mere-pas-top

Dilemmes

 

Il ya des femmes qui ont des dilemmes très modes:
"Le legging noir ou taupe avec ma robe gris souris?"

Il ya  des femmes qui ont des dilemmes grande classe:
"Champagne ou Pouilly à l'apéritif de la reception de samedi?"

Il y a des femmes qui ont des dilemmes douloureux:
"L'épilation on la commence côté gauche ou côté droit du string?"

Ou bien des dilemmes savoureux:
"Nutella ou crème Mont-Blanc?"

Moi j'ai des dilemmes... vaseux...
Et nocturnes (ceci expliquant cela):

-    "C'est quoi ce bruit  attends qu'est-ce qu'il se passe quelle heure il est? Oh non..."
Il est 3 h 18 du matin pétante, il pleure. Je le prends dans mon lit comme mon instinct m'y pousse? Ou bien je me lève et le berce une heure durant comme on le préconise dans tous les magazines parentaux, mais sans aucune garantie d'efficacité? Ou encore je le laisse me pourrir ma nuit par ses pleurs comme le conseillent tous les psys?

Psys qui expliquent en détail combien le lit parental doit rester un sanctuaire inviolé (si j'ose dire), comment l'enfant doit, dès son plus jeune âge, appréhender l'existence d'une vie de ses parents dans laquelle il n'a pas part, existence symbolisée par cette chambre fermée, et à quel point, jamais au grand jamais, il ne faut lui permettre de dormir avec sa mère, au risque d'induire des traumatismes profonds qui se révéleront dans sa vie d'adulte.

Carrément?
Dans sa vie d'adulte?
Vraiment?

Mais attendez, si les traumatismes éventuels ne se révèlent qu'à l'âge adulte,  en quoi suis-je concernée? Franchement...

Et puis éventuels, éventuels..., c'est bien joli!

Mais un traumatisme qui n'est pas éventuel, c'est le mien demain lorsque le réveil sonnera si je ne me rendors pas dans les 10 secondes.
Ou pire, si je passe la moitié de ma nuit à déambuler du salon aux toilettes avec un paquet de kilos dans les bras, tout en me flinguant régulièrement le pied contre un coin de chaise ou un jouet qui traîne.

En conséquence, mon dilemme nocturne, il appartient à un espace-temps que seuls les sportifs émérites côtoient.

Quelques centièmes de secondes...

Au bout desquelles :

-    "Allez zou couche toi là, prend ce bout de couette et surtout surtout, maintenant...
tu te la FERMES!!!"

Moi la nuit, la psychologie, vous savez....

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Révélation enchantée

Et bien voilà, ça y est je l'ai vu, le dernier Disney en date, qui se nomme "Enchanted" en Anglais dans le texte et "Il était une fois" en pas Anglais nommé Français. Je peux aller jusqu'à la traduction allemande si vous voulez mais ensuite, adressez-vous à votre consulat le plus proche.

Alors bien sûr, vu la date de péremption dudit film , je suppose qu'il a depuis longtemps disparu de l'affiche de par chez beaucoup d'entre vous. Je ne me la jouerais donc pas "Que voir ce soir après le dîner?". Je sais que le ridicule ne tue pas mais on n'est jamais trop prudent.

De toutes manières je ne réussirai jamais à vous en parler avec autant de talent que Caro.

Et puis si d'aventure j'avais ambitionné m'aventurer dans la critique du film, il est possible que je vous eusse avoué qu'à deux ou trois moments je m'y étais ennuyée. Mais ça vous pouvez le mettre sur le compte de mon mauvais esprit.
A beaucoup d'autres, j'ai ri de bon coeur, même plus que mes filles qui n'ont pas encore les clés pour comprendre tous les gags.
En fin de compte j'ai passé un bon moment.

Mais là n'est pas le but de ce post, je voulais vous parler de ce film parce que j'ai eu DEUX révélations en le regardant.

La première ce fut 7 minutes avant la fin:
-    "Put*in mais l'acteur, là, c'est Patrick Dempsey!"

