mere-pas-top

Confiant...

  Qu'il est fier...

Lui aussi il y va, comme les autres, comme les grands.

Une expérience inédite, l'excitation de la nouveauté, le plaisir qu'on s'occupe de lui, seul avec moi, c'est lui la vedette.

Aujourd'hui c'est un grand jour. Il doit partir plus tôt de l'école, c'est important. Il l'a répété plusieurs fois à ses soeurs, l'a raconté tout heureux aux maîtresses, a vérifié plusieurs fois ce matin que c'était bien le jour et que je n'oubliais pas.

Il m'a rejoint enthousiaste quand je suis venu le chercher à l'école. Il se sent tout à coup tellement grand ce tout petit bonhomme.

Et moi j'ai le coeur tellement serré. L'impression de lui faire un mauvais coup, le sentiment de le prendre en traître.

Qu'il est fier...

Et que son air joyeux et confiant me serre le coeur lorsque nous entrons dans le cabinet dentaire pour y soigner sa carie...

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Que leur dire pour qu'ils sachent se protéger?

 Petit texte totalement hors norme aujourd'hui, qui ne se veut pas humoristique et qui n'émouvra personne non plus. Mais pour une fois qui aura peut-être un peu d'utilité

J'ai participé hier (un peu par hasard, c'était proposé par l'école) à une réunion traitant de comment éduquer les enfants à se protéger eux-mêmes d'éventuels agresseurs. Un cours pour les enfants était organisé, c'était un peu l'explication de texte pour les parents.

Alors je ne vais pas faire un compte-rendu de réunion, beaucoup de choses dites tombaient sous le coin du bon sens, mais deux ou trois trucs m'ont frappée, les voici :

Evidemment, si vous n'avez pas le bon sens placé dans le même sens que moi, vous allez lire des trucs qui vos paraîtront évidents tandis que je passerai peut-être sous silence des trucs qui vous auraient intéressés. Désolée, mais il me fallait faire un choix.

Le premier truc où j'ai levé l'oreille (assez difficile anatomiquement parlant) c'était au sujet du dilemme : "Prévenir l'enfant, c'est lui dire que des horreurs existent et donc éventuellement le traumatiser".
Il est illusoire de croire qu'il échappe à la connaissance de la violence du monde. Dès le CP il déchiffre les manchettes des journaux, et bien avant il écoute la radio et la télé avec nous. Sans compter la cour de récré.
Donc parler avec lui de ces horreurs, c'est plutôt le rassurer que l'angoisser. C'est lui donner des clés pour "comprendre" ces histoires qu'il entend. Et surtout apprendre comment s'en protéger autant que faire ce peut.

Ces clés, la plupart sont connues de tout adulte.
Ce sont les habituels "Ne pas suivre un inconnu, même s'il dit venir de la part des parents", "ne pas ouvrir la porte à n'importe qui", faire apprendre le numéro de téléphone du père ou de la mère dès que possible, et surtout "personne n'a le droit de te toucher si tu n'es pas d'accord, tu dois dire non et même crier si besoin".

A cela, quelques petites précisions ont été ajoutées, les voici:

Tout d'abord, se contenter d'expliquer à l'enfant qu'il ne doit en aucun cas suivre un adulte n'est pas suffisant. Car les salauds tendent des pièges présentés comme une demande d'aide. Or nous avons appris à nos enfants à être serviables. Si l'enfant refuse de suivre une personne qui lui demande un service, il se sent coupable.
C'est pourquoi il faut expliquer très clairement qu'un adulte ne doit pas demander de l'aide à un enfant. S'il le fait quand même c'est l'adulte qui est impoli, et non l'enfant qui refuse. Un adulte intelligent sait qu'il angoisse un enfant par cette demande. Une aide se demande à un autre adulte.

Bref il faut déculpabiliser l'enfant de son éventuel refus d'aider un adulte.

Ensuite il a été dit que faire apprendre le numéro de téléphone par coeur est bien mais pas suffisant. Un enfant qui panique aura beaucoup de mal à s'en souvenir. Il vaut mieux que l'enfant l'ait toujours sur lui aussi par écrit.

Un petit truc en passant, également utile pour les vieilles personnes de notre entourage (ce blog va devenir universel si ça continue comme ça) : les policiers se déplacent toujours par deux et sont en uniformes. Sinon ce ne sont pas des policiers.

