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Saint-Jean Bouche d'Or

349-407, plus connu sous le nom de Saint-Jean Bouche d'or

Si faire se peut, dans la bouche d'une mère de famille, certaines locutions doivent être soigneusement évitées.

Ainsi, il est évident que la formule toute faite Put** de Bord** de M** est à manier avec précaution et à réserver aux grandes occasions.
Celles où le choix qui nous reste se réduit à deux seules issues:
- soit l'expression ordurière de l'exaspération qui a pris présentement le contrôle de notre corps.
- soit la mise en orbite immédiate d'un représentant de notre descendance pour nous défouler.
De préférence le plus léger. Ce n'est pas parce qu'on est au bord de la nervous break down qu'on ne garde pas un peu de jugeotte nous permettant d'évaluer le risque de se faire un tour de rein.


De même; on évitera de répondre :

- " De la soupe qui pue "

à la question:

- Qu'est-ce-qu'on mange ce soir?"

Je reconnais que l'immuable répétition quotidienne de cette question mérite à elle seule la mise sur le marché de petites pilules destressantes spéciales mères/pères-de-famille.
Mais n'est-ce-pas, gardons le contrôle de nous même.
Et répondons à la place:

-     " De la pâtée pour chien".

Cette phrase est neutre. Ni agressive, ni dévalorisante. Et puis tous les enfants aiment les animaux. Que peut-on rêver de mieux comme réponse défoulatoire?


Par ailleurs lorsqu'on sera sollicitée pour admirer un dessin, la moindre des décences maternelles nous interdira de répondre:

-     "Ben heureusement que tu me dis que c'est un chat, je n'aurais jamais reconnu"

Non, nous savons toutes que notre enthousiasme face à l'oeuvre n'aura d'équivalent que celui d'un candidat d'un jeu télévisé stupide (pléonasme) lorsqu'il apprend sa victoire.

-    "Mon chéri mais quelle merveille, j'en ai les larmes aux yeux je peux le garder pour l'afficher sur mon bureau, ce chat on a tellement envie de le caresser etc etc..."

Sachant que tout l'art de la mère d'artiste est ensuite de faire disparaître un pourcentage raisonnable de la production de sa descendance  sans que ladite descendance n'en prenne ombrage.


Dans un autre cas de figure, face au chagrin d'un enfant qui vient de s'écorcher le genou, même si l'on fait comprendre que la douleur probable nous parait sans commune mesure avec le cri poussé, on évitera de donner comme argument pour calmer le chérubin:

-     " Ben attends d'avoir eu une bonne séance chez le dentiste , tu verras ce que ça veut dire d'avoir mal. Surtout les jours qui suivent..."

Cet avertissement anti-corporation des diplômés ès-roulettes est supperflu. Notre air  blafard rien qu'à sentir l'odeur lorsqu'on entre dans le cabinet dentaire est assez explicite. N'oublions pas que l'enfant ressent nos sentiments comme une éponge..


Voilà. Tout ça pour dire que, par ces quelques exemples précis, je pense donner totalement gage de ma bonne volonté à créer un dialogue familial harmonieux et constructif, entre personnes qui s'aiment et se respectent.

Alors dites-moi:
 
 Pourquoi, alors que j'exprimais d'une façon subtile et toute en finesse ma lassitude face au niveau sonore présent autour de la table familiale lors de ce repas vespéral...
Pourquoi elle...
Du haut de ses 6 ans...
S'est-elle permis de me répondre:

-     " Ben t'avais qu'a pas avoir d'enfants"

Elle que, comme ses frères et soeurs,  j'adore, me fait fondre, que je ne me lasse pas de regarder vivre...

Mais qu'est-ce-que j'ai bien pu lui dire pour qu'elle me rétorque ça?

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