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7 Mai 1908

  Aujourd'hui ma Grand-Mère a 100 ans.

Je ne l'appellerai pas pour lui souhaiter un bon anniversaire. Elle n'aime pas les anniversaires. Les siens, ceux des autres, je ne l'ai jamais vue en souhaiter un seul.
 Elle regarde d'un air un peu méprisant cette manie qu'on a de nos jours de souffler des bougies dans tous les sens.

Le Maire qui voulait venir avec son écharpe et ses flonflons fêter "notre nouvelle centenaire" a été prié de rester dans ses pénates.
Manque de goût, manque de décence, manque de pudeur. N'approche pas Monsieur le Maire.

Hier, il y a 10 ans, ma grand-mère a eu 90 ans. A l'époque elle m'avait confiée cette impression d'être victime d'une blague, ce sentiment d'irréalité.
    -"Est-ce-que tu comprends?"
Oh oui Grand-Mère je te comprends! Comment, même à 90 ans, peut-on accepter l'idée d'être une vieillarde? Comment se ressentir ainsi, même si le corps lâche de partout, même si les amis disparaissent de vieillesse, même si l'époque de notre enfance est depuis longtemps dans les livres d'Histoire?
Oh oui je comprends que ce sentiment qu'on a tous, adulte, du décalage entre notre âge réél et celui qu'on ressent, ce sentiment  ne disparaît jamais. L'étonnement de fêter déjà nos 30 ans alors que nos vingt ans sont si récents, l'irréalité de souffler 40 bougies quand on se sent tout juste avoir dépassé la trentaine, l'ahurissement d'avoir déjà 50 ans alors qu'on pensait seulement s'approcher de la quarantaine, et ainsi de suite.

Et quand on arrive à 90 ans cette irréelle impression d'être la vieillarde des autres.
Et quand on arrive à 100 ans ce sentiment d'être un phénomène de foire.

Ma Grand-Mère n'a pas la télé : elle ne l'a jamais voulue.
Ma Grand-Mère n'a pas la radio : elle ne l'a jamais voulue.
Ma Grand-Mère a arrêté d'aller au cinéma à la mort de son mari, quelques mois avant ce joli mois de mai 68.

Ma Grand-Mère lit. Enormément, goulûment assidûment. Mais qu'aucune scène avec quelque relation charnelle ne soit contenue dans les pages, sinon le livre est  remisé irrémédiablement. Certains livres jugés comme pornographiques selon ses critères très très personnels ont même fini dans la cheminée, sans autre forme de procès.
Oui ma Grand-Mère peut avoir la censure littéraire assez excessive.

Ma Grand-Mère est historienne. Les conversations avec elles ne sont pas communes. Sans télé, radio ou journaux, elle ne suit que de très loin l'actualité. Le commentaire d'un fait divers sordide est un exercice qui lui est inconnu et impossible,  jamais elle ne lit un article en entier une fois que l'effroyable réalité de tel ou tel fait divers lui apparaît.

Alors, dans nos conversations nous évoquons la famille, les amis ou les acteurs qui nous ont toutes les deux fait rêver. Elle, ayant connu leur éclosion et leur gloire (ah Gérard Philippe dans Les Grandes Manoeuvres et Pierre Fresnay dans Marius), moi les ayant souvent découverts de manière posthume. Puis la discussion dérive sur les maréchaux d'Empire ("lequel est ton préféré?"), Le roi François 1er à qui la préseance offre la tâche de donner un nom à cette nouvelle variété de prune qu'on vient de déposer sur la table royale ("Cette prune est douce et tendre comme ma mie la Reine, nous l'appellerons Reine-Claude"), la tête que ferait l'Abbesse de Rochechouart "si elle se voyait ainsi accolée à ce révolutionnaire de Barbès".
En réalité elle évoque, j'écoute, me forgeant ainsi des connaissances historiques qui forcent l'admiration de mes amis.

Et puis toutes nos anecdotes familiales. Avec plus de trois dizaines de descendants, elle est un puits d'anecdote sans fond, même si les versions varient au fur et à mesure de leurs évocations, ce qui ne trouble que les personnes bien trop rigides.

