mere-pas-top

Comment survivre lorsqu'on est collègue de bureau de Claudia Schiffer? par Loop

 Hier je parlais de la difficulté de garder une estime de soi minimale quand on a une charmante collègue très élégante et clone de Claudia Schiffer, qui en particulier n'oublie jamais d'assortir son sac à ses chaussures.
Comprenant ma profonde détresse, Loop a écrit un comm très drôle et plein de conseils 100% pas-tops comme je les adore.

Alors pour ceux qui n'ont pas eu le temps de le lire hier ou qui sont passés trop tôt, voici son comm. En lisant son premier paragraphe, vous comprendrez qu'elle a toute autorité pour être redactrice-pas-top.

NB avant de vous laisser lire: sans doute d'un naturel extrêmement chaleureux, elle utilise parfois à mon égard des qualificatifs qui font rougir ma modestie. N'en tirez aucune conclusion hâtive sur nos relations intimes, c'est sans doute la licence poétique dont parlait mon charcutier hier qui a guidé sa main...

Ma chérie,

Je te parle en regardant mes enfants mettre des voitures dans leurs chaussettes et marcher pour faire le dinosaure. Ils sont toujours en pyjama, il est 11h18, et je viens de les bourrer de chocolat et de leur apprendre à s'emballer dans du papier-bulle pour pouvoir écrire tranquille, c'est te dire si je suis blog-pas-top compatible.

Cette fille a tout faux. Tout. Je sais de source sûre qu'il est absolument interdit cette année d'assortir son sac à ses chaussures. C'est même très très mal. C'est un coup à se ruiner la Schifferitude. D'ailleurs, c'est pas elle qui a la côte, c'est Stephanie Seymour, mais passons. Claudia Schiffer aurait fait une première dame parfaite quand même. Il faut d'ailleurs que quelqu'un en parle à Angela Merkel. Bref.

D'abord, le sac: c'est Apo qui a tout bon. Le sac, il faut que ce soit LE sac. De tout le temps. Pas du jour pour l'assortir aux chaussures. Elle est folle, ta top. Ou elle reçoit chez elle le catalogue de Cyrilllus (on peut citer des marques?). Je viens d'aller à l'instant vérifier dans le catalogue en ligne: page 19, sac blanc assorti aux chaussures blanches. Bingo.

Donc Madame top, mère ou pas, a un ou deux sac à main, beaux, qu'elle aime, qui sont grand, pratiques, et qu'elle peut se permettre de porter autrement qu'au coude. Là, je ne suis plus très sûre de l'universalité totale de mon propos, mais il me semble, depuis que j'ai vu dans la rue une gamine de 20 ans porter un sac en plastique shopi à la saignée du coude, que c'est pas vraiment obligé tout le temps et avec tout. Sinon, on pourrait également porter son enfant au coude, ce qui est rigoureusement impossible, j'ai essayé.
Conclusion: forcément, si on a UN sac, on ne peut pas l'assortir aux chaussures.

Les chaussures: plus compliqué. Parce qu'il faut en changer. Là, on peut tout faire. Même des clap-clap dorées avec un sac en toile. Même rayé. Si, on peut. Et même même LE truc qu'on s'interdisait petite: mélanger le rouge et le rose. Tiens, par exemple, la Cyrillus de la page 19, elle aurait dû mettre des baskets argentées, ou des croquenots quelconques, avec son sac de dame blanc.

Alors je vais te dire un secret inutile, ma pas-top. Si elle voulait, ta fausse fashion, être tellement dondonce au point de provoquer un orgasme vaginal sans les mains à la rédactrice de mode du nouvel avatar chic de Elle dont j'ai oublié le nom, elle essaierai la low bouts ouverte sur les orteils. Et là, tu m'appelles. Je VEUX voir quelqu'un réussir à marcher avec, avant de mourir. Parce que je ne sais pas si tu as remarqué, ma Merveille, mais la low-boots ouverte n'est jamais photographiée avec un pied dedans.

Continue, Sainte-toi, à faire n'importe quoi avec tes chaussures, tes sacs, et tes enfants. Tu as tout bon. Et même, au plus tu fais des trucs inouïs, des assemblages invraisemblables, au plus tu seras dans le Vrai de la Fashionité. Pratique, non?

Attends, bouge pas. Je crois que je tiens l'Idée: tu as bien un ou deux enfants de moins de 5 ans qui traînent, là. Demande-leur de choisir tes fringues (mais trouve le moyen d'en faire une corvée, histoire qu'ils pensent pas que c'est eux qui décident). Quelquefois je me demande si les rédactrices de mode citées plus haut n'ont pas des conseillers en couches.

Mais garde quand même ta lucidité, on ne sait jamais: les miens, de moins de 4 ans, me regardent d'un oeil noir les (rares) fois où je me pointe à l'école, parce que la maman de yassine, ELLE, elle a la belle robe qui tombe jusqu'en bas avec le voile de la princesse.
D'ailleurs, la maman de Yassine vénère mes gamins.

