mere-pas-top

A table

Mère-ma-soeur, je suis sûre que comme moi tu rêves d'inculquer à tes enfants le bonheur d'une nourriture saine et raisonnable. Voir tes enfants respirer de bonheur à la vue de ce plat de poisson au court bouillon ,accompagné de ses salsifis cuisinés avec amour, est un de tes rêves de base.

Rêve qui dans mon cas tient du phantasme le plus pur. Car pour ce faire, il me serait déjà utile de savoir comment se cuisent des salsifis. Ce qui m'amène à penser que je n'ai aucune idée de ce à quoi peuvent ressembler des salsifis crus.

Il m'est évidemment possible d'entrer chez n'importe quel primeur et de lancer sur un ton qui en imposerait:
-    "Dites-moi mon brave, donnez-moi quelques salsifis. De vos plus frais n'est-ce-pas!"

Mais je n'ose. Le problème avec les fruits et légumes, c'est cette histoire de saisons. Si d'aventure il s'avère que ma demande est totalement anachronique, je crains le sourire méprisant que tant d'inculture potagère pourrait faire naître.
Mais si, solution redoutable, ce charmant commerçant me répond:

-    "C'est comme si c'était fait ma petite dame, je vous en mets trois livres?"
La situation serait pire.

Je me retrouverais alors en possession d'un sac plein d'un légume dont mon dernier souvenir remonte à ma cantine de primaire (dès le collège, déjà,"ils" n'essayaient même plus).

Or, caractéristique amusante, il existe deux ou trois objets dans mon appartement dont la vue m'inspire un profond ennui, tels que le produit pour nettoyer les vitres, le panier avec le courrier en retard et...
Et l'épluche-légume, autrement nommé "économe". Petit nom qui nous rappelle les intendants des lycées de nos grand-parents et qui est bien la seule caractéristique plaisante à son sujet.

Dans une telle situation, mon phantasme tournerait déjà au cauchemar. Assise devant ma montagne de salsifis, crus, que je ne saurais par quel bout prendre (les salsifis, pas la montagne).
Dans les relents de vapeurs de court-bouillon poissonesque (oui ça je sais à peu près faire).
Et dans la profonde déprime de la mère rêvant de ce paquet de frites surgelées qui lui tendait les bras.

Mais le pire resterait à venir. Car en mère moderne et connectée à la toile intersidérale, j'arriverais bien à trouver une recette de salsifis, mise en ligne par une lointaine ménagère du nord du Quebec et qui s'occupe pendant ses longs mois d'hiver. A cuisiner des salsifis. Faut la comprendre, c'est ça ou la conversation avec un caribou. Quoique à sa place, je crois que je choisirais la conversation avec le caribou.

Munie de cette précieuse recette, je serais alors à même de déposer ce plat phantasmé sur la table familiale.

Et là, mère-ma-soeur, je suis sûre que grâce à ton expérience, la suite te paraît claire:

Tout d'abord des enfants qui reçoivent, sous la menace, un centimètre carré de salsifis dans leur assiette:
-    "On ne dit pas qu'on n'aime pas sans avoir goûté. Mange ça ou tu n'auras pas de dessert"

Ensuite une mère en plein trip salsifesque, doublée d'une très très légère mauvaise foi.
-    "Hmmmm mais quel délice, un bonheur, je me pâme, je défaille de plaisir, ah ces salsifis..."

Enfin 1,2 kg de salsifis à ne pas laisser perdre (oui le père, dans un soutien sans faille à son épouse, a accepté d'en manger 100 grammes).

Je vous laisse, j'ai des salsifis à manger..

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Dilemmes

 

Il ya des femmes qui ont des dilemmes très modes:
"Le legging noir ou taupe avec ma robe gris souris?"

Il ya  des femmes qui ont des dilemmes grande classe:
"Champagne ou Pouilly à l'apéritif de la reception de samedi?"

Il y a des femmes qui ont des dilemmes douloureux:
"L'épilation on la commence côté gauche ou côté droit du string?"

Ou bien des dilemmes savoureux:
"Nutella ou crème Mont-Blanc?"

Moi j'ai des dilemmes... vaseux...
Et nocturnes (ceci expliquant cela):

-    "C'est quoi ce bruit  attends qu'est-ce qu'il se passe quelle heure il est? Oh non..."
Il est 3 h 18 du matin pétante, il pleure. Je le prends dans mon lit comme mon instinct m'y pousse? Ou bien je me lève et le berce une heure durant comme on le préconise dans tous les magazines parentaux, mais sans aucune garantie d'efficacité? Ou encore je le laisse me pourrir ma nuit par ses pleurs comme le conseillent tous les psys?

Psys qui expliquent en détail combien le lit parental doit rester un sanctuaire inviolé (si j'ose dire), comment l'enfant doit, dès son plus jeune âge, appréhender l'existence d'une vie de ses parents dans laquelle il n'a pas part, existence symbolisée par cette chambre fermée, et à quel point, jamais au grand jamais, il ne faut lui permettre de dormir avec sa mère, au risque d'induire des traumatismes profonds qui se révéleront dans sa vie d'adulte.

Carrément?
Dans sa vie d'adulte?
Vraiment?

Mais attendez, si les traumatismes éventuels ne se révèlent qu'à l'âge adulte,  en quoi suis-je concernée? Franchement...

Et puis éventuels, éventuels..., c'est bien joli!

Mais un traumatisme qui n'est pas éventuel, c'est le mien demain lorsque le réveil sonnera si je ne me rendors pas dans les 10 secondes.
Ou pire, si je passe la moitié de ma nuit à déambuler du salon aux toilettes avec un paquet de kilos dans les bras, tout en me flinguant régulièrement le pied contre un coin de chaise ou un jouet qui traîne.

En conséquence, mon dilemme nocturne, il appartient à un espace-temps que seuls les sportifs émérites côtoient.

Quelques centièmes de secondes...

Au bout desquelles :

-    "Allez zou couche toi là, prend ce bout de couette et surtout surtout, maintenant...
tu te la FERMES!!!"

Moi la nuit, la psychologie, vous savez....

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Revue médicale


 
A la demande générale de SophieL.L, voici quelques mots sur des médecins. Un jour peut-être vous avouerais-je mes plus honteux secrets de traitements non donnés, de symptômes modifiés pour apparaître plus top, de mensonge éhontés. Pour l'heure, juste quelques mots.
Avant de vous laisser lire, je veux préciser que cette accumulation de médecins n'est due qu'à des déménagements et à des pépins qui n'apportèrent jamais aucune angoisse sur le long terme.
Je ne veux en aucun cas laisser penser qu'il faut me plaindre, ce serait indécent pour les parents qui combattent au jour le jour une maladie chronique ou évolutive de leur enfant.


Il y a eu celle qui grimaçait tellement quand elle auscultait les oreilles de mes enfants que j'en souffrais pour elle. Tout en m'interrogeant in petto sur la validité d'un tel examen, normalement de routine, et qui dans ses mains semblait relever de la chirurgie de pointe.

il y a eu celui qui m'a demandé tous les détails sur la santé de ma fille jusqu'à ce que j'ouvre la couche. Et qu'il se rende compte qu'il fallait rajouter la palpation des bourses à son examen de routine.

Il y a eu celle pour qui consultation ne rimait pas avec ordonnance, partie à la retraite trop tôt et à mon grand regret. Pas d'ordonnance, pas de traitement, pas de course poursuite dans l'appartement un suppositoire à la main.

Il y a eu celui qui, avant de prescrire quelques granules, m'a posé des questions tellement précises, pertinentes et vastes qu'après cette consultation d'une heure j'ai cogité pendant trois jours.

Il y a eu celui qui ressemblait tellement à un bon père de famille que j'avais très envie de l'appeler papa et de me reposer sur son épaule.

Il y a eu celle qui, pour réconforter mon petit bout de fille pendant ce douloureux changement de pansement, lui disait des mots doux avec une telle haleine nicotinée, que moi, qui tenais mon enfant sur les genoux, je ne savais plus si c'était la vue de la plaie à vif ou l'odeur du tabac régurgité qui me donnait le plus envie de vomir.

Il y a eu celle qui écrivait des prescriptions longues comme un jour sans pain, destinées à soigner des pathologies jusque là fort discrètes et sans aucun symptôme.  Symptômes qui encore aujourd'hui me sont inconnus, malgré l'atterrissage immédiat dans la poubelle de ce pensum médical.

Il y a eu celui qui s'occupait du cas, seulement du cas, sans aucune attention pour mon angoisse de mère, lui qui savait bien qu'il n'y avait rien d'inquiétant.

Il y a eu celle qui m'a si bien expliqué la maladie bénigne de ma fille que je regrettais de ne pas pouvoir prendre de notes. J'aurais pu immédiatement aller les revendre dans un CHU à n'importe quel carabin.

