mere-pas-top

101


J'ai raté le 100ème.!!!

Oui, le 100ème texte mis en ligne sur ces pages.

A cette occasion je comptais faire une petite fête, boire une coupette et faire un gros bisous à mes enfants. Ils l'ont bien mérité, vu les innombrables sujets de réflexion qu'ils fournissent à mon esprit si enclin à la bienveillance et que je soumets à votre sagacité. 

Bien entendu, j'avais aussi l'intention, comme d'hab, de baiser les pieds des fidèles lecteurs. A ce sujet, il est d'ailleurs temps que l'été arrive. Déjà ça me permettrait de redécouvrir mon corps actuellement encore bien planqué sous des épaisseurs mutiples. Et puis ça serait plus simple que vous soyez tous en tongue. Vu le nombre de fois où je vous baise les pieds, ça me ferait un gain de temps non négligeable.

Enfin bref, après l'aspect protocolaire de la chose, il aurait fallu donner du contenu à la cérémonie.
Et là, ben... je me demandais ce que j'allais pouvoir écrire à cette occasion.

En toute logique administrative ou entrepreneuriale, il me fallait faire un bilan de ces 100 textes, puis dans un esprit d'ouverture vers un avenir  toujours plus conquérant, exposer mes projets futurs.

Ah oui. Quand même. C'est du boulot!

Parce que le bilan sous quelle forme?

Nombre de fois où j'ai écrit "Put* de  Bord* de M* sur ces pages"? Je n'ose pas compter, épargnez-moi ce douloureux moment de vérité.

Nombre de de textes que j'ai imprudemment envoyés dans la blogosphère intersidérale et qui seront autant de pièces à conviction que mes enfants pourront utiliser contre moi dans le futur? Pour se défaire de leur obligation alimentaire envers leur vielle mère édentée, sourde et vivant du minimum vieillesse (s'il existe toujours d'ici là). Inutile de compter, le seul fait de tenir un blog, au lieu de concocter des bons petits plats et de bricoler avec amour des chefs-d'oeuvre en rouleau de papier-toilettes, devrait suffir au juge à qui ils feront appel.

Nombre de fois où j'ai dit:
-    "Attends, non là j'ai pas le temps"
à mes enfants parce que je répondais à un comm sur le blog?
Le truc c'est que la phrase:
-    "Attends, non là j'ai pas le temps"
 je la dis tellement souvent qu'il m'est très difficile de départager a posteriori celles qui étaient en lien avec le blog de celles qui étaient en lien avec  ma puissante envie d'avoir la paix.

Nombre de fois où j'ai ri en lisant un commentaire? Ou été très émue? Vous pourriez croire que j'entre dans la flatterie la plus démagogue, et franchement je ne préfère pas.

Ou bien tout simplement le nombre de textes bien cachés au fond de l'ordinateur et qui expliquent que non, vraiment, aujourd'hui je n'arriverais pas à proposer quoi que ce soit qui prétende faire sourire ou même tout simplement intéresser. Que la fin du blog est là. Faute d'inspiration, faute de moral...

Voilà, vous voyez, rien que le bilan c'est un tel taff que je ne m'en serais pas sortie.

Les perspectives d'avenir je ne vous en parle même pas. Et puis, tout bien réfléchi, je les avais déjà proposées dans un texte où l'on évoquait les pieds de Colon Firth (aaaah, Colin), la meilleure pote de Julia Roberts et ma légère tendance à la mégalomanie. Si ça vous intéresse c'est .

 Enfin bref, non, finalement,  heureusement que j'ai raté le 100ème.

Et que je me réveille au 101ème. Ça m'épargne un sacré boulot.

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L'angoisse

Mère-ma-soeur, mes ennemies sont là, je le sais...
Je suis cernée, entourée, encerclée...

Elles sont partout...
Les mères tops....

Celles qui n'élèvent jamais la voix.

Celles qui sont au courant au jour le jour du programme fait à l'école.

Celles qui, en achetant leur appartement trois ans avant d'avoir leur premier enfant, ont réfléchi pour savoir quel était le collège de secteur.

Celles qui, pour occuper les enfants le dimanche après-midi pluvieux, sortent leur carton secret de matériels de travaux-manuels, au lieu de sortir la carte du loueur de DVD le plus proche.

Celles qui sont capables d'avoir un avis sur les méthodes de la maîtresse.

Celles qui visitent enchantées des expositions avec leurs enfants, lesquels y partent avec enthousiasme et ressortent emballés.

Celles dont les enfants sont capables de reconnaître à l'odeur l'origan et le romarin, et se régalent de choux-fleurs à la croque au sel.

Celles qui considèrent que leur devoir maternel ne se résume pas à lancer d'un ton détaché:
"Allez vous laver les dents"
mais accompagnent cette phrase d'une vérification de l'obéissance à l'ordre. Avec retour surveillé dans la salle d'ablutions si nécessaire.

Celles qui ne demandent pas  cinq minutes avant l'heure du coucher:
-    "Au fait, vous avez fait vos devoirs?"

