mere-pas-top

L'art du rendez-vous

Ce qui est fascinant dans la non-topitude, c'est son éternel renouvellement.

Cette découverte quasi-quotidienne d'une faiblesse encore insoupçonnée alors qu'on croyait avoir déjà une barque plus que chargée.
A côté de laquelle le yatch de Bolloré passe pour un aimable pédalo.

Et bien non, surprise! Hier encore fut une journée riche en révélations.

J'avais rendez-vous avec l'instit.
A ma demande.
Je me dois de reconnaître entre nous que c'était plus par souci de montrer ma bonne volonté que par réelle envie de suivre le minute par minute de leur scolarité

Non que j'ai à redouter cette rencontre, bien au contraire.
Epanouie, intégrée, sérieuse, résultats satisfaisants. Quel parent ne souhaite pas se présenter face à l'enseignant de son enfant avec un tel tableau de chasse?

Loin de moi l'idée de ne pas savourer ma chance.

Mais pour dire les choses comme elles sont, si peu de problèmes rendent finalement le rendez-vous avec le maître quelque peu poussif.

Car en gros je n'ai rien à lui dire.
Et lui non plus.

Pourtant l'on sent bien dans son expression l'attente de mes questions forcément nombreuses et variées.
Une mère digne de ce nom DOIT se poser plein de questions sur la scolarité de sa progéniture.

Ou alors c'est une mère-pas-top.

Moi? Pas top? Impensable!

Il faut donc que je trouve des questions à poser.
Intelligentes si faire se peut, ça aide.

J'entre dans la salle, l'institut est assis.
Je m'assieds.
 
Normalement c'est à moi d'amorcer la conversation non?

Trouver une question intelligente.

Plus facile à dire qu'à faire.

Bon. A défaut, poser la question bateau:

-    "Je voudrais savoir si tout va bien ou bien s'il y a des problèmes particuliers pour lesquels nous pourrions l'aider"

-    "Non, elle se situe dans la bonne moyenne de la classe. quelques petites erreurs en orthographe et grammaire, mais ses résultats sont satisfaisants, pas de problème."

Bon, ben tout va bien, c'est bien ce qui me semblait. J'aurais pu me passer de venir.

Je pourrais partir là non?

Oui mais ça ne ferait pas très sérieux...
Une petite question et puis s'en va....
Cataloguée mère démissionnaire. Et ce dès la première rencontre avec l'enseignant.

Je me concentre, je vais bien trouver une autre question...

Ah ça y est

-     "Et sinon, dans la classe, elle n'a pas de problème particulier avec ses camarades?"

(C'est une impression ou je me répète dans mes formules? Ca fait la mère qui n'a rien préparé. Je me grille moi-même. Franchement pas malin).

-    "Non, c'est une enfant qui a beaucoup d'amis et pas de problème relationnel. Elle est appréciée dans la classe et dans l'école.

Oui, c'est bien ce qui me semblait. Vu le fric que je dépense en cadeaux d'anniversaire pour les uns et les autres, j'ai cru comprendre qu'elle avait des amis nombreux. Ou alors ils se refilent le mot pour se dire qu'on n'offre pas de la camelote et que ça vaut la peine d'inviter ma fille.

Bon mais ce n'est pas tout ça, il ne s'est passé que deux minutes depuis mon arrivée.

Un peu court pour prendre congé non?

Qu'est-ce-que je pourrais bien poser comme question?

-    "Et vous pensez qu'elle aura son passage en fin d'année?"  

Ah non, poser cette question fin novembre, pour le coup ça fait la mère stressée. La mère qui met la pression  son enfant. Très mauvais ça.

Sainte patronne des mères-pas-top, si jamais tu existes, viens à mon secours.

Donne-moi UNE question intelligente.

Yes, le maître ouvre la bouche. Sauvée, on va gagner une minute au compteur;

-    "En calcul il y a eu quelques difficultés dernièrement mais rien d'inquiétant et d'ailleurs ça va mieux.

Aïe.
Tenir bon.
Surtout, surtout, ne pas me sentir fautive...

Ne pas commencer à expliquer que oui on s'en était aperçu (tu parles ) mais que vous comprenez ma grand-mère étant âgée et mon boucher venant de fermer...
Ces arguments ne peuvent que paraître fallacieux (et pour cause) et l'empressement à se trouver une bonne excuse rend toujours suspect.

Alors non non non.
Tourner sept fois la langue dans ma bouche et me répéter en boucle:

-    "Tu n'es pas accusée,  et il ne cherche pas à te piéger. Tu es là pour le bien de ton enfant et pour savoir comment la guider avec sérénité sur les chemins de la réussite scolaire. Tu n'es pas accusée et il n'est pas là pour te piéger..."

Ne pas me lancer dans un grand discours plein de promesses qu'il ne me demande pas.

Etre consciente qu'annoncer solennellement que je vais démissionner dès le lendemain 8 heures pétantes pour désormais ne plus me consacrer qu'au suivi des études de mes enfants ne PEUT PAS paraître crédible.

Dire d'une voix ferme, en prenant mon air le plus convaincu.

-    "Oui, j'avais bien remarqué (à d'autres eh). Rien d'inquiétant, j'ai tout de suite compris (Pour ça encore eut-il fallu que je le remarque). Cependant j'ai beaucoup travaillé avec elle (13 minutes il y a trois semaines) et tout va bien désormais (si c'est vous qui le dites, je vous crois)".

Ouh là que ce n'est pas beau de mentir comme ça.

En plus je mens très mal (sauf à mes enfants, question d'habitude) et quand je mens, je rougis.
Paf, me voilà toute rouge.

Je ne m'en sortirai jamais.

Plus jamais je ne demande un rendez-vous avec l'instit.

C'est décidé, ma résolution est prise : ma prochaine apparition dans un lieu éducatif où étudie ma progéniture...

Ça sera pour assister à leur soutenance de thèse.
 

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Apprentissage pour la vie


L'un des apprentissages fondamentaux que doit faire le petit d'homme pour acquérir petit à petit cette autonomie qui fera de lui un mâle fort et conquérant se situe dans un tout petit geste qui semble anodin.

Un petit geste de la vie de tous les jours, effectué sans y penser et qui distingue l'Homme de l'animal.

Une action que certain-ains sont même assez fiers d'effectuer alors que certaines-aines le trouvent relativement ridicule.

Ce petit acte technique si particulier grâce auquel les hommes ces veinards, (je le reconnais malgré tout), peuvent faire pipi debout.

Or, mère-ma-soeur je te le dis, nous seules savons.

Nous seules savons que ce mâle conquérant jambes écartées tel un cow-boy moyen, et accessoirement en train d'arroser le mur face à lui, ce mâle n'a pas toujours été si fier dans cette posture.

Nous seules savons combien il lui fallut d'essais pour parvenir à ce détachement dans cette position permettant le soulagement d'un petit besoin naturel. Au moyen d'un jet puissant avec lequel il peut même lui arriver de s'essayer au dessin artistique.

Car trop souvent, le petit homme est incapable de combiner À LA FOIS le maintien du zizi dans la position "hors du slip" ET la légère incurvation du bas du dos.

Cette incurvation grâce à laquelle on peut différencier à coup sûr, le long de nos charmantes nationales, l'homme qui admire le paysage de celui qui est juste en train d'arroser les mauvaises herbes du fossé.

Or notre petit XY, peu aguerri à cette technique nouvelle, se  trempe régulièrement l'ensemble slip-pantalon-chaussettes.

Souvent à des moments où nos prévisisons les plus optimistes prévoient notre retour at home au bas mot cinq heures plus tard.
Ce qui lui assure cinq heures d'inconfort et une odeur reconnaissable entre mille.

Alors mère-ma-soeur, la prochaine fois qu'un homme t'impressionne (ton banquier osant évoquer tes problèmes de découvert ou le policier osant affirmer que tu viens de lui faire une queue de poisson)...

Suis mon conseil.

Visualise le avec quelques années de moins, la zigounette dans la main et l'air profondément déconfit de celui qui vient de s'arroser bien malgré-lui.

Parce que forcément, c'est indiscutable : à lui aussi ça a bien du arriver!

Ne me dites pas le contraire par pitié.

Sinon il me faudrait regarder la réalité en face:

J'ai engendré le garçon le plus maladroit de la terre, pipitement parlant!!!

 

PS 1 pour les mâles : Si vous me lisez, ayez la bonté de confirmer, cela me ferait tant de bien.

PS 2 pour les femmes : En tapant pipi debout dans google, on trouve plein de liens qui nous expliquent, à nous les femmes, comment effectuer cette opération délicate.
Avis aux amatrices

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Transmission orale (2)

 

Ainsi que nous l'avions évoqué sur ces pages, notre société occidentale moderne, à l'image de toutes les sociétés traditionnelles, comporte sa part de transmission orale.

Sans doute moins poétique que la parole du griot sous le baobab, mois sage que les enseignements du vieux chef indien parlant de la nature à ses enfants,  et moins codée que les proverbes du vieux sage chinois qui parle d'expérience éclairé par une ampoule nue (ou le contraire?).

Mais nettement plus percutante.

Parce qu'un bon

-    "Put** de Bord** de M**!"

 asséné au bon moment rend la situation tout de suite plus explicite. Il y aurait comme de l'agacement dans l'air...

Mais comme nous en avons déjà discuté, cette forme d'extériorisation d'un sentiment profond est intégrée À VIE par notre descendance.
Et ce, DÈS  la demi-seconde qui suit sa première écoute.
Or, il faut bien le reconnaître, c'est malheureusement en ceci que consistera l'essentiel de notre transmission orale.

C'est pourquoi nombreux sommes-nous à faire des efforts démesurés pour rectifier un tantinet les mots qui jaillissent de notre bouche.
Afin que notre descendance-enregistreur-multi-piste ne puisse intégrer trop de grossieretés dans son propre vocabulaire.