Et puis il y eu celui-là, une crème de médecin, un vrai médecin de famille à l'ancienne malgré ses bagouses, ses chemises sûrement dénichées dans une boutique pointue du marais et sa coupe de cheveux qui ne déparerait pas la tête d'un DJ house-techno.

Une personne chaleureuse, instinctive et apaisante, un médecin qui donne l'impression d'avoir tout son temps malgré sa salle d'attente bondée. Qui prescrit peu. Qui me parle à moi comme à une personne et non pas seulement comme à une mère. La nuance est fine, elle signifie qu'il prend en compte aussi mes sentiments et ma disponibilité, et que je ne suis pas seulement l'adulte-relais en charge de la mise en place du traitement.

Un coup de chance, le médecin le plus proche de chez nous après ce déménagement.
Enfin avant...
Avant l'autre déménagement.

Je vais militer pour que la sécu rembourse les frais d'avion.

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Révélation enchantée

Et bien voilà, ça y est je l'ai vu, le dernier Disney en date, qui se nomme "Enchanted" en Anglais dans le texte et "Il était une fois" en pas Anglais nommé Français. Je peux aller jusqu'à la traduction allemande si vous voulez mais ensuite, adressez-vous à votre consulat le plus proche.

Alors bien sûr, vu la date de péremption dudit film , je suppose qu'il a depuis longtemps disparu de l'affiche de par chez beaucoup d'entre vous. Je ne me la jouerais donc pas "Que voir ce soir après le dîner?". Je sais que le ridicule ne tue pas mais on n'est jamais trop prudent.

De toutes manières je ne réussirai jamais à vous en parler avec autant de talent que Caro.

Et puis si d'aventure j'avais ambitionné m'aventurer dans la critique du film, il est possible que je vous eusse avoué qu'à deux ou trois moments je m'y étais ennuyée. Mais ça vous pouvez le mettre sur le compte de mon mauvais esprit.
A beaucoup d'autres, j'ai ri de bon coeur, même plus que mes filles qui n'ont pas encore les clés pour comprendre tous les gags.
En fin de compte j'ai passé un bon moment.

Mais là n'est pas le but de ce post, je voulais vous parler de ce film parce que j'ai eu DEUX révélations en le regardant.

La première ce fut 7 minutes avant la fin:
-    "Put*in mais l'acteur, là, c'est Patrick Dempsey!"

Je dois dire pour ma défense que normalement je suis plus physionomiste que ça. Il suffit que Jude ou Colin apparaissent dans le fond de l'écran la nuit dans le brouillard pour que je sois déjà toute retournée d'émotion et raide dingue amoureuse.
Mais là je ne sais pas, aucune connexion n'avait pu se faire dans mon cerveau entre un film pour enfants et la présence d'un mâââle à tomber par terre.

Pour ma défense, les derniers films vus dans ces conditions, entourée de ma marmaille, étaient "Happy Feet", "Schreck" et "Ratatouille".

Films dans lesquels le potentiel érotique des héros ne m'avait pas réellement troublée.

Vous comprendrez que partie pour voir un film se plaçant dans une telle série, mon cerveau ne soit pas exactement programmé en mode "Attention ça va faire mâle".
Et que je puisse passer une heure à trouver le type à l'écran canon, sans comprendre qu'effectivement je suis en présence d'un des acteurs les plus craquants de sa génération.

Je sens bien que mon excuse vous laisse sceptiques, rajoutez-y une bonne fatigue.

Mais laissons-là ce détail (Patrick? Un détail? Oh my god, comment je peux écrire des trucs pareils?).
C'est la deuxième révélation qui fut la plus grandiose. Un truc énorme!

Pour les personnes qui n'ont pas vu le film je me dois juste d'expliquer le contexte. Cela ira vite, deux phrases suffiront:

Dans ce film Patrick Dempsey est le père d'une petite fille de 6 ans et on comprend qu'ils vivent seuls tous les deux. La scène au dialogue incroyable se passe au moment où la petite doit aller au lit. Son père à cheval sur un des accoudoirs du canapé du salon, sans la regarder,  l'envoie avec tendresse au dodo:
-    "Met-ton pyjama et va au lit ma chérie"

Vous le voyez le truc énorme, la chose insensée?

Le truc qui fait que je chérirai ce film toute ma vie, et pas seulement parce que pendant plus d'une heure il me permet de contempler en gros plan un mec beau que c'est pas Dieu possible?

Mais si voyons...

Il lui dit de se mettre au lit SANS L'ENVOYER SE LAVER LES DENTS et surtout, surtout, on comprend bien qu'il n'a AUCUNEMENT L'INTENTION de lui lire une histoire, et ENCORE MOINS d'abandonner son occupation présente (pianoter sur son portable) pour accompagner sa fille au lit.

Patrick mon amour épouse moi, je suis faite pour être la mère de tes enfants, moi non plus je ne lis pas d'histoire, l'injonction du lavage de dents, j'oublie une fois sur deux et l'accompagnement je peux m'en passer.

C'est bien simple dans cette scène, toi et moi on ne fait qu'un!

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MèreS pas topS

  

Je suis un peu déçue

En ouvrant ce blog je me croyais une certaine légitimité pour le faire, eu égard aux nombreux manquements que je décelais quotidiennement dans mes occupations maternelles.

J'avais un regard naïf et plein d'envie sur mes soeurs de galère mère-de-famille, et en mon fort intérieur résonnait régulièrement ce cri:

-    "Mais comment font les zoooootres?"

Pour suivre la scolarité de leur progéniture sans voir arriver à la maison les photocopies-circulaires distribuées par la maîtresse, sur lesquelles, touchante attention à moi seule destinée, est ajouté un petit mot manuscrit qui me rappelle mon dernier manquement en date (signature du contrôle, oubli du rendez-vous....)?

Pour les faire obéir sans immédiatement ressembler à Cruella des 101 dalmatiens?

Pour que les séances travaux manuels à la maison dépassent l'atelier dessin avec un stylo bille, seul effort consenti pour laisser s'épanouir la créativité de ma marmaille?

Pour accompagner dans le cabinet du médecin un enfant, sans répondre "Aucune idée" à trois question sur quatre. La quatrième étant :"Date de naissance de l'enfant?"?

Pour éduquer leur cinq sens de façon à ce que, à l'odeur, ils sachent différencier si le plat contient de l'estragon ou du coriandre? Et non pas uniquement de façon à ce que, à la vue du paquet, ils sachent différencier si les pâtes sont au gruyère ou au parmesan râpé.

Pour leur apprendre à ranger leur chambre sans utiliser la technique connue en psychiatrie sous le nom de Hysterica Rangementa la Porcheria?

Oui vraiment, je suis un peu déçue, et très honteuse de mon arrogance.

D'avoir eu la présomption de croire que j'étais différente des autres.

Parce que dites-donc, d'évidence, vos comms à l'appui, ma pathologie est très répandue!
Et comme qui dirait que finalement, va falloir que je rajoute un S au nom de ce blog.

PS: Mais vous savez quoi? Grâce à tous ces témoignages, je suis chaque jour un peu plus heureuse d'avoir ouvert ce blog.
Merci
.


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Procrastination

 

PROCRASTINATION, subst. fém.
Littér. Tendance à différer, à remettre au lendemain une décision ou l'exécution de quelque chose. Synon. ajournement, atermoiement. Cette habitude, vieille de tant d'années, de l'ajournement perpétuel, de ce que M. de Charlus flétrissait sous le nom de procrastination (Proust, Prisonn., 1922, p.86).


Avant-propos: Ayant appris ce mot récemment, j'ai décidé de vous en faire profiter. A mon avis, à la fin du post vous l'aurez assez lu pour votre vie entière.

Futur père-et-mère-de-famille (FPDF- et FMDF) -mon frère, ma soeur, encore une fois c'est à toi que je m'adresse. Oui je suis une mine de conseils pour ceux qui n'ont pas encore fait l'irréparable: procréer.

Aujourd'hui je me permets de te conseiller l'apprentissage de la procrastination. Deviens proscratinateur, n'hésite pas.

Bien évidemment, pas dans ta vie d'adulte responsable et réfléchi. Même si cela permet de connaître des moments de douce euphorie. Moments bénis où l'on a enfin mis le chèque des impôts à la poste, à H-3 minutes alors qu'il traînait dans notre sac depuis deux semaines. Moment où l'on connaît un tel contentement de soi-même qu'on pourrait en remonter à notre président lui-même.

Malheureusement, ces moments de douce euphorie se payent chers. Et en avance. Par des sueurs froides dignes du Vertigo d'Hitchkock. De plus la procrastination rend également parano, il faut le savoir. On est en permanence susceptible d'être en retard dans ce qu'on devait faire.

Faire quoi? Là est toute la question! Avec tout ce que l'on remet au lendemain, on ne sait même plus ce que l'on devait faire le jour même.