Quand elle ne lit pas, ma Grand-Mère reste sur son fauteuil, le regard perdu dans le vague.
Plus jeune je ne comprenais pas. J'avais un peu pitié de ces moments à ne rien faire, forcément synonymes d'ennui dans ma tête de petite fille.
Maintenant que j'ai avancé, je comprends que le défilé de souvenirs puisse être une occupation très douce, même si mélancolique. Et peut occuper les longues heures de rêverie d'un corps qui n'a plus la capacité de bouger sans cesse.

J'ai connu beaucoup des amies d'enfance et de jeunesse de ma Grand-Mère. Ces petites filles qu'on voit à côté d'elle sur les photos d'avant la première guerre mondiale, elle qui avait un père si moderne possesseur d'un appareil photographique. Elle a l'amitié très fidèle. A plus de 80 ans elle les recevait encore dans sa maison, qui n'était pas sa maison d'enfance.
Sa maison d'enfance est restée de l'autre côté de la mer, dans un pays qui a retrouvé son indépendance mais qui pour elle restera à jamais "son pays". Même si elle n'y a plus jamais remis les pieds depuis qu'elle a reccueilli toute sa famille de ce côté-ci de la mer en cette année 1962 si triste pour elle.
    "Les abricots de mon pays Claire, ah si tu savais..."

Quand les amies ne viennent plus, c'est qu'elles ne sont plus là. Elles deviennent alors des images que ma Grand-Mère convoque lors de ses longues rêveries.
Elles deviennent aussi une de ces larmes qui parfois brillent dans son regard à l'évocation de tel ou tel souvenir.

7 Mai 2008.
Il y a 100 ans naissait ma Grand-Mère.

Une vie commencée sur le modèle du 19ème siècle et qui se poursuit jusqu'au 3ème millénaire.

PS : Je pourrais parler d'elle encore des heures, écrire des pages et des pages.
Lorsqu'elle n'avait que 99 ans, j'avais fait un autre texte pour elle à l'occasion du 11 Novembre qui pour elle n'évoque pas un jour de livre d'Histoire, mais un jour de sa vie. Ce texte est.

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Gaye


Aujourd'hui je voulais vous donner des nouvelles de Gaye.
C'est le fils de Mariama.

C'est un petit bonhomme qui, avec sa maman, par un  jour froid d'hiver, a atterri ici, dans ce pays étranger. Pour emménager avec un papa dont il n'avait aucun souvenir. Un homme qui travaille dur et longtemps, avec si peu de temps pour montrer le nouveau pays à Gaye et à sa maman.

Gaye a découvert mot à mot, situation par situation, la langue et le mode de vie de son nouveau pays. Toujours un peu à part, toujours un peu perdu. Tant de différences entre sa maison et la vie à l'école.
Parfois trop petit pour comprendre la méchanceté et le mépris contenus dans certains rires,  parfois si mûr et si réceptif à la moindre forme d'attention, et la plupart du temps tout simplement heureux d'être un enfant parmi les autres.

Gaye a appris à adapter son comportement en fonction du lieu où il se trouve. A la maison, manger proprement avec sa main droite après s'être soigneusement lavé les mains, à l'école manger proprement avec une fourchette après s'être soigneusement lavé les mains.

Gaye a appris phonétiquement des chansons dont il a peu à peu compris le sens, participé gaiement à tous ces apprentissages qu'on lui proposait. Préparé son déguisement aussi bien que les copains.
Et puis il n'est pas venu le jour de la fête, parce que sa maman n'avait pas su lire le mot affiché, pas compris ce qu'on a tenté de lui expliquer avec les mains. Et que son papa, trop fatigué, n'a pas pris le temps de lire les papiers.

Tous les jours Gaye est parti heureux à l'école. Désormais il comprenait presque tout ce qu'on lui disait et savait faire la plupart des activités proposées.

Et puis Gaye est reparti vivre dans le pays d'où il venait, avec Mariama et la petite soeur qui lui était arrivée entre temps, pendant ces trois années passées ici.