Je dois dire pour ma défense que normalement je suis plus physionomiste que ça. Il suffit que Jude ou Colin apparaissent dans le fond de l'écran la nuit dans le brouillard pour que je sois déjà toute retournée d'émotion et raide dingue amoureuse.
Mais là je ne sais pas, aucune connexion n'avait pu se faire dans mon cerveau entre un film pour enfants et la présence d'un mâââle à tomber par terre.

Pour ma défense, les derniers films vus dans ces conditions, entourée de ma marmaille, étaient "Happy Feet", "Schreck" et "Ratatouille".

Films dans lesquels le potentiel érotique des héros ne m'avait pas réellement troublée.

Vous comprendrez que partie pour voir un film se plaçant dans une telle série, mon cerveau ne soit pas exactement programmé en mode "Attention ça va faire mâle".
Et que je puisse passer une heure à trouver le type à l'écran canon, sans comprendre qu'effectivement je suis en présence d'un des acteurs les plus craquants de sa génération.

Je sens bien que mon excuse vous laisse sceptiques, rajoutez-y une bonne fatigue.

Mais laissons-là ce détail (Patrick? Un détail? Oh my god, comment je peux écrire des trucs pareils?).
C'est la deuxième révélation qui fut la plus grandiose. Un truc énorme!

Pour les personnes qui n'ont pas vu le film je me dois juste d'expliquer le contexte. Cela ira vite, deux phrases suffiront:

Dans ce film Patrick Dempsey est le père d'une petite fille de 6 ans et on comprend qu'ils vivent seuls tous les deux. La scène au dialogue incroyable se passe au moment où la petite doit aller au lit. Son père à cheval sur un des accoudoirs du canapé du salon, sans la regarder,  l'envoie avec tendresse au dodo:
-    "Met-ton pyjama et va au lit ma chérie"

Vous le voyez le truc énorme, la chose insensée?

Le truc qui fait que je chérirai ce film toute ma vie, et pas seulement parce que pendant plus d'une heure il me permet de contempler en gros plan un mec beau que c'est pas Dieu possible?

Mais si voyons...

Il lui dit de se mettre au lit SANS L'ENVOYER SE LAVER LES DENTS et surtout, surtout, on comprend bien qu'il n'a AUCUNEMENT L'INTENTION de lui lire une histoire, et ENCORE MOINS d'abandonner son occupation présente (pianoter sur son portable) pour accompagner sa fille au lit.

Patrick mon amour épouse moi, je suis faite pour être la mère de tes enfants, moi non plus je ne lis pas d'histoire, l'injonction du lavage de dents, j'oublie une fois sur deux et l'accompagnement je peux m'en passer.

C'est bien simple dans cette scène, toi et moi on ne fait qu'un!

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L'âge du capitaine

Mère-ma-soeur, je ne sais pas quel âge tu as, mais moi j'ai l'âge d'être ma mère.

C'est très troublant.

Enfin l'âge d'être ma mère dans mes premiers souvenirs. Mes souvenirs de petite fille.

C'est à dire quand ma mère était vieille. Oui elle était jeune, bien plus jeune que moi actuellement. Malgré tout, dans ma tête elle était vieille.
Sur les photos de l'époque, je vois une dame. A-t-on jamais entendu parler d'une jeune dame? Non, seule une femme est jeune. La dame est vieille.
Si je calcule sur mes doigts pourtant, j'ai depuis longtemps dépassé l'âge qu'elle avait dans ces premiers souvenirs-là. .

Comment, moi si jeune, puis-je être aussi vieille?

Et suis-je si vieille que ma mère, dans la tête de mes filles si jeunes?

Et le jour où j'aurai l'âge de ma grand-mère à l'époque de mon enfance? Celle pour laquelle je devais toujours réfléchir afin de savoir quel roi elle avait connu: Louis XIV ou Charlemagne? Celle qui, appellation contrôlée grand-mère faisant foi, a toujours, mais toujours, été horriblement âgée. Celle qui m'inquiétait beaucoup lorsque petite elle me montrait le bracelet qu'elle me destinait pour mes vingt ans. Pourquoi ne pas me le donner tout de suite puisque lorsqu'arrivera mon vingtième anniversaire tu seras morte depuis longtemps?

