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Jour sans


Je vous promets, j'ai essayé.

Je me suis dit:
- "Claire ma fille, tu n'es pas là pour plomber l'ambiance, allez, vas-y  déconne qu'on rigole un coup"

J'ai cherché, me suis creusée les méninges. Mon pauvre neurone en est encore épuisé et pourtant de comique... pas l'ombre d'un chatouillis.


le sujet est trop important.
L'avenir de nos têtes blondes est en jeu et vous voudriez que je gaudriole? C'est mal me connaître.

Quand l'heure est grave, je vais au combat le front bombé et le torse en avant. A moins que ce ne soit le contraire.

Et l'heure est grave.
Parce que c'est bientôt Noël.
Et qu'il est plus que temps d'attaquer.

Mais comment présenter ça de manière comique?

Dans un premier temps, je voulais vous dire que ça me grattait.

Le risque étant que vous ne m'imaginiez porteuse de la chtouille (j'adore ce mot)
Quoi, je ne peux pas avoir la chtouille? Un si joli nom de maladie réservé au seuls hommes?

Nous on a des cystites. Rien qu'en prononçant le mot, on a déjà mal
Eux ils ont la chtouille. Rien qu'en prononçant le mot on a envie de rigoler.

C'est pas de l'inégalité caractérisée ça?

Bref non, la gratouille du coup, j'ai préféré éviter.

Surtout que le terme est un peu faible.
Il s'agit en réalité d'une démangeaison urticatoire aigüe.

De celle qui nous attaque quand on vient péniblement d'écluser le plus gros des découverts post-impots (non je ne suis pas mensualisée) et qu'on apprend que ça tombe bien parce qu'ils avaient justement besoin d' argent frais au gouvernement pour augmenter leur chef.

Ça gratouille non?

Pas du tout d'avoir payé ses impôts.
Mais de se demander s'il en restera assez pour construire un ou deux immeubles supplémentaires à loyer modéré dans Paris. Ou partout ailleurs.
Ou augmenter un chouïa le salaire des infirmières.
Ou réparer les installations d'aide aux personnes handicapées dans les lieux publics. Je connais personnellement dans une mairie une plateforme élévatrice pour monter les 6 marches menant à TOUS les services municipaux et que je n'ai jamais vue fonctionner.

Mais je m'éloigne très sérieusement de mon sujet.
Pour vous donner une idée, si mon sujet de départ était à Paris, je serais quelque part entre Vladivostock et Oulan Bator....

Je me concentre, je me recentre...

Après ces grand sujets, ma petite colère peut paraître bien dérisoire...
On pourra suspecter chez moi un problème d'hormone. Monter ainsi sur mes grands chevaux ...

Et bien tant pis. Au risque de laisser penser que je souffre d'une ménopause précoce (d'ailleurs où serait le problème?) je continue à cataclop-catacloper sur ma colère et je demande explication:

Pourquoi, mêmes pour les âges tendres, les magasins de jouets commencent déjà une forte distinction fille-garçon?

Pourquoi les seules et uniques voitures dans les rayons filles sont des décapotables taillées pour être conduites par des bimbos littéralement inhumaine du point de vue anatomique?
Et dont la garde robe est directement inspirée de celles des nombreuses copines du chanteur dans les clips de rap américain?

Pourquoi dans le rayon garçon, nombre de dessins sur les emballages ont un aspect agressif?

Pourquoi ai-je l'impression en déambulant dans les rayons qu'on propose à mes filles de s'identifier à un modèle soit de maman soit de put**?

Pourquoi les camions de pompier sont de l'autre côté de la "frontière des sexes" du magasin?
Le gène "camion de pompier" sur le chromosome Y aurait-il été découvert sans que je n'y prenne garde?

Pourquoi rien qu'en me fiant aux couleurs dominantes des RAYONS, je peux savoir directement où se trouvera la voiture de course et où se trouvera le camping-car familial?

Pourquoi mon garçon peut facilement se déguiser en chevalier ou en pirate, mais très difficilement en prince?

Pourquoi personne à part son père et moi ne lui a jamais offert de poupée? Ce qui le réduit à piquer celles de ses soeurs. Lesquelles croulent sous une marmaille en partie non désirée.

Pourquoi...?

Allez j'arrête d'enfoncer des portes grandes ouvertes, et qui me font quand même mal.
Je ne nie pas la différence des sexes. Il me semble juste que les magasins de jouets la caricaturent à l'extrême.
Et que c'est l'un des endroits où la parité fille-garçon est la plus inexistante.

Désolée, j'ai perdu tout mon humour en route.
Il est resté quelque part en plein milieu du magasin de jouet.
Promis, dès que j'en sors, j'essaie d'être plus drôle.


PS: La photo, c'est un quartier de yourtes à Oulan Bator. Juste comme ça, pour s'évader. Et puis parce que le mot yourte, je l'adore aussi et que sinon, j'aurais pu bloguer pendant des années sans jamais réussir à le placer...

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