l'effort d'occuper les enfants afin que pendant quelques instants ils oublient qu'elle existe et fichent enfin la paix à leur génitrice transformée en lézard..
Bref qu'il offre ainsi, discrètement et sans avoir l'air d'y toucher, un bon moment de repos à sa compagne.

Ça pourrait me donner mauvaise conscience et m'empêcher de piquer peinarde mon petit roupillon...

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Confiant...

  Qu'il est fier...

Lui aussi il y va, comme les autres, comme les grands.

Une expérience inédite, l'excitation de la nouveauté, le plaisir qu'on s'occupe de lui, seul avec moi, c'est lui la vedette.

Aujourd'hui c'est un grand jour. Il doit partir plus tôt de l'école, c'est important. Il l'a répété plusieurs fois à ses soeurs, l'a raconté tout heureux aux maîtresses, a vérifié plusieurs fois ce matin que c'était bien le jour et que je n'oubliais pas.

Il m'a rejoint enthousiaste quand je suis venu le chercher à l'école. Il se sent tout à coup tellement grand ce tout petit bonhomme.

Et moi j'ai le coeur tellement serré. L'impression de lui faire un mauvais coup, le sentiment de le prendre en traître.

Qu'il est fier...

Et que son air joyeux et confiant me serre le coeur lorsque nous entrons dans le cabinet dentaire pour y soigner sa carie...

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Comment survivre lorsqu'on est collègue de bureau de Claudia Schiffer? par Loop

 Hier je parlais de la difficulté de garder une estime de soi minimale quand on a une charmante collègue très élégante et clone de Claudia Schiffer, qui en particulier n'oublie jamais d'assortir son sac à ses chaussures.
Comprenant ma profonde détresse, Loop a écrit un comm très drôle et plein de conseils 100% pas-tops comme je les adore.

Alors pour ceux qui n'ont pas eu le temps de le lire hier ou qui sont passés trop tôt, voici son comm. En lisant son premier paragraphe, vous comprendrez qu'elle a toute autorité pour être redactrice-pas-top.

NB avant de vous laisser lire: sans doute d'un naturel extrêmement chaleureux, elle utilise parfois à mon égard des qualificatifs qui font rougir ma modestie. N'en tirez aucune conclusion hâtive sur nos relations intimes, c'est sans doute la licence poétique dont parlait mon charcutier hier qui a guidé sa main...

Ma chérie,

Je te parle en regardant mes enfants mettre des voitures dans leurs chaussettes et marcher pour faire le dinosaure. Ils sont toujours en pyjama, il est 11h18, et je viens de les bourrer de chocolat et de leur apprendre à s'emballer dans du papier-bulle pour pouvoir écrire tranquille, c'est te dire si je suis blog-pas-top compatible.

Cette fille a tout faux. Tout. Je sais de source sûre qu'il est absolument interdit cette année d'assortir son sac à ses chaussures. C'est même très très mal. C'est un coup à se ruiner la Schifferitude. D'ailleurs, c'est pas elle qui a la côte, c'est Stephanie Seymour, mais passons. Claudia Schiffer aurait fait une première dame parfaite quand même. Il faut d'ailleurs que quelqu'un en parle à Angela Merkel. Bref.

D'abord, le sac: c'est Apo qui a tout bon. Le sac, il faut que ce soit LE sac. De tout le temps. Pas du jour pour l'assortir aux chaussures. Elle est folle, ta top. Ou elle reçoit chez elle le catalogue de Cyrilllus (on peut citer des marques?). Je viens d'aller à l'instant vérifier dans le catalogue en ligne: page 19, sac blanc assorti aux chaussures blanches. Bingo.

Donc Madame top, mère ou pas, a un ou deux sac à main, beaux, qu'elle aime, qui sont grand, pratiques, et qu'elle peut se permettre de porter autrement qu'au coude. Là, je ne suis plus très sûre de l'universalité totale de mon propos, mais il me semble, depuis que j'ai vu dans la rue une gamine de 20 ans porter un sac en plastique shopi à la saignée du coude, que c'est pas vraiment obligé tout le temps et avec tout. Sinon, on pourrait également porter son enfant au coude, ce qui est rigoureusement impossible, j'ai essayé.
Conclusion: forcément, si on a UN sac, on ne peut pas l'assortir aux chaussures.

Les chaussures: plus compliqué. Parce qu'il faut en changer. Là, on peut tout faire. Même des clap-clap dorées avec un sac en toile. Même rayé. Si, on peut. Et même même LE truc qu'on s'interdisait petite: mélanger le rouge et le rose. Tiens, par exemple, la Cyrillus de la page 19, elle aurait dû mettre des baskets argentées, ou des croquenots quelconques, avec son sac de dame blanc.