Les années s'écoulant,  avec ma nouvelle perception adultesque du temps qui passe trop vite, je prends conscience qu'un jour j'aurai cet âge canonique. Et que pourtant je serai toujours aussi jeune. Ou tout du moins le croirai-je.

Il y aura de plus en plus de ces adultes autour de moi, ces personnes bien plus jeunes et qui pourtant me paraissent si âgées. Pas seulement physiquement. Aussi dans ces vies qui semblent rangées et déjà sur des rails.

Alors je me dis que s'il n'en reste qu'une, ce sera moi. Je serai la dernière jeune de ma génération. Tous les autres seront vieux depuis longtemps, moi seule garderai cette jeunesse.

Pardon mère-ma-soeur, que dis-tu? Ah bon? Tu crois vraiment?

Cette impression est absolument universellement partagé?

Peut-être..., mais je te préviens quand même, avertis ta descendance.
Parce que le jour où un jeune con se lèvera dans le bus pour me laisser sa place, il recevra une mandale.


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Allo!?

 

Il m'arrive régulièrement d'avoir des pertes de concentrations qui m'empêchent de bien suivre le fil d'une conversation téléphonique. J'en veux pour preuve, exemple au hasard et tout à fait fortuit croyez-moi, les conversations où mon amie-interlocutrice ponctue toutes ses quatre phrases par :

-    "Attend ma puce"

-    "Ben alors cherche dans le  meuble de la salle de bain."

-    "Non je ne te mets pas de DVD."

"    "Range ce paquet de gâteaux".

Tout ça alors que j'ai personnellement solennellement arrêté de manger des gâteaux pour ma vie entière le matin même lors du début de mon régime hebdomadaire (qui a lieu en gros tous les lundis matins entre 7 et 10), que je n'avais aucunement l'intention de regarder un DVD  et qu'il n'y a pas de meuble dans ma salle de bain.
Je suis alors légèrement décontenancée.

Je comprends cependant rapidement que ces phrases ne me sont pas adressées, et que le coup de fil que j'adresse à ma pote s'est immédiatement transformé en conférence téléphonique, avec deux participants dans la même pièce, ce qui est contraire à toutes les lois sur la conférence téléphonique. Très peu désireuse de perdre mon précieux temps, je profite alors des moments de discussion des deux autres pour vaquer à mes propres occupations, le combiné coincé dans le cou.

Inévitablement, quand revient mon tour de parler, il y a un petit blanc. J'ai comme qui dirait perdu le fil.

Ah si ça y est, ça me revient! Hop notre papotage à bâtons rompus peut reprendre.

Ah ben non, nouvelle intervention du troisième participant.

Nouveau plongeon dans ma lecture.

Nouveau blanc lorsque mon tour revient.

A la cinquième ou sixième interruption, poliment, j'abrège alors la conversation.

Et puis de proche en proche, je n'appelle plus que rarement.

Voire plus du tout. Trop agacée de cette impression de converser en pointillé, comme si mon interlocuteur avec un portable passait sous un tunnel, alors même que j'appelle sur un fixe.

Alors oui, je sais je sais...

Je sais qu'un enfant est INCAPABLE de concevoir le fait que l'oreille qui nous reste libre pendant qu'on téléphone n'est PAS un second canal de communication totalement indépendant du premier. Que la nature est mal faite...!

Conséquemment, il n'a pas la finesse de sentir à quel point on voudrait qu'il se la ferme, malgré notre regard fuibard, nos mimiques expressives et notre dos résolument tourné.

D'où ces conférences téléphoniques que tout un chacun a déjà expérimentées dans sa vie. D'un côté ou de l'autre du téléphone.

Sauf que pas avec moi. Parce que j'ai un truc, un de plus.

Ma stratégie? Toute simple: je me planque. Derrière un fauteuil, au fond du placard à balais, sous la table de la cuisine, que sais-je...
Evidemment, ne sous-estimons pas mes poursuivants, ma cachette est rapidement trouvée par l'équipe motivée qui est à ma recherche. Qu'à côté d'eux, les poursuivants de Jack Bauer  pourraient passer pour des tire-au-flanc.
Qu'à cela ne tienne, je repars en vitesse pour une autre pièce de l'appartement où j'aurai de nouveau de précieuses minutes de répit. Jusqu'à la prochaine fuite.