Et puis dans un autre registre, car on n'est plus dans la défense mais dans la parole: il est bon d'expliquer à l'enfant qu'il existe des bons secrets, ce sont ceux où personne n'a mal, et des mauvais secrets, ce sont ceux où une personne de l'histoire souffre.
Ceux-là doivent être répétés. Pas à la cantonade, mais à un adulte de confiance, qui pour la plupart des enfants, sera les parents. Leur dire que c'est la seule façon d'aider une personne qui souffre en secret.
S'ils sont confrontés à ce genre de dilemme dans leur classe, cela aidera.

Ah si un dernier truc : pour que l'enfant ose venir vers ses parents s'il est confronté à un problème qui met la sexualité en jeu, il faut que la sexualité ne soit pas un sujet tabou à la maison. Sinon il n'osera rien dire, se sentant coupable.

Voilà, c'est à peu près tout, si je ne vous ai rien appris je m'en excuse, moi j'ai enregistré ces petites infos là. Pas transcendantes, mais pas inutiles non plus.

Je ne suis pas parano, cette angoisse je l'ai comme tout parent mais pas plus que ça. D'ailleurs j'ai très peu "averti" mes enfants ils ouvrent la porte facilement, sortent seuls dans la rue et n'ont pas mon téléphone sur un papier.

Ce week-end je ferai malgré tout une petite mise au point.
Malgré tout...


PS: Pour tout ceux qui voudraient mettre un comm, je crois inutile de discuter sur l'horreur d'un pédophile et sa condamnation en justice. Cela dépasse de très loin le sujet du jour, et est extrêmement polémique.  Et je ne me sens pas la compétence pour gérer ce genre de polémique.

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Etiquette


 Cela fait des années qu'on nous complimente sur son "talent d'artiste".
Cela fait des années que je me demande comment lui faire part de mon admiration lorsqu'elle m'apporte un dessin sans que, par un effet pervers, ces compliments ne développent dans la tête de ses frères et soeurs, un sentiment d'infériorité totalement injustifiée.

Cela fait des années que, confortée par tous ces avis extérieurs d'amis et de maîtresses qui l'ont vue passer, je me dit que cette enfant a sans doute une capacité de création supérieure à la moyenne. Ce qui lui permet de ne jamais s'ennuyer, créant, dessinant, composant des installations d'objets hétéroclites.

Cela fait des années que j'ai repéré son peu d'attrait pour les activités physiques.

Pas comme sa soeur jumelle. Incapable ou presque de s'occuper seule, et qui n'est jamais plus heureuse que dans le mouvement.

Alors, cet après-midi, devant ce nouveau cours de danse, lorsque ma petite dessinatrice a refusé, après avoir donné son accord pour faire une heure d'essai, d'entrer dans la salle avec sa soeur et les autres filles, je ne me suis pas étonnée.

La danse c'est pas son truc que voulez-vous. C'est une ââââârtiste...

Elle n'a accepté comme unique concession que de s'asseoir dans un coin de la salle et d'observer sa soeur et toutes les autres bouger avec tant de plaisir.

Je n'ai pas insisté. Je sais bien qu'elle n'est pas aussi sportive que sa soeur. Ses passions sont ailleurs.

Mais alors, maintenant que l'heure est finie...
Pourquoi pleure-t-elle? Pourquoi sort-elle de la salle en larmes? Aucune douleur apparente, pourquoi ce gros chagrin qui me saute soudain aux yeux ? Et ces sanglots dans la voix quand elle me répond:

-    "Ma chérie, mais pourquoi tu pleures? Ca ne t'a pas plu?"

-    "O -h- oh..., si-h-i"

-    "Tu n'étais pas contente d'être là?"

-    "O- h-oh .... si-h-i

-    "Alors finalement, tu voudrais en faire aussi de la danse?"

-    "Oh..... no-h-oh-oon"

-    "Mais pourquoi puisque tu dis que ça te plaît? Je ne comprends pas"

-    "Pa-h-rce-heu que... parce-h-eu que... moi... j'y arri-h-i-verai jamais... à faire si-h-i bien co-h-o-mme les autres".

Ma chérie, ma petite artiste, ma sportive, ma tendre beauté, laisse couler tes larmes afin que la gifle mentale que je me prenne soit encore plus grande.

D'où mes venue la stupidité de croire qu'il était "normal" que tu n'aies pas envie de faire de danse? D'où m'est venue cette passivité, qui m'a fait accepter sans plus de question que tu refuses d'y participer?
Parce que tu aimes dessiner? Parce que tous les adultes qui te croisent te collent cette étiquette d'artiste?