Bien sûr, cette rectification ne s'acquiert pas en une nuit.
Ni même en un mois.

On va plutôt compter cela en années.

D'où l'intérêt d'avoir plusieurs enfants : au fur et à mesure de leur venue, on a le temps de s'entraîner.
Ainsi on peut espérer qu'au moins le petit dernier sera sortable en société.

Prenons un exemple concret. (Je vous prie de m'excuser par avance de me mettre ainsi en avant):

J'ai personnellement  extrêmement travaillé mon jeu de langue afin de transformer mon fidèle:
-    "Fait chier bordel""

 par un sautillant:
-    "Saperlipopette!".

Cela m'a pris du temps bien sûr...

Je suis passée par la phase du
-    "Fait chchch...popette.!"

Cette expression, à la poésie discutable, entraîna un questionnement légitime de ma descendance :

-    "C'est qui cette Popette qui te fait ch**?".

Grâce à un énorme travail sur moi même, j'ai ensuite réussi à atteindre la phase du:

-    "Faiaiaiait.. lopettte"

Ce qui souleva une problématique nouvelle dans la tête de la marmaille:

-    "C'est quoi exactement une lopette?"

Ne perdant pas courage et continuant ma gymnastique linguistique, j'atteignis alors une phase dont j'étais assez fière.
Qui donnait à peu près ceci:

- "Saperli de poli de popette"

Expression qui ne sonnait pas étrangère aux oreilles de la troupe

-     "Ça veut dire la même chose que Put** de bord** de merd** hein c'est ça?"

Mais enfin, ô jour de gloire, ô heure bénie, l'expression rêvée passa mes lèvres sans aucun effort de concentration préalable .

Glorieux moment où je m'exclamais bien haut et sans hésitation aucune

-    "Saperlipopette!"

Alors que je venais de m'envoyer violemment le tibia dans un classeur métallique stupidement placé en travers de la pièce.

Le regard teinté d'une légère incrédulité de mes collègues témoins de la scène ne diminua en rien le goût de ma victoire.

J'avais réussi!

Saperlipopette!
Mon ami, juron adoré.
Tu fais de moi une mère presque top et une Professeur Tournesol en jupons!

Voilà, par cet immodeste petit exemple, je désirais juste vous dire:

"Vous aussi mères-ma soeur et frères mes pères (ah non c'est le contraire)..."
"Vous aussi mères-mes pères et frères mes soeurs (ah non zut, y a encore quelque chose qui cloche)..."
"Vous aussi frères-mes mères ( ah non...oh et puis flûte)..."

"Vous aussiiiii, par la seule force de votre volonté vous pouvez vous corriger"


Cependant, avant de terminer, par souci de précision scientifique, je me dois de présenter aussi une autre forme de transformation que tenta une connaissance à moi.

Tentative qui malheureusement connut une triste fin qu'il me faut relater.

Tel un fumeur tentant un sevrage radical du tabac par un arrêt immédiat et sans aide, cette personne voulut ainsi, du jour au lendemain, transformer son "Put** fait ch**" en "Saperlipopette".

Malheureusement...
Comme beaucoup, elle avait surestimé ses capacités. Faiblesse de l'âme humaine.

Et ne réussit pas à tenir sur la longueur ses bonnes résolutions.

Ce qui donna un contestable:

-    "SAP
ÈÈÈRE....faitch***!!!"

Ce que transformèrent immédiatement ses enfants en

-    "SUPEEER....FAITCH***!!!"

devenu depuis leur juron de base.

Lamentable échec de cette mère qui doit nous donner à méditer sur la présomption humaine...

Amen

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Trois jours sans ma mère

 

 Il semble mère-ma-soeur que nous ayons des limites physiologiques universelles.

Comme le terme habituel d'une grossesse de 9 mois, ou la durée d'un cycle menstruel de 28 jours,.

Un autre espace temps semble ainsi être intimement lié à la fonction de mère:
La durée supportable d'éloignement de notre progéniture...
12 heures...
Pas une de plus, pas une de moins.
Notre métabolisme semble être adapté pour supporter une absence des petits chéris de 12 heures.


-"On a laissé le(s) enfant(s) pour la semaine afin de partir aux Seychelles mais au bout de 12 heures, face à la mer sur mon transat, il(s) me manquai(en)t déjà".

Ah bon.

Comme dirait ma Grand-Mère, c'est donner de la confiture au cochon.

Si face à la mer, la brise chaude sur le visage, les étendues de sable blanc devant les yeux et le doux clapotis de la mer dans les oreilles, sans rien d'autre à penser que

- "Je plonge dans l'eau mainteant ou dans cinq minutes? Avec masque et tuba ou juste le matelas  pneumatique?"

 On regrette les piaillements de la marmaille et le boulot qu'elle entraîne, moi je dis: la prochaine fois, le billet pour les Seychelles, filez-le à une copine dénaturée.

Moi par exemple.

Parce que je peux garantir que cette sensation de manque m'est quasi inconnue.

D'ailleurs, si, ainsi que je l'ai si souvent entendu, le manque survient dès 12 heures d'absence, il ne faut pas se plaindre si petit chéri vous réveille la nuit.
C'est juste sa conscience d'enfant très à l'écoute de sa mère qui lui dicte sa conduite.

Poussin d'amour a régule ainsi sa petite horloge intérieure pour une séparation maximale de 6 heures.

Ce qui pour un coucher moyen vers 20 heures, garantit une revoyure sur les coups de 2 heures du mat'.

L'enfant agit par devoir filial afin d'assurer à sa mère un meilleur sommeil.

Une fois la mère bien réveillée au bord de son lit, le petit bout se rendort avec la conscience apaisée de l'homme qui a accomplit son devoir.

Grâce à lui, cette nuit encore, très chère maman ne risque pas de voire poindre ce sentiment de manque dû à une absence qui se prolonge...

Alors je le redis haut et fort, et surtout à ma descendance que cela concerne en premier chef :
Je supporte très bien de ne pas vous voir pendant 12 heures. Même 24. même 36.

Comme je viens de le faire ce week-end, avec le seul et unique objectif de passer du temps dans les troquets parisiens à papoter des heures avec les amis pas vus depuis longtemps.
A boire des petits noir sérrés, face au zinc, Libé frais du jour d'un côté et même parfois un croissant chaud de l'autre
Entre l'équipe des éboueurs qui fait sa pause, le commercial qui prend son noisette avant son prochain rendez-vous et la mamie du quartier qui s'installe là pour faire la causette...

J'ai très bien supporté ce programme durant trois petites journées.

Trois journées SANS mes enfants.

Autant dire... incognito.

Et dites-moi sinon, comment avoir autant de plaisir à les voir se réveiller que ce matin qui suit mon retour tardif?

PS : Merci à celles qui se sont inquiétées de mon absence hier et qui m'ont laissé un petit mot. Ce n'était, comme vus avez pu le lire, rien de grave...

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Rituels du soir



Il est tard et l'appartement est silencieux depuis longtemps, je suis la dernière éveillée.

Je m'étire. Je vais me coucher. Plus que temps.

La salle de bain. Juste les bruits habituels.

Me déshabiller. Me mettre en tenue pour dormir.

Rejoindre mon lit.

Et en chemin...

Entrer dans leur chambre. Remonter les couvertures.

Ôter du lit les jouets qui traînent, les livres ouverts, les vêtements froissés.

Passer une main sur leur visage.

Sourire de les voir grimacer.

Ne pas résister et les embrasser.

Les admirer. Juste les regarder.

Ne pas résister encore et les réembrasser.

Et...

C'est pas vrai. Dites-moi que ce n'est pas vrai!

Put*** merd*, je l'ai réveillé.

Et maintenant il pleure..

Alors que je pourrais être déjà dans mon lit.

Non mais qu'est-ce-que je peux être STUPIDE parfois!

Il va continuer à m'enquiquiner encore longtemps comme ça? 

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Transmission orale (1)


Mère-ma-soeur, tu seras d'accord avec moi, le mensonge ce n'est pas joli.
Même par omission.

Il est alors de notre devoir de ne plus cacher la vérité et de faire une terrible révélation aux pas encore futurs-parents.
Pour qu'ils aient bien tous les éléments en main  le jour où ils feront la petite graine du papa dans le ventre de la maman. Par ce tour de passe-passe hop-hop, rien dans les mais, rien dans les poches (tout dans le zizi). Magique futur papa.
Excusez-moi de ce message codé, mais si mes enfants venaient à passer devant l'écran... Vous comprendrez que je fasse attention à mon langage.

Langage qui est justement le sujet de ce post.

Ce langage qu'on découvre avec les premiers mots de notre enfant.
NOTRE langage.

Nos tics, nos expressions toutes faites, nos jurons persos.

Intacts, sortant tout frais de la bouche de notre petite merveille.

Ce qui peut donner dans des cas extrêmes, une petite poupée aux boucles soyeuses, aux grands yeux innocents et dont la bouche délicatement ourlée débite plus de grossièretés qu'un charretier qui vient de se faire couper la route par un Vélib.

Ou alors des récits dont il est assez difficile de suivre le cours en raison d'un léger abus dans l'utilisation de certaines locutions.

Si d'aventure en rentrant de l'école, votre progéniture vous raconte :
    -"En fait, Nathan, parce qu'il a pris la balle en fait qu'elle est à Valentin en fait que la maitresse elle a dit en fait qu'on n'a pas le droit de prendre les affaires des autres en fait.

Il serait peut-être judicieux que vous vous interrogeâssiez sur votre propre rapport à l'expression "en fait";

De même, si lorsque l'un de vos rejetons en jouant avec ses poupées fait preuve d'un autoritarisme un peu exagéré :
-    "Bon maintenant tu vas la manger cette purée, sinon je te la fais avaler par les oreilles"

Peut-être pourriez-vous remettre en cause votre technique d'incitation à l'ingurgitation, et revenir par exemple aux bons vieux fondamentaux

-    "Une cuillérée pour papa, une cuillérée pour maman".