Alors je vais te dire un secret inutile, ma pas-top. Si elle voulait, ta fausse fashion, être tellement dondonce au point de provoquer un orgasme vaginal sans les mains à la rédactrice de mode du nouvel avatar chic de Elle dont j'ai oublié le nom, elle essaierai la low bouts ouverte sur les orteils. Et là, tu m'appelles. Je VEUX voir quelqu'un réussir à marcher avec, avant de mourir. Parce que je ne sais pas si tu as remarqué, ma Merveille, mais la low-boots ouverte n'est jamais photographiée avec un pied dedans.

Continue, Sainte-toi, à faire n'importe quoi avec tes chaussures, tes sacs, et tes enfants. Tu as tout bon. Et même, au plus tu fais des trucs inouïs, des assemblages invraisemblables, au plus tu seras dans le Vrai de la Fashionité. Pratique, non?

Attends, bouge pas. Je crois que je tiens l'Idée: tu as bien un ou deux enfants de moins de 5 ans qui traînent, là. Demande-leur de choisir tes fringues (mais trouve le moyen d'en faire une corvée, histoire qu'ils pensent pas que c'est eux qui décident). Quelquefois je me demande si les rédactrices de mode citées plus haut n'ont pas des conseillers en couches.

Mais garde quand même ta lucidité, on ne sait jamais: les miens, de moins de 4 ans, me regardent d'un oeil noir les (rares) fois où je me pointe à l'école, parce que la maman de yassine, ELLE, elle a la belle robe qui tombe jusqu'en bas avec le voile de la princesse.
D'ailleurs, la maman de Yassine vénère mes gamins.

Alors tu vois, le seul truc à éviter, en dehors des chaussures assorties au sac, c'est la traînée blanche de bave d'enfant sur l'épaule. Et là, c'est très facile: il suffit d'éviter de toucher ses enfants.

Regarde-la la tête haute, demain, ta victime de la vente par correspondance. Et met les pieds sur le bureau
.                                         
                                                                      Loop

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Pourquoi moi?


Punie, je suis punie!

Par le Ciel, Rael, Bouddha je ne sais pas mais il y a quelqu'un là-haut qui a décidé de me prendre au mot.

Je n'arrête pas de bramer sur ces pages que oui, on peut être mère de famille et tendance, sympathique, à la mode, agréable à regarder, que sais-je? Et voilà-t-y pas que le Ciel, Rael, Bouddha ou je ne sais qui, me le prouve.
 

Bien évidemment en choisissant un autre truchement que ma modeste personne, ç'eut été trop beau! "Ils" ont choisi le truchement de ma nouvelle collègue, MDF et gravure de mode. Jolie comme tout cela va sans dire.

Un catalogue à elle toute-seule.
Chaque jour, une page différente.
Avec le petit plus qui fait toute la différence, le petit plus dépassant tellement les capacités modeuses de mon intellect qu'il m'a fallu plusieurs jours pour m'en rendre compte...

Le sac à main est chaque jour assorti aux chaussures!!!

Moi qui fait des mines le matin devant le miroir de la salle de bain quand je pense à mettre un collier (féminité quand tu nous tiens), lorsque je suis face à elle je me sens aussi féminine qu'une fillette de 6 ans qui met les talons de sa mère après s'être consciencieusement tartinée de rouge à lèvres

Et si je continue sur ma voie régressive, je vais finir dans la peau d'une fillette de 4 ans et lui sortir:
    "Madame t'est trop belle, moi quand ze serai grande ze veux être belle comme toi"

Je suis effondrée.
Mère-ma-soeur comprends moi bien, je ne suis pas jalouse. Mais avoue que récupérer comme collègue Claudia Schiffer ou tout comme, ça n'aide pas à la confiance en soi.
Une Claudia Schiffer charmante, discrète, efficace, souriante, ne donnant aucun détail sur les gastros de ses enfants. Pas de cacas mous dans la conversation, point de détail sur l'aspect du vomi de la nuit.
Ah ben si les mères ne parlent plus de leurs enfants à la cantonade colleguesque sans aucun égard pour l'ennui profond qui soudain teinte le regard de l'assemblée, où va-t-on?

On va là où je dis qu'on est (oui je sais cette dernière phrase atteint des sommets de style et de poésie, je fais des efforts puissants d'écriture comme vous pouvez le constater)

Et cette collègue est la preuve vivante que j'ai raison!!!
La mère de famille est un être humain comme les autres, qui peut même être extrêmement charismatique et attachant.