Celle qui ont fait faire les apprentissages fondamentaux à leurs enfants (vélo sans roulettes, natation sans brassards) un an avant tout le monde et au bas mot deux ans avant moi.

Celles enfin et surtout qui croient que nous sommes semblables. Rendant en cela inconsciemment hommage à ma capacité de mimétisme et à ma grande hypocrisie.

En conséquence de quoi, celles qui, pour mon plus grand stress, sont ravies de me confier leur enfant afin qu'il joue avec les miens une après-midi de week-end.

Mes enregistreurs-répéteurs perso, plus connus sous le nom de Stasi-de-chez-moi , s'enrichissent alors d'une nouvelle recrue. Sur laquelle je n'ai aucun contrôle. Et lorsque le soir, une mère au grand sourire vient rechercher son enfant chéri, mes pensées les accompagnent longtemps en les voyant s'éloigner sur le trottoir. Pensées qui se résument facilement par cette incantation:

-    "Sainte patronne des mères-pas-top, faites qu'il ne raconte rien. Sainte  patronne des mères-pas-top, faites qu'il ne raconte rien!

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Voisins-voisines


Hors la grande ville, point de salut pour une mère-pas-top.

Son cauchemar absolu: une jolie maison isolée. Sans voisins.

Hier par exemple où ma fille était brûlante, comment aurais-je fait pour prendre sa température si je n'avais pu chercher le thermomètre chez la voisine?

Ne vous méprenez pas, je possède bien entendu un thermomètre médical. Acheté lorsque je préparais la venue au monde de mes premiers enfants et que j'étais encore pleine d'illusions sur moi-même. Ce thermomètre est présentement quelque part dans l'appartement, tout comme son frère lui même acquis un jour de énième recherche infructueuse du premier.
Ces deux instruments précieux sont actuellement rangés. En lieu sûr dans l'appartement. Le tout est de se souvenir du lieu sûr en question.

En tous cas pas dans le placard qui est supposée être leur rangement. Pas non plus sur l'étagère où il atterrit après avoir pris la température du petit. Pas plus sur le dessus de commode, lieu de dépose-rapide. Invisible également sur l'étagère-dépotoir en laquelle je fondais beaucoup d'espoir.  Sous les lits, dans le panier de linge sale, derrière le canapé, avec les chaussettes des enfants, rien de rien, j'ai vérifié.

Alors?

Alors à moins de déposer des thermomètres dans toutes les pièces de la maison accrochés aux poignées de porte, il est bien évident que sans voisine organisée qui retrouve son thermomètre dans les cinq secondes après ma demande, il m'est impossible de déterminer la fièvre de mon enfant.

En soi pas très gênant, point besoin d'instrument pour comprendre qu'elle a une fièvre de cheval. Mais c'est l'éventualité d'une visite chez le médecin qui me rend prudente.

Face à un homme de l'art, être juste capable d'indiquer:

-    "Mon enfant a de la fièvre", sans donner plus de précisions est toujours assez délicat.

Ces professionnels ont des questions indiscrètes:
-    "Combien? Depuis combien de temps? A-t-elle augmenté depuis son apparition?"

Qu'est-ce-que j'en sais moi, franchement...!

M'étant faite prendre en flagrant délit d'ignorance des détails de la fébrilité de ma progéniture, je prends désormais les devants et la température

Mais UNE voisine ce n'est pas suffisant. Il m'en faut une deuxième.

Car le paracétamol nécessaire pour faire tomber la fièvre, il va bien falloir aller le chercher quelque part. Or si je suis bien l'heureuse propriétaire d'une boite de sachet de paracétamol en poudre, boîte que j'ai retrouvée à sa place attitrée, il semble que je ne sois propriétaire QUE de la boîte. Sans paracétamol dedans. L'extérieur de cette boîte ne trahissant en rien sa parfaite inutilité, elle trône fièrement à la place d'honneur depuis sa dernière utilisation. Evidement cela éclaire d'un jour nouveau la recherche de thermomètre. Si la boîte, dont le destin visible était de finir à la poubelle, se retrouve si bien rangée, il est fort à parier....

Rajouter à la prochaine liste: "Acheter un thermomètre"

Grâce à ce petit exemple tiré d'une journée ordinaire, je pense que l'utilité des voisines est totalement démontrée. En grand nombre cela va sans dire, la parfaite éducation transmise par mes parents m'empêchant d'importuner deux fois la même personne. Je rajouterai qu'il est indispensable qu'elles ne communiquent pas entre elles, afin que ma couverture de "mère-qui-assure" ne soit pas mise à mal.

Or on le sait, dans nos campagnes, les rapports humains sont si chaleureux que la caissière du super-marché est un puits de sciences sur votre vie et la boulangère sert d'informateur à toute la commune.

C'est pour cela que tant que j'ai charge d'âme à la maison, pour que je puisse continuer à faire illusion le plus longtemps possible, l'anonymat de la grande ville m'est indispensable.