Par ailleurs n'oublions jamais que les rapports soro-fraternels ne sont pas toujours un doux rayon de lune dans un océan de miel.
Si dans leurs échanges oraux, vous repérez trois fois sur quatre des expressions telles que
-     "Et plus vite que ça"
-    "J'en ai plus que marre"
-    "Et tu me le donnes tout de suite. D'ACCORD?"

Ce ne serait peut-être pas une mauvaise idée d'adoucir un tantinet le ton de votre voix la prochaine fois que vous leur parlerez.

Mais le point le plus important est évidemment de penser au jour où bambin en chef fera son entrée dans le grand monde.

Aucune réputation parentale, fut-elle excellente, ne peut survivre au ravage créé par un petit bout de 2 ans et des brouettes. Lorsqu'il fait l'expérience de la grande déception induite par l'écroulement de sa tour en lego de 58 étages.
Si dès lors, de sa petite voix claironnante on l'entend s'exclamer :

-    " Put*** fait çier l'est enco' cassé ce bo'del à cu' d'Lego"

Il est fort à parier que les regards des puères le soir quand vous viendrez récupérer votre bambin vous mettra mal à l'aise
 ("Quoi, qu'est-ce-que j'ai encore fait?")   

En gros, pour faire simple et ne pas prendre trop de votre temps, je terminerai ma démonstration en m'aidant d'une référence cinématographique.

"La vie des autres."
Cet excellentissime film où  l'on nous montre comment la Stasi a caché de micros dans TOUTES les pièces de l'appartement et enregistré la moindre des conversations.

Et bien futurs parents, mes futurs frères et soeurs, il faut dès le départ vous faire à l'idée que vous vivrez dans un appartement équipé par la Stasi.
Avec un enregistreur multi-piste branché en permanence.

Et que tout ce que vous direz sera désormais enregistré, noté. Et RÉPÉTÉ. Surtout répété.
Sans aucune possibilité d'arracher les fils...


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J'ai honte

 

Aujourd'hui, court sera le post.

Parce que parfois, on fait de telles découvertes sur soi-même qu'on préfère ne pas s'étendre dessus.

Pourtant, je reconnais ma non-topitude dans beaucoup de domaines.

Nulle en  brico, désastreuse en cuisine, incapable de lire une histoire sans bâiller d'ennui, lectrice en douce du journal alors que je suis censée jouer au jeu de société (je me fais immanquablement gauler quand mon tour arrive, lorsqu'ils me  tirent par la manche pour que je réagisse...).
Ajoutez à cela une très légère tendance à la répétition de l'expression:

    - "Mais c'est pas possible, j'y crois pas, c'est pas vrai, purée j'y crois pas ".

A chaque fois qu'un léger détail de la vie quotidienne m'exaspère...

Et vous comprendrez que je n'ai aucune chance d'être un jour contactée pas Delarue si d'aventure il produit une émission telle que : " Ces mères qu'on leur envie... "
Je reconnais qu'il aurait du boulot pour trouver le "on".

Mais tout cela n'est rien.

Aujourd'hui, j'ai atteint mes limites de l'esprit de sacrifice de la mère.

Déjà chez moi, ces limites se rapprochent dangereusement dans la situation où il ne reste plus qu'une seule part de gâteau sur la table.
Et où je la veux.
Ou bien quand ils se glissent contre moi la nuit et que le bout de couette qu'on se partage ne peut d'évidence pas couvrir nos deux corps à la fois.
Alors que j'ai froid.
Ou encore quand en voiture partis pour 14 heures de route la question de savoir si on écoute un conte ou un disque de Bénabar vient à se poser.
Et que je n'ai jamais supporté les contes.
Sans parler de ces répétitifs moments où ils se font mal alors que je papote depuis 3/4 d'heure au téléphone avec une amie.
Et qu'on n'a pas fini de tout se raconter...

Grâce à ces quelques cas concrets, sur le sujet précis sacrifice maternel, je savais déjà que ma barre était basse...

Mais hier, la dimension de la révélation fut bien supérieure...

Hier où j'ai accompagné ma fille chez le dentiste, restant tout contre elle dans cette épreuve,
Hier où il lui a passé la roulette,

Et où je me suis fait très clairement la réflexion:

    "- Ben je préfère à elle qu'à moi"

Mon Dieu que j'ai honte....!

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Jour sans


Je vous promets, j'ai essayé.

Je me suis dit:
- "Claire ma fille, tu n'es pas là pour plomber l'ambiance, allez, vas-y  déconne qu'on rigole un coup"

J'ai cherché, me suis creusée les méninges. Mon pauvre neurone en est encore épuisé et pourtant de comique... pas l'ombre d'un chatouillis.


le sujet est trop important.
L'avenir de nos têtes blondes est en jeu et vous voudriez que je gaudriole? C'est mal me connaître.

Quand l'heure est grave, je vais au combat le front bombé et le torse en avant. A moins que ce ne soit le contraire.

Et l'heure est grave.
Parce que c'est bientôt Noël.
Et qu'il est plus que temps d'attaquer.

Mais comment présenter ça de manière comique?

Dans un premier temps, je voulais vous dire que ça me grattait.

Le risque étant que vous ne m'imaginiez porteuse de la chtouille (j'adore ce mot)
Quoi, je ne peux pas avoir la chtouille? Un si joli nom de maladie réservé au seuls hommes?

Nous on a des cystites. Rien qu'en prononçant le mot, on a déjà mal
Eux ils ont la chtouille. Rien qu'en prononçant le mot on a envie de rigoler.

C'est pas de l'inégalité caractérisée ça?

Bref non, la gratouille du coup, j'ai préféré éviter.

Surtout que le terme est un peu faible.
Il s'agit en réalité d'une démangeaison urticatoire aigüe.

De celle qui nous attaque quand on vient péniblement d'écluser le plus gros des découverts post-impots (non je ne suis pas mensualisée) et qu'on apprend que ça tombe bien parce qu'ils avaient justement besoin d' argent frais au gouvernement pour augmenter leur chef.

Ça gratouille non?

Pas du tout d'avoir payé ses impôts.
Mais de se demander s'il en restera assez pour construire un ou deux immeubles supplémentaires à loyer modéré dans Paris. Ou partout ailleurs.
Ou augmenter un chouïa le salaire des infirmières.
Ou réparer les installations d'aide aux personnes handicapées dans les lieux publics. Je connais personnellement dans une mairie une plateforme élévatrice pour monter les 6 marches menant à TOUS les services municipaux et que je n'ai jamais vue fonctionner.

Mais je m'éloigne très sérieusement de mon sujet.
Pour vous donner une idée, si mon sujet de départ était à Paris, je serais quelque part entre Vladivostock et Oulan Bator....

Je me concentre, je me recentre...

Après ces grand sujets, ma petite colère peut paraître bien dérisoire...
On pourra suspecter chez moi un problème d'hormone. Monter ainsi sur mes grands chevaux ...

Et bien tant pis. Au risque de laisser penser que je souffre d'une ménopause précoce (d'ailleurs où serait le problème?) je continue à cataclop-catacloper sur ma colère et je demande explication:

Pourquoi, mêmes pour les âges tendres, les magasins de jouets commencent déjà une forte distinction fille-garçon?

Pourquoi les seules et uniques voitures dans les rayons filles sont des décapotables taillées pour être conduites par des bimbos littéralement inhumaine du point de vue anatomique?
Et dont la garde robe est directement inspirée de celles des nombreuses copines du chanteur dans les clips de rap américain?

Pourquoi dans le rayon garçon, nombre de dessins sur les emballages ont un aspect agressif?

Pourquoi ai-je l'impression en déambulant dans les rayons qu'on propose à mes filles de s'identifier à un modèle soit de maman soit de put**?

Pourquoi les camions de pompier sont de l'autre côté de la "frontière des sexes" du magasin?
Le gène "camion de pompier" sur le chromosome Y aurait-il été découvert sans que je n'y prenne garde?

Pourquoi rien qu'en me fiant aux couleurs dominantes des RAYONS, je peux savoir directement où se trouvera la voiture de course et où se trouvera le camping-car familial?

Pourquoi mon garçon peut facilement se déguiser en chevalier ou en pirate, mais très difficilement en prince?

Pourquoi personne à part son père et moi ne lui a jamais offert de poupée? Ce qui le réduit à piquer celles de ses soeurs. Lesquelles croulent sous une marmaille en partie non désirée.

Pourquoi...?

Allez j'arrête d'enfoncer des portes grandes ouvertes, et qui me font quand même mal.
Je ne nie pas la différence des sexes. Il me semble juste que les magasins de jouets la caricaturent à l'extrême.
Et que c'est l'un des endroits où la parité fille-garçon est la plus inexistante.

Désolée, j'ai perdu tout mon humour en route.
Il est resté quelque part en plein milieu du magasin de jouet.
Promis, dès que j'en sors, j'essaie d'être plus drôle.


PS: La photo, c'est un quartier de yourtes à Oulan Bator. Juste comme ça, pour s'évader. Et puis parce que le mot yourte, je l'adore aussi et que sinon, j'aurais pu bloguer pendant des années sans jamais réussir à le placer...

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Quand je serai grand...


J'ai dû rater quelque chose,mais quoi?

Parce qu'au départ, s'il y a bien un sujet mère ma soeur sur lequel je n'avais aucun doute, c'est que l'avenir de mes enfants leur appartient.
Qu'importe ce qu'ils deviendront du moment qu'ils soient épanouis.

Oui, franchement qu'importe?
 
Médecin.
Avocat.
Chercheur
Cosmonaute
Allez, même grand reporter ou pilote d'avion

Qu'ils fassent ce qu'ils désirent...