Alors tu vois, le seul truc à éviter, en dehors des chaussures assorties au sac, c'est la traînée blanche de bave d'enfant sur l'épaule. Et là, c'est très facile: il suffit d'éviter de toucher ses enfants.

Regarde-la la tête haute, demain, ta victime de la vente par correspondance. Et met les pieds sur le bureau
.                                         
                                                                      Loop

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En voiture!

  Future-mère-de-famille ma soeur et futur père de famille aujourd'hui c'est encore pour toi. Un petit conseil en passant (oui mère-ma-soeur je ne te fais pas l'affront de te le donner à toi ce conseil, je sais bien que nous sommes soeurs de galère et que je n'ai plus rien à t'apprendre des menues irritations de la vie quotidienne avec nos amis les bambins).

Or donc FMDF et FPDF, je t'explique (et pour l'avenir, laisse moi abréger et installer dès à présent le concept de Futur-Parent-De-Famille, FPDF pour les intimes).

La scène se passe dans une voiture familiale. Aussi nommée "fier destrier" par ses heureux propriétaires.

Avec une gentille famille à son bord.
La mère s'étant lâchement jetée sur le siège du passager afin de profiter des 10 minutes de trajet prévu pour une petite somnolence réparatrice, laisse voguer son regard au dehors. Les enfants silencieux dans leur rêverie, le père présentement chauffeur quasi-transport en commun concentré, elle profite au maximum de ce confortable moment où elle n'a rien à faire ni à dire.

Jusqu'à l'erreur, la gaffe de débutante...
Au détour d'un regard qui lui a permis d'entr'apercevoir plusieurs personnes sur leur 31, au coin d'une rue déjà dépassée, je (eh oui c'était moi la mère. Vous mé réconnnaissez?) me fais à voix haute une petite réflexion comme celle-là:
-    "Tiens, doit y avoir un mariage dans le coin"

Fatalitas!!!
J'ai rebranché la machine aux questions

-    "Qu'est-çe-que t'as dit?"
-    "Rien, rien, ça n'a aucun intérêt"
-    "Non mais si t'as dit quoi?. Pourquoi t'as dit mariage?"
-    "Non mais pour rien je te dis, laisse"

A ce moment là de l'histoire, FDPF, mes gentils naïfs, vous vous dites:
-    "Mais pourquoi ne répète-telle pas tout bonnement sa phrase?  Ça serait plus simple."

Plus simple?
Tu crois ça toi?
Je te laisse juge..:
Or donc, reprenons où nous en étions :
-    "Non mais pour rien je te dis, laisse"
-    "Mais dis-moi ce que tu avais dit"
-    "Rien, juste qu'il devait y avoir un mariage"
-    "Tu as vu une mariée?"
-    "Non, mais c'est juste que j'ai vu des gens bien habillés et j'ai pensé qu'ils allaient à un mariage, parce qu'ils étaient tous très souriants"
-    "Ils sont où les gens?"
-    "Ça fait longtemps qu'on les a passés, on ne peut plus les voir, mais ça n'a aucune importance"
-    "Mais pourquoi tu l'as pas dit avant, moi je veux les voir aussi, ils sont où maintenant, on peut pas retourner, ils étaient habillés comment, et t'es sûre que c'était pour un mariage?"
Etc, etc...

FPDF, je vous le fais en mono. sache que la même Scène peut exister en stereo, en tereo, quatereo ou même plus...
Le quatereo correspondant évidemment au dialogue ci-dessous, avec un nombre de question multiplié par quatre.
Et une mère maudissant son erreur de débutante en maternitude qui lui a fait rater un simili-roupillon de mi-journée

Alors FDPF mes frères et soeurs, voilà mon conseil du jour:

Ne mentionne jamais un détail que tu observes par la vitre de la voiture

Le temps que les enfants comprennent qu'il y avait des chevaux dans le près, ils sont à 15 kilomètres de distance et le joli chateau à travers les feuillages passe pour eux aussi vite qu'une image subliminale dans une publicité malhonnête.

En gros le Mont-Blanc et la Tour Eiffel sont les deux seuls éléments assez gros et restant suffisamment longtemps dans le champ de vision pour que cela vaille la peine de les indiquer. L'océan ou la mer le long d'une route côtière aussi...

Pour le reste... oublie!

Surtout sur autoroute à 130 km/h.

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Cohérence éducative et aspiration


 Mère-ma-soeur, puisque tu lis ici, cela peut laisser à penser que parfois dans ton fort intérieur et à l'insu de ton plein gré, tu ne te sens pas tout à fait top.

Tu as compris qu'il est inutile de compter sur ces pages pour changer la situation. Pas top je suis, pas top je reste. J'ai bien quelques idées pour monter dans l'échelle de la topitude, seulement voilà,  je ne les jamais testées.
Je ne me permettrais donc pas de donner des conseils.

Sauf... un tout petit. Un minuscule, un millimétrique.

Sois cohérente. Aie de la suite dans les idées!