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Et si c'était vrai?

J'ai failli vous croire dites donc!

Vous avez été tellement gentils dans vos comms de vendredi, à me dire que finalement j'étais top, qu'à un moment j'en étais presque à me dire

-    "Et si c'était vrai?"

Même que ça me donnait déjà l'idée d'un best-seller à écrire que j'aurais ainsi intitulé. Comme ça  d'un coup. Juste grâce à ce titre qui m'est apparu tout bonnement génial.
Vous vous rendez compte du processus?
Je lis quelques comms extrêmement flatteurs, je commence à les croire, ça m'inspire, je prends ma plume et me voilà rédactrice d'un best-seller. Je deviens célèbre, les droits sont achetés par un producteur hollywoodien à gros cigare, mon rôle est tenu par Julia Roberts qui devient mon amie, je rencontre Colin (Firth, ai-je besoin de le préciser) par son intermédiaire, il tombe raide dingue de moi, et nous sommes heureux et avons beaucoup d'enfants!

Mouais.

Je vous sens sceptiques.

Sans vouloir me vexer, vous vous dites qu'il y a une phrase qui pose problème.

Je la retire donc cette phrase, et je la transforme.

Et je reprends:
"qui devient mon amie, je rencontre Colin (Firth, ai-je besoin de le préciser) par son intermédiaire, il tombe raide dingue de moi, et nous sommes heureux."
Point final.

Si je veux que Colin m'apporte mon petit dejeuner au lit sur les coups de dix heures du mat, avec une rose fraîche du jour dans un soliflore posé à côté des toasts grillés juste comme il faut, et en face, un jus d'orange tout juste pressées, il y a intérêt à zapper l'étape enfants.
Enfin je dis ça je dis rien hein.
Mais j'ai du mal à envisager la même scène avec enfants sans immédiatement visualiser le verre de jus d'orange renversé sur l'oreiller, les éclaboussures de café qui se sont échappées de la tasse quand ils ont sauté sur mes jambes et le toast qui se retrouve face contre drap après avoir effectué un salto arrière.

Sans oublier le petit détail qui change tout:  le réveil lumineux qui affiche 6 h48.

Voilà, tout ça pour dire que le miel de l'éloge doit être consommé avec modération. On finit par croire à la possibilité de tout et n'importe quoi.

Vendredi, en fin de journée, le problème commençait même à prendre des proportions assez angoissantes. À chaque fois qu'une personne m'adressait la parole je répondais "Yes darling red carpet" tellement j'étais dans mon trip hollywoodien.

Pour le bien de toute la famille, il me fallait rapidement revenir sur ma terre de non topitude.

J'ai été en cela bien aidée par mon naturel qui est revenu au galop: un petit coup de gueule par-ci, une pizza surgelée par là, et une surdité profonde et intermittente dès que les mots jeux, lecture ou bricolage furent prononcés.

A chaque nouveau faux pas, mon rêve s'éloignait un peu plus.

Mais vous savez quoi? Je crois que c'est mieux comme ça.

D'abord je ne supporte pas la fumée du cigare, et si ça se trouve Colin il pue des pieds.

Et puis sans mes enfants, je fais quoi moi?


L'illustration c'est Mark Ruffalo et Marc Levy pendant le tournage du film éponyme. Non parce qu'il y a des gens pour qui ce genre de scénarios marche. Trop fort!

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Bonne résolannée

Voilà, c'est le premier billet de l'année 2008 et non contente d'être en retard, je vais en plus faire preuve d'un manque flagrant d'originalité.

Mais il me faut l'écrire, car je vous souhaite vraiment une

BONNE ANNEE 2008


à vous tous et à vous toutes.
A vous qui venez lire ici tous les jours silencieusement mais fidèlement
A vous qui lisez et qui si gentiment, drôlement, pertinemment ou d'une manière émouvante faites vivre le blog grâce à vos comms.
A vous qui m'avez laissé des petits mots tout au long de ces 15 jours, petits mots que je parvenais à lire de temps en temps, au hasard de la rencontre avec un ordinateur connecté. Petits moments de plaisir personnels dans ces quinze jours très familiaux.

Alors à vous tous je vous souhaite une année la plus heureuse possible, remplie de petits bonheurs quotidiens. Jolis comme un pré rempli de fleurs des champs.

Voilà, et maintenant, en un mot comme en cent, continuons dans l'absence absolue d'originalité et parlons des bonnes résolutions.

Sauf que là, faut pas pousser mémère-pas-top dans les orties non plus, soyons sérieux, je n'en ai aucune.