Personnellement l'ouverture du courrier est régulièrement une source d'angoisse et je réponds au téléphone la main tremblante. Si c'était une amie qui avait quelques mots à me dire suite à une promesse que je lui aurais faite puis remise au lendemain?
La promesse d'aller chercher son fils à l'école par exemple?

Non, réellement, pour la survie dans notre société moderne il vaut mieux éviter toute proscratination.

Par contre FPDF et FMDF, pour ta survie dans ta future sphère familiale, il est indispensable que face à une demande quelconque de ta progéniture, tu apprennes rapidement à prononcer le mot magique de tout bon procrastinateur :

-"J'arrive!"

Alors même que tu n'as aucune idée de quoi il s'agit, qu'il est bien clair que tu n'as pas l'intention de te bouger d'un pouce et que tu oublies ta parole dans les deux secondes qui suivent son prononcement.

C'est ça ou la fin définitive de toute activité en continu.

Calme ta conscience FPDF et FMDF, à procrastinateur, procrastinateur et demi.

Car sache-le, à chaque ordre comminatoire de venir sur le champ que tu donneras à ta descendance, tu t'entendras de l'exacte même façon répondre un:

-    "J'arrive!"

Tout aussi, totalement et absolument, exempt de la moindre part de vraissemblance.

 

PS : Un grand merci à la personne qui m'a servi de muse pour ce post et qui se reconnaîtra

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Voisins-voisines


Hors la grande ville, point de salut pour une mère-pas-top.

Son cauchemar absolu: une jolie maison isolée. Sans voisins.

Hier par exemple où ma fille était brûlante, comment aurais-je fait pour prendre sa température si je n'avais pu chercher le thermomètre chez la voisine?

Ne vous méprenez pas, je possède bien entendu un thermomètre médical. Acheté lorsque je préparais la venue au monde de mes premiers enfants et que j'étais encore pleine d'illusions sur moi-même. Ce thermomètre est présentement quelque part dans l'appartement, tout comme son frère lui même acquis un jour de énième recherche infructueuse du premier.
Ces deux instruments précieux sont actuellement rangés. En lieu sûr dans l'appartement. Le tout est de se souvenir du lieu sûr en question.

En tous cas pas dans le placard qui est supposée être leur rangement. Pas non plus sur l'étagère où il atterrit après avoir pris la température du petit. Pas plus sur le dessus de commode, lieu de dépose-rapide. Invisible également sur l'étagère-dépotoir en laquelle je fondais beaucoup d'espoir.  Sous les lits, dans le panier de linge sale, derrière le canapé, avec les chaussettes des enfants, rien de rien, j'ai vérifié.

Alors?

Alors à moins de déposer des thermomètres dans toutes les pièces de la maison accrochés aux poignées de porte, il est bien évident que sans voisine organisée qui retrouve son thermomètre dans les cinq secondes après ma demande, il m'est impossible de déterminer la fièvre de mon enfant.

En soi pas très gênant, point besoin d'instrument pour comprendre qu'elle a une fièvre de cheval. Mais c'est l'éventualité d'une visite chez le médecin qui me rend prudente.

Face à un homme de l'art, être juste capable d'indiquer:

-    "Mon enfant a de la fièvre", sans donner plus de précisions est toujours assez délicat.

Ces professionnels ont des questions indiscrètes:
-    "Combien? Depuis combien de temps? A-t-elle augmenté depuis son apparition?"

Qu'est-ce-que j'en sais moi, franchement...!

M'étant faite prendre en flagrant délit d'ignorance des détails de la fébrilité de ma progéniture, je prends désormais les devants et la température

Mais UNE voisine ce n'est pas suffisant. Il m'en faut une deuxième.

Car le paracétamol nécessaire pour faire tomber la fièvre, il va bien falloir aller le chercher quelque part. Or si je suis bien l'heureuse propriétaire d'une boite de sachet de paracétamol en poudre, boîte que j'ai retrouvée à sa place attitrée, il semble que je ne sois propriétaire QUE de la boîte. Sans paracétamol dedans. L'extérieur de cette boîte ne trahissant en rien sa parfaite inutilité, elle trône fièrement à la place d'honneur depuis sa dernière utilisation. Evidement cela éclaire d'un jour nouveau la recherche de thermomètre. Si la boîte, dont le destin visible était de finir à la poubelle, se retrouve si bien rangée, il est fort à parier....

Rajouter à la prochaine liste: "Acheter un thermomètre"

Grâce à ce petit exemple tiré d'une journée ordinaire, je pense que l'utilité des voisines est totalement démontrée. En grand nombre cela va sans dire, la parfaite éducation transmise par mes parents m'empêchant d'importuner deux fois la même personne. Je rajouterai qu'il est indispensable qu'elles ne communiquent pas entre elles, afin que ma couverture de "mère-qui-assure" ne soit pas mise à mal.

Or on le sait, dans nos campagnes, les rapports humains sont si chaleureux que la caissière du super-marché est un puits de sciences sur votre vie et la boulangère sert d'informateur à toute la commune.

C'est pour cela que tant que j'ai charge d'âme à la maison, pour que je puisse continuer à faire illusion le plus longtemps possible, l'anonymat de la grande ville m'est indispensable.

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Alerte

 

Mère-ma-soeur, j'aimerais que tu comprennes à quel point ma vie est un combat de tous les instants. Et pour cela, j'ai décidé ce jour, de te décrire  ma vie quotidienne. Enfin un bout. Petit.

Nota bene: Que ceux qui à la lecture de cette phrase recliquent aussitôt sur "fermer la fenêtre" soient assurés de mon soutien. Une telle introduction serait également pour moi source de fuite à toute souris

Pour tous les courageux volontaires qui restent (et dont une fois de plus je baise les pieds afin de leur prouver ma reconnaissance) voici un petit échantillon de la vie d'une mère-pas-top.

La scène se passe sur le chemin de l'école.
Une mère, de la race maudite (pour moi) des mères-top, demande à l'enfant que je tiens négligemment par la main:

-    "Alors tu es prête pour les contrôles?"

Immédiatement la sonnette d'alarme résonne dans ma tête.

Un mordage de langue intensif me permet de ne pas avoir l'air ahurie et de ne pas poser la question révélatrice:

-    "Ah bon? Vous avez des contrôles? Mais quand ça?"

Je reste concentrée.
En lieu et place de l'air étonné, je me compose un petit sourire entendu. Petit sourire dont je suis assez fière j'avoue, dusse ma modestie en souffrir. Tellement fière que je suis même capable de l'adresser à la ci-devant mère-top avec ses questions perfides. Femme que je soupçonne immédiatement d'être un agent double en repérage pour la Ddass.

Etre prise en flagrant délit d'absolu non suivi de la scolarité des ses enfants dans notre société moderne où la réussite à l'école est le critère numéro un pour juger un parent, c'est la marque définitive d'infamie maternelle.

Il me faut à tout prix surmonter cette épreuve.

Par un contrôle de tous mes nerfs, je reste maître de mes émotions et ne montre pas l'angoisse qui m'étreint dans l'attente de la réponse de la chair de ma chair.

Il est en effet indispensable que je cogite à toute allure afin d'être prête à parer toute éventualité. Notamment celle que je redoute entre toutes, une réponse prononcée par le sang de mon sang et qui serait à peu près:

-    "Ah non pas du tout, j'ai rien compris aux divisions, et puis le futur antérieur je ne sais pas le conjuguer"

Dans ce cas là il faut que je sois immédiatement en capacité d'énoncer, AVEC un ton très convaincu:

-    "Ma chérie, je voulais te faire la surprise. Ce soir j'avais justement prévu une session de travail complète en video-conférence avec Tonton Hervé, agrégé de mathématiques. Quand au futur antérieur, il fera l'objet d'un prochain séminaire."

J'attends donc la réponse de l'être que j'ai enfanté, intérieurement liquéfiée, extérieurement niaisement sûre de moi.

L'angoisse monte, je suis suspendue à ses lèvres.

-    "Ben ouais pourquoi?" répond alors ma progéniture.

Ma chérie!!! Prunelle de mes yeux, joie de ma vie, être exceptionnel entre tous! Une fois de plus, grâce à toi, ta mère peut garder le front haut et le regard souverain de la mère qui se sait parfaite.

Mais ce n'est pas tout ça: rester calme, n'exulter qu'intérieurement. Et maintenant que l'alerte est passée, reprendre la main de ce jeu de bluff maternel.

Retourner la question à l'enfant de mon interlocutrice:

-    "Et toi, les contrôles, tu es prêt?"

Avec le secret espoir que la réponse sera négative. Il n'y a pas de raison, c'est elle qui a attaqué la première. Il est même possible qu'en réalité cette mère soit ma soeur-pas-top, et que son info exclusive ne soit que le fruit d'un heureux hasard.
Partant de là, elle se poste sur le chemin de l'école afin d'apostropher tous les collègues de son enfant, étalant sa science de suivi scolaritesque  et espérant ainsi engranger des points bonus dune topitude totalement injustifiée.