Et, si, comme moi, tu te retrouves dans la voie de la non-topitude, reste ferme. Ne louvoie pas tel un politique de base au gré des sondages et de la réaction de tes enfants. Les situations engendrées étant sinon particulièrement pénibles.

Regarde moi, ce week-end par exemple!
Moi qui, d'une humeur telle qu'à côté un policier chinois qui surveille la flamme olympique pourrait passer pour jovial, moi qui passe l'aspirateur dans une chambre très très succinctement rangée  par ses heureuses propriétaires malgré mes nombreuses injonctions préalables.

La pièce qui se joue alors peut se décomposer en différentes scènes:

Scène 1 : Où l'on comprend que, quand la mère pas top passe l'aspirateur, elle passe l'aspirateur!
Or donc,  bien qu'ayant repéré le centimètre carré de papier blanc manifestement porteur d'un très fin dessin executé par un des Michel-Ange en herbe, je ne fais pas le petit geste de torsion de main nécessaire pour éloigner le souffle puissant de  mon pote l'aspiro.
Lequel aspire.
Le chef-d'oeuvre.
Sous les yeux horrifiés de Michelle-Ange inopportunément revenue au mauvais moment.

Etape 2 : Où l'on comprend que quand la mère pas top passe l'aspirateur, sa tendre chaleur maternelle frôle les températures de l'ère glaciaire.
Or donc, le visage ruisselant de larmes de Michelle-Ange devant cette disparition soudaine, aussi atroce pour ses yeux enfantins que la chute d'un bébé bouquetin dans une profonde crevasse, ce visage ruisselant ne produit aucun effet sur mon masque de titane.
J'aspire!
D'autant plus que je viens de tomber sur une mine de dizaines de petits papiers blancs de 1 cm carré chacun. Lesquels, nuance, ont tout l'air de provenir d'un bête déchirage de feuilles.
Pas top peut-être, mais pourvue d'un oeil maternel infaillible.
Les larmes, entretemps transformées en sanglots véritables, continuent à ne pas troubler l'aspiratrice en folie que je suis devenue.
Malgré les explications hoquetées de Michelle-Ange:
-    "Le dessin-hin, il est super impo-ho- hortant, c'est super du-hu-hur à faire, c'est tout petit pasque c'est pour décorer la mai-haison des playmobi-hils qu'on vient de faire ave-hec les ca-ha-hartons à chaussures. Et même que le dé-héssin il était rangé sur la table de nuit mais que c'est toi qui-hi l'a fait tomber par té-hé-erre".

A ce moment précis de la pièce, seul un oeil averti pourrait déceler dans l'oeil de la mère comme le début du commencement d'un infime soupçon de doute qui se ferait jour dans son esprit.
Que comme qui dirait, il se pourrait que les explications de Michelle-Ange ne soient pas fausses. Et que je suis donc en train de commettre une injustice maousse costaud.


Scène 3 : Où l'on comprend que quand la mère pas top se fait un bad trip aspiro, il lui faut du temps pour redescendre.
Toujours d'une humeur de bouledogue qu'on aurait nourri de kiwis depuis 3 mois, j'envoie Michelle-Ange à la douche. Au moins le bruit de l'eau camouflera les sanglots. Puis je finis mon aspiration, et je pose la bête.

Scène 4 : Où l'on comprend que sans aspirateur à la main, la mère pas top retrouve une partie de son humanité.
Soudain le masque de titane posé sur mon visage se décompose (camelote).
Soudain les sanglots de l'enfant sous la douche me déchirent le coeur.
Soudain ma résolution est prise...


Scène 5 : Où l'on voit la mère pas top faire des cochoncetés.
Et trifouiller pendant dix minutes l'agglomérat de poussières, miettes, cheveux et autres immondités que constituent la nourriture de base d'un aspirateur.
Beârk, c'est répugnant.
Et examiner un par un les dizaines de bouts de millimétriques papiers blancs préalablement ingurgités par la bête.

Tout en maudissant ma coupable faiblesse qui m'incite à fourrager dans ce tas d'ordure.
J'avais dit tant pis, c'était tant pis! J'aurais dû m'y tenir!
 Quel exemple déplorable pour mes enfants, aucune fermeté dans mes convictions.

Si tout le pays était aussi faible que moi et incapable de défendre ses idées, où irait-on?
On pourrait imaginer des socialistes dans un gouvernement de droite ou un ancien successeur de l'Abbé Pierre qui ne démissionne pas quand on lui vide de sa substance son projet de RSA.

Quel cauchemar...

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Ne demande jamais


 FMDF et FPDF (Future-Mère-De- Famille, Futur-Père-De- Famille, mes frères et soeurs, dois-je encore traduire? Vous devez commencer à vous reconnaître dans cette appellation non?)
FMDF et FPDF, disais-je donc, désolée mais la liste s'allonge. Voilà encore un sujet où je pense qu'il est bon d'avoir été prévenu à l'avance pour ne pas commettre une faute lourde de conséquences. 

Pour vous, les conséquences. Et pour vos nerfs surtout, petites choses fragiles desquelles on ne prend jamais trop soin.