Vue de loin, la scène est sans doute du plus haut ridicule. Une mère qui téléphone planquée derrière la corbelle de linge sale, prête à bondir pour aller se cacher derrière les rideaux du salon ou sous le lit du petit dernier.

Oui mais le résultat est là: à aucun moment mon correspondant n'a pu soupçonner que je n'étais pas seule et notre conversation n'a souffert aucune interruption.

Et puis par la même occasion, j'ai éliminé tous les moutons de poussière présents sous tous les lits de la famille.

C'est pas la classe ça?

PS: Le téléphone là-haut il date de 1896. C'est sûr, ça devait être moins commode de se planquer sous les lits quand on papotait avec ça...

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Transmission orale (3)



Là franchement ça fait mal.

Non parce que jusqu'ici, la transmission orale, lorsqu'on s'y trouvait confrontée, elle avait pour conséquence, soit de créer un sourire béat ET niais (toujours) sur notre face en entendant le petit dernier répondre à la question:

-    "Tu as fini de construire le chateau?

-    "Non, pas 'core fini. Nonobstant z'ai déza fait les deux tou's"

Soit de nous rendre désireuse d'intégrer enfin cette
fascinante communauté des petites souris dans leur trou:

-    "Dis bonjour à la dame"

-    "Bo'del de merde, z'é déza dit bonzour au monsieur tout à l'heure, fait çier quoi!"

La transmission orale dont je veux te parler aujourd'hui mère-ma-soeur, celle qui finit ma trilogie (une de plus) n'est pas du même ordre. Elle nous concerne NOUS. 

Et elle fait mal. Très mal.  C'est un sacré morceau : l'énorme part du patrimoine familial.

Outre nos recettes préférées confiées par nos mères (si tant est qu'elles nous en aient confiées, ce qu'auront du mal à affirmer mes enfants dans quelques années), certaines expressions fleurent bon notre enfance.

Et s'il est une réalité parentale douloureuse, c'est de se prendre sur en flagrant délit d'expressions issues directement de ces temps anté-diluviens où nous étions enfants.

L'un des grands chocs de ma vie de mère, fut ainsi le jour où j'entendis résonner dans mon propre appartement, appartement où, comme dirait l'Insee, je suis maitresse de maison (quel farceur cet Insee soit dit en passant. Maîtresse de maison? Attends, tout au plus employée polyvalente moi je dis), dans mon propre appartement donc, résonner l'expression comminatoire:

-    "Range ta chambre!"

Et qu'à l'évidence, c'est moi qui venait prononcer cet ordre.

Moi? Moi, mère moderne entre toutes, détachée des chaînes de nos aïeux et des obligations de résultats dans lesquelles se sont dépatouillées nos mères, moi dire une phrase aussi peu progressiste et si conformiste?

Paf, trente ans dans les gencives.

Le pire, c'est ce qui vient ensuite. Je ne sais pas pour vous, mais lorsque j'étais enfant, cette expression  avait l'art de me faire émettre un pffffff puissant n'ayant d'égal que celui du matelas pneumatique qui vient de renconter une aiguille d'oursin.
Maintenant, par un drôle de retournement des choses, ce sont mes enfants qui ont pris le rôle du matelas pneumatique. Et moi le rôle de l'oursin. Très peu compatible avec l'image maternelle toute en tendresse et en douceur.

En complet reniement avec mon moi-enfantin, je dis et redis cette phrase. Voire même : je rugis et re-rugis cette phrase. Quelle tristesse!

Surtout quand on constate son manque total d'efficacité...

Heureusement je vous rassure, mes enfants ont gardé leur intégrité et ne sont en rien menacés par une queconque compromission. Grâce à eux, l'esprit rebelle souffle toujours sur cet appartement et leur chambre ne sont pas rangées.

Mais maintenant que j'ai commencé mon coming-out, il faut que j'aille jusqu'au bout. En cette nouvelle année la mère-pas-top se dévoile. Je dois vous avouer qu'il m'arrive de dire encore pire.
Oui.
LA phrase:

-    "Je ne suis pas la bonne!"