Leur vocation ne s'établira pas en un jour. J'ai suffisamment vécu pour le savoir.

D'une grande envie de devenir maîtresse ou pompier, ils passeront ensuite à une immense aspiration à aller garder des chèvres dans les Pyrénnées.
Non sans être passés par une phase de "n'importe quoi du moment que je puisse me faire plein de blé et vite et pouvoir enfin m'acheter l'écran plasma et la Play Station que vous êtes trop radins pour m'offrir pas comme les parents de Nico plus la paire de Nike à 220 Euros que Martin c'est déjà sa deuxième".

Je suis consciente de ces lentes phases du mûrissement de leur vocation. Je ne ferai rien  pour les éviter.

Loin de moi l'idée de perturber ce long chemin vers la connaissance d'eux-mêmes.

Qui les amènera vers leur moi profond, leur vocation de toute leur vie, le métier pour lequel ils sont faits.

Lequel sera (comment serait-ce possible autrement?): 

Médecin.
Avocat.
Chercheur
Cosmonaute
Allez, même grand reporter ou pilote d'avion...

Jamais je n'influencerai leur désir profond.

Ma ligne de conduite maternelle est inamovible.

Naïve que j'étais!
On croit être préparée à tout, on croit les connaître comme si on les avait fait
Prétention que tout cela...

Car ce soir-là, le thème de leur futur métier s'est introduit dans nos conversations.

Ce soir-là, des débordements de tendresse faisaient monter des larmes à mes yeux, des bouffées d'orgueil maternel créaient sur mes lèvres un sourire niais et extatique (se souvenir d'éviter absolument toute rencontre inopinée avec un appareil photo lors de ces moments, la mine ainsi composée étant particulièrement peu photogénique)...

...je les écoutais me raconter leur vie future.

Leurs descriptions avaient le goût de miel.

Vu leur jeune âge, aucune chèvre pyrénéennes ne se glissait dans leur propos, et aucune raison bassement matérialiste ne venait tacher la pureté de leurs rêves.

Persuadés que ans ce joli monde où nous vivons, tout travail est rémunéré grassement et permet de s'acheter des pots de nutella et tous les doudous qu'on veut. Leur confiance dans l'avenir est fascinante.
Qui le premier osera leur dire que... ?
Pas moi

Mais je m'égare...

Ce soir-là, aucune vérité trouble-fête ne s'était invitée autour de la table et je n'entendais parler que de future maîtresse ou pompière,  vétérinaire et marchand, conductrices de trains et pâtissier...

Jusqu'à ce qu'elle ouvre la bouche.

Et que soudain, la cuillérée de miel que je dégustais, semblât se teinter d' un net goût de jus de citron moisi.

Lorsqu'enfin, sortant de ses songes où elle visualisait son avenir radieux de femme comblée, d'adulte indépendante et épanouie, de sa voix claire et pleine d'enthousiasme elle nous révéla son rêve à elle...

Son envie profonde

Sa vocation de toute sa vie

Ce pour quoi elle se sentait intimement faite:

       - "Femme de ménage"!!!

J'ai fait "huurps"
J'ai craché toute ma bouchée.

Elle a demandé

-" Ben quoi?"

J'ai dû rater quelque chose, mais quoi?

 

 PS : Soudain un doute m'étreint : dans les Pyrénnées, on garde plutôt des moutons non?

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Cinema Paradiso



 Aujourd'hui, c'est "soirée-ciné".

La "soirée-ciné" est au visionnage de DVD ce que le week-end à Venise est au week-en à Deauville.

Le même plaisir, mais avec en plus une dimension... magique....

On installe le canapé en lit, on se met tous sous la couette serrés les uns contre les autres, on attend le livreur de pizza et... en route pour une soirée trop chouette, avec esquimaux glacés en prime pour le dessert.

Le bonheur.

Evidemment, il manque un détail dans cette description.
Un détail non négligeable.

C'est quoi le film?

C'est quoi le film qu'on peut regarder en famille et qui plaît de la même façon à tous, quand la famille se compose de plus d'une personne?
D'âges et de sexes variés?
Enfin variés, les sexes, n'exagérons rien... on n'est quand même pas génétiquement modifiés.
Quant aux âges.. a-t-on jamais vu une famille se composer exclusivement de personnes du même sexe et du même âge?

Enfin bref.
Revenons à notre problème.

Quel film remplit toutes les conditions nécessaires à un visionnage familial?
Pas facile...

A ce stade du récit, il faut que je précise une fois pour toutes : je n'aime pas les dessins animés, je ne supporte pas les dessins animés, je deteste les dessins animés.
Il m'ennuient profondément.
Soirée-cinés et dessins animés sont donc antinomiques chez nous.

Alors quel film peut passer la sélection pour ces soirées?
Parce que les pré-requis sont très stricts.
A côté de ça, le boulot de sélectionneur pour le festival de Cannes, c'est de la petite bière.

Les différents paragraphes du cahier des charges sont d'ailleurs très clairs:

- Point de scène de violence, le film ne comportera.
Ici attention. La barre est très basse chez nous. En gros quand Oui-Oui engueule sa voiture parce qu'elle a encore fait pouêt au mauvais moment, certains membres de la famille en sont déjà tout retournés.

- Point de scène à la dimension angoissante trop appuyée, le film ne montrera.
Ici de même, on part de loin.
Pour donner une idée, la scène où le grand Mamouth Blanc apparaît dans le brouillard, dans le trop méconnu "Babar à la neige", est considéré par certains comme insoutenable d'angoisse. A ranger dans la même catégories que toute la série des "Freddy"
Un film qui ne fait pas peur, dans ces conditions, ce n'est pas gagné-gagné...

Enfin bien sûr:
- Toute scène charnelle du film sera exclue.
Pour faire simple, si le fondu enchaîné n'apparaît pas dans la demi-seconde où les bouches se rapprochent, le film n'est pas selectionné.

J'ai encore des sueurs froides au souvenir de ce jour où, alors que la sélection était censée avoir été rigoureuse, l'héroïne (et le spectateur avec) entrevoit quelques secondes son mari et sa maîtresse en plein ébat amoureux.

- "Mais il est fou, pourquoi il lui saute dessus comme ça?"

Evidemment, comme déjà évoqué sur ces pages, tout espoir d'éluder la question est un doux rêve...

D'où la nécessité d'avoir bétonné la sélection.
Avec les points pré-cités non négociables.

Il est certain qu'avec un tel cahier des charges, nos soirées-cinés peuvent paraître aussi tentantes que l'idée  d'aller boire un coup avec Benoît XVI au troquet du coin.

Et bien oui mais non.

Parce que j'ai mes trucs.

De ma filmographie personnelle, j'ai sorti, non seulement tous les Charlots (perfection absolue) mais aussi toutes les comédies romantiques et toutes les adaptations de Jane Austen qui sont mes anti-dépresseurs perso, et plein de comédies.

Et on se regarde ça tous ensemble en mangeant notre pizza puis en suçant nos esquimaux.

Bien sûr, le silence n'est pas requis. Certains films nécessitent même de donner une formation juridique historique accélérée (le principe de l'héritage de père en fils et non de père en fille, la grande Dépressin de 1929 aux Etats-Unis), ou même de faire des pauses-explicatives si une scène est un peu trop elliptique.

Pour avoir une idée de comment une ellipse leur passe au dessus de la tête, visualise la trajectoire d'un satellite dans la stratosphère. Mesure la distance avec le sommet de leur crâne. Voilà, tu sais à combien ça leur est passé.

Pour vous dire que la "pause-j'explique", parfois ça peut être long.
Mais ça fait partie du plaisir...
Transmettre, écouter....

Alors de pauses en explications, de choix de parfum d'esquimos en rasade de jus de fruits, le film initialement d'une heure et des brouettes, dure... et dure...

Et puis vous savez mes filles, comme des grandes, elles tombent sous le charme du héros du film, Hugh Grant par exemple.
Et puis mes filles, comme des grandes, elles se prennent à rêver pour le plaisir,  que cel homme, un jour, peut-être, fera partie de leur vie.
Qu'elles le rencontreront...
Que leur souhait se réalisera...

Et qu'il sera leur PAPA!!!

 Mes filles? Elles ont des idées géniales....

Mais bizarrement leur père ne comprend pas cette dimension de leur génie...


PS 1 : Caro, le coup du w.e à Deauville : ne te sens pas visée : parce que pour le coup, le tien,  il parait magique..

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Saint-Jean Bouche d'Or

349-407, plus connu sous le nom de Saint-Jean Bouche d'or

Si faire se peut, dans la bouche d'une mère de famille, certaines locutions doivent être soigneusement évitées.

Ainsi, il est évident que la formule toute faite Put** de Bord** de M** est à manier avec précaution et à réserver aux grandes occasions.
Celles où le choix qui nous reste se réduit à deux seules issues:
- soit l'expression ordurière de l'exaspération qui a pris présentement le contrôle de notre corps.
- soit la mise en orbite immédiate d'un représentant de notre descendance pour nous défouler.
De préférence le plus léger. Ce n'est pas parce qu'on est au bord de la nervous break down qu'on ne garde pas un peu de jugeotte nous permettant d'évaluer le risque de se faire un tour de rein.


De même; on évitera de répondre :

- " De la soupe qui pue "

à la question:

- Qu'est-ce-qu'on mange ce soir?"

Je reconnais que l'immuable répétition quotidienne de cette question mérite à elle seule la mise sur le marché de petites pilules destressantes spéciales mères/pères-de-famille.
Mais n'est-ce-pas, gardons le contrôle de nous même.
Et répondons à la place:

-     " De la pâtée pour chien".

Cette phrase est neutre. Ni agressive, ni dévalorisante. Et puis tous les enfants aiment les animaux. Que peut-on rêver de mieux comme réponse défoulatoire?


