Vendredi 7 Mar 2008
Oh la tricheuse...?
Par ClaireMM, Vendredi 7 Mar 2008 à 06:15 GMT+2 dans Exemples pas top
![]() | Quelques textes récents mis en
ligne sur ces pages me font redouter que le soupçon de tromperie sur la
marchandise ne s'insinue dans vos esprits. Et que soudain ne me
parviennent des réclamations sous forme de demandes pécunières: - "Rembourse-nous la connection internet au prorata du temps qu'on a passé à lire ici!" En effet, certains se demandent peut-être comment on ose intituler un blog "mère-pas-top" alors qu'on s'interroge parfois sur les raisons de ses coups de gueule envers la marmaille? Voire même qu'on s'en excuse auprès d'elle? |
-"Et si c'était une mère-trop-top, bien planquée derrière son écran, qui se défoule sur ces pages en écrivant toutes les horreurs qu'elle n'ose pas faire chez elle? "
Avec la même honnêteté que Gérard, marié, deux enfants, chauve et bedonnant, ayant dépassé la cinquantaine et qui se présente chez ce célèbre site de rencontre électronique sous le nom de Lucas, célibataire quadragénaire, brun et de belle prestance. En mettant une photo de lui prise au cours de l'été 1996.
Oui, si la mère-pas-top n'était qu'une vilaine tricheuse?
Alors pour éloigner tous les soupçons de truquage me concernant, j'ai pensé que le mieux était de vous laisser juger en vous décrivant une journée au hasard.
Hier par exemple.
Journée où trois de mes enfants devaient faire une sortie de classe.
Pour cette sortie, le papier que j'avais signé sur un coin de table un soir à la va-vite (ben oui, j'étais déjà en heure-sup maternelle rapport à l'heure tardive), le papier donc, mentionnait qu'il fallait un en-cas.
No problemo.
Un en-cas.
Flemmarde comme je suis, on me parle d'un en-cas et je visualise immédiatement quelques biscuits secs, une pomme et roule-mimile. Et puis je n'y pense plus.
Jusqu'au matin fatidique.
Où j'y repense. Et où tout d'un coup je sens monter une sourde angoisse:
- "Attend, quand ils parlent d'un en-cas, c'est juste un goûter ou carrément le repas de midi qu'ils veulent dire?"
Oui je suis d'accord mère-ma-soeur, une demi-heure avant le départ à l'école, c'est le moment de se poser la question. Dois-je te rappeler l'intitulé du blog?
Reprenons où nous en étions restés : mes sueurs froides pleines de questions.
Parce que si c'est le repas de midi qu'ils doivent avoir, mes gamines, avec leurs trois biscuits et leur pomme, ça va faire djeust.
Vous imaginez? Tous leurs copains qui sortent leurs sandwiches préparés avec amour par leur tendre mère? Laquelle a pris soin de les interroger sur la finesse des tranches de fromage et sur la qualité du jambon à poser sur cette baguette fraîchement beurrée.
Et mes pauvres petits qui les regardent avec des grands yeux tristes en mangeant leurs petits-beurres trop vite finis et leur pomme déjà fripée?
Mais c'est du Dickens! Tom Sawyer à côté, c'est Paris Hilton-enfant! Les larmes roulent sur les joues de tous ceux qui assistent à la scène!
Ya pas, je dois préparer des trucs qui fasse genre repas.
Oui mais trois??? Alors que je n'ai que des rogatons de fromage et même pas de jambon? Ça va demander de mettre en jeu toute ma capacité d'improvisation culinaire, laquelle est aussi étendue que la culture géopolitique d'un candidat moyen à la Star'Ac. Autant dire nulle.
Et puis si jamais l'en-cas demandé correspond vraiment à un goûter, le club-sandwiche de quatre étages, ça va faire un peu démesuré non? Surtout si les autres grignotent sagement leurs biscuits secs avec une pomme.
Après un exploit pareil, je serais immédiatement cataloguée par les maîtresses "mère névrosée qui a peur que loin d'elle ses petits ne manquent et qui les bourre de nourriture pour compenser".
Faudra pas que je m'étonne si un jour où l'autre on me convie à un colloque sur les risques d'obésité enfantine.
Non, je ne peux pas préparer un pique-nique si c'est un goûter. Ni préparer un goûter si c'est un pique-nique.
Coincée, je suis coincée.
Quelle solution choisir?
La plus mauvaise! Le milieu, l'eau tiède, le truc ni fait ni à faire, un machin qui ne ressemble à rien. Trop pour un goûter, trop peu pour un pique-nique.
La loose totale.
Et qui m'ôte tout échappatoire puisque je ne pourrais même pas me défendre en disant:
- "Ah mais j'avais compris qu'il fallait juste le goûter! Si j'avais su, vous pensez bien..."
Ou l'inverse.
Epilogue:
Il leur fallait un repas, elles ont eu beaucoup de pain, un peu de fruit, quelques biscuits et les copains ont fourni le reste si j'en juge aux emballages divers et variés retrouvés au fond des sacs ce soir.
Ne me reste plus qu'à éviter les mères desdits copains pendant quelques jours, le temps que s'estompent de leurs mémoires les récits de leurs enfants:
- "Tu sais ce qu'elle lui avait donné sa maman, à ma copine, comme repas?"
Je vais aller faire mes courses dans un autre quartier pendant quelques jours. Et acheter beaucoup de jambon et de fromages.
Au cas où...