Qui l'eût cru? Cette phrase, celle-là même, elle vient de me sortir texto de la bouche.
Spontanément!
Et ce n'est pas la première fois de la journée...

Ben oui mais bord** de m***... JE NE SUIS PAS LA BONNE! Et le rangement intensif peut jouer sur mes nerfs comme une harpiste avec ses cordes.
Surtout quand il existe une disproportion flagrante entre le nombre de personnes (avec 6 S) qui bazardifient à tout va et le nombre de personne (au singulier) qui range. J'exagère? Euh, possible.
En réalité pour bien comprendre toute l'implication émotive de cette expression, il faut la prononcer soi-même.  C'est là qu'elle se révèle enfin dans sa simple vérité. Et croyez-moi, sa simple et pure vérité c'est bon là, je la ressens par tout mon être...

Enfin, pour ne pas prendre trop de votre temps (je sais combien de corvées vous attendent patiemment), je terminerai avec l'expression qu'on ne présente plus:

-    " Le prochain qui demande c'est quand qu'on arrive?, je m'arrête et il finit le voyage à pied"

Ben oui, j'avoue... Parfois elle m'échappe! Je fais un effort, je me contrôle, mais au troisième "C'est quanquon.." oups, ça y est, l'expression fatale est prononcée.

Particulièrement injuste. Parce que les enfants veulent juste savoir quand on arrive.
Simple curiosité.
Bien sûr la soeur avait demandé la même chose deux minutes auparavant. Mais justement c'était il y a deux minutes. C'est normal de redemander non? Et puis même si l'autre soeur avait demandé il y a huit minutes, il ne reste pas moins que l'agressivité de ma réponse parait très outrancière à ma progéniture.
Maintenant ils le savent qu'il reste huit heures de voiture. Rapport au fait que ça fait une demi-heure qu'on est partis. En comptant le plein d'essence et l'arrêt-boulangerie. En gros on n'est pas sorti de la ville. Faut bien demander pour avoir toutes ces infos, logique...

Voilà, mère-ma-soeur, tu as désormais un aperçu de la richesse de mes échanges oraux avec ma progéniture.

Mais heureusement pour eux, la nature fut généreuse. Elle n'a pas oublié de leur fournir LE canal.
Quel canal?
Celui qui permet la communication directe entre l'oreille droite et l'oreille gauche! Cet astucieux petit canal est assez systématiquement mis en service lorsque je m'avise de chanter mes refrains habituels, qui ressortent donc immédiatement par une oreille après être entrés par l'autre.

Et moi je dis: c'est bien mieux comme ça.

 

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Saison de couette

 

Les amis, il est temps d'agir. Cessons de parler en rond, prenons des décisions et défendons nos valeurs communes.

Cela ne peut plus durer.
Trop de souffrances, trop de déprimes

Exigeons l'abolition de l'hiver sans fin.
Et dès à présent revendiquons l'hiver du 2 Février au 23 Mars.

Laissons là le mois de novembre déprimant, ce mois de décembre que ne réchauffe aucunement les lumières de Noêl, et ce mois de Janvier glacial. Ne gardons que le dernier mois et demi d'hiver.
En guise de souvenir.
Et afin de se féliciter tous les jours de la brièveté de ces jours abominables.
Afin surtout de continuer à ressentir cette joie toute simple apportée par les premiers signes du printemps. Continuer à pouvoir déguster un rayon de soleil qui, pour la première fois depuis de longs mois, nous chauffe et auquel on tend un visage heureux. Ou bien un chant d'oiseau un matin qu'on redécouvre avec ravissement.

Ne gardons, pour le plaisir du cycle des saisons, qu'un service minimum d'hiver.

Qui permettra à certaines de continuer à être si élégante en low-boot et en pull de cachemire. Ou si joliment emmitoufflée dans leur écharpe qui tourne trois fois autoir de leur cou et un bonnet bien enfoncée sur leurs yeux. Modèle Claudia Schiffer dans Love Actually.