Je ne vais pas être longue, il s'agit juste d'une petite question à ne jamais poser. Où alors non sans avoir préalablement discrètement installé des écouteurs de lecteur MP3 au fond des tympans, permettant de ne pas entendre la réponse. Il ne reste plus qu'à feindre d'être vivement intéressé lorsqu'on voit notre progéniture bouger les lèvres. Sans avoir aucune idée de ce qu'elle raconte sans doute, mais c'est ça ou l'épreuve de tous les dangers pour nos nerfs.

Je vous explique le contexte : grâce à la bonté incroyable (rayer les mentions inutiles)  du père/de la tante/ de la mère de la copine/de la maîtresse d'école, votre progéniture est allée au cinéma. Sans vous, ô bonheur!
Personnellement je ne mets en effet qu'un pied prudent dans les salles de cinéma non-interdites au moins de 18 ans. Le risque d'ennui y est gigantesque et je voue une infinie reconnaissance à tous ceux qui se tapent la corvée pour moi.

Mais revenons à mon postulat de départ et à ce cas béni où vous n'étiez pas dans la salle à vous fader tout un film où des pingouins dansent des claquettes tout en chantant du gospel (il m'a traumatisé celui-là!)

Retour de la progéniture, vous ouvrez la bouche et vous voilà prêt à demander:
-    "Il était bien le film? Il parlait de qu..."
Nooooooooon!!! Malheureux(se), ne pose jamais cette question...!

N'interroge jamais un enfant sur le contenu d'un film. Du moins pas avant qu'il n'ait fait Hypokhâgne et appris le concept de substantifique moëlle, ou qu'il n'ait fait des étude scientifiques supérieures et appris l'usage de la clarté dans la concision.

Sache FDMF que si tu t'obstines à poser cette question stupide, malgré mon conseil donné en toute amitié, tu t'en prends pour deux heures. Au bas mot. Soit: le temps du film avec tous les rajouts que constituent les:
-    "Euh..."
-    "Et puis euh..."
-    "Et alors en fait que en vrai euh...
-    "Et il a dit...."
-    "Alors elle a dit à lui..."
-    "Non parce que aussi tu sais alors..."
Etc etc....

Eh oui, cette question, un enfant la prend au pied de la lettre.
Là où un adulte te résume La Belle-au Bois dormant en t'indiquant:
-    "C'est l'histoire d'une nénette pas douée à qui on a défendu de jouer avec un rouet et qui trouve le moyen de se piquer au seul rouet à des kilomètres à la ronde. Du coup paf elle tombe endormie rapport au sort de la sorcière, mais vu qu'il y a un type qui la trouve genre un siècle plus tard en se balladant dans le coin, il lui roule un patin d'enfer et ça la réveille. Voilà c'est fini.
Ah non j'oubliais, il furent heureux et eurent beaucoup d'enfants."

Voilà, là où l'adulte te fait une version résumée du reader's digest, l'enfant te refait tout le film.

Tout.
Du dernier au dernier plan, avec dialogues et commentaires.
Alors bien sûr, vu que ma marmaille malgré son intelligence supérieure, n'est pas capable de mémoriser dialogue par dialogue, séquence par séquence tout le film, son récit va se révéler un petit chef-d'oeuvre de surréalisme, alliant la plus extrême précision dans la description d'un détail infime tout en zappant allègrement le coup de théâtre final qui explique l'histoire. Tout cela dans un ordre aléatoire absolument pas prévu par les scénaristes et qui explique que, même en y mettant la meilleure volonté du monde engendrée par cet amour infini que je porte à la personne qui me raconte tout ça....
Je décroche au bout de deux minutes et je m'emmerde puissamment au bout de trois.

Le film fait 1 h 20 en moyenne et l'enfant n'épargne aucun des détails qu'il a en mémoire.
Et ils sont nombreux malgré tout.

J'ai posé une petite question comme ça en passant, une heure plus tard j'ai encore un enfant qui me suit comme une ombre et à qui il reste encore les 99 dernières années de l'histoire à me raconter.

Donc FMDF, tu fais comme tu veux, mais tu comprendras que moi, s'il y a bien une question que je ne pose plus c'est :
-    "Ça parlait de quoi, tu me racontes?"

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A pas de velours


 Au début il y a une femme. Qui voit arriver par une belle journée qui deviendra pour elle à tout jamais magique, un petit tas d'os et de viande souvent frippé, généralement rouge, pas franchement dans tout l'éclat de sa beauté même si elle est persuadée du contraire, et d'une humeur comment dire, moyennement enjouée.

Dans la demi-seconde suivante, elle est raide dingue de sa crevette pas tout à fait rose, qui la rendra souvent grise de fatique, rouge de colère, bleue de peur et verte d'angoisse.

Et qui lui permettra de développer des capacités qu'elle n'avait pas soupçonnées .

