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Que leur dire pour qu'ils sachent se protéger?

 Petit texte totalement hors norme aujourd'hui, qui ne se veut pas humoristique et qui n'émouvra personne non plus. Mais pour une fois qui aura peut-être un peu d'utilité

J'ai participé hier (un peu par hasard, c'était proposé par l'école) à une réunion traitant de comment éduquer les enfants à se protéger eux-mêmes d'éventuels agresseurs. Un cours pour les enfants était organisé, c'était un peu l'explication de texte pour les parents.

Alors je ne vais pas faire un compte-rendu de réunion, beaucoup de choses dites tombaient sous le coin du bon sens, mais deux ou trois trucs m'ont frappée, les voici :

Evidemment, si vous n'avez pas le bon sens placé dans le même sens que moi, vous allez lire des trucs qui vos paraîtront évidents tandis que je passerai peut-être sous silence des trucs qui vous auraient intéressés. Désolée, mais il me fallait faire un choix.

Le premier truc où j'ai levé l'oreille (assez difficile anatomiquement parlant) c'était au sujet du dilemme : "Prévenir l'enfant, c'est lui dire que des horreurs existent et donc éventuellement le traumatiser".
Il est illusoire de croire qu'il échappe à la connaissance de la violence du monde. Dès le CP il déchiffre les manchettes des journaux, et bien avant il écoute la radio et la télé avec nous. Sans compter la cour de récré.
Donc parler avec lui de ces horreurs, c'est plutôt le rassurer que l'angoisser. C'est lui donner des clés pour "comprendre" ces histoires qu'il entend. Et surtout apprendre comment s'en protéger autant que faire ce peut.

Ces clés, la plupart sont connues de tout adulte.
Ce sont les habituels "Ne pas suivre un inconnu, même s'il dit venir de la part des parents", "ne pas ouvrir la porte à n'importe qui", faire apprendre le numéro de téléphone du père ou de la mère dès que possible, et surtout "personne n'a le droit de te toucher si tu n'es pas d'accord, tu dois dire non et même crier si besoin".

A cela, quelques petites précisions ont été ajoutées, les voici:

Tout d'abord, se contenter d'expliquer à l'enfant qu'il ne doit en aucun cas suivre un adulte n'est pas suffisant. Car les salauds tendent des pièges présentés comme une demande d'aide. Or nous avons appris à nos enfants à être serviables. Si l'enfant refuse de suivre une personne qui lui demande un service, il se sent coupable.
C'est pourquoi il faut expliquer très clairement qu'un adulte ne doit pas demander de l'aide à un enfant. S'il le fait quand même c'est l'adulte qui est impoli, et non l'enfant qui refuse. Un adulte intelligent sait qu'il angoisse un enfant par cette demande. Une aide se demande à un autre adulte.

Bref il faut déculpabiliser l'enfant de son éventuel refus d'aider un adulte.

Ensuite il a été dit que faire apprendre le numéro de téléphone par coeur est bien mais pas suffisant. Un enfant qui panique aura beaucoup de mal à s'en souvenir. Il vaut mieux que l'enfant l'ait toujours sur lui aussi par écrit.

Un petit truc en passant, également utile pour les vieilles personnes de notre entourage (ce blog va devenir universel si ça continue comme ça) : les policiers se déplacent toujours par deux et sont en uniformes. Sinon ce ne sont pas des policiers.

Et puis dans un autre registre, car on n'est plus dans la défense mais dans la parole: il est bon d'expliquer à l'enfant qu'il existe des bons secrets, ce sont ceux où personne n'a mal, et des mauvais secrets, ce sont ceux où une personne de l'histoire souffre.
Ceux-là doivent être répétés. Pas à la cantonade, mais à un adulte de confiance, qui pour la plupart des enfants, sera les parents. Leur dire que c'est la seule façon d'aider une personne qui souffre en secret.
S'ils sont confrontés à ce genre de dilemme dans leur classe, cela aidera.

Ah si un dernier truc : pour que l'enfant ose venir vers ses parents s'il est confronté à un problème qui met la sexualité en jeu, il faut que la sexualité ne soit pas un sujet tabou à la maison. Sinon il n'osera rien dire, se sentant coupable.

Voilà, c'est à peu près tout, si je ne vous ai rien appris je m'en excuse, moi j'ai enregistré ces petites infos là. Pas transcendantes, mais pas inutiles non plus.

Je ne suis pas parano, cette angoisse je l'ai comme tout parent mais pas plus que ça. D'ailleurs j'ai très peu "averti" mes enfants ils ouvrent la porte facilement, sortent seuls dans la rue et n'ont pas mon téléphone sur un papier.

Ce week-end je ferai malgré tout une petite mise au point.
Malgré tout...


PS: Pour tout ceux qui voudraient mettre un comm, je crois inutile de discuter sur l'horreur d'un pédophile et sa condamnation en justice. Cela dépasse de très loin le sujet du jour, et est extrêmement polémique.  Et je ne me sens pas la compétence pour gérer ce genre de polémique.

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