Par ailleurs lorsqu'on sera sollicitée pour admirer un dessin, la moindre des décences maternelles nous interdira de répondre:

-     "Ben heureusement que tu me dis que c'est un chat, je n'aurais jamais reconnu"

Non, nous savons toutes que notre enthousiasme face à l'oeuvre n'aura d'équivalent que celui d'un candidat d'un jeu télévisé stupide (pléonasme) lorsqu'il apprend sa victoire.

-    "Mon chéri mais quelle merveille, j'en ai les larmes aux yeux je peux le garder pour l'afficher sur mon bureau, ce chat on a tellement envie de le caresser etc etc..."

Sachant que tout l'art de la mère d'artiste est ensuite de faire disparaître un pourcentage raisonnable de la production de sa descendance  sans que ladite descendance n'en prenne ombrage.


Dans un autre cas de figure, face au chagrin d'un enfant qui vient de s'écorcher le genou, même si l'on fait comprendre que la douleur probable nous parait sans commune mesure avec le cri poussé, on évitera de donner comme argument pour calmer le chérubin:

-     " Ben attends d'avoir eu une bonne séance chez le dentiste , tu verras ce que ça veut dire d'avoir mal. Surtout les jours qui suivent..."

Cet avertissement anti-corporation des diplômés ès-roulettes est supperflu. Notre air  blafard rien qu'à sentir l'odeur lorsqu'on entre dans le cabinet dentaire est assez explicite. N'oublions pas que l'enfant ressent nos sentiments comme une éponge..


Voilà. Tout ça pour dire que, par ces quelques exemples précis, je pense donner totalement gage de ma bonne volonté à créer un dialogue familial harmonieux et constructif, entre personnes qui s'aiment et se respectent.

Alors dites-moi:
 
 Pourquoi, alors que j'exprimais d'une façon subtile et toute en finesse ma lassitude face au niveau sonore présent autour de la table familiale lors de ce repas vespéral...
Pourquoi elle...
Du haut de ses 6 ans...
S'est-elle permis de me répondre:

-     " Ben t'avais qu'a pas avoir d'enfants"

Elle que, comme ses frères et soeurs,  j'adore, me fait fondre, que je ne me lasse pas de regarder vivre...

Mais qu'est-ce-que j'ai bien pu lui dire pour qu'elle me rétorque ça?

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Catherine Zeta-Jones est-elle ma soeur?


Ou pas?

Je suis en droit de me poser cette question.

Elle est belle, elle a des enfant et un mari qui a un certain succès auprès des femmes.
(Dans la phrase ci-dessus, au moins un point commun entre elle et moi s'est caché. Saurez-vous le retrouver?)

Mais....
Elle l'a dite.
LA phrase.

Aïe Catherine, pourquoi m'as-tu fait ça?

Parce que cette phrase-LÀ, chez moi, c'est physique.
Elle me donne une très légère réaction allergique.
Comme une envie de rugir, et pour une fois pas sur mes enfants.

 Dans Marie-Claire de ce mois-ci. Cette phrase, je vous la livre dans toute sa brutalité:

- "Je suis épouse et maman avant tout"

Ben voyons
Hé ho......
On est en 2007

- "Je suis épouse et maman avant tout"

Ôte-moi d'un doute Catherine ma chérie, ça veut dire que toi, par exemple, avant de te rendre à un dîner chez des potes,

    Puisque tu es une mère avant tout...

Tu ne cherches pas à glaner 5 minutes de tranquillité, au besoin en étant moyennement aimable avec ta descendance. Le minimum vital pour rectifier ton maquillage avant de mettre ton manteau.
Contrairement à moi mère-pas-top. Moi qui cadenasse la porte de la salle de bain. dans le but revendiqué de pouvoir tracer un trait d'eye-liner sans que personne ne me tire par la manche au moment critique où le pinceau est pile-poil en plein milieu de la paupière.


    Puisque tu es une mère consciente de ses responsabilités ...

Ce soir-là, tu n'expédies pas le menu des enfants par un concept : pâtes au beurre - petit suisses afin de récupérer un peu plus de temps pour te préparer (cadenassée dans la salle de bain, ai-je besoin de le rappeler)

Tu as composé ton menu, acheté les légumes frais au marché le matin avant de partir au turbin et cuisiné le soir sans jeter un oeil inquiet sur la pendule.
Maman avant tout, rien ne peut te distraire de cette mission sacrée : fournir à tes chérubins la quantité quotidienne nécessaire exacte de vitamines, minéraux, glucides, lipides et protéines dont leur petit corps tendre a besoin.

Contrairement à moi, mère-pas-top.
A qui même avec le concept éprouvé "pâtes-au-beurre" pose des problèmes.
Lorsque j'essaie de me rappeler si j'ai bien tous les ingrédients pour mon plat principal.

Oui, même des pâtes au beurre, ça demande de se questionner un minimum:
-     "Reste-t-il des pâtes?"
-     "Reste-t-il du beurre?"
Parce que pâtes-au-beurre, si l'un des deux ingrédients manque, c'est moyen goûtu.


    Puisque tu es une mère épanouie dans ton rôle, en te préparant ce soir là...

Tu n'as pas le dilemne de ta tenue.
Aucune importance si cela fait cinq fois que tu te rends à une soirée avec cette même tunique.
Aucune importance si, en y réfléchissant bien, tes potes, cette l'année, ils ne t'ont jamais vu sortir avec une autre tunique.
Aucune importance si, pour dire les choses comme elles sont, tu n'en as pas d'autre, de tenue pour sortir.
Mère heureuse, épouse comblée, l'idée de te faire un petit shopping perso consacré au renouvellement de ta garde-robe ne te traverse même pas l'esprit.


    Et puis  bien sûr, j'allais oublier, mère avant tout...

Le lendemain matin de cette jolie soirée où tu t'es couchée à 5 heures du mat', l'arrivée des petits-bouts dans ton lit à 6h 38 pétantes est une pure joie, un moment très fort de bonheur dans ta vie de mère.

Donc quand tu dis:

- "Je suis épouse et mère avant tout"

C'est vraiment AVANT TOUT.

100% honnête.

Dis Catherine-darling,
Tu ne penses pas que cette phrase mériterait d'être nuancée?

Histoire de ne pas continuer à colporter, en filigrane, je te l'accorde, un mythe très légèrement plombé qui veut que l'aboutissement ultime de la vie d'une femme soit de se consacrer à son mari et à ses enfants?

Ou alors c'est moi qui ai vraiment mauvais esprit de voir tant de pensées légèrement surrannées dans cette toute petite phrase?


 
PS1 : Bon, sachez chers amis, que Marie-Claire, journal paritaire, a eu la bonne idée de nous fournir dans le même entrefilet une pensée profonde de Monsieur Zeita-Jones, j'ai nommé Michael Douglas.
Lui aussi m'a comment dire... gratouillée. Et pas comme j'aime. Dommage, un si bel homme!
Je vous en parlerai à l'occasion.

PS2 : L'honnêteté me pousse à vous dire qu'en écrivant ce billet, je me suis retournée sur moi-même (exercice extrêmement difficile, j'en suis encore toute contorsionnée) et je dois reconnaître que.., ben..., je suis souvent épouse et mère avant tout.
Mais jamais je ne le revendiquerai.
Et surtout jamais ne l'avouerai .
Parce qu'on est quand même plus que ça non?

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Sous les feux de la rampe

Comme je ne recule devant aucune mauvaise foi, ce post-ci est un peu l'antithèse de celui-là.
Et, cela va sans dire, tout aussi péremptoire.
Mes enfants sont très partageurs, et ma mauvaise foi, ils vous en refilent une partie.


Mère-ma-soeur, tu connais le point commun entre Angelina Jolie et moi?

Mises à part les formes je veux dire
Non, je plaisante, elle n'a pas du tout le même corps que moi.
La pauvre...

Mise à part la beauté de nos compagnons.
Brad Pitt? Il serait doublure lumière si mon homme était acteur...

Mis à part le nombre d'enfants
Huit à nous deux. Quatre pour elle, quatre pour moi. Nos enfants sont équitablement répartis.
Pas comme notre charisme
Un peu terne parfois la Angelina non?

Mais non, ce n'est rien de tout cela.
C'est bien plus éblouissant.

Notre point commun ce sont les feux de la rampe.
Angelina comme moi, on vit sous le regard des autres, les commentaires perpétuels et les personnes qui nous accostent.

Enfin, moi c'est seulement quand j'ai ma marmaille autour de moi.

Mais là attention :  je ne passe pas inaperçue.
Et je n'ai pas intérêt à me rater, parce qu'il y aura toujours quelqu'un pour me le faire dire.

Cas n°1 :
-"Vous ne pourriez pas porter le cartable de votre enfant? Vous ne voyez pas qu'il est aussi grand qu'elle?"

-"Attend, c'est elle qui va à l'école, c'est pas moi... "

Cas n°2
- "Mais il ne faut pas laisser les clés à l'enfant dans la pousssette, il va vous les perdre, vous êtes inconsciente."

-"Moi je veux bien. Regardez, je lui retire..."
    -" OUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIINNNNNNN"

-"Je lui redonne..."
    -"........"

-"Alors, convaincue?"

Cas n°3
-"Oh il a les joues toutes rouges et il est grognon, il vous fait une dent c'est sûr"

-" Oh oui c'est sûr, c'est juste sa  102ème depuis sa naissance il y a 6 mois... enfin moi j'y connais rien aux dents, mais il y a plein d'experts qui m'ont fait des consultations gratuites comme ça dans la rue. Vous êtes donc le 102 ème.
Laissez-moi votre adresse, quand la première dent sortira je vous ferai signe"

-"Ah et puis pour les joues rouges, je croyais bêtement que c'était le fait d'être entré dans ce magasin surchauffé alors que son emmitouflage est prévu pour les  -5°C actuellement mesurés à l'extérieur. Ce qu'on peut être stupide parfois"

Mais les amis tout cela n'est rien

Mon jour de gloire, mes cinq minutes Warholiennes de célébrité, mon casting de la Nouvelle Star,  je l'ai vécu hier.