Au fur et à mesure qu'elle va apprendre à changer une couche en 10 secondes chrono sans s'en mettre plein les doigts, à donner un biberon d'une main tout en continuant à manger chaud de l'autre et à s'exercer au ton exact nécessaire pour prononcer la phrase fatidique "Attention je compte jusqu'à trois", cette femme va aussi passer maître dans l'art de la discrétion.

J'ai déjà parlé sur ces pages des talents à mettre en oeuvre pour manger ne serait-ce qu'un malheureux chocolat gianduja, je n'y reviendrai pas

Aujourd'hui je vais plus insister sur la formation continue en maîtrise du déplacement, à pas de velours et en toute discrétion.

Afin d'atteindre l'étape ultime où, à côté du silence engendré par ses déplacements, le bruit d'un flocon tombant sur un manteau de neige s'apparentera à un coup de gong donné par un moine tibétain en plein trip heavy-metal.

Dans un premier temps, cet art dans le déplacement à pas de velours aura  le but louable de ne troubler en aucun cas le sommeil du nouvel habitant des lieux. Tendre petit être qui vient de s'endormir après une heure et vingt-six minutes de déambulation dans l'appartement, lesquelles nous on permis d'inspecter dans les moindres recoins : la chambre, le couloir la cuisine, re-la chambre, re-le salon, re- lacuisine, rere-la chambre, rere-le salon rere- ..., ah tiens non, on visite, on fait un détour par la salle de bains, soyons fous!

Peu à peu, insensiblement, une autre motivation s'imposera à elle : surtout surtout qu'il ne me voit pas!!!
Pour une fois qu'il est si concentré sur son jeu, tout faire pour qu'il oublie que j'existe. Car, c'est une certitude absolue, s'il m'aperçoit, il va me demander quelque chose.
Il faut donc me déplacer silencieusement. Attention le passage le plus risqué... la porte de la chambre... Doucement..., un doigt de pied, un deuxième, un troisième, on déroule, on pose, yes, pas un craquage, on recommence de l'autre pied...

Ne croyez pas que j'exagère la situation. Je sais le risque que je prends.

Entre un camion de pompier en pleine intervention, soutenu par une équipe de courageux playmobils, et une mère qui passe benoîtement afin d'aller se délester de son dernier thé, qui, croyez-vous, l'intéresse le plus?

Bingo.
Mesziques.
A qui il aura forcément quelque chose à demander.

D'où nécessité absolue de ne pas se faire repérer.
Ce qui remise à la préhistoire de ma vie de mère le temps, que les moins de huit ans ne peuvent pas connaître, où je me déplaçais dans mon appartement le sourire aux lèvres et le pas conquérant tout en sifflotant un petit air guilleret!!!

Toute une époque à jamais révolue...

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Aïe

 

 

Un p'tit-nenfant à la maison, c'est l'amour, la douceur et la tendresse tous ensemble, qui ont élu domicile dans notre foyer.
Euh...
Malheureusement, il me semble nécessaire d'ajouter une petite nuance supplémentaire.

Et pourtant je vous parlerai effectivement de ces petites boules de chair rondes, douces, sentant délicieusement bon (ce dernier point étant hautement dépendant de l'état de la couche et du fonctionnement des intestins). Petites boules qui grandissent petit à petit, commencent à peser leur poids mais qu'on accueille toujours avec autant de bonheur sur nos genoux.

 

Or c'est exactement là où je veux en venir. Ce moment précis où, comme dans un film d'horreur psychologique tout en finesse, la douceur dérape tout doucement vers la séance de torture.
L'enfant chéri est lové contre nous. Trois secondes cinquante centièmes. Au bout desquelles il s'active. Puis se redresse. Se met à la verticale. Sans aucun égard pour ces centimètre carrés de gras logés à la face interne de notre cuisse et qu'il pince douloureusement entre la chaise et son petit peton charmant.
Evidemment les heureuses personnes dépourvues de gras interne de cuisse ne peuvent comprendre. Mais pour toutes les autres, moi la première, il est clair qu'un tel coinçage ne peut se comparer qu'à l'épilation du maillot dans l'échelle de la douleur.

(Nota Bene : à toutes les personnes sans gras interne de la cuisse et qui n'ont jamais testé l'épilation du maillot: je m'excuse mais je crois qu'il vous manque des éléments importants pour bien ressentir toute la portée psychologique du texte ici présent.)

Mais continuons, car ce n'est pas fini, loin de là.
Debout devant nous, les pieds ENTRE nos deux gras internes, le petit-nenfant chéri joue avec ce qu'il a sous la main. Nos cheveux (aïe), nos lunettes (attend je ne vois plus rien là), nos boucles d'oreilles (non ne tire pas).

Sans oublier...
Sans oublier la fermeture éclair de notre pull/ gilet que nous avions omis de remonter à fond! Omission qui lui saute aux yeux et qu'il s'empresse de réparer en la fermant gaillardement et d'un seul coup d'un seul jusqu'en haut.
Hurlement  à la mort de douleur garanti du propriétaire du gilet (noszigues): ces millimètres carrés de peau du cou que dans son joyeux élan le petit-nenfant a zippé avec le reste, va falloir en plus qu'on les décoince de la fermeture.