Technique très facile à mettre en oeuvre.
Je le sais, je l'utilise dès que l'occasion se présente.

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Changement de programme

Je reviens demain

 J'ai supprimé le post d'aujourd'hui au vu de première réaction.

Je n'ai pas envie de plomber le moral de ceux qui viennent lire ici, le but de ce blog est avant tout d'amuser, en aucun cas de faire mal. Si je passe à côté de mon but, autant oublier et essayer de faire mieux demain.

 A demain en espérant que je sois mieux inspirée

 

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L'âge du capitaine

Mère-ma-soeur, je ne sais pas quel âge tu as, mais moi j'ai l'âge d'être ma mère.

C'est très troublant.

Enfin l'âge d'être ma mère dans mes premiers souvenirs. Mes souvenirs de petite fille.

C'est à dire quand ma mère était vieille. Oui elle était jeune, bien plus jeune que moi actuellement. Malgré tout, dans ma tête elle était vieille.
Sur les photos de l'époque, je vois une dame. A-t-on jamais entendu parler d'une jeune dame? Non, seule une femme est jeune. La dame est vieille.
Si je calcule sur mes doigts pourtant, j'ai depuis longtemps dépassé l'âge qu'elle avait dans ces premiers souvenirs-là. .

Comment, moi si jeune, puis-je être aussi vieille?

Et suis-je si vieille que ma mère, dans la tête de mes filles si jeunes?

Et le jour où j'aurai l'âge de ma grand-mère à l'époque de mon enfance? Celle pour laquelle je devais toujours réfléchir afin de savoir quel roi elle avait connu: Louis XIV ou Charlemagne? Celle qui, appellation contrôlée grand-mère faisant foi, a toujours, mais toujours, été horriblement âgée. Celle qui m'inquiétait beaucoup lorsque petite elle me montrait le bracelet qu'elle me destinait pour mes vingt ans. Pourquoi ne pas me le donner tout de suite puisque lorsqu'arrivera mon vingtième anniversaire tu seras morte depuis longtemps?

Les années s'écoulant,  avec ma nouvelle perception adultesque du temps qui passe trop vite, je prends conscience qu'un jour j'aurai cet âge canonique. Et que pourtant je serai toujours aussi jeune. Ou tout du moins le croirai-je.

Il y aura de plus en plus de ces adultes autour de moi, ces personnes bien plus jeunes et qui pourtant me paraissent si âgées. Pas seulement physiquement. Aussi dans ces vies qui semblent rangées et déjà sur des rails.

Alors je me dis que s'il n'en reste qu'une, ce sera moi. Je serai la dernière jeune de ma génération. Tous les autres seront vieux depuis longtemps, moi seule garderai cette jeunesse.

Pardon mère-ma-soeur, que dis-tu? Ah bon? Tu crois vraiment?

Cette impression est absolument universellement partagé?

Peut-être..., mais je te préviens quand même, avertis ta descendance.
Parce que le jour où un jeune con se lèvera dans le bus pour me laisser sa place, il recevra une mandale.


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Auto-censure


 Mère-pas-top, mère-pas-top...., holà c'est vite dit.

Il semble au contraire que j'ai donné un sens moral hors du commun à ma fille. Ne serait-il attesté que par l'exemple qui suit, il me paraît suffisamment probant.

Comme bon nombre de personnes en général et d'enfants en particulier, elle est fascinée par la mort. A son âge elle a dépassé les questions existentielles qui peuvent se résumer par LA question que nous nous posons tous, laquelle est à peu près:

-    " A quoi ça ressemble l'endroit où les mort vivent?"

Cette question, elle la laisse aux petits de la famille. Lesquels, très régulièrement, travaillés par le sujet, me redemandent approximativement la date de ma mort, celle de leur père ainsi qu'un petit topo sur la durée de vie probable de tous mes proches.

Non, elle, son truc, c'est plutôt le decorum. Tout le cérémonial autour de la mort. Ça l'intrigue, voire même ça l'attire. Petit côté morbide que tout un chacun a expérimenté au moins une fois dans sa vie.
Euh, enfin moi en tous cas. Ce penchant pas très élégant qui nous donne envie de savoir à quoi ça ressemble EN VRAI. La mort des autres hein bien sûr et à la condition expresse que ces autres nous soient de parfaits inconnus cela va sans dire.

Or pas de bol pour elle, pas le moindre macchabée dans ses parages. Année après année, la vie nous gâte et aucun être cher ne disparaît.
Elle fonde bien sûr de gros espoirs sur les personnes les plus âgées de notre entourage, mais notre optimisme l'angoisse légèrement:

-    "Tu sais ma chérie, certaines personnes vivent jusqu'à 110 ans, voire plus."

Cela ne la rassure pas du tout. A ce rythme-là, elle sera adulte lorsqu'elle aura enfin le privilège d'assister à son premier enterrement.
A-DUL-TE?
Mais elle sera morte de vieillesse avant!

À l'occasion de l'un de ses questionnements récurrents sur le sujet, il lui apparut récemment que pourtant, comme dans toute famille au sens large, certaines personnes nous avaient déjà quittées.

Petite info qui tombe négligemment dans son oreille. Une mort survenue avant sa naissance, pour un enfant, c'est aussi parlant que la disparition de Claude François ou Daniel Balavoine pour un amateur de Jennifer ou Christophe Willem. A ranger dans le rayon pre-histoire.
Sauf que, grâce à quelques engrenages neuronaux particulièrement efficaces, elle s'est rendu compte que l'un de ces tristes événements familiaux, extrêmement douloureux pour nous à l'époque, elle ne l'avait raté que de quelques mois.

J'ai alors clairement vu dans ses yeux une pensée se former, j'ai clairement vu sa poitrine se gonfler pour l'exprimer, j'ai clairement senti ses lèvres se préparer à formuler cette pensée, et j'ai clairement compris que brutalement elle s'auto-censurait.

Oui, spontanément et sans aucune intervention parentale, elle n'a osé prononcer la phrase qu'elle pensait si fort:

Laquelle était,  j'en suis sûre et je l'affirme:

-    "Ah ben zut, dommage pas de bol, un peu plus et j'aurais pu le voir mourir."

Si c'est pas du sens moral ça! Ma chérie, que je suis fière de moi...

PS: Si vous n'avez pas vu le film "Jeux Interdits" (oui, celui de la musique et aussi de l'illustration ci-dessus), vous devez absolument réparer cette erreur. Il est merveilleux de finesse, de tendresse et de poésie. Il traite de la vision de la mort par les enfants, sans jamais être larmoyant.
Et puis un des seuls films AVEC enfant où les enfants-acteurs ne m'horripilent pas de cabotinage. Comme quoi tout existe...
Je ne vous cache pas que ce film n'est pas de la première jeunesse. On va dire que je fais de la critique ciné version cinémathèque.


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J'ai les mêmes à la maison

 


Aujourd'hui chère nullipare, je m'adresse à toi. Oui, si tu n'as pas d'enfants c'est comme ça qu'on dit. Désolée, ce n'est pas moi qui ait inventé cette désignation si sexy.
En même temps quand tu as plusieurs enfants tu deviens une mutipare. Pour peu que tu aies dépassé grosso modo les 35 ans, tu deviens une multipare âgée. Ce n'est pas glorieux non plus je te le dis.
Heureusement, rien ne nous oblige à nous définir selon l'une ou l'autre de ces caractéristiques. Sinon les présentations pourraient devenir étranges:

-    "Bonjour, ClaireMM, multipare âgée."

    "Enchantée, moi c'est Germaine, nullipare jeunette."

Quand tu fais le tour de ta nouvelle boîte pour être présentée à tes futurs collègues, ça fait tout de suit très chic.

Enfin bref laissons là cette aparté, je voulais juste dire que pour une fois, je m'adresse à toi qui n'a pas d'enfant et qui me lit. Alors que franchement j'annonce la couleur: des gambettes en bannière et mère en premier mot du titre. Je suis bien sûr extrêmement flattée mais aussi très légèrement angoisée. Quid de l'envie de procréer après avoir lu toutes les horreurs déversées sur ce blog au sujet de nos amis les bambins? Il faut aussi penser à la natalité de notre beau pays.
Par chance, notre superactif président toujours à la pointe de l'action a pris ce problème à bras le corps. Si l'on en croit les rumeur, il a décidé de s'attaquer sur le champ à ce nouveau chantier.
Enfin quand je dis chantier c'est une image. Carla, si tu me lis, ne le prends pas mal.

Tout ça pour dire qu'aujourd'hui j'ai compris pourquoi toi, mon amie nullipare, tu me lisais.

Parce qu'en fait tu as les mêmes. Pas à la maison, mais au travail. Tu te les fades comme nous toutes.

Cela m'est apparu clair comme de l'eau de roche hier, lors de la réunion convoquée en urgence pour résoudre un conflit entre deux collègues.

