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Aveux de mère


Je sentais qu'il ne fallait pas que je lise cet article de Marie-Claire (Avril 2008). Je le sentais. Le titre m'avait suffisamment prévenue: "Mères au bord de la crise de nerfs".

Je sentais que mes petits nerfs fragiles y seraient mis à rude épreuve... En général quand un magazine grand public parle des mères, ça me fait un effet presqu'aussi intense que quand mes enfants  me parlent tous à la fois alors que je téléphone au service client d'un opérateur de téléphonie mobile. Le genre d'appels où l'on se voit obliger de répéter à cinq personnes d'affilée exactement la même chose, le tout entrecoupé de très nombreuses minutes d'attente à 0,35 euro

La capacité de ces magazines à présenter des modèles de maternitude proche de Caroline Ingalls m'exaspèrent.

Ce qui donne un effet qui me rend aussi performante dans l'échappement de vapeur qu'une cocotte minute en fin de cuisson.

Pourtant, à mon grand étonnement, ça commençait bien. Très bien même.

L'une des premières phrases était:
    Imaginez des groupes de paroles sur le thème...: " Et si on disait du mal... de nos enfants".

Ça m'a sérieusement rappelé quelque chose... Dites, je rêve où ils parlent de nous?
Eh oui, vous vous rendez compte? Dans Marie-Claire ils nous demandent d'imaginer un groupe que c'est nous tout-craché sur ce blog! On est carrément before the tendance!!!

Gonflée de fierté et frémissante d'impatience; j'ai poursuivi toute guillerette ma lecture.

Malheureusement.
Car l'article continuait par des témoignages.

Et là, ce fut la chienlit de ma bonne humeur, le nettoyage au karcher de ma relax-attitude. J'ai lu des témoignages de mère abracadabrantesques.
(Au passage, vous admirerez la capacité que j'ai de faire référence, sans en avoir l'air, à nos présidents de la 5ème république. Me reste plus que deux citations à placer et j'ai la totale. Je reconnais cependant que ce genre d'exploit n'a aucun intérêt, la beauté du geste comme dirait l'autre).

Mais je m'éloigne  de mon sujet. Je voulais citer ces témoignages de mère, dont, j'imagine, le prénom a été modifié pour qu'elles ne soient pas reconnues dans leur quartier. Ces mères décrivent à quel point elles sont au bord de la crise de nerfs et se sentent entrer dans des abîmes d'imperfections maternelles.

Ainsi Clémence mère de trois enfants, qui nous fait cet inadmissible aveu:
 -"Je l'avoue, si je peux passer outre l'histoire du soir, je le fais"

Alors là Clémence, si je peux me permettre, euh... tu sais que tu n'as pas à t'en excuser?
Tu sais que tu n'as pas à en avoir honte? Tu sais qu'un enfant peut vivre et s'éveiller sans son histoire quotidienne? As-tu réellement besoin de présenter cela comme un aveu honteux???
Et vous charmants journalistes de Marie-Claire, en présentant ce témoignage comme un "phénomène", vous n'avez pas une très légère impression de contribuer grandement à cette pression de la perfection maternelle, élevant la lecture du soir comme une des conditions sine qua non pour être une bonne mère,  au même titre que de lui donner à manger et de l'amour?

La lecture du soir c'est bien. C'est beau. C'est un doux moment de partage. Mais c'est FA-CUL-TA-TIF Clémence! Et quand on n'a pas l'envie ou pas le temps, il me semble possible de la zapper sans se sentir coupable et angoissée d'engendrer  un traumatisme qui rendra nécessaire des visites chez un psy jusqu'à l'âge de 23 ans.

Et que dire à Anne mère célibataire, lorsqu'elle témoigne:
 -"Je rentre à 19 heures; elle se couche à 21 heures, j'essaie de lui consacrer ces deux heures. Le week-end est rien que pour elle aussi. Mais lorsqu'à 22 heures elle est encore en train de hurler qu'elle ne veut pas dormir [...] j'ai envie moi aussi de hurler [...] Cela nous ferait peut-être du bien de nous séparer un peu mais je n'ai plus mes parents et ma belle-mère, si elle garde ma fille, c'est pour la planter devant la télé"

Anne, ma soeur Anne, j'ai envie de te dire...
Non mais ça va pas la tête? ??? Tu crois que tu vas tenir combien de temps à ce rythme??? Et ta vie à toi là-dedans, elle est passée où? En quoi c'est un problème qu'elle passe son temps devant la télé quand ta belle-mère la garde, puisque justement ce n'est pas son mode de vie quotidien? Laisse-la regarder, laisse ta belle-mère s'en occuper bien ou moins bien et octroie-toi de l'air. Sans vouloir faire de la psycho à deux sous, c'est sans doute positif pour les deux.

Enfin bref, je ne vous fais pas une explication de texte niveau première- prépa bac grançais de tout l'article, ça serait fastidieux. Et puis ça me donne un côté donneuse de leçon que je n'aime pas trop.

Mais si on pouvait un peu moins se mettre la pression nous-mêmes, nous les mères...

Alors juste pour la fin, je rajouterai cette citation de Clémence:
-"Les autres femmes font semblant, jouent les mères idéales, celles pour qui tout roule".

J'aimerais lui répondre:

Pas toutes, Clémence, pas toutes....

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