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Trois jours sans ma mère

 

 Il semble mère-ma-soeur que nous ayons des limites physiologiques universelles.

Comme le terme habituel d'une grossesse de 9 mois, ou la durée d'un cycle menstruel de 28 jours,.

Un autre espace temps semble ainsi être intimement lié à la fonction de mère:
La durée supportable d'éloignement de notre progéniture...
12 heures...
Pas une de plus, pas une de moins.
Notre métabolisme semble être adapté pour supporter une absence des petits chéris de 12 heures.


-"On a laissé le(s) enfant(s) pour la semaine afin de partir aux Seychelles mais au bout de 12 heures, face à la mer sur mon transat, il(s) me manquai(en)t déjà".

Ah bon.

Comme dirait ma Grand-Mère, c'est donner de la confiture au cochon.

Si face à la mer, la brise chaude sur le visage, les étendues de sable blanc devant les yeux et le doux clapotis de la mer dans les oreilles, sans rien d'autre à penser que

- "Je plonge dans l'eau mainteant ou dans cinq minutes? Avec masque et tuba ou juste le matelas  pneumatique?"

 On regrette les piaillements de la marmaille et le boulot qu'elle entraîne, moi je dis: la prochaine fois, le billet pour les Seychelles, filez-le à une copine dénaturée.

Moi par exemple.

Parce que je peux garantir que cette sensation de manque m'est quasi inconnue.

D'ailleurs, si, ainsi que je l'ai si souvent entendu, le manque survient dès 12 heures d'absence, il ne faut pas se plaindre si petit chéri vous réveille la nuit.
C'est juste sa conscience d'enfant très à l'écoute de sa mère qui lui dicte sa conduite.

Poussin d'amour a régule ainsi sa petite horloge intérieure pour une séparation maximale de 6 heures.

Ce qui pour un coucher moyen vers 20 heures, garantit une revoyure sur les coups de 2 heures du mat'.

L'enfant agit par devoir filial afin d'assurer à sa mère un meilleur sommeil.

Une fois la mère bien réveillée au bord de son lit, le petit bout se rendort avec la conscience apaisée de l'homme qui a accomplit son devoir.

Grâce à lui, cette nuit encore, très chère maman ne risque pas de voire poindre ce sentiment de manque dû à une absence qui se prolonge...

Alors je le redis haut et fort, et surtout à ma descendance que cela concerne en premier chef :
Je supporte très bien de ne pas vous voir pendant 12 heures. Même 24. même 36.

Comme je viens de le faire ce week-end, avec le seul et unique objectif de passer du temps dans les troquets parisiens à papoter des heures avec les amis pas vus depuis longtemps.
A boire des petits noir sérrés, face au zinc, Libé frais du jour d'un côté et même parfois un croissant chaud de l'autre
Entre l'équipe des éboueurs qui fait sa pause, le commercial qui prend son noisette avant son prochain rendez-vous et la mamie du quartier qui s'installe là pour faire la causette...

J'ai très bien supporté ce programme durant trois petites journées.

Trois journées SANS mes enfants.

Autant dire... incognito.

Et dites-moi sinon, comment avoir autant de plaisir à les voir se réveiller que ce matin qui suit mon retour tardif?

PS : Merci à celles qui se sont inquiétées de mon absence hier et qui m'ont laissé un petit mot. Ce n'était, comme vus avez pu le lire, rien de grave...

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Rituels du soir



Il est tard et l'appartement est silencieux depuis longtemps, je suis la dernière éveillée.

Je m'étire. Je vais me coucher. Plus que temps.

La salle de bain. Juste les bruits habituels.

Me déshabiller. Me mettre en tenue pour dormir.

Rejoindre mon lit.

Et en chemin...

Entrer dans leur chambre. Remonter les couvertures.

Ôter du lit les jouets qui traînent, les livres ouverts, les vêtements froissés.

Passer une main sur leur visage.

Sourire de les voir grimacer.

Ne pas résister et les embrasser.

Les admirer. Juste les regarder.