Comment ai-je pu accepter de te résumer à cette étiquette, ausi valorisante soit-elle?

Et comment, alors que je fais tellement attention à ce que ta soeur ne soit pas dans ton ombre, n'ai-je pas vu que c'est toi qui te sens inférieure à elle?

Pleure ma chérie, pleure.
Et regarde je pleure avec toi.
De honte...

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Le plus dur

  Le plus dur c'est de ne pas leur faire payer.

Ne pas leur faire payer l'énervement qu'a provoqué l'attente à la caisse en leur aboyant:
-    "Mais tu peux pas marcher plus vite, j'en ai marre de t'attendre"

Ne pas leur faire payer le stress que provoque ce dîner de fête à préparer, en répondant à toutes leurs demandes par un:
-    "Laisse moi tranquille, va dans ta chambre s'il te plaît"

Ne pas leur faire payer la fatigue du boulot, l'échec patent vécu dans son travail ce jour-là en hurlant:
-    "Vous allez arrêter de vous disputer sans arrêt? Allez tout le monde dans sa chambre et vous vous calmez cinq minutes"

Ne pas leur faire payer cette impression de routine ménagère,  et cette fatigue, qui tout d'un coup nous submergent et nous font répondre par des monosyllabes à leurs petites histoires enfantines. Cette routine qui rend notre quotidien si gris, oubliant que leur présence est notre soleil.

Ne pas leur faire payer cette déception de n'avoir pas eu la réponse espérée, ou le coup de fil attendu.

Ne pas leur faire payer la tristesse qui insidieusement nous ôte l'envie de parler à quelqu'un.

Oui c'est ça le plus dur.
Ne pas céder à la facilité.
Ne pas râler juste parce que ça défoule, parce que ça fait du bien et parce qu'ils sont là.

C'est tellement dur que parfois ils payent. Ils trinquent, ils subissent. Mes humeurs, mes colères et mes chagrins. Par des coups de gueule et des engueulades disproportionnées.
Qui me remplissent de honte.

Que faire d'autre que revenir vers eux? Les prendre sur mes genoux, m'excuser, et expliquer à quel point la fatigue, la contrariété ou la tristesse peuvent rendre injuste.

Ça, heureusement, ce n'est pas dur.
Heureusement pour eux.
Heureusement pour moi.

Sauf que parfois...

Même ça, je ne le fais pas...

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Changement de programme

Je reviens demain

 J'ai supprimé le post d'aujourd'hui au vu de première réaction.

Je n'ai pas envie de plomber le moral de ceux qui viennent lire ici, le but de ce blog est avant tout d'amuser, en aucun cas de faire mal. Si je passe à côté de mon but, autant oublier et essayer de faire mieux demain.

 A demain en espérant que je sois mieux inspirée

 

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Psys émois

 

Il y a des jours où la mère pas top fait des efforts.

Elle parle à ses enfants d'autre chose que d'enfilage du pyjama-et-au-lit ou de rangement de chambre.
Elle observe ses enfants dans leurs activités quotidiennes dans un autre but que de repérer s'ils se grattent plus la tête que d'habitude et s'il va falloir refaire un traitement général anti-poux

Et elle se dit que peut-être cette enfant-là ne va pas si bien qu'elle en a l'air.

Que ses fréquents moments de retrait sont peut-être dus à un autre  sentiment que le besoin d'avoir la paix et sa modestie excessive n'est peut-être pas uniquement la preuve de sa bonne éducation.
Que sa trop forte sensibilité est peut-être plus qu'un trait de caractère.

Alors la mère décide d'en parler à un psy. Pedo.
Un psy d'enfant quoi.
Parce que la mère a cru reconnaître en sa fille quelques attitudes qui lui ont gentiment pourri la vie des années durant.
Des attitudes qui ont sans doute influencé dans le mauvais sens certaines décisions importantes qu'elle a prises dans sa vie.
La mère pas top voudrait bien que sa fille ait une vie top.

Elle, qui a toujours fait avec ses nombreuse failles, décide soudain d'aller confier celles de sa fille à un spécialiste de la consolidation des âmes fragiles.