Non parce que je tiens à signaler tout d'abord, que le concept de nouvelle année en plein milieu de l'hiver est tout à fait relatif quand on est une mère. Top ou pas top. Parce que l'année, comme chacun sait, elle démarre début Septembre pour se terminer avec les vacances d'été. Début Janvier, on est donc mathématiquement en début de deuxième tiers d'année.
Outre que ce terme évoque désagréablement les impôts, il prouve par ailleurs l'incohérence de se mettre soudain à prendre des résolutions de début d'année. Fussent-elles bonnes.
Sous prétexte d'année nouvelle,  faire la bise à tous ses amis, collègues, voisins, sans oublier le chien du voisin et le poisson rouge de la cousine, au risque de se refiler les milliards de germes qui profitent de la mauvaise saison pour se multiplier bien au chaud de nos voies rhino-laryngologiques, passe encore.
Mais en plus s'auto-flageller de nos manquements pour les transformer en bonnes résolutions, lesquelles par leur non-tenue nous donneront une nouvelle raison de nous auto-flageller dans quelques mois, là je dis stop.

Et conséquamment, j'aborde cette année sans aucune bonne résolution topitudesque.

Et puis honnêtement, si j'attendais le premier Janvier de chaque année pour me dire que là non vraiment j'exagère et qu'il faut que je fasse un effort envers mes enfants, il y aurait de quoi appeler la Ddass.

Je ne vais pas systématiquement attendre la nouvelle année pour me dire qu'il faut que je leur cuisine des choses plus équilibrées. Imaginez que cette soudaine prise de conscience me vienne début Fevrier après une semaine de repas vespéraux "pâtes-au-beurre", vous imaginez les dégâts si j'attends dix mois pour rectifier le tir? Je ne tiens pas à voir la photo de mes enfants dans les journaux médicaux sous le titre : "Seuls cas de scorbut recensés dans la classe moyenne européenne depuis un siècle et demi".

De même, je ne peux décemment pas attendre une date butoir pour prendre la résolution de cesser de rugir. Si après chacun de mes rugissements je ne prenais pas la résolution que, non vraiment, c'est trop la honte de ne pas se contrôler comme ça, désormais ma voix aura la douceur d'un chant d'oiseau et la caresse d'une brise d'été, si je ne la prenais pas cette résolution-là, mais je pourrais abuser de cette manière de m'exprimer! Déjà que..
Avec l'énorme risque de l'usure. Et de me retrouver un beau matin avec un rugissement inopérant.
Vous imaginez ma détresse? Je n'ai pas de solution de rechange. J'ai bien essayé le barrissement du phoque (ou de l'otarie, je ne sais pas très bien ils sont ensemble dans le zoo et j'ai toujours eu du mal à les distinguer). C'est un son très étonnant et fort peu mélodieux qui me fait toujours craindre que l'animal n'ait une bronchite mal soignée
A ma grande stupéfaction ce son m'est sorti  spontanément du gosier un jour de gros rhume et d'énorme colère.
Le résultat fut immédiat.
Mes enfants en ont pleuré de rire.
J'ai rayé à tout jamais le barrissement du phoque (ou de l'otarie) de ma panoplie.
Il est indispensable que mon rugissement continue à fonctionner dans les années à venir, et pour cela, ne point trop en abuser.

Quant à l'histoire du soir...
Oui, je pourrais (A-I-SSSS) prendre la résolution que, joliment et tendrement, une histoire, chaque soir, je leur conterais (A-I-SSS).
Afin de les préparer à un sommeil profond et réparateur (enfin c'est surtout pour moi que leur sommeil est réparateur avouons).
Là je dis : cessons l'hypocrisie. Et appelons un chat un chat. J'appellerai donc désormais l'histoire systématique du soir une corvée. A la nuance près que celle-ci est facultative. Corvée. Facultative... Comme un hiatus non?
Franchement, ça vous parait logique de se taper facultativement une corvée? Non? Ben moi non plus.
D'où histoire du soir rare. Mais qui dit rare dit précieuse. Petits moments volés par mes enfants à leur flemmasse de mère-pas-top. Plaisir de m'écouter lire.
Résumons : ma non-topitude me permet de transformer un banal rituel du soir en moment précieux. C'est-y-pas top?
Je ne vais pas aller prendre la folle résolution de changer cet état-de fait.

Enfin voilà, quelques petits exemples pour essayer de justifier mon absence totale d'engagement solennel premierjanviesque.
Il est possible que mon raisonnement ne soit pas des plus convaincants.
Je me le garde quand même.

Et petit conseil en passant mère-ma-soeur ou pas-mère-mais-ma-soeur-quand-même, réfléchis à deux fois avant de de prendre des bonnes résolutions.
Parce que ce concept appelle bilan.

Moi au moins, je m'évite cette étape délicate... 

PS : Bon allez si j'en prends une de bonne résolution: celle de mieux relire mes posts pour ne plus laisser toutes les fautes d'orthographe que je retrouve trop tard. Que ceux et celles que ces fautes gênent dans la lecture veuillent bien m'excuser.

 

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Crise de réunionite

 

Aujourd'hui, pour cause de réunion professionnelle totalement inintéressante mais particulièrement longue, je vais de nouveau jouer les mères-de-l'air. Mes enfants passeront une journée garantie sans-rugissement.
Cette journée se terminant par le repas de Noël traditionnel, cela donne au bas mot 16 heures de fréquentation assidue de ma collègue. Pauses non comprises.