Malheureusement pour ma puissante envie d'avoir la paix, le conflit avait eu lieu en présence de mes oreilles déjà bien entraînées.

J'étais donc convoquée comme qui dirait en tant qu'observateur impartial des Nations Unies.

Et j'ai assisté à une petite scène qui m'a rappelé quelque chose:

Sommées de s'expliquer sur le pourquoi du comment du conflit, dans le but de mettre le doigt sur le noeud du problème, ces honorables adultes me firent penser à des personnes de ma connaissance. Des personnes qui me sont très proches et que pour tout dire j'ai enfantés.

Pour que ce soit plus clair je vous ai retranscrit les dialogues en v.o et j'en ai fait une traduction simultanée.

Madame Machin
-    "Alors que j'étudiais le dossier xy, Madame Trucmuche m'a dit"
-    "C'est elle qu'a commencé"

Madame Trucmuche
-    "Je m'excuse, mais c'est Madame Machin qui voulait savoir..."
-    "Oh la menteueuese, même pas vrai c'est elle"

Madame Machin
-    "J'ai effectivement interrogée madame Trucmuche en réponse à une de ses notes de l'autre jour..."
-    "Ouais mais c'est de sa faute aussi, c'est parce qu'elle..."

Madame Trucmuche
-    "Ma note de l'autre jour ne traitait pas du tout du sujet abordé et j'aimerais savoir pourquoi Madame Machin"
-    "Attends n'importe quoi eh, ça a rien à voir..."

Madame Machin
-    "Toujours est-il que Madame Trucmuche a de nouveau affirmé..."
-    "N'empêche que quand même t'as encore..."

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Bon nullipare-mon-amie, j'abrège, je me le suis tapée une première fois, je vais pas te l'imposer sur ces pages en entier. Tu as compris mon propos? Des gamins, il en traîne dans tous les boulots. Nul besoin de les avoir mis au monde pour les cotôyer.

Alors maintenant que cette ressemblance troublante entre nous s'est de nouveau révélées à me yeux...

Permet-moi de t'appeler "nullipare-ma-soeur".

PS: Je ne prétendrais pas pouvoir concourir pour le scoop de l'année avec mon sujet du jour. Mais j'avais envie d'en parler malgré l'aspect éminemment cliché et lieux communs. Parce que c'est toujours ahurissant d'observer des adultes en pleine régression.
 

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Allo!?

 

Il m'arrive régulièrement d'avoir des pertes de concentrations qui m'empêchent de bien suivre le fil d'une conversation téléphonique. J'en veux pour preuve, exemple au hasard et tout à fait fortuit croyez-moi, les conversations où mon amie-interlocutrice ponctue toutes ses quatre phrases par :

-    "Attend ma puce"

-    "Ben alors cherche dans le  meuble de la salle de bain."

-    "Non je ne te mets pas de DVD."

"    "Range ce paquet de gâteaux".

Tout ça alors que j'ai personnellement solennellement arrêté de manger des gâteaux pour ma vie entière le matin même lors du début de mon régime hebdomadaire (qui a lieu en gros tous les lundis matins entre 7 et 10), que je n'avais aucunement l'intention de regarder un DVD  et qu'il n'y a pas de meuble dans ma salle de bain.
Je suis alors légèrement décontenancée.

Je comprends cependant rapidement que ces phrases ne me sont pas adressées, et que le coup de fil que j'adresse à ma pote s'est immédiatement transformé en conférence téléphonique, avec deux participants dans la même pièce, ce qui est contraire à toutes les lois sur la conférence téléphonique. Très peu désireuse de perdre mon précieux temps, je profite alors des moments de discussion des deux autres pour vaquer à mes propres occupations, le combiné coincé dans le cou.

Inévitablement, quand revient mon tour de parler, il y a un petit blanc. J'ai comme qui dirait perdu le fil.

Ah si ça y est, ça me revient! Hop notre papotage à bâtons rompus peut reprendre.

Ah ben non, nouvelle intervention du troisième participant.

Nouveau plongeon dans ma lecture.

Nouveau blanc lorsque mon tour revient.

A la cinquième ou sixième interruption, poliment, j'abrège alors la conversation.

Et puis de proche en proche, je n'appelle plus que rarement.

Voire plus du tout. Trop agacée de cette impression de converser en pointillé, comme si mon interlocuteur avec un portable passait sous un tunnel, alors même que j'appelle sur un fixe.

Alors oui, je sais je sais...

Je sais qu'un enfant est INCAPABLE de concevoir le fait que l'oreille qui nous reste libre pendant qu'on téléphone n'est PAS un second canal de communication totalement indépendant du premier. Que la nature est mal faite...!

Conséquemment, il n'a pas la finesse de sentir à quel point on voudrait qu'il se la ferme, malgré notre regard fuibard, nos mimiques expressives et notre dos résolument tourné.

D'où ces conférences téléphoniques que tout un chacun a déjà expérimentées dans sa vie. D'un côté ou de l'autre du téléphone.

Sauf que pas avec moi. Parce que j'ai un truc, un de plus.

Ma stratégie? Toute simple: je me planque. Derrière un fauteuil, au fond du placard à balais, sous la table de la cuisine, que sais-je...
Evidemment, ne sous-estimons pas mes poursuivants, ma cachette est rapidement trouvée par l'équipe motivée qui est à ma recherche. Qu'à côté d'eux, les poursuivants de Jack Bauer  pourraient passer pour des tire-au-flanc.
Qu'à cela ne tienne, je repars en vitesse pour une autre pièce de l'appartement où j'aurai de nouveau de précieuses minutes de répit. Jusqu'à la prochaine fuite.

Vue de loin, la scène est sans doute du plus haut ridicule. Une mère qui téléphone planquée derrière la corbelle de linge sale, prête à bondir pour aller se cacher derrière les rideaux du salon ou sous le lit du petit dernier.

Oui mais le résultat est là: à aucun moment mon correspondant n'a pu soupçonner que je n'étais pas seule et notre conversation n'a souffert aucune interruption.

Et puis par la même occasion, j'ai éliminé tous les moutons de poussière présents sous tous les lits de la famille.

C'est pas la classe ça?

PS: Le téléphone là-haut il date de 1896. C'est sûr, ça devait être moins commode de se planquer sous les lits quand on papotait avec ça...

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Et si c'était vrai?

J'ai failli vous croire dites donc!

Vous avez été tellement gentils dans vos comms de vendredi, à me dire que finalement j'étais top, qu'à un moment j'en étais presque à me dire

-    "Et si c'était vrai?"

Même que ça me donnait déjà l'idée d'un best-seller à écrire que j'aurais ainsi intitulé. Comme ça  d'un coup. Juste grâce à ce titre qui m'est apparu tout bonnement génial.
Vous vous rendez compte du processus?
Je lis quelques comms extrêmement flatteurs, je commence à les croire, ça m'inspire, je prends ma plume et me voilà rédactrice d'un best-seller. Je deviens célèbre, les droits sont achetés par un producteur hollywoodien à gros cigare, mon rôle est tenu par Julia Roberts qui devient mon amie, je rencontre Colin (Firth, ai-je besoin de le préciser) par son intermédiaire, il tombe raide dingue de moi, et nous sommes heureux et avons beaucoup d'enfants!

Mouais.

Je vous sens sceptiques.

Sans vouloir me vexer, vous vous dites qu'il y a une phrase qui pose problème.

Je la retire donc cette phrase, et je la transforme.

Et je reprends:
"qui devient mon amie, je rencontre Colin (Firth, ai-je besoin de le préciser) par son intermédiaire, il tombe raide dingue de moi, et nous sommes heureux."
Point final.

Si je veux que Colin m'apporte mon petit dejeuner au lit sur les coups de dix heures du mat, avec une rose fraîche du jour dans un soliflore posé à côté des toasts grillés juste comme il faut, et en face, un jus d'orange tout juste pressées, il y a intérêt à zapper l'étape enfants.
Enfin je dis ça je dis rien hein.
Mais j'ai du mal à envisager la même scène avec enfants sans immédiatement visualiser le verre de jus d'orange renversé sur l'oreiller, les éclaboussures de café qui se sont échappées de la tasse quand ils ont sauté sur mes jambes et le toast qui se retrouve face contre drap après avoir effectué un salto arrière.

Sans oublier le petit détail qui change tout:  le réveil lumineux qui affiche 6 h48.

Voilà, tout ça pour dire que le miel de l'éloge doit être consommé avec modération. On finit par croire à la possibilité de tout et n'importe quoi.

Vendredi, en fin de journée, le problème commençait même à prendre des proportions assez angoissantes. À chaque fois qu'une personne m'adressait la parole je répondais "Yes darling red carpet" tellement j'étais dans mon trip hollywoodien.

Pour le bien de toute la famille, il me fallait rapidement revenir sur ma terre de non topitude.

