Lundi 14 Janv 2008
Et si c'était vrai?
Par ClaireMM, Lundi 14 Janv 2008 à 06:25 GMT+2 dans Pas top en public
J'ai failli vous croire dites donc!
Vous avez été tellement gentils dans vos comms de vendredi, à me dire que finalement j'étais top, qu'à un moment j'en étais presque à me dire
- "Et si c'était vrai?"
Même que ça me donnait déjà l'idée d'un best-seller à écrire que j'aurais ainsi intitulé. Comme ça d'un coup. Juste grâce à ce titre qui m'est apparu tout bonnement génial.
Vous vous rendez compte du processus?
Je lis quelques comms extrêmement flatteurs, je commence à les croire, ça m'inspire, je prends ma plume et me voilà rédactrice d'un best-seller. Je deviens célèbre, les droits sont achetés par un producteur hollywoodien à gros cigare, mon rôle est tenu par Julia Roberts qui devient mon amie, je rencontre Colin (Firth, ai-je besoin de le préciser) par son intermédiaire, il tombe raide dingue de moi, et nous sommes heureux et avons beaucoup d'enfants!
Mouais.
Je vous sens sceptiques.
Sans vouloir me vexer, vous vous dites qu'il y a une phrase qui pose problème.
Je la retire donc cette phrase, et je la transforme.
Et je reprends:
"qui devient mon amie, je rencontre Colin (Firth, ai-je besoin de le préciser) par son intermédiaire, il tombe raide dingue de moi, et nous sommes heureux."
Point final.
Si je veux que Colin m'apporte mon petit dejeuner au lit sur les coups de dix heures du mat, avec une rose fraîche du jour dans un soliflore posé à côté des toasts grillés juste comme il faut, et en face, un jus d'orange tout juste pressées, il y a intérêt à zapper l'étape enfants.
Enfin je dis ça je dis rien hein.
Mais j'ai du mal à envisager la même scène avec enfants sans immédiatement visualiser le verre de jus d'orange renversé sur l'oreiller, les éclaboussures de café qui se sont échappées de la tasse quand ils ont sauté sur mes jambes et le toast qui se retrouve face contre drap après avoir effectué un salto arrière.
Sans oublier le petit détail qui change tout: le réveil lumineux qui affiche 6 h48.
Voilà, tout ça pour dire que le miel de l'éloge doit être consommé avec modération. On finit par croire à la possibilité de tout et n'importe quoi.
Vendredi, en fin de journée, le problème commençait même à prendre des proportions assez angoissantes. À chaque fois qu'une personne m'adressait la parole je répondais "Yes darling red carpet" tellement j'étais dans mon trip hollywoodien.
Pour le bien de toute la famille, il me fallait rapidement revenir sur ma terre de non topitude.
J'ai été en cela bien aidée par mon naturel qui est revenu au galop: un petit coup de gueule par-ci, une pizza surgelée par là, et une surdité profonde et intermittente dès que les mots jeux, lecture ou bricolage furent prononcés.
A chaque nouveau faux pas, mon rêve s'éloignait un peu plus.
Mais vous savez quoi? Je crois que c'est mieux comme ça.
D'abord je ne supporte pas la fumée du cigare, et si ça se trouve Colin il pue des pieds.
Et puis sans mes enfants, je fais quoi moi?
L'illustration c'est Mark Ruffalo et Marc Levy pendant le tournage du film éponyme. Non parce qu'il y a des gens pour qui ce genre de scénarios marche. Trop fort!