J'en bous déjà d'impatience.

Aujourd'hui promet donc d'être une journée pas comme les autres.
Car il est à craindre que cette absence n'induise une frustration chez ma marmaille qui ne me verra pas le soir. Ce qui demain me rend moralement tenue de redoubler d'efforts.

La phrase qui précède pouvant surprendre les habitués de ce blog, une rapide explication de texte s'avère sans doute nécessaire:

"Frustration chez ma marmaille qui ne me voit pas" :
Cette expression sous-entend que malgré ma parfaite mauvaise foi, mon don reconnu pour le  rugissement, ma surdité soudaine et systématique dès que certains mots tels que "bricolage", "lecture", jeu de société" sont prononcés, je leur manque.

Bluffant.

"Moralement tenue" :
Les lecteurs qui me lisent régulièrement (et dont au passage je baise les pieds pour les remercier) auront certainement tiqué sur cette formule. Sans nul doute, la lecture de ce blog ne permet pas de sentir une force morale inaltérable guidant l'âme maternelle de l'auteur de ces lignes.

Que voulez-vous, même moi j'ai mes faiblesses...

Voilà, tant de mots pour seulement signifier mon absence momentanée des programmes du jour.

Bonne journée à tous.

 
PS: Journée destinée à avoir plein d'idées de génie et à manger plein de gateaux de Noël pour se remettre de l'effort. L'un de ces deux concepts me paraît tout à fait dans mes cordes.

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Le syndrôme de la tortue

 

As-tu-remarqué mère-ma-soeur à quel point le syndrôme dit "de la tortue" frappait les inconnus qui nous croisent dans les trains?

Non quand je dis tortue, je ne parle pas de Christophe Willem, ci-devant ex-vainqueur de la Nouvelle Star et seule vedette de la télé-réalité que je sois capable de situer. Voire seule vedette de la télé tout-court.
Enfin avec Drucker et Jacques Martin quand même. Je ne suis pas lamentablement has been non plus.

Ah  il est mort? Oh ben mince alors, pauvre Drucker! Je l'aimais bien.

Quoi? Pas possible!
C'est Jacques Martin qui est mort?
Mais ça veut dire qu'il n'y a plus d'Ecole des Fans? Et moi qui avait tout programmé pour que mes filles aient un destin à la Vanessa Paradis.
Tout pareil, la richesse, la gloire, la beauté, et le mec le plus canon de la Terre.
Seule petite différence, c'est que moi à la fin je leur pique Johnny Depp. Ou son équivalent de dans quinze ans.
Belles, riches et célèbres comme elles seront, elles n'auront aucune difficulté pour accrocher un autre coeur.

Et bien sûr que le Johnny il voudra de moi. Car le temps n'aura eu aucune prise sur mon physique. Telle une Demi Moore moyenne, cela se fera naturellement, sans aucune intervention extérieure autre que celle de mon chirurgien esthétique. C'est pour cela que j'ai besoin qu'elles gagnent beaucoup d'argent. Parce que ça ne se mouche pas du pied, un artiste du bistouri spécial réparations-en-tous-genres.

Tout cela nous éloigne de Christophe Willem. Et de ses dents blanches. Comment  ce type fait-il pour avoir des dents si blanches? Mais laissons-là ce Monsieur.

Car nous sommes actuellement partis pour une étude comportementaliste poussée.
En effet, revenons à nos illustres inconnus soudain atteints de ce drôle de syndrôme.

Je fais une courte description pour que chacun puisse visualiser: les épaules rentrées  le dos rond, la tête dans le cou, le regard vers le sol,...
Ce que donnerait face à un danger l'attitude d'un animal issu du croisement de l'autruche et de la tortue.

Bref exactement l'attitude bien connue de l'élève  quand la maîtresse demande:
-    "Tout le monde a bien appris sa récitation? Voyons voir...."

Et qu'elle laisse son regard errer sur une assemblée d'élèves présentement figés dans la position sus-nommée. Et priant tous les dieux connus pour que rien dans la tenue ou l'attitude n'accroche les yeux de Mademoiselle la Maîtresse

Tous unis dans une communion de pensées.
-    "Faites que ce ne soit pas moi, faites que ce ne soit pas moi..."

Sauf Agnan bien sûr puisqu'il veut rester le chouchou de la maîtresse

Mais fatalement, le sort tombe sur l'une des tortues de la classe.

La maîtresse a désigné. Personne ne sait exactement qui, puisqu'elle a juste dit:

-    "Toi par exemple, tu peux me le réciter le poème?".

En se guidant au son de la voix, quelques cous se sentent autorisés à se détendre. Ceux des corps situés les plus loin du point d'impact de l'ordre donné.
Des poitrines alentours, discrètement mais distinctement, s'exhalent des soupirs de soulagement.
Peu à peu tout le monde ose reprendre une attitude plus en accord avec son moi profond : avachi sur la table.