Au village de ses parents, il n'y a pas d'école.

La famille s'est organisée pour qu'il puisse suivre une scolarité normale. La semaine, il habite en ville, près de l'école, chez sa tante. Une dame inconnue jusqu'alors.

Le week-end il retourne chez Mariama sa maman.

Gaye a cinq ans. C'est un petit bonhomme dont la vie a tant changé du jour au lendemain.

Il a perdu tout contact physique avec un père qu'il aura sans doute du mal à reconnaître, lorsque celui ci aura économisé le prix de son billet d'avion et assez de jours de vacances.
Il a perdu la vie quotidienne avec sa mère et sa petite soeur.
Il a perdu ses copains.
Il a perdu son univers.

Gaye a cinq ans.
A cet âge là on s'adapte vite.
Il a sans doute déjà retrouvé des copains, intégré un nouvel univers où il se sent bien et tissé des liens affectifs avec cette tante qui joue désormais le rôle de mère cinq jours sur sept.

Gaye a cinq ans.
A cet âge là on s'adapte vite.

Mais qu'aucun adulte qui n'a jamais vécu ce genre de déchirement ne vienne me dire c'est sans souffrance.

PS : Mariama, je l'avais présentée . Et parlé de son départ . Si vous désirez en savoir un peu plus sur elle.

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Dans la peau d'une grosse

J'ai vu Caro  resplendissante et ronde, enfin un petit peu. Et seulement au niveau du ventre. Caro qui souriait et aurait tant voulu être la déesse aux six bouches et 12 oreilles pour avoir le temps de discuter avec chacun d'entre nous.

J'ai vu Stéphane bouger, raconter, pleurer, jouer, sauter, danser, époustouflant d'énergie et de décontraction, Stéphane qui ne pourra jamais me faire croire que cinq secondes avant d'entrer en scène il était au bord de l'évanouissement d'angoisse, même s'il avait absolument besoin d'une ceinture pour tenir son pantalon lors de la suite de la soirée, rapport aux cinq kilos qu'il venait perdre en une heure de représentation.

J'ai vu un metteur en scène heureux du résultat qu'il voyait sur scène et plein de confiance dans son spectacle.

J'ai vu deux enfants rire aux larmes en écoutant le texte de leur mère.

J'ai vu des parents tout émus.

J'ai entendu des gens rire en cascade pendant une heure, j'ai vu des rappels, et des rappels, et des rappels

J'ai vu des têtes que je ne connaissais pas associées à des noms que je connais si bien, bonjour Julie, Fyfe, Princessevarda, Clyne, et bonjour à Sofiso et Londoncam, que j'ai vues sans oser aller déranger. Et bonjour à Pomme que j'ai, elle, tout de suite reconnue.

J'étais lundi soir à la première de la pièce de Caro jouée par Stéphane. J'en suis très fière.
C'était très drôle, très tonique, émouvant aussi pour nous qui suivons le blog de Caro.

Que tous ceux qui veulent en savoir plus aillent voir puis se précipitent pour réserver , ils seront sûrs de passer ainsi une très chouette soirée.

C'est tous les lundis soirs à 19 heures.

PS: Ah oui j'oubliais: pour réussir à voir tout cela, je n'ai pas vu mes enfants pendant trois jours. N'en tirez pas de conclusions hâtives s'il-vous-plaît, ce n'est pas ça qui me me donne ce ton guilleret.
Même que j'étais heureuse de les retrouver.


Quand je vous dis que Caro est mega douée...

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Revue médicale


 
A la demande générale de SophieL.L, voici quelques mots sur des médecins. Un jour peut-être vous avouerais-je mes plus honteux secrets de traitements non donnés, de symptômes modifiés pour apparaître plus top, de mensonge éhontés. Pour l'heure, juste quelques mots.
Avant de vous laisser lire, je veux préciser que cette accumulation de médecins n'est due qu'à des déménagements et à des pépins qui n'apportèrent jamais aucune angoisse sur le long terme.
Je ne veux en aucun cas laisser penser qu'il faut me plaindre, ce serait indécent pour les parents qui combattent au jour le jour une maladie chronique ou évolutive de leur enfant.


