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Transmission orale (1)


Mère-ma-soeur, tu seras d'accord avec moi, le mensonge ce n'est pas joli.
Même par omission.

Il est alors de notre devoir de ne plus cacher la vérité et de faire une terrible révélation aux pas encore futurs-parents.
Pour qu'ils aient bien tous les éléments en main  le jour où ils feront la petite graine du papa dans le ventre de la maman. Par ce tour de passe-passe hop-hop, rien dans les mais, rien dans les poches (tout dans le zizi). Magique futur papa.
Excusez-moi de ce message codé, mais si mes enfants venaient à passer devant l'écran... Vous comprendrez que je fasse attention à mon langage.

Langage qui est justement le sujet de ce post.

Ce langage qu'on découvre avec les premiers mots de notre enfant.
NOTRE langage.

Nos tics, nos expressions toutes faites, nos jurons persos.

Intacts, sortant tout frais de la bouche de notre petite merveille.

Ce qui peut donner dans des cas extrêmes, une petite poupée aux boucles soyeuses, aux grands yeux innocents et dont la bouche délicatement ourlée débite plus de grossièretés qu'un charretier qui vient de se faire couper la route par un Vélib.

Ou alors des récits dont il est assez difficile de suivre le cours en raison d'un léger abus dans l'utilisation de certaines locutions.

Si d'aventure en rentrant de l'école, votre progéniture vous raconte :
    -"En fait, Nathan, parce qu'il a pris la balle en fait qu'elle est à Valentin en fait que la maitresse elle a dit en fait qu'on n'a pas le droit de prendre les affaires des autres en fait.

Il serait peut-être judicieux que vous vous interrogeâssiez sur votre propre rapport à l'expression "en fait";

De même, si lorsque l'un de vos rejetons en jouant avec ses poupées fait preuve d'un autoritarisme un peu exagéré :
-    "Bon maintenant tu vas la manger cette purée, sinon je te la fais avaler par les oreilles"

Peut-être pourriez-vous remettre en cause votre technique d'incitation à l'ingurgitation, et revenir par exemple aux bons vieux fondamentaux

-    "Une cuillérée pour papa, une cuillérée pour maman".

Par ailleurs n'oublions jamais que les rapports soro-fraternels ne sont pas toujours un doux rayon de lune dans un océan de miel.
Si dans leurs échanges oraux, vous repérez trois fois sur quatre des expressions telles que
-     "Et plus vite que ça"
-    "J'en ai plus que marre"
-    "Et tu me le donnes tout de suite. D'ACCORD?"

Ce ne serait peut-être pas une mauvaise idée d'adoucir un tantinet le ton de votre voix la prochaine fois que vous leur parlerez.

Mais le point le plus important est évidemment de penser au jour où bambin en chef fera son entrée dans le grand monde.

Aucune réputation parentale, fut-elle excellente, ne peut survivre au ravage créé par un petit bout de 2 ans et des brouettes. Lorsqu'il fait l'expérience de la grande déception induite par l'écroulement de sa tour en lego de 58 étages.
Si dès lors, de sa petite voix claironnante on l'entend s'exclamer :

-    " Put*** fait çier l'est enco' cassé ce bo'del à cu' d'Lego"

Il est fort à parier que les regards des puères le soir quand vous viendrez récupérer votre bambin vous mettra mal à l'aise
 ("Quoi, qu'est-ce-que j'ai encore fait?")   

En gros, pour faire simple et ne pas prendre trop de votre temps, je terminerai ma démonstration en m'aidant d'une référence cinématographique.

"La vie des autres."
Cet excellentissime film où  l'on nous montre comment la Stasi a caché de micros dans TOUTES les pièces de l'appartement et enregistré la moindre des conversations.

Et bien futurs parents, mes futurs frères et soeurs, il faut dès le départ vous faire à l'idée que vous vivrez dans un appartement équipé par la Stasi.
Avec un enregistreur multi-piste branché en permanence.

Et que tout ce que vous direz sera désormais enregistré, noté. Et RÉPÉTÉ. Surtout répété.
Sans aucune possibilité d'arracher les fils...


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