Je dis bien certaines. Pas les autres. Pas celles appartenant à la grande confrérie des causes perdues de l'élégance. Dont il me faut bien avouer que je fais partie, et ce, malgré des tentatives récurrentes et desespérées de m'en extraire.
Malheureusement, force m'est de reconnaître que l'hiver pour moi, c'est la garantie de la silhouette 100% boudin.

Pas de taille, pas de hanches, pas de seins, pas d'épaules.

Juste un rectangle formé d'empilement successifs.
Et des pieds qui ont pris deux pointures.
Une pointure pour faire entrer les deux paires de chaussettes épaisses.
Une pointure purement illusion d'optique due au côté croquenot de la chaussure.

Parce que reconnaissons que la bottine fourrée, mon accessoire fétiche en hiver, passion que je partage ce me semble avec les vendeuses des étals de poissonnerie sur les marchés, ne rend pas justice à la finesse de mon pied.

Ajoutons à ce tableau déjà chargé, une propension à avoir l'air stupide avec un bonnet sur la tête, accessoire pourtant indispensable pour éviter des déclenchements de migraines dues au froid.

Voilà à quoi se réduit mon élégance l'hiver.

Sans compter le nez rouge. Et les traits tirés par le froid, grâce auxquel je gagne instantanément dix ans dès que je mets le nez dehors.
J'ai bien dit je gagne. C'est à dire en plus. Sur mon visage.

Je résume:
l'hiver, en extérieur j'appparaîs  comme un objet mouvant non identifié, de forme cubique au nez rouge, à l'air stupide et en vieillissement prématuré.

Loin, très loin de Claudia Schiffer dans Love Actually

Et malgré tout banquisifiée en 5 secondes.

Conclusion logique : je ne peux envisager qu'un seul scénario pour survivre à un week-end d'hiver.
Celui bien connu de la couette, avec une boisson chaude à ma droite, chocolatée (version régressive), ou théinisée (version raffinée), quelques douceurs à ma gauche, un bon DVD face à moi.
Dans mon cas n'importe quelle comédie romantique fait l'affaire. Rajoutons deux ou trois DVD en attente, plus un ou deux livres en solution de secours lors des scènes faibles scénaristiquement parlant. Et je peux enfin oublier le froid, le vent et la luminosité défaillante.

Mais... ils sont là!

Etres pas totalement finis, incapables de s'enquiller 3 DVDs à la suite tout en grignotant des mignardises.
Ne comprenant pas que traîner au lit une journée entière est un bonheur rare sur cette terre.
Tout au plus parfaitement d'accord avec le concept du zero-toilette et pyjama-day.

Aucune concession supplémentaire.

Sortie o-bli-ga-toi-re

Même par - 10°C!
Même sous la neige!

Il semble donc mère ma soeur, que je ne sois pas de la même famille que mes enfants. La génétique s'est amusée

Ils font partie de famille des volatiles qui sont hyperactifs l'hiver. (Hyperactifs? ça me rappelle quelqu'un).
Je fais partie de l'espèce des mamifères hibernants.

La cohabitation est rude...

Surtout pour le mammifère...

PS : Bien sûr, je suis consciente que nous, amis terriens, faisons ce qu'il faut pour que ce scénario d'hiver raccourci, voire totalement disparu, se mette en place. Et bien sûr, j'en suis extrêmement angoissée. Surtout quand je les regarde eux, et que je me dis qu'ils vivront sans doute les années 2050, 2060 etc... où les changement climatiques auront peut-être déjà fait tant de dégâts.
 

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Tous les talents

Parfois ma vie me demande une accumulation de talents incroyables

Grâce auxquels je dois braver les dangers comme James Bond.
Posséder la capacité de reflexe de Jack Bauer.
Avoir la dextérité d'un prestidigitateur.
Et maîtriser mes émotions tel un ermite hindou de base.
Sans oublier de détenir l'inventivité d'une équipe de scénariste de Blockbuster américain.
Ajoutée aux talents de tragédienne de Sarah Bernhardt.

Parce que parfois...

Parfois il m'arrive de mettre un chocolat dans ma bouche à une heure parfaitement défendue par toutes les règles sacrées prévalant pour les personnes d'âge inférieur à dix ans et habitant l'appartement avec meszigues.