Sauf le malheureux désigné, qui peine sous l'effort de concentration.
Sauf Agnan le chouchou, qui cette fois encore doit ravaler sa deception.

Alors voilà mère-ma-soeur, si cette scène te rappelle des souvenirs, observe bien autour de toi.

Quand tu pénètres dans un train...

Pas seule bien sûr, cela ne vaut qu'accompagnée de ta marmaille.

Regarde ces inconnus qui t'entourent. Avec lesquels tu passeras les prochaines heures de ta vie dans ce wagon.

Cette attitude, ce regard en dessous...

Bon sang mais c'est bien sûr : ils font la tortue.

Et ils incantent

-    "Faites que ce ne soit pas moi, faites que ce ne soit pas moi..."

Mais alors : la maîtresse qui fait peur... mais c'est toi!
Et la phrase fatidique qui fait frémir, c'est:

-    "Voilà mes chéris, ce sont nos sièges, vous pouvez vous installer"

Avec cette simple phrase mère-ma-soeur je te le dis : ton voisin de siège, celui qui avait sa petite pile de revues, son roman dont les premières lignes lui paraissaient si prometteuses et cette prévision de petite sieste...

Ton voisin de siège, avec cette simple phrase...

Tu viens de le ruiner moralement!

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Quand je serai grand...


J'ai dû rater quelque chose,mais quoi?

Parce qu'au départ, s'il y a bien un sujet mère ma soeur sur lequel je n'avais aucun doute, c'est que l'avenir de mes enfants leur appartient.
Qu'importe ce qu'ils deviendront du moment qu'ils soient épanouis.

Oui, franchement qu'importe?
 
Médecin.
Avocat.
Chercheur
Cosmonaute
Allez, même grand reporter ou pilote d'avion

Qu'ils fassent ce qu'ils désirent...

Leur vocation ne s'établira pas en un jour. J'ai suffisamment vécu pour le savoir.

D'une grande envie de devenir maîtresse ou pompier, ils passeront ensuite à une immense aspiration à aller garder des chèvres dans les Pyrénnées.
Non sans être passés par une phase de "n'importe quoi du moment que je puisse me faire plein de blé et vite et pouvoir enfin m'acheter l'écran plasma et la Play Station que vous êtes trop radins pour m'offrir pas comme les parents de Nico plus la paire de Nike à 220 Euros que Martin c'est déjà sa deuxième".

Je suis consciente de ces lentes phases du mûrissement de leur vocation. Je ne ferai rien  pour les éviter.

Loin de moi l'idée de perturber ce long chemin vers la connaissance d'eux-mêmes.

Qui les amènera vers leur moi profond, leur vocation de toute leur vie, le métier pour lequel ils sont faits.

Lequel sera (comment serait-ce possible autrement?): 

Médecin.
Avocat.
Chercheur
Cosmonaute
Allez, même grand reporter ou pilote d'avion...

Jamais je n'influencerai leur désir profond.

Ma ligne de conduite maternelle est inamovible.

Naïve que j'étais!
On croit être préparée à tout, on croit les connaître comme si on les avait fait
Prétention que tout cela...

Car ce soir-là, le thème de leur futur métier s'est introduit dans nos conversations.

Ce soir-là, des débordements de tendresse faisaient monter des larmes à mes yeux, des bouffées d'orgueil maternel créaient sur mes lèvres un sourire niais et extatique (se souvenir d'éviter absolument toute rencontre inopinée avec un appareil photo lors de ces moments, la mine ainsi composée étant particulièrement peu photogénique)...

...je les écoutais me raconter leur vie future.

Leurs descriptions avaient le goût de miel.

Vu leur jeune âge, aucune chèvre pyrénéennes ne se glissait dans leur propos, et aucune raison bassement matérialiste ne venait tacher la pureté de leurs rêves.

Persuadés que ans ce joli monde où nous vivons, tout travail est rémunéré grassement et permet de s'acheter des pots de nutella et tous les doudous qu'on veut. Leur confiance dans l'avenir est fascinante.
Qui le premier osera leur dire que... ?
Pas moi

Mais je m'égare...

Ce soir-là, aucune vérité trouble-fête ne s'était invitée autour de la table et je n'entendais parler que de future maîtresse ou pompière,  vétérinaire et marchand, conductrices de trains et pâtissier...

Jusqu'à ce qu'elle ouvre la bouche.

Et que soudain, la cuillérée de miel que je dégustais, semblât se teinter d' un net goût de jus de citron moisi.

Lorsqu'enfin, sortant de ses songes où elle visualisait son avenir radieux de femme comblée, d'adulte indépendante et épanouie, de sa voix claire et pleine d'enthousiasme elle nous révéla son rêve à elle...

Son envie profonde

Sa vocation de toute sa vie

Ce pour quoi elle se sentait intimement faite:

       - "Femme de ménage"!!!

J'ai fait "huurps"
J'ai craché toute ma bouchée.

Elle a demandé

-" Ben quoi?"

J'ai dû rater quelque chose, mais quoi?