Il y a eu celle qui grimaçait tellement quand elle auscultait les oreilles de mes enfants que j'en souffrais pour elle. Tout en m'interrogeant in petto sur la validité d'un tel examen, normalement de routine, et qui dans ses mains semblait relever de la chirurgie de pointe.

il y a eu celui qui m'a demandé tous les détails sur la santé de ma fille jusqu'à ce que j'ouvre la couche. Et qu'il se rende compte qu'il fallait rajouter la palpation des bourses à son examen de routine.

Il y a eu celle pour qui consultation ne rimait pas avec ordonnance, partie à la retraite trop tôt et à mon grand regret. Pas d'ordonnance, pas de traitement, pas de course poursuite dans l'appartement un suppositoire à la main.

Il y a eu celui qui, avant de prescrire quelques granules, m'a posé des questions tellement précises, pertinentes et vastes qu'après cette consultation d'une heure j'ai cogité pendant trois jours.

Il y a eu celui qui ressemblait tellement à un bon père de famille que j'avais très envie de l'appeler papa et de me reposer sur son épaule.

Il y a eu celle qui, pour réconforter mon petit bout de fille pendant ce douloureux changement de pansement, lui disait des mots doux avec une telle haleine nicotinée, que moi, qui tenais mon enfant sur les genoux, je ne savais plus si c'était la vue de la plaie à vif ou l'odeur du tabac régurgité qui me donnait le plus envie de vomir.

Il y a eu celle qui écrivait des prescriptions longues comme un jour sans pain, destinées à soigner des pathologies jusque là fort discrètes et sans aucun symptôme.  Symptômes qui encore aujourd'hui me sont inconnus, malgré l'atterrissage immédiat dans la poubelle de ce pensum médical.

Il y a eu celui qui s'occupait du cas, seulement du cas, sans aucune attention pour mon angoisse de mère, lui qui savait bien qu'il n'y avait rien d'inquiétant.

Il y a eu celle qui m'a si bien expliqué la maladie bénigne de ma fille que je regrettais de ne pas pouvoir prendre de notes. J'aurais pu immédiatement aller les revendre dans un CHU à n'importe quel carabin.

Et puis il y eu celui-là, une crème de médecin, un vrai médecin de famille à l'ancienne malgré ses bagouses, ses chemises sûrement dénichées dans une boutique pointue du marais et sa coupe de cheveux qui ne déparerait pas la tête d'un DJ house-techno.

Une personne chaleureuse, instinctive et apaisante, un médecin qui donne l'impression d'avoir tout son temps malgré sa salle d'attente bondée. Qui prescrit peu. Qui me parle à moi comme à une personne et non pas seulement comme à une mère. La nuance est fine, elle signifie qu'il prend en compte aussi mes sentiments et ma disponibilité, et que je ne suis pas seulement l'adulte-relais en charge de la mise en place du traitement.

Un coup de chance, le médecin le plus proche de chez nous après ce déménagement.
Enfin avant...
Avant l'autre déménagement.

Je vais militer pour que la sécu rembourse les frais d'avion.

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Retour au pays

 

Je crois que ce billet se comprend mieux si on sait déjà qui est Mariama. Et puis, ça vaut la peine de la connaître, Mariama. Pour cela il faut cliquer .


Mariama repart.

Elle quitte ce pays pour rentrer dans celui où elle est née, dont elle parle la langue et dont les codes de la vie de tous les jours lui sont connus.

Elle rejoint ses amis et sa famille. Tous ceux qui n'ont pas été contraints d'émigrer.

Elle laisse là son isolement,  et trouvera de l'aide au quotidien pour s'occuper des enfants, des oreilles amies pour se confier.

Elle retrouvera un climat qu'elle comprend et pour lequel elle sait se vêtir.

Elle pourra de nouveau s'aventurer plus loin que les trois rues autour de chez elle sans l'angoisse de se perdre et de ne plus savoir demander son chemin.

Elle ne sentira plus ces regards qui se retournent sur elle.