Je sais c'est insoutenable mais mes amis, le pire et à venir.
Que les âmes sensibles veuillent bien sauter les lignes suivantes, je décline toute responsabilité en cas d'évanouissement dû au choc.

Visualisons la scène quotidienne où nous aidons un jeune enfant à enfiler sa culotte/pantalon/collant etc...
L'enfant de dos appuyé contre nos jambes, nous nous baissons pour accomplir notre tâche, permettant à l'enfant de garder son équilibre pendant qu'il lève successivement une jambe puis l'autre.
Mais positionnant ainsi notre menton ou notre nez  extrêmement dangeureusement.
Je continue ou vous avez compris?

Car oui, à un moment connu de lui seul et qu'aucun signe avant-coureur ne peut faire soupçonner,  le petit-nenfant,  soudain monté sur ressorts, s'élève vigoureusement de cinq centimètres dans les airs. Exactement les cinq centimètres qui restaient libres entre sa boite crânienne et notre nez ou menton. Pour peu que nous ayons coincé la langue entre les dents sous l'effort, je passe la description du résultat.
Seul un interne en chirurgie est capable de prendre en charge la suite des opérations.

Voilà, mère-ma-soeur, tu admettras donc que le concept de douceur, sans être totalement infondé, admet une très légère mise au point.

Et tout bien réfléchi, je pense que le casque intégral associé à la minerve, enfilés dès qu'un enfant passe à proximité, est une solution à laquelle on devrait réfléchir sérieusement.

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Procrastination

 

PROCRASTINATION, subst. fém.
Littér. Tendance à différer, à remettre au lendemain une décision ou l'exécution de quelque chose. Synon. ajournement, atermoiement. Cette habitude, vieille de tant d'années, de l'ajournement perpétuel, de ce que M. de Charlus flétrissait sous le nom de procrastination (Proust, Prisonn., 1922, p.86).


Avant-propos: Ayant appris ce mot récemment, j'ai décidé de vous en faire profiter. A mon avis, à la fin du post vous l'aurez assez lu pour votre vie entière.

Futur père-et-mère-de-famille (FPDF- et FMDF) -mon frère, ma soeur, encore une fois c'est à toi que je m'adresse. Oui je suis une mine de conseils pour ceux qui n'ont pas encore fait l'irréparable: procréer.

Aujourd'hui je me permets de te conseiller l'apprentissage de la procrastination. Deviens proscratinateur, n'hésite pas.

Bien évidemment, pas dans ta vie d'adulte responsable et réfléchi. Même si cela permet de connaître des moments de douce euphorie. Moments bénis où l'on a enfin mis le chèque des impôts à la poste, à H-3 minutes alors qu'il traînait dans notre sac depuis deux semaines. Moment où l'on connaît un tel contentement de soi-même qu'on pourrait en remonter à notre président lui-même.

Malheureusement, ces moments de douce euphorie se payent chers. Et en avance. Par des sueurs froides dignes du Vertigo d'Hitchkock. De plus la procrastination rend également parano, il faut le savoir. On est en permanence susceptible d'être en retard dans ce qu'on devait faire.

Faire quoi? Là est toute la question! Avec tout ce que l'on remet au lendemain, on ne sait même plus ce que l'on devait faire le jour même.

Personnellement l'ouverture du courrier est régulièrement une source d'angoisse et je réponds au téléphone la main tremblante. Si c'était une amie qui avait quelques mots à me dire suite à une promesse que je lui aurais faite puis remise au lendemain?
La promesse d'aller chercher son fils à l'école par exemple?

Non, réellement, pour la survie dans notre société moderne il vaut mieux éviter toute proscratination.

Par contre FPDF et FMDF, pour ta survie dans ta future sphère familiale, il est indispensable que face à une demande quelconque de ta progéniture, tu apprennes rapidement à prononcer le mot magique de tout bon procrastinateur :

-"J'arrive!"

Alors même que tu n'as aucune idée de quoi il s'agit, qu'il est bien clair que tu n'as pas l'intention de te bouger d'un pouce et que tu oublies ta parole dans les deux secondes qui suivent son prononcement.

C'est ça ou la fin définitive de toute activité en continu.

Calme ta conscience FPDF et FMDF, à procrastinateur, procrastinateur et demi.

Car sache-le, à chaque ordre comminatoire de venir sur le champ que tu donneras à ta descendance, tu t'entendras de l'exacte même façon répondre un:

-    "J'arrive!"

Tout aussi, totalement et absolument, exempt de la moindre part de vraissemblance.

 

PS : Un grand merci à la personne qui m'a servi de muse pour ce post et qui se reconnaîtra

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Enfin seul(e)?



Aujourd'hui, juste un petit détail en passant, futur(e) mère-ma soeur et père-mon-frère d'un premier enfant...

Oui, je sais, je sais, on t'a déjà fait mille conseils, donné mille recommandations et mis en garde contre mille dangers.