 

 PS : Soudain un doute m'étreint : dans les Pyrénnées, on garde plutôt des moutons non?

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Sous les feux de la rampe

Comme je ne recule devant aucune mauvaise foi, ce post-ci est un peu l'antithèse de celui-là.
Et, cela va sans dire, tout aussi péremptoire.
Mes enfants sont très partageurs, et ma mauvaise foi, ils vous en refilent une partie.


Mère-ma-soeur, tu connais le point commun entre Angelina Jolie et moi?

Mises à part les formes je veux dire
Non, je plaisante, elle n'a pas du tout le même corps que moi.
La pauvre...

Mise à part la beauté de nos compagnons.
Brad Pitt? Il serait doublure lumière si mon homme était acteur...

Mis à part le nombre d'enfants
Huit à nous deux. Quatre pour elle, quatre pour moi. Nos enfants sont équitablement répartis.
Pas comme notre charisme
Un peu terne parfois la Angelina non?

Mais non, ce n'est rien de tout cela.
C'est bien plus éblouissant.

Notre point commun ce sont les feux de la rampe.
Angelina comme moi, on vit sous le regard des autres, les commentaires perpétuels et les personnes qui nous accostent.

Enfin, moi c'est seulement quand j'ai ma marmaille autour de moi.

Mais là attention :  je ne passe pas inaperçue.
Et je n'ai pas intérêt à me rater, parce qu'il y aura toujours quelqu'un pour me le faire dire.

Cas n°1 :
-"Vous ne pourriez pas porter le cartable de votre enfant? Vous ne voyez pas qu'il est aussi grand qu'elle?"

-"Attend, c'est elle qui va à l'école, c'est pas moi... "

Cas n°2
- "Mais il ne faut pas laisser les clés à l'enfant dans la pousssette, il va vous les perdre, vous êtes inconsciente."

-"Moi je veux bien. Regardez, je lui retire..."
    -" OUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIINNNNNNN"

-"Je lui redonne..."
    -"........"

-"Alors, convaincue?"

Cas n°3
-"Oh il a les joues toutes rouges et il est grognon, il vous fait une dent c'est sûr"

-" Oh oui c'est sûr, c'est juste sa  102ème depuis sa naissance il y a 6 mois... enfin moi j'y connais rien aux dents, mais il y a plein d'experts qui m'ont fait des consultations gratuites comme ça dans la rue. Vous êtes donc le 102 ème.
Laissez-moi votre adresse, quand la première dent sortira je vous ferai signe"

-"Ah et puis pour les joues rouges, je croyais bêtement que c'était le fait d'être entré dans ce magasin surchauffé alors que son emmitouflage est prévu pour les  -5°C actuellement mesurés à l'extérieur. Ce qu'on peut être stupide parfois"

Mais les amis tout cela n'est rien

Mon jour de gloire, mes cinq minutes Warholiennes de célébrité, mon casting de la Nouvelle Star,  je l'ai vécu hier.

Dans le tram.

Pourtant je me la jouais très sobre.
Limite incognito, accompagnée que j'étais d'un seul et unique échantillon de ma marmaille.
Même pas braillant. Calme et attentionnée, comme une personne sensée.
Même pas puant. A priori elle savait se débrouiller seule avec le papier toilette (encore lui?) depuis des années.

Mais... montée sur roller.
Dans ce tram long de 3 wagons communiquants, nous sommes montées par la porte arrière, loin, très loin du chauffeur.
Toujours calmes, toujours fondues dans la foule. Limite perdues dans nos songes.

Pas pour longtemps.

Parce qu'une fois les portes refermée, le tram en route..., le piège était refermé.

A cet instant précis, des haut parleurs habilement disséminés partout dans le plafond, et qui ne servent sinon qu'en cas d'attaque terroriste ou de réception du pape, nous parvint une voix.
La voix du chauffeur.
Qui parlait de moi. Et de ma fille

- "La dame qui vient d'entrer dans le tram avec un enfant en patin en roulettes est avertie qu'elle enfreint formellement le réglement des transports en commun et doit descendre à la prochaine station"

Là mes amis, je fus submergée par un sentiment, comment dirais-je.. de confusion. Une telle mise à l'honneur... Et de façon si délicate!

Car TOUS les passagers ont cherché à voir la femme ainsi distinguée :
Bibi.

Le rythme des conversations se fit plus soutenu. Chacun y allant de son petit commentaire, qui soutenant le chauffeur, qui me soutenant...
Deux dames, aux opinions radicalement opposées, ont haussé le ton. La seconde clamait haut et fort que le chauffeur avait raison.
Et que si on laissait tout faire, la décadence pointerait son nez, c'est-y-pas malheureux.
La première théorisait sur la baisse de la natalité irrémédiable d'un pays où la vie des enfants était ainsi contrôlée.
Les voisins s'en mêlaient, démarraient leur propre discussion.
Appuyant leurs dires avec force regards dans ma direction et gestes me pointant du doigt.

Et bien tu veux que je te dise mère ma soeur?

