mere-pas-top

Trois jours sans ma mère

 

 Il semble mère-ma-soeur que nous ayons des limites physiologiques universelles.

Comme le terme habituel d'une grossesse de 9 mois, ou la durée d'un cycle menstruel de 28 jours,.

Un autre espace temps semble ainsi être intimement lié à la fonction de mère:
La durée supportable d'éloignement de notre progéniture...
12 heures...
Pas une de plus, pas une de moins.
Notre métabolisme semble être adapté pour supporter une absence des petits chéris de 12 heures.


-"On a laissé le(s) enfant(s) pour la semaine afin de partir aux Seychelles mais au bout de 12 heures, face à la mer sur mon transat, il(s) me manquai(en)t déjà".

Ah bon.

Comme dirait ma Grand-Mère, c'est donner de la confiture au cochon.

Si face à la mer, la brise chaude sur le visage, les étendues de sable blanc devant les yeux et le doux clapotis de la mer dans les oreilles, sans rien d'autre à penser que

- "Je plonge dans l'eau mainteant ou dans cinq minutes? Avec masque et tuba ou juste le matelas  pneumatique?"

 On regrette les piaillements de la marmaille et le boulot qu'elle entraîne, moi je dis: la prochaine fois, le billet pour les Seychelles, filez-le à une copine dénaturée.

Moi par exemple.

Parce que je peux garantir que cette sensation de manque m'est quasi inconnue.

D'ailleurs, si, ainsi que je l'ai si souvent entendu, le manque survient dès 12 heures d'absence, il ne faut pas se plaindre si petit chéri vous réveille la nuit.
C'est juste sa conscience d'enfant très à l'écoute de sa mère qui lui dicte sa conduite.

Poussin d'amour a régule ainsi sa petite horloge intérieure pour une séparation maximale de 6 heures.

Ce qui pour un coucher moyen vers 20 heures, garantit une revoyure sur les coups de 2 heures du mat'.

L'enfant agit par devoir filial afin d'assurer à sa mère un meilleur sommeil.

Une fois la mère bien réveillée au bord de son lit, le petit bout se rendort avec la conscience apaisée de l'homme qui a accomplit son devoir.

Grâce à lui, cette nuit encore, très chère maman ne risque pas de voire poindre ce sentiment de manque dû à une absence qui se prolonge...

Alors je le redis haut et fort, et surtout à ma descendance que cela concerne en premier chef :
Je supporte très bien de ne pas vous voir pendant 12 heures. Même 24. même 36.

Comme je viens de le faire ce week-end, avec le seul et unique objectif de passer du temps dans les troquets parisiens à papoter des heures avec les amis pas vus depuis longtemps.
A boire des petits noir sérrés, face au zinc, Libé frais du jour d'un côté et même parfois un croissant chaud de l'autre
Entre l'équipe des éboueurs qui fait sa pause, le commercial qui prend son noisette avant son prochain rendez-vous et la mamie du quartier qui s'installe là pour faire la causette...

J'ai très bien supporté ce programme durant trois petites journées.

Trois journées SANS mes enfants.

Autant dire... incognito.

Et dites-moi sinon, comment avoir autant de plaisir à les voir se réveiller que ce matin qui suit mon retour tardif?

PS : Merci à celles qui se sont inquiétées de mon absence hier et qui m'ont laissé un petit mot. Ce n'était, comme vus avez pu le lire, rien de grave...

34 commentaires - aucun rétrolien