Et la mère parle de sa fille. Des problèmes de sa fille. Des angoisses de sa fille.
Et le spécialiste des failles enfantines ne détecte rien.
Rien de bien inquiétant dans ce que la mère décrit. Sans doute une tristesse de l'enfant qui se résoudra facilement lorsque...
Lorsque...
Lorsque la mère admettra que sa propre tristesse, qu'elle croit si bien cachée au fond de son coeur, éblouit tellement les yeux de son enfant si sensible que celle-ci ne peut qu'en souffrir.

La mère pourrait douter des parole de ce professionnel.
Qui est-il ce spécialiste des peines enfantines pour juger de l'âme d'un adulte?

La mère aurait pu douter... si les larmes avaient bien voulu ne pas se mettre à couler sur ses joues.

Lorqu'elle a évoqué cette raison-LA.
Sur un ton léger, comme une des causes possibles de la souffrance de son enfant.

Mais c'est sur ses joues à elle que les larmes coulent.

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Tu te souviens?

 

Bon, je préfère prévenir : aujourd'hui, ce n'est pas comique. Parce que parfois, être une mère pas top, ce n'est pas franchement drôle.

Mais promis, demain sera plus réjouissant. Enfin bon, voilà.

 

Des colères comme jamais elle n'en avait connu

Pourtant ce n'était pas son premier enfant, ni même son deuxième, ni même son troisième.

Mais là, depuis deux mois environ, c'était l'enfer.
Tous les jours. Plusieurs fois par jour.

Elle avait bien sûr testé tous ses anciens trucs plutôt efficaces jusque là. Puis des nouveaux. Puis des qu'on lui avait conseillé. Sans oublier le chantage et la corruption qu'elle réessayait régulièrement.
Incorruptible, imperméable au chantage et absolument pas receveur d'un quelconque essai éducatif.

Un sujet de thèse de pedo-psychiatrie à lui tout seul.

Auparavant, ce petit bout de 2 ans et des bananes était normalement colérique. Sa petite crise de temps en temps et il passait à autre chose. Heureux d'aller à la crèche, heureux d'aller chercher ses soeurs le soir, acceptant la baby-sitter de temps en temps pour cause de travail maternel un peu plus long que d'hab ou de sortie des parents.

Mais depuis deux mois, depuis ce déménagement...
Tout s'était pourtant bien passé : les grands s'étaient immédiatement adaptés à leur nouvelle école, des histoires de copains-copines s'étaient mise en place dès le premier jour...
Assez fière d'elle, la mère, d'avoir si bien préparé l'atterrissage du transbordement familial.

Sauf que lui....
Il était pénible point barre.
En plus n'ayant pas trouvé de place en crèche, elle l'avait tout le temps avec elle. Courses, ménage, linge et aucun moment pour s'éloigner puisqu'elle n'avait pas retrouvé de travail.

Jusqu'au jour...

X-ième colère, elle l'apprend de la bouche du père en récupérant une petite boule rouge, hurlante et se débattant.

A bout de force, d'idées, d'energie elle s'assied à côté de lui, sur le trottoir, au pied de la porte qu'il n'a pas voulu franchir et ne peut qu'écouter ses cris.

 A  bout de force, d'idées, d'energie elle comprend enfin ces pleurs et cris sans parole

A bout de force, d'idées, d'energie, d'une voix presque chuchotée elle demande :

- "Tu te souviens de ta crèche où tu allais avant qu'on vienne habiter ici?".

Et d'une voix calme, avec un visage où instanément disparait toute trace de colère, en la regardant droit dans les yeux, le petit bonhomme répond:

- "Oui"

Et sur ses  joues à elle les larmes se mettent à couler.

Elles coulent pendant qu'elle lui raconte sa vie à lui, sa vie d'avant. Elles coulent pendant qu'elle lui promet que lui aussi retrouvera des occupations pour lui, en lui expliquant que quitter n'est pas abandonner, en lui racontant pourquoi ils sont partis. Elles coulent de reconnaître chez lui tellement de sa propre peine à elle.

Elles coulent en lui disant qu'il faut que sa tristesse s'arrête.

Elles coulent de honte de ne pas avoir senti  plus tôt la souffrance de son fils

Elles coulent de soulagement de l'avoir enfin comprise.

 

Edit : Au vu des premiers comms, j'ai un peu l'impression de "tromper mon monde". Cette scène est déjà vieille de plusieurs mois, et ce texte a été écrit il y a plusieurs semaines. Je n'osais pas le mettre en ligne. Et puis hier quelque chose a fait remonter tout ça. Alors aujourd'hui je me suis lancée 

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