mere-pas-top

En vacances avec une mère-top (1)


Chapitre 1 : Où il est prouvé que la cuisine et moi...

J'ai vécu l'expérience ultime, celle qui, si elle ne vous tue pas vous rend plus forte comme dirait ce bon vieux Nietzsche.

J'ai passé des vacances avec une mère top.
Et j'ai voulu être à la hauteur, quelle folie...
A l'arrivée quel traumatisme..

Mais grâce à Jack Bauer je connais l'importance des séances de débriefing pour évacuer un traumatisme, je m'en va donc me débriefer. 

En relatant une scène au hasard. Celle où autour d'une table conviviale, j'ai déposé le plat préféré de mes enfants afin de nourrir l'assistance.

Or ce jour là, par un amusant phénomène chimique et physique que je ne m'explique toujours pas, ce plat au sortir du four avait l'aspect d'un vomi frais et la consistance de la colle à papier peint.
Et je n'exagère pas.
Mais il était quand même bon (j'avais goûté, il y a des limites à ma non-topitude, si si).
Il était quand même bon, mais pas folle, en découvrant la chose supposée comestible sur la table, ma marmaille a fait front commun et opposé une résistance en bloc à la dégustation de ce petit plat mitonné. Lequel leur semblait d'évidence relever de la guerre bactériologique.

C'est là que j'aurais du renoncer, oui, j'aurais du. Errare humanum ist, perseverare ...

La présence de la témointe-top m'a fait me lancer un défi insensé : leur faire manger quand-même...

J'ai pris mon air le plus bécasse et mon ton le plus enjoué en espérant faire illusion:

-    "Mais si mes chéris, c'est votre plat préféré, vous savez bien..."

A-t-on vu phrase plus bête?
Oui, arrêtons-nos une minute sur la pertinence de cette phrase à ce moment précis où je cherche à convaincre la témointe de la scène de mes réussites éducatives.

Présenter comme "plat préféré" une mixture que même le cochon de la ferme d'à côté dédaignerait à la vue, c'est laisser la témointe-top de la scène rêveuse quant à l'aspect des autres plats qui ne sont pas "préférés"

Insister lourdement sur le fait que c'est le "plat préféré" alors qu'à l'évidence aucun de mes descendants n'acceptera de plonger une des dents de sa fourchette dans la mixture, c'est laisser la témointe de la scène rêveuse quant à l'attitude de ma marmaille lorsque je leur présente un aliment nouveau.

Bref, s'enfoncer d'avantage dans cette situation que je ne le fis en répétant cinq fois cette phrase, je pense que c'est impossible.

Mais... plonger encore plus au fond du trou, c'était possible.

Il suffisait d'attendre un peu. Attendre le moment où la situation s'est inversée et où la mère-top a servi ce même plat à ses enfants:
Même premier refus de ses enfants, jusque là, tout va bien.
Même phrase standard:

-    "On ne dit pas qu'on n'aime pas sans avoir goûté"

Oui, jusque là, ça va, je sais dire aussi.

Mais là ça a dérapé grave. Et pas à mon avantage. J'ai vu des assiettes se tendre, ses enfants goûter, apprécier, et en redemander.
Trois fois!!!

Dois-je préciser que cela n'a en rien troublé ma progéniture qui est restée intègre dans son absolu refus de goûter?

Dois-je préciser que je fus liquéfiée de honte et traumatisée de culpabilité?
Et pleine de questionnement pour savoir comment refiler discrétos des bouts de pains à mes gamins afin qu'ils n'aient pas le ventre vide en se levant de table? Me doutant bien que cette façon de nourrir mes enfants ne pouvait rentrer dans aucun schéma de topitude?

Sainte-patronne des mères-pas top, pourquoi m'as-tu abandonnée?

 

PS1 : Merci à toutes celles qui m'ont laissé des mots pendant ces 15 jours, mots que je découvrais au hasard de mes rencontres avec un ordinateur connecté et qui sont encore et toujours des cuillérées de miel dans  mes journées.

PS2 : Qui a réglé son réveil en oubliant de le mettre à la nouvelle heure et est maintenant méchemment à la bourre (et toute la famille avec)? Qui? Eh oui, bon faut sérieusement que je m'active....

32 commentaires - aucun rétrolien