Dans le tram.

Pourtant je me la jouais très sobre.
Limite incognito, accompagnée que j'étais d'un seul et unique échantillon de ma marmaille.
Même pas braillant. Calme et attentionnée, comme une personne sensée.
Même pas puant. A priori elle savait se débrouiller seule avec le papier toilette (encore lui?) depuis des années.

Mais... montée sur roller.
Dans ce tram long de 3 wagons communiquants, nous sommes montées par la porte arrière, loin, très loin du chauffeur.
Toujours calmes, toujours fondues dans la foule. Limite perdues dans nos songes.

Pas pour longtemps.

Parce qu'une fois les portes refermée, le tram en route..., le piège était refermé.

A cet instant précis, des haut parleurs habilement disséminés partout dans le plafond, et qui ne servent sinon qu'en cas d'attaque terroriste ou de réception du pape, nous parvint une voix.
La voix du chauffeur.
Qui parlait de moi. Et de ma fille

- "La dame qui vient d'entrer dans le tram avec un enfant en patin en roulettes est avertie qu'elle enfreint formellement le réglement des transports en commun et doit descendre à la prochaine station"

Là mes amis, je fus submergée par un sentiment, comment dirais-je.. de confusion. Une telle mise à l'honneur... Et de façon si délicate!

Car TOUS les passagers ont cherché à voir la femme ainsi distinguée :
Bibi.

Le rythme des conversations se fit plus soutenu. Chacun y allant de son petit commentaire, qui soutenant le chauffeur, qui me soutenant...
Deux dames, aux opinions radicalement opposées, ont haussé le ton. La seconde clamait haut et fort que le chauffeur avait raison.
Et que si on laissait tout faire, la décadence pointerait son nez, c'est-y-pas malheureux.
La première théorisait sur la baisse de la natalité irrémédiable d'un pays où la vie des enfants était ainsi contrôlée.
Les voisins s'en mêlaient, démarraient leur propre discussion.
Appuyant leurs dires avec force regards dans ma direction et gestes me pointant du doigt.

Et bien tu veux que je te dise mère ma soeur?

Je la comprends Angelina : la célébrité dans la rue, franchement, c'est gonflant!

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Un presque siècle


Modigliani " Petite fille en bleu (1918)"

Hier c'était le 11 Novembre.
Grâce à elle, j'ai une toute petite idée de ce que cette date signifie pour ceux qui l'ont vécue.
Alors pour lui rendre hommage, aujourd'hui, je lui donne la vedette.

Ma Grand-Mère a 99 ans

Ma grand-Mère nous raconte le jour de l'armistice 1918, l'euphorie indescriptible, sa promenade solitaire extraordinaire dans la ville ce jour où les adultes, ivres de bonheur, ont  lâché prise sur la surveillance des enfants et oublié de fermer les portes de l'internat.

Ma grand-Mère me parle des moustaches de Guillaume II.

Ma grand-mère ne comprend pas que ma cousine ait choisi "l'austère voie de fille-mère". Elle s'inquiète pour l'enfant, lui "l'enfant sans père". Elle se souvient de la souffrance de sa propre fille en 1935. Quand les autres enfants se moquaient d'elles parce qu'elle était une fille de divorcée.

Ma grand-mère n'aime pas qu'on l'appelle Grand-Mère. Sauf nous ses petits- et arrière -petits- enfants bien sûr.
A tous les autres elle répond:
- "Vous êtes de la famille? Je n'arrive pas à vous remettre."

Ma Grand-Mère n'est pas impotente. Elle met dix minutes à trouver son stylo, son papier et à écrire le numéro de téléphone. Il est écrit. Pourquoi vouliez-vous  le faire à sa place?  

Ma Grand-Mère a toujours travaillé et gagné sa vie. Avec ses 5 enfants. Avec sa bonne, aussi,
Quatre mains pour sept personnes sans rayon surgelés, sans super-marchés, sans machines, sans couches jetables, sans plaques à induction.

Ma Grand-Mère se souvient encore de la claque administrée pas sa mère et de la douleur de la bague sur sa joue parce qu'elle osait réclamer une des brioches chaudes et dorées qui étaient dans le compotier sous ses yeux chez la voisine.

Ma Grand-Mère me raconte la généalogie de sa famille. De celle de mon Grand-Père aussi, son deuxième mari. Quand elle parle de lui, mort il y a 40 ans, elle a des larmes dans les yeux.

Ma Grand-Mère, c'est la référence historique de mes enfants :
- "Quand Grand-Mère était petite fille..."
- "Quand le papa de Grand-Mère était enfant..."
Au delà de ce temps, les hommes pre-historiques régnaient.

Je ne sais pas quelle mère fut ma Grand-Mère.

Mais elle est une Grand-Mère extraordinaire.

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Chapeau bas

J'avoue?

Allez j'avoue...

Il y a des jours où je me sens.. top

Des jours où je promène sur ma marmaille un oeil énamouré et larmoyant d'émotion tellement je sens que nous atteignons la perfection.

Qu'à côté de nous la famille Ricoré c'est carrément les Thénardiers.

J'envie mes enfants d'avoir la mère qu'ils ont, j'envie leur père d'être tombé sur cette perle, j'envie mes voisins de nous croiser ces jours-là....

Ces jours-là, je regrette que la médaille de la meilleure mère soit tombée aux oubliettes depuis bien longtemps, je regrette de ne pas être plus connue pour que mon exploit soit encore plus célébré, je regrette de ne pas avoir plus d'enfants pour que ma victoire soit encore plus flagrante.

Ces jours-là, je suis tellement contente de moi, que je m'imagine déjà diriger la rédaction de la rubrique "bien-être-enfants" de tous les magazines féminins, je me vois déjà présenter l'émission "les maternelles" dès la prochaine rentrée scolaire, j'envisage presque d'être appelée à l'Elysée pour diriger la commission sur la petite enfance.

Ces jours-là...
Ces jours où j'ai cuisiné des légumes...

Et où ils les ont mangé!
En en ont redemandé!!

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C'est bidon


Sondage ipsos-enfants magazine en Avril 2004 (oui, ça date)

Alors là je ne suis pas fière.

Ce n'est vraiment pas joli de tromper le public ainsi.

Lui laisser croire que la vie de famille c'est vraiment la famille Ricoré

Quand le soleil vient de se  lever, hein...
Parce qu'après...
Qu'est-ce qu'on en sait si  Monsieur et Madame Ricoré ils ne se foutent pas sur la gueule parce que Monsieur s'est levé sans débarrasser et Madame en a marre qu'on la prenne pour une bonne, et mais t'es complètement hystérique ma pauvre fille faut te faire soigner, ah ouais c'est moi bien sûr et toi quand tu hurles sur les enfants juste parce qu'ils renversent de l'eau...

Mais je m'égare, excusez-moi

Sans doute l'envie inconsciente de changer de sujet tellement ma honte est grande.
Le rouge qui me monte au front me rend verte de terreur de vous avouer mon forfait..

Parce qu'un jour, j'ai participé à un reportage...
Bidonné.

Oui, comme à TF1 ou au vrai journal de Karl Zero, ou même au Wall Street Journal

- "Accusée levez-vous : qu'avez-vous à dire pour votre défense".

-  "Ben voilà Monsieur Votre Honneur, c'est que nous avons un ami.."

- "C'est bien"
 
- "N'est-ce-pas?"

- "Poursuivez je vous prie"

- "Or donc cet ami est photographe"

- "Très bien"
 
- "N'est-ce-pas?"

- "Accusée, vous n'êtes pas là pour commenter. Poursuivez"

- "Et bien cet artiste de renommée internationale dans son quartier, à l'oeil infaillible et au déclic rapide, s'est vu confier un sujet de la plus haute importance et de la plus grande originalité en ce 21ème siècle débutant.
Un sujet qui n'avait jamais été effleuré en dehors des 183 couvertures de magazines et des 2549 articles des rubriques psy"

- "Au fait, au fait..."

- "Ah oui pardon.
    Son sujet c'était les nouveaux pères.

    Notre famille venant tout de suite après celle des Ricoré dans son carnet d'adresse, il eut l'idée de nous prendre en photo pour soutenir ce propos.

Vous comprenez, il fallait illustrer l'image d'un père moderne dans un couple moderne.
Un homme engagé dans sa famille qui sait faire tourner une machine de linge et même séparer le blanc et les couleurs depuis le jour où il a découvert qu'une alchimie des couleurs subtiles peut se passer dans le tambour.
Ce qui lui permet désormais d'être l'heureux possesseur de l'unique exemplaire au monde d'une chemise-ès-rendez-vous d'affaire jaune-pipi.

Un homme qui a l'odorat assez fin pour humer le subtil parfum prouvant que les intestins du dernier-né fonctionnent.
Et ce depuis le jour où, lors de son attente à la caisse du super-marché et avec bébé dans le bras, il a constaté que tout le monde essayait de regarder discrètement ses semelles de soulier pour voir s'il n'avait pas par hasard marché dans une crotte de chien.
Et qui depuis se précipite pour aller changer la couche. Voire même (je sais c'est fou), arrête la mère dans son élan
- "Finis de lire ton article sur Georges Clooney chérie, je m'occupe de bébé-chou".

Un père, un vrai, qui sait même racheter des couches AVANT que le paquet ne soit ne soit fini.

Un père, un vrai, qui prouve que les temps anciens sont révolus grâce aux photos le prenant sur le vif de ses nombreuses occupations paternelles :

Le père donne le bain
Le père enfile le pyjama des enfants
Le père met le beurre sur la tartine du matin
Le père emmène ses enfants au square."