Je la comprends Angelina : la célébrité dans la rue, franchement, c'est gonflant!

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C'est bidon


Sondage ipsos-enfants magazine en Avril 2004 (oui, ça date)

Alors là je ne suis pas fière.

Ce n'est vraiment pas joli de tromper le public ainsi.

Lui laisser croire que la vie de famille c'est vraiment la famille Ricoré

Quand le soleil vient de se  lever, hein...
Parce qu'après...
Qu'est-ce qu'on en sait si  Monsieur et Madame Ricoré ils ne se foutent pas sur la gueule parce que Monsieur s'est levé sans débarrasser et Madame en a marre qu'on la prenne pour une bonne, et mais t'es complètement hystérique ma pauvre fille faut te faire soigner, ah ouais c'est moi bien sûr et toi quand tu hurles sur les enfants juste parce qu'ils renversent de l'eau...

Mais je m'égare, excusez-moi

Sans doute l'envie inconsciente de changer de sujet tellement ma honte est grande.
Le rouge qui me monte au front me rend verte de terreur de vous avouer mon forfait..

Parce qu'un jour, j'ai participé à un reportage...
Bidonné.

Oui, comme à TF1 ou au vrai journal de Karl Zero, ou même au Wall Street Journal

- "Accusée levez-vous : qu'avez-vous à dire pour votre défense".

-  "Ben voilà Monsieur Votre Honneur, c'est que nous avons un ami.."

- "C'est bien"
 
- "N'est-ce-pas?"

- "Poursuivez je vous prie"

- "Or donc cet ami est photographe"

- "Très bien"
 
- "N'est-ce-pas?"

- "Accusée, vous n'êtes pas là pour commenter. Poursuivez"

- "Et bien cet artiste de renommée internationale dans son quartier, à l'oeil infaillible et au déclic rapide, s'est vu confier un sujet de la plus haute importance et de la plus grande originalité en ce 21ème siècle débutant.
Un sujet qui n'avait jamais été effleuré en dehors des 183 couvertures de magazines et des 2549 articles des rubriques psy"

- "Au fait, au fait..."

- "Ah oui pardon.
    Son sujet c'était les nouveaux pères.

    Notre famille venant tout de suite après celle des Ricoré dans son carnet d'adresse, il eut l'idée de nous prendre en photo pour soutenir ce propos.

Vous comprenez, il fallait illustrer l'image d'un père moderne dans un couple moderne.
Un homme engagé dans sa famille qui sait faire tourner une machine de linge et même séparer le blanc et les couleurs depuis le jour où il a découvert qu'une alchimie des couleurs subtiles peut se passer dans le tambour.
Ce qui lui permet désormais d'être l'heureux possesseur de l'unique exemplaire au monde d'une chemise-ès-rendez-vous d'affaire jaune-pipi.

Un homme qui a l'odorat assez fin pour humer le subtil parfum prouvant que les intestins du dernier-né fonctionnent.
Et ce depuis le jour où, lors de son attente à la caisse du super-marché et avec bébé dans le bras, il a constaté que tout le monde essayait de regarder discrètement ses semelles de soulier pour voir s'il n'avait pas par hasard marché dans une crotte de chien.
Et qui depuis se précipite pour aller changer la couche. Voire même (je sais c'est fou), arrête la mère dans son élan
- "Finis de lire ton article sur Georges Clooney chérie, je m'occupe de bébé-chou".

Un père, un vrai, qui sait même racheter des couches AVANT que le paquet ne soit ne soit fini.

Un père, un vrai, qui prouve que les temps anciens sont révolus grâce aux photos le prenant sur le vif de ses nombreuses occupations paternelles :

Le père donne le bain
Le père enfile le pyjama des enfants
Le père met le beurre sur la tartine du matin
Le père emmène ses enfants au square."

- "Accusée, je n'ose croire à ce que je pense, si je comprends bien ce reportage était...?"

- "Bidonné, oui Monsieur Votre Majesté, bidonné, j'avoue"

    Même pas qu'il savait où étaient rangés les vêtements des enfants dans l'appart. Et surtout quoi est à qui. J'avais tout préparé en douce avec des post-it indiquant le nom de l'enfant destinataire.
    Et le body, on a fait une répétition générale pour que le bébé n'ait pas un bras à 90°C  coincé dans le dos et une jambe dans l'autre manche
    Le beurre sur la tartine... ils détestent et ne prennent que de la confiture le matin
    Quand au bain... c'est bien simple j'avais prévu la couverture de survie dans le couloir au cas où il aurait fallu réanimer après un début de noyade...

- "Voilà  Votre Monseigneur, vous savez tout. On n'a pas touché un radis pour ce reportage bidon, et désormais le blason de notre famille est souillé jusqu'à la septième génération (à la huitième, on remet les compteurs à zero, c'est bien connu).

En plus...
Ah Votre Sainteté, faut-il vous l'avouer et qu'ainsi je me flagelle?
En plus...
C'était pour le journal des allocations familiales."

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