J'ai été en cela bien aidée par mon naturel qui est revenu au galop: un petit coup de gueule par-ci, une pizza surgelée par là, et une surdité profonde et intermittente dès que les mots jeux, lecture ou bricolage furent prononcés.

A chaque nouveau faux pas, mon rêve s'éloignait un peu plus.

Mais vous savez quoi? Je crois que c'est mieux comme ça.

D'abord je ne supporte pas la fumée du cigare, et si ça se trouve Colin il pue des pieds.

Et puis sans mes enfants, je fais quoi moi?


L'illustration c'est Mark Ruffalo et Marc Levy pendant le tournage du film éponyme. Non parce qu'il y a des gens pour qui ce genre de scénarios marche. Trop fort!

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Psys émois

 

Il y a des jours où la mère pas top fait des efforts.

Elle parle à ses enfants d'autre chose que d'enfilage du pyjama-et-au-lit ou de rangement de chambre.
Elle observe ses enfants dans leurs activités quotidiennes dans un autre but que de repérer s'ils se grattent plus la tête que d'habitude et s'il va falloir refaire un traitement général anti-poux

Et elle se dit que peut-être cette enfant-là ne va pas si bien qu'elle en a l'air.

Que ses fréquents moments de retrait sont peut-être dus à un autre  sentiment que le besoin d'avoir la paix et sa modestie excessive n'est peut-être pas uniquement la preuve de sa bonne éducation.
Que sa trop forte sensibilité est peut-être plus qu'un trait de caractère.

Alors la mère décide d'en parler à un psy. Pedo.
Un psy d'enfant quoi.
Parce que la mère a cru reconnaître en sa fille quelques attitudes qui lui ont gentiment pourri la vie des années durant.
Des attitudes qui ont sans doute influencé dans le mauvais sens certaines décisions importantes qu'elle a prises dans sa vie.
La mère pas top voudrait bien que sa fille ait une vie top.

Elle, qui a toujours fait avec ses nombreuse failles, décide soudain d'aller confier celles de sa fille à un spécialiste de la consolidation des âmes fragiles.

Et la mère parle de sa fille. Des problèmes de sa fille. Des angoisses de sa fille.
Et le spécialiste des failles enfantines ne détecte rien.
Rien de bien inquiétant dans ce que la mère décrit. Sans doute une tristesse de l'enfant qui se résoudra facilement lorsque...
Lorsque...
Lorsque la mère admettra que sa propre tristesse, qu'elle croit si bien cachée au fond de son coeur, éblouit tellement les yeux de son enfant si sensible que celle-ci ne peut qu'en souffrir.

La mère pourrait douter des parole de ce professionnel.
Qui est-il ce spécialiste des peines enfantines pour juger de l'âme d'un adulte?

La mère aurait pu douter... si les larmes avaient bien voulu ne pas se mettre à couler sur ses joues.

Lorqu'elle a évoqué cette raison-LA.
Sur un ton léger, comme une des causes possibles de la souffrance de son enfant.

Mais c'est sur ses joues à elle que les larmes coulent.

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Transmission orale (3)



Là franchement ça fait mal.

Non parce que jusqu'ici, la transmission orale, lorsqu'on s'y trouvait confrontée, elle avait pour conséquence, soit de créer un sourire béat ET niais (toujours) sur notre face en entendant le petit dernier répondre à la question:

-    "Tu as fini de construire le chateau?

-    "Non, pas 'core fini. Nonobstant z'ai déza fait les deux tou's"

Soit de nous rendre désireuse d'intégrer enfin cette
fascinante communauté des petites souris dans leur trou:

-    "Dis bonjour à la dame"

-    "Bo'del de merde, z'é déza dit bonzour au monsieur tout à l'heure, fait çier quoi!"

La transmission orale dont je veux te parler aujourd'hui mère-ma-soeur, celle qui finit ma trilogie (une de plus) n'est pas du même ordre. Elle nous concerne NOUS. 

Et elle fait mal. Très mal.  C'est un sacré morceau : l'énorme part du patrimoine familial.

Outre nos recettes préférées confiées par nos mères (si tant est qu'elles nous en aient confiées, ce qu'auront du mal à affirmer mes enfants dans quelques années), certaines expressions fleurent bon notre enfance.

Et s'il est une réalité parentale douloureuse, c'est de se prendre sur en flagrant délit d'expressions issues directement de ces temps anté-diluviens où nous étions enfants.

L'un des grands chocs de ma vie de mère, fut ainsi le jour où j'entendis résonner dans mon propre appartement, appartement où, comme dirait l'Insee, je suis maitresse de maison (quel farceur cet Insee soit dit en passant. Maîtresse de maison? Attends, tout au plus employée polyvalente moi je dis), dans mon propre appartement donc, résonner l'expression comminatoire:

-    "Range ta chambre!"

Et qu'à l'évidence, c'est moi qui venait prononcer cet ordre.

Moi? Moi, mère moderne entre toutes, détachée des chaînes de nos aïeux et des obligations de résultats dans lesquelles se sont dépatouillées nos mères, moi dire une phrase aussi peu progressiste et si conformiste?

Paf, trente ans dans les gencives.

Le pire, c'est ce qui vient ensuite. Je ne sais pas pour vous, mais lorsque j'étais enfant, cette expression  avait l'art de me faire émettre un pffffff puissant n'ayant d'égal que celui du matelas pneumatique qui vient de renconter une aiguille d'oursin.
Maintenant, par un drôle de retournement des choses, ce sont mes enfants qui ont pris le rôle du matelas pneumatique. Et moi le rôle de l'oursin. Très peu compatible avec l'image maternelle toute en tendresse et en douceur.

En complet reniement avec mon moi-enfantin, je dis et redis cette phrase. Voire même : je rugis et re-rugis cette phrase. Quelle tristesse!

Surtout quand on constate son manque total d'efficacité...

Heureusement je vous rassure, mes enfants ont gardé leur intégrité et ne sont en rien menacés par une queconque compromission. Grâce à eux, l'esprit rebelle souffle toujours sur cet appartement et leur chambre ne sont pas rangées.

Mais maintenant que j'ai commencé mon coming-out, il faut que j'aille jusqu'au bout. En cette nouvelle année la mère-pas-top se dévoile. Je dois vous avouer qu'il m'arrive de dire encore pire.
Oui.
LA phrase:

-    "Je ne suis pas la bonne!"

Qui l'eût cru? Cette phrase, celle-là même, elle vient de me sortir texto de la bouche.
Spontanément!
Et ce n'est pas la première fois de la journée...

Ben oui mais bord** de m***... JE NE SUIS PAS LA BONNE! Et le rangement intensif peut jouer sur mes nerfs comme une harpiste avec ses cordes.
Surtout quand il existe une disproportion flagrante entre le nombre de personnes (avec 6 S) qui bazardifient à tout va et le nombre de personne (au singulier) qui range. J'exagère? Euh, possible.
En réalité pour bien comprendre toute l'implication émotive de cette expression, il faut la prononcer soi-même.  C'est là qu'elle se révèle enfin dans sa simple vérité. Et croyez-moi, sa simple et pure vérité c'est bon là, je la ressens par tout mon être...

Enfin, pour ne pas prendre trop de votre temps (je sais combien de corvées vous attendent patiemment), je terminerai avec l'expression qu'on ne présente plus:

-    " Le prochain qui demande c'est quand qu'on arrive?, je m'arrête et il finit le voyage à pied"

Ben oui, j'avoue... Parfois elle m'échappe! Je fais un effort, je me contrôle, mais au troisième "C'est quanquon.." oups, ça y est, l'expression fatale est prononcée.

Particulièrement injuste. Parce que les enfants veulent juste savoir quand on arrive.
Simple curiosité.
Bien sûr la soeur avait demandé la même chose deux minutes auparavant. Mais justement c'était il y a deux minutes. C'est normal de redemander non? Et puis même si l'autre soeur avait demandé il y a huit minutes, il ne reste pas moins que l'agressivité de ma réponse parait très outrancière à ma progéniture.
Maintenant ils le savent qu'il reste huit heures de voiture. Rapport au fait que ça fait une demi-heure qu'on est partis. En comptant le plein d'essence et l'arrêt-boulangerie. En gros on n'est pas sorti de la ville. Faut bien demander pour avoir toutes ces infos, logique...

Voilà, mère-ma-soeur, tu as désormais un aperçu de la richesse de mes échanges oraux avec ma progéniture.

Mais heureusement pour eux, la nature fut généreuse. Elle n'a pas oublié de leur fournir LE canal.
Quel canal?
Celui qui permet la communication directe entre l'oreille droite et l'oreille gauche! Cet astucieux petit canal est assez systématiquement mis en service lorsque je m'avise de chanter mes refrains habituels, qui ressortent donc immédiatement par une oreille après être entrés par l'autre.

Et moi je dis: c'est bien mieux comme ça.

 

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Mère de famille nombreuse? Yeah!

Je dédie ce post à Caro et à son pamplemousse.