Elle saura juger de la qualité des victuailles sur un marché et estimer la valeur de ses achats.

Mariama repart

Je suis heureuse pour elle. Son visage perdra son air de tristesse, ses enfants découvriront leur mère autrement.

Mariama repart

Je suis si triste.

Pour elle qui va laisser son mari ici. Qu'elle ne reverra plus qu'une fois tous les deux ans.

Pour son mari qui va voir s'éloigner ses enfants et sa femme dans cet aéroport ultra-sécurisé où il ne pourra pas les accompagner très loin.

Pour ces enfants qui vont quitter leur père.

Pour ce garçon et cette fille qui vont quitter leurs amis et leur pays pour s'adapter à celui de leur parents.

Pour cette mère qui devra élever ses petits dans un pays où la santé peut coûter si cher.

Pour la vie de cet homme et de cette femme, si difficile, et qui demande de faire de tels choix.

Mariama repart.

Et je ne sais pas si je dois me réjouir pour elle ou pleurer pour eux.

Mais je sais que moi, je perd une jolie présence dans ma vie.

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Un presque siècle


Modigliani " Petite fille en bleu (1918)"

Hier c'était le 11 Novembre.
Grâce à elle, j'ai une toute petite idée de ce que cette date signifie pour ceux qui l'ont vécue.
Alors pour lui rendre hommage, aujourd'hui, je lui donne la vedette.

Ma Grand-Mère a 99 ans

Ma grand-Mère nous raconte le jour de l'armistice 1918, l'euphorie indescriptible, sa promenade solitaire extraordinaire dans la ville ce jour où les adultes, ivres de bonheur, ont  lâché prise sur la surveillance des enfants et oublié de fermer les portes de l'internat.

Ma grand-Mère me parle des moustaches de Guillaume II.

Ma grand-mère ne comprend pas que ma cousine ait choisi "l'austère voie de fille-mère". Elle s'inquiète pour l'enfant, lui "l'enfant sans père". Elle se souvient de la souffrance de sa propre fille en 1935. Quand les autres enfants se moquaient d'elles parce qu'elle était une fille de divorcée.

Ma grand-mère n'aime pas qu'on l'appelle Grand-Mère. Sauf nous ses petits- et arrière -petits- enfants bien sûr.
A tous les autres elle répond:
- "Vous êtes de la famille? Je n'arrive pas à vous remettre."

Ma Grand-Mère n'est pas impotente. Elle met dix minutes à trouver son stylo, son papier et à écrire le numéro de téléphone. Il est écrit. Pourquoi vouliez-vous  le faire à sa place?  

Ma Grand-Mère a toujours travaillé et gagné sa vie. Avec ses 5 enfants. Avec sa bonne, aussi,
Quatre mains pour sept personnes sans rayon surgelés, sans super-marchés, sans machines, sans couches jetables, sans plaques à induction.

Ma Grand-Mère se souvient encore de la claque administrée pas sa mère et de la douleur de la bague sur sa joue parce qu'elle osait réclamer une des brioches chaudes et dorées qui étaient dans le compotier sous ses yeux chez la voisine.

Ma Grand-Mère me raconte la généalogie de sa famille. De celle de mon Grand-Père aussi, son deuxième mari. Quand elle parle de lui, mort il y a 40 ans, elle a des larmes dans les yeux.

Ma Grand-Mère, c'est la référence historique de mes enfants :
- "Quand Grand-Mère était petite fille..."
- "Quand le papa de Grand-Mère était enfant..."
Au delà de ce temps, les hommes pre-historiques régnaient.

Je ne sais pas quelle mère fut ma Grand-Mère.

Mais elle est une Grand-Mère extraordinaire.

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Mariama

C'est mon amie
Et cette fois-ci c'est Mariama la vedette.

C'est normal. Elle est belle Mariama. Elle est jeune, une peau parfaite, un corps fin avec de si jolies formes, un sourire étincelant, des traits merveilleusement proportionnés.

Moi je l'envie Mariama, j'aimerais bien être à sa place.

Elle a deux petits magnifiques.

 

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