- "Accusée, je n'ose croire à ce que je pense, si je comprends bien ce reportage était...?"

- "Bidonné, oui Monsieur Votre Majesté, bidonné, j'avoue"

    Même pas qu'il savait où étaient rangés les vêtements des enfants dans l'appart. Et surtout quoi est à qui. J'avais tout préparé en douce avec des post-it indiquant le nom de l'enfant destinataire.
    Et le body, on a fait une répétition générale pour que le bébé n'ait pas un bras à 90°C  coincé dans le dos et une jambe dans l'autre manche
    Le beurre sur la tartine... ils détestent et ne prennent que de la confiture le matin
    Quand au bain... c'est bien simple j'avais prévu la couverture de survie dans le couloir au cas où il aurait fallu réanimer après un début de noyade...

- "Voilà  Votre Monseigneur, vous savez tout. On n'a pas touché un radis pour ce reportage bidon, et désormais le blason de notre famille est souillé jusqu'à la septième génération (à la huitième, on remet les compteurs à zero, c'est bien connu).

En plus...
Ah Votre Sainteté, faut-il vous l'avouer et qu'ainsi je me flagelle?
En plus...
C'était pour le journal des allocations familiales."

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Pas commode

Avant-hier je vous parlais des concepteurs névropathes de jouets pour enfants, sans doute sous-marins du mouvement no-kids,

Aujourd'hui j'élargis mon propos. Que ceux qui n'ont pas d'enfants restent sur ce blog au lieu de recliquer aussi vite que leur ombre.

Parce que je vais vous parler du concepteur Ikéa
Ah, je savais que mon propos devenait soudain universel...
(D'ailleurs, vous êtes plusieurs dans vos comms de lundi à avoir fait immédiatement le rapprochement entre le montage de jouets et le montage de meubles. Comme quoi je ne suis pas si mauvaise langue que ça...)


Ce que le commun des mortels-clients  ignore, c'est que le concepteur Ik*a concourt pour le prix Nobel du Sadisme.
Il est en cela magistralement secondé par le dessinateur de la notice de montage.

D'ailleurs Nobel était suédois, Ik*a est suédois, vous n'allez pas me dire que c'est un hasard.

Sade était français, je reconnais. C'est notre contribution à nous à la mondialisation. Toute en finesse, en originalité et en raffinement, comme toujours.

Mais revenons au concepteur.

A mon avis, chez les suédois, ils ont une politique de recrutement ultra-pointue.
Par une technique très éprouvée basée sur les méthodes de l'ex KGB, ils parviennent  à se procurer les feuilles d'examen des écoles d'ingénieurs/concepteurs. Et ils les étudient attentivement avec des critères de sélection très rigoureux.
Pour un même sujet d'examen, celui qui a trouvé la solution la plus compliquée ET la plus tordue a gagné son CDI chez le monsieur meuble suédois.
 L'association de ces deux critères est très importante. On croit souvent à tort qu'ils sont identiques. Que nenni. Quand ces deux critères se potentialisent, on atteint l'apothéose, le sommet de l'abscons.

Cette perle rare de concepteur est ensuite présentée à plusieurs potentiels futurs collègues dessinateurs de notice.
Un séminaire de bilan des compétences est organisé.

Basé sur le modèle nommé "séminaire Koh Lanta", où les participants sont largués au milieu des rats sans vivres et sans portable.
Et où à la fin on compte les survivants.

Lesdits survivants se vouant dès lors une haine tenace, on peut les apparier pour créer le couple : concepteur/dessinateur de notice pour la création de la prochaine géniale invention de nos amis suédois. On peut être sûr et certains qu'ils feront chacun le maximum pour rendre le travail de l'autre totalement nébuleux.

Technique très éprouvée, succès au rendez-vous :
Le montage de leur meuble EST effectivement totalement nébuleux.

Cependant, je perçois une lueur d'incrédulité dans votre regard.
Car, me direz-vous, on imagine assez mal des suédois, personnes pacifistes et discrètes, réussir à tirer les vers du nez des agents du KGB. Voire leur soutirer par la force. Si tant est qu'on puisse soutirer par la force quelque chose d'un nez, j'avoue à avoir un peu du mal à visualiser le concept...

Bref je reconnais que cette partie de ma théorie est un peu faible.

J'ai bien réfléchi, et j'ai trouvé une autre explication, qui de surcroît, cadre parfaitement avec notre image des peuples du Nord.
Peuples extrêmement chaleureux et aimant bien se poiler entre potes (il n'y a qu'à relire Asterix et les Vikings pour s'en convaincre).

Chez Ik*a, c'est sûr, ils sont hyper peuples du nord.
Et leurs notices, c'est du second degré.
C'est une private joke pour eux tout seuls, ils se poilent tous ensemble dans leurs beaux immeubles près de Copenhague.

En gros, ils fabriquent un meuble. Après, sans montrer le meuble, le jeu est de créer la notice.
Celle qu'est la plus décalée par rapport au meuble est l'heureuse élue. Et, tel un Prix Goncourt moyen, se verra diffusée à des millions d'exemplaire (enfin presque pour le Prix Goncourt).

Et comme dans Asterix, à chaque fin de semaine, la bande de joyeux drilles concepteurs/dessinateurs suédois se cuite au schnaps en se tapant sur les cuisses de rire à l'idée de toutes ces personnes de part le vaste monde qui suent sang et eau pour assembler ce foutu meuble en suivant cette notice imbitable.

En conclusion, j'espère que désormais, cet éclairage vous aidera ainsi qu'il m'aide, la prochaine fois que vous aurez l'idée folle de vous ravitailler en meuble.

Depuis que j'ai compris ça,  je regarde les bouts de mon meuble, je regarde la notice, je pleure de rire en voyant à quel point ils ont bien réussi leur blague.
Puis quelques heures plus tard je pleure tout court.

Parce que pour au minimum les 5 ans qui viennent, à chaque fois que mes filles voudront un truc dans leur commode, je serai obligée de me déplacer.

Rapport aux tiroirs inouvrables sans un geste alliant force de traction, légère torsion sur la droite suivie immédiatement d'un petit coup vers le haut, avec enfin retenue ultime du geste afin de ne pas se recevoir le tiroir sur les pieds.

Edit : Hoooonte sur moi : j'ai sous-entendu dans ce post que Copenhague est en Suède. Merci à Clare.be de m'avoir fait remarquer cette grossière erreur et bonjour aux Stokholmois (?). 


PS : la photo vient du site :http://www.marketing-alternatif.com/ où j'ai trouvé ça :
" . Ikea a créé un site contestataire de designers anti-Ikea plutôt bien fait où la marque se parodie avec humour : videos, fausses pub, merchandising …A voir : http://elitedesigners.org/ "
Perso j'ai pas vu grand chose, mais je suis une quiche internet
En plus un site parodique qui est créé par la marque elle-même, il me reste suspect...

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Tu te souviens?

 

Bon, je préfère prévenir : aujourd'hui, ce n'est pas comique. Parce que parfois, être une mère pas top, ce n'est pas franchement drôle.

Mais promis, demain sera plus réjouissant. Enfin bon, voilà.

 

Des colères comme jamais elle n'en avait connu

Pourtant ce n'était pas son premier enfant, ni même son deuxième, ni même son troisième.

Mais là, depuis deux mois environ, c'était l'enfer.
Tous les jours. Plusieurs fois par jour.

Elle avait bien sûr testé tous ses anciens trucs plutôt efficaces jusque là. Puis des nouveaux. Puis des qu'on lui avait conseillé. Sans oublier le chantage et la corruption qu'elle réessayait régulièrement.
Incorruptible, imperméable au chantage et absolument pas receveur d'un quelconque essai éducatif.

Un sujet de thèse de pedo-psychiatrie à lui tout seul.

Auparavant, ce petit bout de 2 ans et des bananes était normalement colérique. Sa petite crise de temps en temps et il passait à autre chose. Heureux d'aller à la crèche, heureux d'aller chercher ses soeurs le soir, acceptant la baby-sitter de temps en temps pour cause de travail maternel un peu plus long que d'hab ou de sortie des parents.

Mais depuis deux mois, depuis ce déménagement...
Tout s'était pourtant bien passé : les grands s'étaient immédiatement adaptés à leur nouvelle école, des histoires de copains-copines s'étaient mise en place dès le premier jour...
Assez fière d'elle, la mère, d'avoir si bien préparé l'atterrissage du transbordement familial.

Sauf que lui....
Il était pénible point barre.
En plus n'ayant pas trouvé de place en crèche, elle l'avait tout le temps avec elle. Courses, ménage, linge et aucun moment pour s'éloigner puisqu'elle n'avait pas retrouvé de travail.

Jusqu'au jour...

X-ième colère, elle l'apprend de la bouche du père en récupérant une petite boule rouge, hurlante et se débattant.

A bout de force, d'idées, d'energie elle s'assied à côté de lui, sur le trottoir, au pied de la porte qu'il n'a pas voulu franchir et ne peut qu'écouter ses cris.

 A  bout de force, d'idées, d'energie elle comprend enfin ces pleurs et cris sans parole

A bout de force, d'idées, d'energie, d'une voix presque chuchotée elle demande :

- "Tu te souviens de ta crèche où tu allais avant qu'on vienne habiter ici?".

Et d'une voix calme, avec un visage où instanément disparait toute trace de colère, en la regardant droit dans les yeux, le petit bonhomme répond:

- "Oui"

Et sur ses  joues à elle les larmes se mettent à couler.

Elles coulent pendant qu'elle lui raconte sa vie à lui, sa vie d'avant. Elles coulent pendant qu'elle lui promet que lui aussi retrouvera des occupations pour lui, en lui expliquant que quitter n'est pas abandonner, en lui racontant pourquoi ils sont partis. Elles coulent de reconnaître chez lui tellement de sa propre peine à elle.