Petit post court aujourd'hui. Ça fait très longtemps que ce sujet me gratouille et finalement il se confirme que quand ça me gratouille, ça ne me chatouille pas. D'où une absence assez flagrante d'humour qui me fait abréger l'écriture.

Il semblerait donc que l'arrivée d'un troisième enfant et de ses éventuels petits frères et soeurs entraîne l'heureuse génitrice dans une catégorie bien connue sous le nom de mère-de-famille-nombreuse.

Tout un concept.
Mère de famille nombreuse...

Là comme ça à froid ça vous évoque quoi? Hmmm?
Allez, avouons-le, pas le top de la séduction.
Le jean informe, la vie rangée et une absence absolue de fantaisie.
 
La glamouritude attitude.... Pas tentante pour deux sous (pour ne pas employer un autre mot, qui rime avec tentante et qui veut dire à peu près la même chose. Vu d'un point de vue masculin. Ça commence par B. Et Brassens l'a chanté)

C'est là que je ris sous cape. Totalement out depuis 2005, les capes, soit-dit en passant. Les vrais fashionistas les ont déjà échangées contre une fourrure, qui, elle, est redevenue in depuis 2006. Petit apparté pour prouver sans avoir l'air d'y toucher qu'on peut être mère de famille nombreuse (que nous appellerons MDFN dans la suite de ce billet pour faire djeune) ET rester tendance.

Mais revenons à notre sujet.
J'aimerais savoir comment les MDFN  peuvent se coltiner une image pareille d'absolue ternitude, tout en étant fortement suspectées de ne pas savoir contrôler une sexualité débridée, seule raison plausible pour expliquer l'arrivée de tant d'éléments nouveaux dans leur descendance. Ou pour expliquer qu'elles pondent leurs lardons plus vite qu'un charcutier après l'abattage du cochon.   

Si  la montée de lait est la seule sécrétion qu'inspire à Madame-pas-top (un exemple au hasard) la vue d'un bel échantillon mâle de type Clooneysque, Grantesque ou Firthesque, alors que chez tout autre être féminin (et parfois masculin) ces sécrétions sont plutôt salivaires voire vaginales (euh, sauf chez les hommes pour ce deuxième type de sécrétions, c'est vrai), peut-on m'expliquer comment la MDFN peut avoir une telle sexualité?

Ah!!!
Alors?
Une réponse?

Alors dites voir, serait-il possible que la vision de la MDFN dans notre société moderne et néanmoins si conformiste se transformasse et qu'on arrête de nous cataloguer dans des vieux clichés surrannés, stupides et désagréables?


PS1: A vrai dire, ce billet ne vous est pas adressé vous qui venez gentiment lire ici. car j'ose croire que nous avons la même vision vous et moi, et que vous savez qu'une MDFN peut être porteuse d'un minimum de fantaisie, entre autres.
Mais si vous avez besoin un jour d'un argument face à une réflexion plus ou moins stupide...
Ou si vous avez une solution pour que j'affiche ce texte au café Coste ou que je le publie dans Elle...

PS2: Pour l'illustration, j'avais le choix entre  publier des photos d'un abattage de cochon, d'un jean informe ou de Colin Firth. Bon ben j'ai choisi Colin. Au hasard, si si... Parce qu'une photo de MDFN, franchement, quel intérêt?

PS3: Sans rapport aucun avec le sujet du jour. Pouick  m'avait fait une illustration pour le post d'hier, et je l'ai eue trop tard pour la mettre en ligne.
Alors voilà.  THE capuchon en plastique transparent par Pouick:
Et si vous n'êtes pas encore allée chez elle, n'hésitez pas, sa laïfe qu'elle prétend chiante est très drôle-ment bien dessinée.

 

PS4: Si vous trouvez que j'abuse des PS, il se peut que vous ayiez raison 

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Soyons honnêtes

 



Il est temps que mes filles se mettent à voler. Elles ont l'âge.

Pas de leurs propres ailes les pauvres, je ne suis pas Madame Thénardier non plus. Je leur octroie encore quelques années de cohabitation avec cette femme hystérique, de mauvaise foi et très légèrement monomaniaque
-    "T'as rangé? Va ranger, C'est pas rangé etc..."
qui leur sert de mère.

Non non, je veux parler du vol. Du larcin, de la fauche, du chapardage, du chourage, bref, piquer un truc quoi!

Parce que je crois bien qu'à leur âge, moi, j'avais déjà volé.

 Attention pas n'importe quoi. Pas un vulgaire malabar ou un carambar sponsorisé en sous-main par la confrérie des dentistes. Non non non, il s'agissait d'un objet typique de la féminité de l'époque. Enfin de la féminité version mémère. Maintenant que j'ai le recul nécessaire des années pour analyser, je me rends compte combien mon sens du fashion avait déjà de sacrés ratés.
Mais cet objet me fascinait, je rêvais d'être enfin femme pour en posséder un.

Il me semble que depuis, cet objet a totalement disparu de la surface du globe.
Et que les moins de... pfouh, 30 ans?... ne peuvent pas connaître.
Comme quoi déjà à l'époque mon flair pour les solutions d'avenir se révélait infaillible.
C'était un petit truc que toutes les femmes bien possédaient. Enfin dans mon quartier. Enfin les dames qui se faisaient belles avec des bigoudis ou la permanente. Ces dames, elles n'étaient déjà pas jeunettes il y a trente et des bananes d'années. Mais elle portaient ÇA sur la tête.
Et ÇA pour moi, c'était la quintessence de la féminité:

Un capuchon en plastique transparent à se mettre sur la tête pour protéger sa mise en plis.

Rien que ça.
J'en rêvais.

C'était pas grand. Ça tenait dans un petite pochette en plastique, carrée d'environ deux ou trois centimètres de côté. Noire ou grise. Ou grise ou noire, les constructeur misant tout sur la fantaisie du packaging.

Dans cette petite pochette se trouvait le capuchon en plastique transparent. Plié non pas en 8, non pas en 16, mais en 32 ou 64 au moins.

Il suffisait de le déplier et les dames à bigoudis ou à permanente pouvait se le mettre sur la tête pour aller à l'extérieur les jours de pluie. La féminité assumée, la distinction faite femme.

Et quand elles voulaient le ranger, c'est là que la magie opérait. Car il suffisait de tirer sur les deux liens opposés et hop, merveille, le capuchon se refermait d'un seul coup d'un seul, comme un éventail ou un accordéon. Cette capacité à se refermer si magiquement m'enthousiasmait. Ce petit capuchon; c'était pour moi le comble du ludique allié à la féminité. 

Une invention pareille ça valait de l'or.

Enfin pour moi, parce qu'en vrai, ça devait coûter 1 franc ou même moins. C'était systématiquement placé devant les caisses, petit truc à ajouter au dernier moment à ses courses. Dans le super marché de mon quartier tout au moins.
Et moi à chaque fois que je passais devant ce bac à hauteur de mes yeux, je rêvais.

Malheureusement, ma mère, qui déjà à l'époque avait un goût bien meilleur que le mien, n'a jamais eu l'ombre du soupçon de l'idée d'acheter ce truc d'un ridicule fini. A la vérité je n'ai jamais osé lui demander. Sans doute cette prescience enfantine qui me faisait confusément sentir que cet objet très prisé des mamies et autres vieilles dames n'était sans doute pas un concept porteur.

Alors un jour, j'en ai volé un. D'un seul coup d'un seul.
J'ai vu que la caissière ne regardait pas, j'ai vu que ma mère s'occupait d'autre chose, j'ai vu que personne n'était dans les environs.

Je l'ai pris.
Je l'ai mis dans ma poche.
J'avais le coeur qui battait. De joie. Enfin j'étais en possession de l'objet de mes rêves. mon trésor à moi.

Malheureusement dans la demi-seconde suivante, mon coeur s'est mis à battre plus fort.

De honte.
J'avais volé.

Je n'ai pas osé le rendre. Je n'ai pas osé le dire. Une fois rentrée chez moi, je suis allée le cacher.
Même pas dans mes affaires, objet de malheur, je ne pouvais le garder dans ma chambre. Je l'ai mis sous des piles de linge dans la salle de bain.
Maintenant que je suis mère, je comprends bien que cette cachette était foireuse. Vue de ma hauteur d'enfant, cette armoire me paraissait ne jamais servir. Vue de ma hauteur de mère, je comprends ma légère erreur de perception. Cette armoire était sûrement une des plaques tournantes des occupations ménagère de mes parents. Très mauvais choix de cachette. Mais jamais personne ne m'en a parlé.
Et moi toujours quand la pensée me revenait, j'avais le rouge au front et la honte au coeur. Et pourtant parfois, pour le plaisir, j'ouvrais doucement l'armoire recéleuse, j'attrapais ce bel objet, je le dépliais, et hop je tirais sur les liens pour voir le miracle du pliage s'accomplir. Puis je le remettais au fin fond de sa cachette.