Ca devient très légèrement agaçant.

Considère-moi comme la mille-et-une ième. Ce nombre me plaît. Très évocateur

Parce qu'il faut savoir....Tu crois que l'arrivée de la merveille va te faire passer dans la catégorie parent? Bien sûr...

Mais elle va surtout te faire intégrer très rapidement la grande confrérie des personnes pour qui les waters closed ne peuvent plus l'être.
Closed je veux dire.
Idem pour la salle de bain.

Sous peine de vaquer à tes petites affaires sanitaires avec ce doux bruit de tambourinage de porte en fond sonore accompagné de l'incantation:

-    "T'as bientôt fini?"

Pour éviter ce désagrément, tu perdras vite le réflexe de t'enfermer.

Ce qui te permettra, à ton grand bonheur, d'avoir un public attentif.

Capable dans les cas les plus extrêmes d'amener son propre tabouret pour s'installer face à toi lorsque tu es assis sur le trône très démocratique.

Et de te regarder.

Situation qui a l'art de mettre à l'aise.

Ou bien de venir voir par derrière pour vérifier qu'il se passe bien ce qu'il pense qui est en train de se passer.

Et demander confirmation à voix haute:
-    "Tu fais caca?"

L'occupation de la salle de bain donnera lieu également à des séries de questionnements métaphysiques par ta marmaille:

-    "Pourquoi t'as des poils sur le zizi?"

Est évidemment l'une des valeurs sûres dans les questionnement incontournables.

A ce sujet, il faut être consciente que la chair de ta chair dans un élan pédagogique, ira raconter sa découverte à qui lui tendra une oreille attentive.

Malheureusement pour ta pudeur sur laquelle tu vas vite comprendre qu'il faut t'asseoir, cette oreille attentive est régulièrement madame Dugenou, ci-devant voisine d'en face. Ou la maîtresse. Ou la boulangère. Bref, rien que des intimes avec qui une petite discussion sur ta pilosité ne peut qu'être un grand moment de plaisir...

Voilà, futur(e) mère-ma-soeur ou frère-mon-père, je ne te retiendrai pas plus longtemps.

Tu as désormais toutes les clés en main pour débuter cette période magique de ta vie.
Et de nombreux futurs sujets de conversation avec madame Dugenou.

Vos rencontres dans l'escalier ne seront plus jamais les mêmes...

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Apprentissage pour la vie


L'un des apprentissages fondamentaux que doit faire le petit d'homme pour acquérir petit à petit cette autonomie qui fera de lui un mâle fort et conquérant se situe dans un tout petit geste qui semble anodin.

Un petit geste de la vie de tous les jours, effectué sans y penser et qui distingue l'Homme de l'animal.

Une action que certain-ains sont même assez fiers d'effectuer alors que certaines-aines le trouvent relativement ridicule.

Ce petit acte technique si particulier grâce auquel les hommes ces veinards, (je le reconnais malgré tout), peuvent faire pipi debout.

Or, mère-ma-soeur je te le dis, nous seules savons.

Nous seules savons que ce mâle conquérant jambes écartées tel un cow-boy moyen, et accessoirement en train d'arroser le mur face à lui, ce mâle n'a pas toujours été si fier dans cette posture.

Nous seules savons combien il lui fallut d'essais pour parvenir à ce détachement dans cette position permettant le soulagement d'un petit besoin naturel. Au moyen d'un jet puissant avec lequel il peut même lui arriver de s'essayer au dessin artistique.

Car trop souvent, le petit homme est incapable de combiner À LA FOIS le maintien du zizi dans la position "hors du slip" ET la légère incurvation du bas du dos.

Cette incurvation grâce à laquelle on peut différencier à coup sûr, le long de nos charmantes nationales, l'homme qui admire le paysage de celui qui est juste en train d'arroser les mauvaises herbes du fossé.

Or notre petit XY, peu aguerri à cette technique nouvelle, se  trempe régulièrement l'ensemble slip-pantalon-chaussettes.

Souvent à des moments où nos prévisisons les plus optimistes prévoient notre retour at home au bas mot cinq heures plus tard.
Ce qui lui assure cinq heures d'inconfort et une odeur reconnaissable entre mille.

Alors mère-ma-soeur, la prochaine fois qu'un homme t'impressionne (ton banquier osant évoquer tes problèmes de découvert ou le policier osant affirmer que tu viens de lui faire une queue de poisson)...

Suis mon conseil.

Visualise le avec quelques années de moins, la zigounette dans la main et l'air profondément déconfit de celui qui vient de s'arroser bien malgré-lui.

Parce que forcément, c'est indiscutable : à lui aussi ça a bien du arriver!

Ne me dites pas le contraire par pitié.

Sinon il me faudrait regarder la réalité en face:

J'ai engendré le garçon le plus maladroit de la terre, pipitement parlant!!!

 

PS 1 pour les mâles : Si vous me lisez, ayez la bonté de confirmer, cela me ferait tant de bien.

