Mardi 13 Nov 2007
Sous les feux de la rampe
Par ClaireMM, Mardi 13 Nov 2007 à 06:26 GMT+2 dans Pas top en public
Comme je ne recule devant aucune mauvaise foi, ce post-ci est un peu l'antithèse de celui-là.
Et, cela va sans dire, tout aussi péremptoire.
Mes enfants sont très partageurs, et ma mauvaise foi, ils vous en refilent une partie.
Mère-ma-soeur, tu connais le point commun entre Angelina Jolie et moi?
Mises à part les formes je veux dire
Non, je plaisante, elle n'a pas du tout le même corps que moi.
La pauvre...
Mise à part la beauté de nos compagnons.
Brad Pitt? Il serait doublure lumière si mon homme était acteur...
Mis à part le nombre d'enfants
Huit à nous deux. Quatre pour elle, quatre pour moi. Nos enfants sont équitablement répartis.
Pas comme notre charisme
Un peu terne parfois la Angelina non?
Mais non, ce n'est rien de tout cela.
C'est bien plus éblouissant.
Notre point commun ce sont les feux de la rampe.
Angelina comme moi, on vit sous le regard des autres, les commentaires perpétuels et les personnes qui nous accostent.
Enfin, moi c'est seulement quand j'ai ma marmaille autour de moi.
Mais là attention : je ne passe pas inaperçue.
Et je n'ai pas intérêt à me rater, parce qu'il y aura toujours quelqu'un pour me le faire dire.
Cas n°1 :
-"Vous ne pourriez pas porter le cartable de votre enfant? Vous ne voyez pas qu'il est aussi grand qu'elle?"
-"Attend, c'est elle qui va à l'école, c'est pas moi... "
Cas n°2
- "Mais il ne faut pas laisser les clés à l'enfant dans la pousssette, il va vous les perdre, vous êtes inconsciente."
-"Moi je veux bien. Regardez, je lui retire..."
-" OUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIINNNNNNN"
-"Je lui redonne..."
-"........"
-"Alors, convaincue?"
Cas n°3
-"Oh il a les joues toutes rouges et il est grognon, il vous fait une dent c'est sûr"
-" Oh oui c'est sûr, c'est juste sa 102ème depuis sa naissance il y a 6 mois... enfin moi j'y connais rien aux dents, mais il y a plein d'experts qui m'ont fait des consultations gratuites comme ça dans la rue. Vous êtes donc le 102 ème.
Laissez-moi votre adresse, quand la première dent sortira je vous ferai signe"
-"Ah et puis pour les joues rouges, je croyais bêtement que c'était le fait d'être entré dans ce magasin surchauffé alors que son emmitouflage est prévu pour les -5°C actuellement mesurés à l'extérieur. Ce qu'on peut être stupide parfois"
Mais les amis tout cela n'est rien
Mon jour de gloire, mes cinq minutes Warholiennes de célébrité, mon casting de la Nouvelle Star, je l'ai vécu hier.
Dans le tram.
Pourtant je me la jouais très sobre.
Limite incognito, accompagnée que j'étais d'un seul et unique échantillon de ma marmaille.
Même pas braillant. Calme et attentionnée, comme une personne sensée.
Même pas puant. A priori elle savait se débrouiller seule avec le papier toilette (encore lui?) depuis des années.
Mais... montée sur roller.
Dans ce tram long de 3 wagons communiquants, nous sommes montées par la porte arrière, loin, très loin du chauffeur.
Toujours calmes, toujours fondues dans la foule. Limite perdues dans nos songes.
Pas pour longtemps.
Parce qu'une fois les portes refermée, le tram en route..., le piège était refermé.
A cet instant précis, des haut parleurs habilement disséminés partout dans le plafond, et qui ne servent sinon qu'en cas d'attaque terroriste ou de réception du pape, nous parvint une voix.
La voix du chauffeur.
Qui parlait de moi. Et de ma fille
- "La dame qui vient d'entrer dans le tram avec un enfant en patin en roulettes est avertie qu'elle enfreint formellement le réglement des transports en commun et doit descendre à la prochaine station"
Là mes amis, je fus submergée par un sentiment, comment dirais-je.. de confusion. Une telle mise à l'honneur... Et de façon si délicate!
Car TOUS les passagers ont cherché à voir la femme ainsi distinguée :
Bibi.
Le rythme des conversations se fit plus soutenu. Chacun y allant de son petit commentaire, qui soutenant le chauffeur, qui me soutenant...
Deux dames, aux opinions radicalement opposées, ont haussé le ton. La seconde clamait haut et fort que le chauffeur avait raison.
Et que si on laissait tout faire, la décadence pointerait son nez, c'est-y-pas malheureux.
La première théorisait sur la baisse de la natalité irrémédiable d'un pays où la vie des enfants était ainsi contrôlée.
Les voisins s'en mêlaient, démarraient leur propre discussion.
Appuyant leurs dires avec force regards dans ma direction et gestes me pointant du doigt.
Et bien tu veux que je te dise mère ma soeur?
Je la comprends Angelina : la célébrité dans la rue, franchement, c'est gonflant!