Ne pas résister encore et les réembrasser.

Et...

C'est pas vrai. Dites-moi que ce n'est pas vrai!

Put*** merd*, je l'ai réveillé.

Et maintenant il pleure..

Alors que je pourrais être déjà dans mon lit.

Non mais qu'est-ce-que je peux être STUPIDE parfois!

Il va continuer à m'enquiquiner encore longtemps comme ça? 

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Transmission orale (1)


Mère-ma-soeur, tu seras d'accord avec moi, le mensonge ce n'est pas joli.
Même par omission.

Il est alors de notre devoir de ne plus cacher la vérité et de faire une terrible révélation aux pas encore futurs-parents.
Pour qu'ils aient bien tous les éléments en main  le jour où ils feront la petite graine du papa dans le ventre de la maman. Par ce tour de passe-passe hop-hop, rien dans les mais, rien dans les poches (tout dans le zizi). Magique futur papa.
Excusez-moi de ce message codé, mais si mes enfants venaient à passer devant l'écran... Vous comprendrez que je fasse attention à mon langage.

Langage qui est justement le sujet de ce post.

Ce langage qu'on découvre avec les premiers mots de notre enfant.
NOTRE langage.

Nos tics, nos expressions toutes faites, nos jurons persos.

Intacts, sortant tout frais de la bouche de notre petite merveille.

Ce qui peut donner dans des cas extrêmes, une petite poupée aux boucles soyeuses, aux grands yeux innocents et dont la bouche délicatement ourlée débite plus de grossièretés qu'un charretier qui vient de se faire couper la route par un Vélib.

Ou alors des récits dont il est assez difficile de suivre le cours en raison d'un léger abus dans l'utilisation de certaines locutions.

Si d'aventure en rentrant de l'école, votre progéniture vous raconte :
    -"En fait, Nathan, parce qu'il a pris la balle en fait qu'elle est à Valentin en fait que la maitresse elle a dit en fait qu'on n'a pas le droit de prendre les affaires des autres en fait.

Il serait peut-être judicieux que vous vous interrogeâssiez sur votre propre rapport à l'expression "en fait";

De même, si lorsque l'un de vos rejetons en jouant avec ses poupées fait preuve d'un autoritarisme un peu exagéré :
-    "Bon maintenant tu vas la manger cette purée, sinon je te la fais avaler par les oreilles"

Peut-être pourriez-vous remettre en cause votre technique d'incitation à l'ingurgitation, et revenir par exemple aux bons vieux fondamentaux

-    "Une cuillérée pour papa, une cuillérée pour maman".

Par ailleurs n'oublions jamais que les rapports soro-fraternels ne sont pas toujours un doux rayon de lune dans un océan de miel.
Si dans leurs échanges oraux, vous repérez trois fois sur quatre des expressions telles que
-     "Et plus vite que ça"
-    "J'en ai plus que marre"
-    "Et tu me le donnes tout de suite. D'ACCORD?"

Ce ne serait peut-être pas une mauvaise idée d'adoucir un tantinet le ton de votre voix la prochaine fois que vous leur parlerez.

Mais le point le plus important est évidemment de penser au jour où bambin en chef fera son entrée dans le grand monde.

Aucune réputation parentale, fut-elle excellente, ne peut survivre au ravage créé par un petit bout de 2 ans et des brouettes. Lorsqu'il fait l'expérience de la grande déception induite par l'écroulement de sa tour en lego de 58 étages.
Si dès lors, de sa petite voix claironnante on l'entend s'exclamer :

-    " Put*** fait çier l'est enco' cassé ce bo'del à cu' d'Lego"

Il est fort à parier que les regards des puères le soir quand vous viendrez récupérer votre bambin vous mettra mal à l'aise
 ("Quoi, qu'est-ce-que j'ai encore fait?")   

En gros, pour faire simple et ne pas prendre trop de votre temps, je terminerai ma démonstration en m'aidant d'une référence cinématographique.