Elles coulent en lui disant qu'il faut que sa tristesse s'arrête.

Elles coulent de honte de ne pas avoir senti  plus tôt la souffrance de son fils

Elles coulent de soulagement de l'avoir enfin comprise.

 

Edit : Au vu des premiers comms, j'ai un peu l'impression de "tromper mon monde". Cette scène est déjà vieille de plusieurs mois, et ce texte a été écrit il y a plusieurs semaines. Je n'osais pas le mettre en ligne. Et puis hier quelque chose a fait remonter tout ça. Alors aujourd'hui je me suis lancée 

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Encore raté

Once again, hier fut un jour SANS.
Sans prestige maternel
Et ce, face à un petit bout même pas capable de couper sa viande tout seul.
Ça fait mal.

A priori, la mission qui m'était confiée ne paraissait pas insurmontable.

Mettre bout à bout les rails en bois de ce circuit où peut ensuite circuler un charmant petit train, poussé par l'enfant, parfois pendant des heures.
Fascinante capacité des enfants à se concentrer sur un rien totalement inintéressant. Mais nous sommes bien d'accord : le principal est qu'ils soient occupés pendant des heures. Et SEULS.
Cinq minutes de travail maternel pour une heure de tranquillité, moi je dis, c'est honnête comme deal.

Bref, Le seul effort qui m'était demandé, c'était de l'aider à monter ce circuit.
En rond.
Et avec un pont.

Et bien, mère-ma-soeur, n'en tire pas des conclusions hâtives sur le nombre de neurones qui composent mon cerveau mais...
J'ai rien compris.

Bon, ce rail légèrement incurvé à droite, je dois le mette au bout de ce rail droit afin de pouvoir rejoindre le rail légèrement incurvé à gauche qui est au bout de ce rail droit ce qui permettra de fermer le circuit et de faire tourner en rond le petit train.
Bord*de M*, pourquoi ils sont décalés d'un centimètre?
Attends, je vais forcer un peu, ça devrait passer.

Put*, c'est du chêne massif ce bois, impossible de varier la courbe du rail ne serait-ce que d'un millimètre. Plus jamais j'achète de la qualité.

Bon il doit me manquer un rail de jonction, mais lequel peut-ce bien être?

Merdum, il ne me reste que deux rails inutilisés. Et j'ai au moins 50 centimètres de circuit à compléter si je veux que les deux bouts se rejoignent.
Un léger doute s'installe dans mon esprit: me serais-je un tantinet trompée dans ma conception du circuit jusqu'ici?

Ah non, c'est parce que Chérinet avait caché des bouts. Qu'il me désigne de son petit doigt potelé.
Mon bébé d'amour.
Il a compris mon problème. Il intervient exactement au bon moment. Quel esprit brillant. Mon fils quoi.

 ???


Horreur, ce n'est pas les bouts manquants qu'il me désigne.
Ce sont les rails censés créer le pont du circuit. Incurvés EN HAUTEUR.
Je les avais oublié ceux-là.
Mais dites-moi bande de névropathes-concepteurs de ce circuit, pourquoi ces deux rails sont incurvés en hauteur?
C'est du n'importe quoi. Pour que ça marche, il faut un rail incurvé en descendeur.
Ha....!
Et comment je fais moi maintenant?
...
Autant pour moi, je retourne l'un des deux. Oui d'accord.

Et le pilier? Je le mets comment le pilier?
Perpendiculairement au pont et non parallèlement. Faut pas me prendre pour une brêle. Si mon premier mouvement fut de l'installer parallèlement, c'était juste pour vérifier qu'effectivement c'était nul comme solution.

Et pourquoi les deux rails ne se rejoignent pas sur le pilier? C'est quoi cette différence de hauteur de 1 cm entre les deux maintenant?

C'est trop inzuste, .
Ze veux ma maman...
Moi qu'étais la plus forte en géométrie dans l'espace en maths au lycée... C'est pas possible : j'ai au moins perdu la moitié de mes neurones depuis ce temps là! Et comme par hasard dans le lot, tous ceux dédiés à ladite géométrie dans l'espace.
Pas de bol.

Mes potes, vous qui prétendez bien m'aimer, donnez-moi une bonne excuse pour me sortir de ce guêpier.
Téléphonez-moi.
Là maintenant tout de suite!
Les amis ..., jamais là quand on a besoin d'eux.

J'ai bien essayé d'ouvrir mon enfant au monde en prétendant lui avoir construit une voie des chemins de fer afghans, avec trous de mines et déformation du ballast  dûs à l'action des bombes.
Totalement insensible à l'argument.

Si  la génération suivante est à son image, concentrée sur son petit monde sans aucune compassion pour le reste de l'humanité, on est mal parti.

Finalement mère-ma-soeur, j'ai agi pour l'équilibre futur de mon enfant.
Ainsi que Dolto, Rufo, Calimero (ah bon, lui aussi?) nous l'ont appris.
Je lui ai montré qu'exprimer sa frustration est primordial pour l'équilibre psychique.

J'ai tout jeté au travers de la pièce.

Puis je lui ai conseillé de confier cette mission à sa grande soeur.

Cinq minutes plus tard, Petit-Bout poussait son train sur un circuit parfaitement construit, virage et pont inclus, trous de mines et déformation du ballast non-compris.

Quelle leçon à en tirer?
Si tu n'as pas une grande soeur disponible sous la main, un conseil,  le petit train en bois c'est ... NEVER.


PS : Femina en Suisse m'a fait l'honneur de me remarquer, avec d'autres mères-soeurs et pères-frères de famille. 

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J'ai un truc

C'est le matin, nous sortons.


Les enfants marchent calmement en se donnant la main, manteaux fermés, dents lavées, les parents suivent un sourire aux lèvres. La voisine
de retour du kiosque à journaux nous croise en souriant, le kiosquier nous dit bonjour au passage, l'éboueur replace son container en faisant un signe de la main, le SDF de la station de metro nous dit bonjour.

Ambiance  "le soleil vient de se leveeer..."

Quelle jolie petite famille
Tout a l'air si pur et harmonieux dans leur monde

Si vous saviez, amis qui nous croisez...
Si notre famille irradie ainsi de sérénité lorsque nous apparaissons en public, c'est que j'ai un petit truc.
Et aujourd'hui, devant vos yeux éblouis, je vais le partager avec vous.
Mais pour ce faire, vous devez momentanément entrer dans l'intimité de la famille.

Pour que ce soit plus compréhensible, j'ai copié le meilleur des blogs

Quelques instants avant le départ, chez Monsieur et MadameMM plus marmailleMM


8h 21' 09": "Vous ramassez les livre par terre et vous mettez vos manteaux, on y va".
8h 21' 11" : "J'ai encore faim, j'peux avoir une tartine?
8h 22' 15" : "Tu ne t'es pas coiffée, tiens prends la brosse coiffe-toi et attache tes cheveux"
8h 21' 15" : "Où sont mes chaussures?"
8h 21' 16" : "On va pas être en retard à l'école hein maman?"
8h 21' 19" : "T'as regardé sous ton lit?"
8h 21' 30" : "J'peux avoir une tartine?"
8h 21' 45 " : "Tu te coiffes avant de partir
8h 22' 05" : "Pipi maman-çérie, pipi viiiite
8h 22'10" : "Dis par hasard, t'aurais pas vu la carte pour la photocopieuse de mon boulot. Et les clés de mon placard au bureau? Et mon portable?"
8h 22' 15"  "J'peux avoir une tartine?"
8h 22' 29" : "Enlève tes chaussures et va mettre un collant sous ta jupe. Il fait - 3°C, tu ne sors pas jambe nues."
8h 22' 47" :  "Ben dis, tu pourrais répondre non gentiment, c'était à  tout hasard quoi"
8h 23' 04" : "T'as oublié de signer le mot pour l'école"
8h 23' 16" : "Je trouve pas mon manteau"

C'est LÀ que se situe mon petit truc...

J'ai lu tout Dolto, Rufo, Pluto et Dingo (ah bon eux aussi?).
Et je sais qu'il ne faut pas aboyer sur ses enfants.
Je n'aboie donc pas sur mes enfants.

Je rugis.
Beaucoup plus efficace.

Mon rugissement est à peine fini que tous les enfants sont silencieux.
La bouche ronde, la larme à l'oeil.
Les relations soro-fraternelles en sont énormément ressérées et les grands sont responsabilisés :les petits se réfugient dans les bras des grands qui s'accrochent aux petits tout en prenant sur eux pour ne pas pleurer.

Résultat la communication gestuelle peut s'installer, le ballet de la vie quotidienne se remettre en route après cette interruption momentannée des programmes, le tout, ô bonheur, sans heurts, sans pleurs et dans un silence religieux.

Un sourcil qui se hausse? la soeur ainéee court se coiffer.
Un doigt qui désigne? Le petit dernier file chercher ses chaussures et les enfile.
Un oeil qui s'arrondit? la cadette se précipite pour ranger les livres trainant à terre.
Un regard qui change de direction? Le représentant-de-la virilité-à-la-maison retrouve illico ses clés, ses chaussures, son portable et se baisse spontanément pour faire les lacets du petit dernier.

Voilà pourquoi 5 minutes plus tard, les passants qui nous croisent, devant tant d'harmonie et de sérénité, auront ce sentiment étrange de "déja-viou" comme disent les englishophones.

- "Mais je les connais? M et Mme Ricoré? Charles et Caroline Ingalls peut-être?"

 Edit : Pouick me signale que les englishophones disent plutôt : "déjââ vou". Vous pouvez donc relire l'avant dernière phrase avec l'accent correct, histoire de ne pas passer pour une daube, comme moi...

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