Je tends une oreille attentive, l'adrénaline déculpe mon audition. A cet instant précis, je SUIS James Bond

Pas de présence à moins de trois mètres de la cuisine, je m'approche du la boite de chocolats. A pas de velours.

Aïe, un bruit de pas! Vite me replacer deux mètres plus loin et prendre mon air dégagé de débarrasseuse de table. Diriger mon regard dans l'autre direction. Maîtriser l'angoisse. Là, je suis la réincarnation de Jack Bauer.

Fausse alerte, les pas s'éloignent direction les toilettes, je reprends ma progression à pas de loup.

Ouvrir la boite sans le moindre bruit, déplacer la feuille qui crisse sans laisser échapper le plus petit son. Attraper un chocolat sans créer ce crépitement révélateur du plastique froissé...
Gagné!!!
My name is More. Garci - More.

Le chocolat dans ma bouche. Un gianduja avec les pralines croquantes. Mon préféré. je fonds. Encore plus que le chocolat. J'en ferme le yeux de plaisir.

Soudain l'attaque suprise, le coup en traître. Une petite voix. Là, juste devant moi, à trois centimètres de ma bouche. Qui me demande:

-    "Le futur des verbes en E-R ,il se forme comment?."

Damned, je suis faite!

Si j'ouvre la bouche d'un demi-millimètre à ce moment présent, mon haleine chocolatée trahira immédiatement mon forfait. C'est tout un prestige maternel fruit de longues années d'effort qui est en jeu.
En même temps, ne pas répondre et rester plantée là comme une statue en faisant semblant de ne pas avoir entendu la question n'est pas une solution d'avenir pour ledit prestige maternel. Voire même peut amener un aspect risible qui lui serait fatalement préjudiciable.

De même, hocher la tête est totalement ridicule. Et parfaitement incompréhensible.
Comment voulez-vous, juste avec des hochements de tête, faire comprendre à une enfant, intelligente certes, mais pas non plus télépathe, que le futur des verbes en E-R se forme en gardant le radical auquel on ajoute la terminaison A-I ;  A-S ; A etc...?
A part me donner un air de parenté très nette avec Oui-Oui, cette solution ne peut amener très loin.

Surtout rester calme. Ermite hindou, guide-moi sur la voix de la maîtrise de mes nerfs.

Mises à part les gouttes de sueurs sur mon front, rien ne traduit mon anxiété. Je dois progresser vers la résolution de la situation.
Trouver une parade.

Scénaristes hollywoodiens, si vous avez fini votre grève, donnez-moi une idée.

Ecrire en traçant les lettres en l'air :
"les verbes en E-R font leur futur en gardant le radical auquel on ajoute etc...?
Imbitable. Et ne résout en rien problème de la stupidité de mon attitude. Idée suivante s'il vous plaît

Mettre la main comme un hygiaphone devant ma bouche avant de prononcer le moindre mot?
Très suspect. Et me donne un air particulièrement idiot.
Idée suivante.

Monter la porte d'un doigt comminatoire avec un air courroucé?
Peut sauver la situation dans un premier temps. Mais risque d'induire dans cette petite tête des troubles certains dans la compréhension du monde adulte. Très dangereux à long terme.

Non, seule et unique solution : bousculer l'enfant, me précipiter aux toilettes une main sur la bouche, l'autre sur le front. Mimer un renvoi soudain et foudroyant de mon repas de midi. Puis me rincer la bouche. Une fois. Deux fois. Trois fois.
Ces petites bêtes ont un radar à chocolat très au point, il ne s'agit pas de prendre de risque.

Enfin revenir, l'air douloureux mais digne et dire d'une voix faible:
    "le futur... des verbes en E-R ... se forme ...en gardant le radical ... auquel on ajoute... la terminaison ...  "

Tout l'art de Sarah Bernhardt par moi ainsi recrée.


Etre une mère-pas-top, je te le dis mère-ma-soeur, c'est tout un art!

Grâce auquel mes enfants me plaignent d'avoir l'estomac si fragile et des nausées si fréquentes... 

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