J'avais 6 ans.
Depuis je n'ai plus rien volé, je crois. Le souvenir de cette honte d'enfant m'a retenue de suivre les copains du collège quand ils ont ont commencé à piquer pour se sentir grands. Je n'ai jamais pu considérer le vol comme un signe d'affranchissement.

Cette histoire, je l'avais oubliée, enfouie dans toutes mes perceptions d'enfance. Mais elle m'est revenue de plein fouet pendant les vacances, lorsqu'un neveu ayant passé la nuit chez nous avec ses cousins-cousines est reparti en embarquant un paquet de chewing-gum. Larcin dont personne ne s'est évidemment rendu compte. Mais larcin qui lui fit faire des cauchemars toute la nuit suivante et ressentir une honte sans nom toute la journée du lendemain. Jusqu'à ce que, tel un pape moyen, à la demande de sa mère, je lui accordâsse(? Dieux de la grammaire, aidez-moi) mon pardon, avec tout le doigté dont j'étais capable.

Cette histoire me fit réfléchir... Il est évident que ce neveu ne repiquera pas de sitôt.
Et je commence à m'inquiéter pour mes enfants: il est largement temps qu'ils chouravent un truc, histoire de se traumatiser pour les années à venir et que je n'ai plus à me préoccuper du problème.
Le but ultime de mes réflexions étant bien sûr toujours de diminuer la charge physique et morale qui pèse sur mes épaules. Une bonne petite honte bien tenace, et ça devrait le faire côté éducation à la moralité.

Me voici donc confrontée à un problème inédit.

Comment leur faire délicatement comprendre combien il est important pour leur avenir qu'ils aillent piquer une sucette à la boulangerie?

Dolto et Rufo, vous auriez une solution?


PS 1: Reconnaissons qu'il y a une faille dans mon raisonnement: pour que ce vol ait sa portée symbolique, il faut qu'il soit un secret honteux, donc qu'ils en m'en parlent pas. Si ça se trouve, ce vol a déjà eu lieu.

Quoi, mes enfants auraient piqué un truc sans m'en parler? Mais quelle honte! Ils auraient pu au moins me demander. Je les aurais emmenés direct à la parfumerie et j'aurais discrètement indiqué les produits qui coûtent un bras et que j'aimerais bien voir dans ma salle de bain. Tant qu'à faire...


PS2: J'ai désespérément googelisé sans trouver la moindre image de l'objet en question. Un si beau capuchon pourtant...

Edit de l'après-midi: Vous trouverez dans les comms d'Altaïr-Cécile et de Danrolle les liens nécessaires pour aller voir l'objet en question. Merci à elles.
(Désolée de ne pas les recopier mais ça me demanderait des manips de déblocage de pop-up et je suis très à la bourre)

 

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Bonne résolannée

Voilà, c'est le premier billet de l'année 2008 et non contente d'être en retard, je vais en plus faire preuve d'un manque flagrant d'originalité.

Mais il me faut l'écrire, car je vous souhaite vraiment une

BONNE ANNEE 2008


à vous tous et à vous toutes.
A vous qui venez lire ici tous les jours silencieusement mais fidèlement
A vous qui lisez et qui si gentiment, drôlement, pertinemment ou d'une manière émouvante faites vivre le blog grâce à vos comms.
A vous qui m'avez laissé des petits mots tout au long de ces 15 jours, petits mots que je parvenais à lire de temps en temps, au hasard de la rencontre avec un ordinateur connecté. Petits moments de plaisir personnels dans ces quinze jours très familiaux.

Alors à vous tous je vous souhaite une année la plus heureuse possible, remplie de petits bonheurs quotidiens. Jolis comme un pré rempli de fleurs des champs.

Voilà, et maintenant, en un mot comme en cent, continuons dans l'absence absolue d'originalité et parlons des bonnes résolutions.

Sauf que là, faut pas pousser mémère-pas-top dans les orties non plus, soyons sérieux, je n'en ai aucune.

Non parce que je tiens à signaler tout d'abord, que le concept de nouvelle année en plein milieu de l'hiver est tout à fait relatif quand on est une mère. Top ou pas top. Parce que l'année, comme chacun sait, elle démarre début Septembre pour se terminer avec les vacances d'été. Début Janvier, on est donc mathématiquement en début de deuxième tiers d'année.
Outre que ce terme évoque désagréablement les impôts, il prouve par ailleurs l'incohérence de se mettre soudain à prendre des résolutions de début d'année. Fussent-elles bonnes.
Sous prétexte d'année nouvelle,  faire la bise à tous ses amis, collègues, voisins, sans oublier le chien du voisin et le poisson rouge de la cousine, au risque de se refiler les milliards de germes qui profitent de la mauvaise saison pour se multiplier bien au chaud de nos voies rhino-laryngologiques, passe encore.
Mais en plus s'auto-flageller de nos manquements pour les transformer en bonnes résolutions, lesquelles par leur non-tenue nous donneront une nouvelle raison de nous auto-flageller dans quelques mois, là je dis stop.

Et conséquamment, j'aborde cette année sans aucune bonne résolution topitudesque.

Et puis honnêtement, si j'attendais le premier Janvier de chaque année pour me dire que là non vraiment j'exagère et qu'il faut que je fasse un effort envers mes enfants, il y aurait de quoi appeler la Ddass.

Je ne vais pas systématiquement attendre la nouvelle année pour me dire qu'il faut que je leur cuisine des choses plus équilibrées. Imaginez que cette soudaine prise de conscience me vienne début Fevrier après une semaine de repas vespéraux "pâtes-au-beurre", vous imaginez les dégâts si j'attends dix mois pour rectifier le tir? Je ne tiens pas à voir la photo de mes enfants dans les journaux médicaux sous le titre : "Seuls cas de scorbut recensés dans la classe moyenne européenne depuis un siècle et demi".

De même, je ne peux décemment pas attendre une date butoir pour prendre la résolution de cesser de rugir. Si après chacun de mes rugissements je ne prenais pas la résolution que, non vraiment, c'est trop la honte de ne pas se contrôler comme ça, désormais ma voix aura la douceur d'un chant d'oiseau et la caresse d'une brise d'été, si je ne la prenais pas cette résolution-là, mais je pourrais abuser de cette manière de m'exprimer! Déjà que..
Avec l'énorme risque de l'usure. Et de me retrouver un beau matin avec un rugissement inopérant.
Vous imaginez ma détresse? Je n'ai pas de solution de rechange. J'ai bien essayé le barrissement du phoque (ou de l'otarie, je ne sais pas très bien ils sont ensemble dans le zoo et j'ai toujours eu du mal à les distinguer). C'est un son très étonnant et fort peu mélodieux qui me fait toujours craindre que l'animal n'ait une bronchite mal soignée
A ma grande stupéfaction ce son m'est sorti  spontanément du gosier un jour de gros rhume et d'énorme colère.
Le résultat fut immédiat.
Mes enfants en ont pleuré de rire.
J'ai rayé à tout jamais le barrissement du phoque (ou de l'otarie) de ma panoplie.
Il est indispensable que mon rugissement continue à fonctionner dans les années à venir, et pour cela, ne point trop en abuser.

Quant à l'histoire du soir...
Oui, je pourrais (A-I-SSSS) prendre la résolution que, joliment et tendrement, une histoire, chaque soir, je leur conterais (A-I-SSS).
Afin de les préparer à un sommeil profond et réparateur (enfin c'est surtout pour moi que leur sommeil est réparateur avouons).
Là je dis : cessons l'hypocrisie. Et appelons un chat un chat. J'appellerai donc désormais l'histoire systématique du soir une corvée. A la nuance près que celle-ci est facultative. Corvée. Facultative... Comme un hiatus non?
Franchement, ça vous parait logique de se taper facultativement une corvée? Non? Ben moi non plus.
D'où histoire du soir rare. Mais qui dit rare dit précieuse. Petits moments volés par mes enfants à leur flemmasse de mère-pas-top. Plaisir de m'écouter lire.
Résumons : ma non-topitude me permet de transformer un banal rituel du soir en moment précieux. C'est-y-pas top?
Je ne vais pas aller prendre la folle résolution de changer cet état-de fait.

Enfin voilà, quelques petits exemples pour essayer de justifier mon absence totale d'engagement solennel premierjanviesque.
Il est possible que mon raisonnement ne soit pas des plus convaincants.
Je me le garde quand même.

Et petit conseil en passant mère-ma-soeur ou pas-mère-mais-ma-soeur-quand-même, réfléchis à deux fois avant de de prendre des bonnes résolutions.
Parce que ce concept appelle bilan.

Moi au moins, je m'évite cette étape délicate... 

PS : Bon allez si j'en prends une de bonne résolution: celle de mieux relire mes posts pour ne plus laisser toutes les fautes d'orthographe que je retrouve trop tard. Que ceux et celles que ces fautes gênent dans la lecture veuillent bien m'excuser.

 

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