PS 2 pour les femmes : En tapant pipi debout dans google, on trouve plein de liens qui nous expliquent, à nous les femmes, comment effectuer cette opération délicate.
Avis aux amatrices

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Transmission orale (2)

 

Ainsi que nous l'avions évoqué sur ces pages, notre société occidentale moderne, à l'image de toutes les sociétés traditionnelles, comporte sa part de transmission orale.

Sans doute moins poétique que la parole du griot sous le baobab, mois sage que les enseignements du vieux chef indien parlant de la nature à ses enfants,  et moins codée que les proverbes du vieux sage chinois qui parle d'expérience éclairé par une ampoule nue (ou le contraire?).

Mais nettement plus percutante.

Parce qu'un bon

-    "Put** de Bord** de M**!"

 asséné au bon moment rend la situation tout de suite plus explicite. Il y aurait comme de l'agacement dans l'air...

Mais comme nous en avons déjà discuté, cette forme d'extériorisation d'un sentiment profond est intégrée À VIE par notre descendance.
Et ce, DÈS  la demi-seconde qui suit sa première écoute.
Or, il faut bien le reconnaître, c'est malheureusement en ceci que consistera l'essentiel de notre transmission orale.

C'est pourquoi nombreux sommes-nous à faire des efforts démesurés pour rectifier un tantinet les mots qui jaillissent de notre bouche.
Afin que notre descendance-enregistreur-multi-piste ne puisse intégrer trop de grossieretés dans son propre vocabulaire.

Bien sûr, cette rectification ne s'acquiert pas en une nuit.
Ni même en un mois.

On va plutôt compter cela en années.

D'où l'intérêt d'avoir plusieurs enfants : au fur et à mesure de leur venue, on a le temps de s'entraîner.
Ainsi on peut espérer qu'au moins le petit dernier sera sortable en société.

Prenons un exemple concret. (Je vous prie de m'excuser par avance de me mettre ainsi en avant):

J'ai personnellement  extrêmement travaillé mon jeu de langue afin de transformer mon fidèle:
-    "Fait chier bordel""

 par un sautillant:
-    "Saperlipopette!".

Cela m'a pris du temps bien sûr...

Je suis passée par la phase du
-    "Fait chchch...popette.!"

Cette expression, à la poésie discutable, entraîna un questionnement légitime de ma descendance :

-    "C'est qui cette Popette qui te fait ch**?".

Grâce à un énorme travail sur moi même, j'ai ensuite réussi à atteindre la phase du:

-    "Faiaiaiait.. lopettte"

Ce qui souleva une problématique nouvelle dans la tête de la marmaille:

-    "C'est quoi exactement une lopette?"

Ne perdant pas courage et continuant ma gymnastique linguistique, j'atteignis alors une phase dont j'étais assez fière.
Qui donnait à peu près ceci:

- "Saperli de poli de popette"

Expression qui ne sonnait pas étrangère aux oreilles de la troupe

-     "Ça veut dire la même chose que Put** de bord** de merd** hein c'est ça?"

Mais enfin, ô jour de gloire, ô heure bénie, l'expression rêvée passa mes lèvres sans aucun effort de concentration préalable .

Glorieux moment où je m'exclamais bien haut et sans hésitation aucune

-    "Saperlipopette!"

Alors que je venais de m'envoyer violemment le tibia dans un classeur métallique stupidement placé en travers de la pièce.

Le regard teinté d'une légère incrédulité de mes collègues témoins de la scène ne diminua en rien le goût de ma victoire.

J'avais réussi!

Saperlipopette!
Mon ami, juron adoré.
Tu fais de moi une mère presque top et une Professeur Tournesol en jupons!

Voilà, par cet immodeste petit exemple, je désirais juste vous dire:

"Vous aussi mères-ma soeur et frères mes pères (ah non c'est le contraire)..."
"Vous aussi mères-mes pères et frères mes soeurs (ah non zut, y a encore quelque chose qui cloche)..."
"Vous aussi frères-mes mères ( ah non...oh et puis flûte)..."

"Vous aussiiiii, par la seule force de votre volonté vous pouvez vous corriger"


Cependant, avant de terminer, par souci de précision scientifique, je me dois de présenter aussi une autre forme de transformation que tenta une connaissance à moi.

Tentative qui malheureusement connut une triste fin qu'il me faut relater.

Tel un fumeur tentant un sevrage radical du tabac par un arrêt immédiat et sans aide, cette personne voulut ainsi, du jour au lendemain, transformer son "Put** fait ch**" en "Saperlipopette".

Malheureusement...
Comme beaucoup, elle avait surestimé ses capacités. Faiblesse de l'âme humaine.

Et ne réussit pas à tenir sur la longueur ses bonnes résolutions.

Ce qui donna un contestable:

-    "SAP
ÈÈÈRE....faitch***!!!"

Ce que transformèrent immédiatement ses enfants en

-    "SUPEEER....FAITCH***!!!"

devenu depuis leur juron de base.

Lamentable échec de cette mère qui doit nous donner à méditer sur la présomption humaine...

Amen

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