Mais puisque je suis déjà convaincue, pourquoi me l'avoir refilée à moi cette collègue???

Franchement le Ciel, Rael, Bouddha ou qui que ce soit, vous ne pouviez pas choisir une autre victime?

PS: Bien evidemment je ne considère pas Rael et Bouddha du même oeil, le second m'étant sympathique contrairement au premier que je méprise. C'est juste la licence poétique qui a créé cet étrange attelage, comme dirait mon charcutier.

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En voiture!

  Future-mère-de-famille ma soeur et futur père de famille aujourd'hui c'est encore pour toi. Un petit conseil en passant (oui mère-ma-soeur je ne te fais pas l'affront de te le donner à toi ce conseil, je sais bien que nous sommes soeurs de galère et que je n'ai plus rien à t'apprendre des menues irritations de la vie quotidienne avec nos amis les bambins).

Or donc FMDF et FPDF, je t'explique (et pour l'avenir, laisse moi abréger et installer dès à présent le concept de Futur-Parent-De-Famille, FPDF pour les intimes).

La scène se passe dans une voiture familiale. Aussi nommée "fier destrier" par ses heureux propriétaires.

Avec une gentille famille à son bord.
La mère s'étant lâchement jetée sur le siège du passager afin de profiter des 10 minutes de trajet prévu pour une petite somnolence réparatrice, laisse voguer son regard au dehors. Les enfants silencieux dans leur rêverie, le père présentement chauffeur quasi-transport en commun concentré, elle profite au maximum de ce confortable moment où elle n'a rien à faire ni à dire.

Jusqu'à l'erreur, la gaffe de débutante...
Au détour d'un regard qui lui a permis d'entr'apercevoir plusieurs personnes sur leur 31, au coin d'une rue déjà dépassée, je (eh oui c'était moi la mère. Vous mé réconnnaissez?) me fais à voix haute une petite réflexion comme celle-là:
-    "Tiens, doit y avoir un mariage dans le coin"

Fatalitas!!!
J'ai rebranché la machine aux questions

-    "Qu'est-çe-que t'as dit?"
-    "Rien, rien, ça n'a aucun intérêt"
-    "Non mais si t'as dit quoi?. Pourquoi t'as dit mariage?"
-    "Non mais pour rien je te dis, laisse"

A ce moment là de l'histoire, FDPF, mes gentils naïfs, vous vous dites:
-    "Mais pourquoi ne répète-telle pas tout bonnement sa phrase?  Ça serait plus simple."

Plus simple?
Tu crois ça toi?
Je te laisse juge..:
Or donc, reprenons où nous en étions :
-    "Non mais pour rien je te dis, laisse"
-    "Mais dis-moi ce que tu avais dit"
-    "Rien, juste qu'il devait y avoir un mariage"
-    "Tu as vu une mariée?"
-    "Non, mais c'est juste que j'ai vu des gens bien habillés et j'ai pensé qu'ils allaient à un mariage, parce qu'ils étaient tous très souriants"
-    "Ils sont où les gens?"
-    "Ça fait longtemps qu'on les a passés, on ne peut plus les voir, mais ça n'a aucune importance"
-    "Mais pourquoi tu l'as pas dit avant, moi je veux les voir aussi, ils sont où maintenant, on peut pas retourner, ils étaient habillés comment, et t'es sûre que c'était pour un mariage?"
Etc, etc...

FPDF, je vous le fais en mono. sache que la même Scène peut exister en stereo, en tereo, quatereo ou même plus...
Le quatereo correspondant évidemment au dialogue ci-dessous, avec un nombre de question multiplié par quatre.
Et une mère maudissant son erreur de débutante en maternitude qui lui a fait rater un simili-roupillon de mi-journée

Alors FDPF mes frères et soeurs, voilà mon conseil du jour:

Ne mentionne jamais un détail que tu observes par la vitre de la voiture

Le temps que les enfants comprennent qu'il y avait des chevaux dans le près, ils sont à 15 kilomètres de distance et le joli chateau à travers les feuillages passe pour eux aussi vite qu'une image subliminale dans une publicité malhonnête.

En gros le Mont-Blanc et la Tour Eiffel sont les deux seuls éléments assez gros et restant suffisamment longtemps dans le champ de vision pour que cela vaille la peine de les indiquer. L'océan ou la mer le long d'une route côtière aussi...

Pour le reste... oublie!

Surtout sur autoroute à 130 km/h.

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