Lundi 19 Nov 2007
Quand je serai grand...
Par ClaireMM, Lundi 19 Nov 2007 à 06:29 GMT+2 dans Pas top en public

J'ai dû rater quelque chose,mais quoi?
Parce qu'au départ, s'il y a bien un sujet mère ma soeur sur lequel je n'avais aucun doute, c'est que l'avenir de mes enfants leur appartient.
Qu'importe ce qu'ils deviendront du moment qu'ils soient épanouis.
Oui, franchement qu'importe?
Médecin.
Avocat.
Chercheur
Cosmonaute
Allez, même grand reporter ou pilote d'avion
Qu'ils fassent ce qu'ils désirent...
Leur vocation ne s'établira pas en un jour. J'ai suffisamment vécu pour le savoir.
D'une grande envie de devenir maîtresse ou pompier, ils passeront ensuite à une immense aspiration à aller garder des chèvres dans les Pyrénnées.
Non sans être passés par une phase de "n'importe quoi du moment que je puisse me faire plein de blé et vite et pouvoir enfin m'acheter l'écran plasma et la Play Station que vous êtes trop radins pour m'offrir pas comme les parents de Nico plus la paire de Nike à 220 Euros que Martin c'est déjà sa deuxième".
Je suis consciente de ces lentes phases du mûrissement de leur vocation. Je ne ferai rien pour les éviter.
Loin de moi l'idée de perturber ce long chemin vers la connaissance d'eux-mêmes.
Qui les amènera vers leur moi profond, leur vocation de toute leur vie, le métier pour lequel ils sont faits.
Lequel sera (comment serait-ce possible autrement?):
Médecin.
Avocat.
Chercheur
Cosmonaute
Allez, même grand reporter ou pilote d'avion...
Jamais je n'influencerai leur désir profond.
Ma ligne de conduite maternelle est inamovible.
Naïve que j'étais!
On croit être préparée à tout, on croit les connaître comme si on les avait fait
Prétention que tout cela...
Car ce soir-là, le thème de leur futur métier s'est introduit dans nos conversations.
Ce soir-là, des débordements de tendresse faisaient monter des larmes à mes yeux, des bouffées d'orgueil maternel créaient sur mes lèvres un sourire niais et extatique (se souvenir d'éviter absolument toute rencontre inopinée avec un appareil photo lors de ces moments, la mine ainsi composée étant particulièrement peu photogénique)...
...je les écoutais me raconter leur vie future.
Leurs descriptions avaient le goût de miel.
Vu leur jeune âge, aucune chèvre pyrénéennes ne se glissait dans leur propos, et aucune raison bassement matérialiste ne venait tacher la pureté de leurs rêves.
Persuadés que ans ce joli monde où nous vivons, tout travail est rémunéré grassement et permet de s'acheter des pots de nutella et tous les doudous qu'on veut. Leur confiance dans l'avenir est fascinante.
Qui le premier osera leur dire que... ?
Pas moi
Mais je m'égare...
Ce soir-là, aucune vérité trouble-fête ne s'était invitée autour de la table et je n'entendais parler que de future maîtresse ou pompière, vétérinaire et marchand, conductrices de trains et pâtissier...
Jusqu'à ce qu'elle ouvre la bouche.
Et que soudain, la cuillérée de miel que je dégustais, semblât se teinter d' un net goût de jus de citron moisi.
Lorsqu'enfin, sortant de ses songes où elle visualisait son avenir radieux de femme comblée, d'adulte indépendante et épanouie, de sa voix claire et pleine d'enthousiasme elle nous révéla son rêve à elle...
Son envie profonde
Sa vocation de toute sa vie
Ce pour quoi elle se sentait intimement faite:
- "Femme de ménage"!!!
J'ai fait "huurps"
J'ai craché toute ma bouchée.
Elle a demandé
-" Ben quoi?"
J'ai dû rater quelque chose, mais quoi?
PS : Soudain un doute m'étreint : dans les Pyrénnées, on garde plutôt des moutons non?