"La vie des autres."
Cet excellentissime film où  l'on nous montre comment la Stasi a caché de micros dans TOUTES les pièces de l'appartement et enregistré la moindre des conversations.

Et bien futurs parents, mes futurs frères et soeurs, il faut dès le départ vous faire à l'idée que vous vivrez dans un appartement équipé par la Stasi.
Avec un enregistreur multi-piste branché en permanence.

Et que tout ce que vous direz sera désormais enregistré, noté. Et RÉPÉTÉ. Surtout répété.
Sans aucune possibilité d'arracher les fils...


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J'ai honte

 

Aujourd'hui, court sera le post.

Parce que parfois, on fait de telles découvertes sur soi-même qu'on préfère ne pas s'étendre dessus.

Pourtant, je reconnais ma non-topitude dans beaucoup de domaines.

Nulle en  brico, désastreuse en cuisine, incapable de lire une histoire sans bâiller d'ennui, lectrice en douce du journal alors que je suis censée jouer au jeu de société (je me fais immanquablement gauler quand mon tour arrive, lorsqu'ils me  tirent par la manche pour que je réagisse...).
Ajoutez à cela une très légère tendance à la répétition de l'expression:

    - "Mais c'est pas possible, j'y crois pas, c'est pas vrai, purée j'y crois pas ".

A chaque fois qu'un léger détail de la vie quotidienne m'exaspère...

Et vous comprendrez que je n'ai aucune chance d'être un jour contactée pas Delarue si d'aventure il produit une émission telle que : " Ces mères qu'on leur envie... "
Je reconnais qu'il aurait du boulot pour trouver le "on".

Mais tout cela n'est rien.

Aujourd'hui, j'ai atteint mes limites de l'esprit de sacrifice de la mère.

Déjà chez moi, ces limites se rapprochent dangereusement dans la situation où il ne reste plus qu'une seule part de gâteau sur la table.
Et où je la veux.
Ou bien quand ils se glissent contre moi la nuit et que le bout de couette qu'on se partage ne peut d'évidence pas couvrir nos deux corps à la fois.
Alors que j'ai froid.
Ou encore quand en voiture partis pour 14 heures de route la question de savoir si on écoute un conte ou un disque de Bénabar vient à se poser.
Et que je n'ai jamais supporté les contes.
Sans parler de ces répétitifs moments où ils se font mal alors que je papote depuis 3/4 d'heure au téléphone avec une amie.
Et qu'on n'a pas fini de tout se raconter...

Grâce à ces quelques cas concrets, sur le sujet précis sacrifice maternel, je savais déjà que ma barre était basse...

Mais hier, la dimension de la révélation fut bien supérieure...

Hier où j'ai accompagné ma fille chez le dentiste, restant tout contre elle dans cette épreuve,
Hier où il lui a passé la roulette,

Et où je me suis fait très clairement la réflexion:

    "- Ben je préfère à elle qu'à moi"

Mon Dieu que j'ai honte....!

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Jour sans


Je vous promets, j'ai essayé.

Je me suis dit:
- "Claire ma fille, tu n'es pas là pour plomber l'ambiance, allez, vas-y  déconne qu'on rigole un coup"

J'ai cherché, me suis creusée les méninges. Mon pauvre neurone en est encore épuisé et pourtant de comique... pas l'ombre d'un chatouillis.


le sujet est trop important.
L'avenir de nos têtes blondes est en jeu et vous voudriez que je gaudriole? C'est mal me connaître.

Quand l'heure est grave, je vais au combat le front bombé et le torse en avant. A moins que ce ne soit le contraire.

Et l'heure est grave.
Parce que c'est bientôt Noël.
Et qu'il est plus que temps d'attaquer.

Mais comment présenter ça de manière comique?

Dans un premier temps, je voulais vous dire que ça me grattait.

Le risque étant que vous ne m'imaginiez porteuse de la chtouille (j'adore ce mot)
Quoi, je ne peux pas avoir la chtouille? Un si joli nom de maladie réservé au seuls hommes?

Nous on a des cystites. Rien qu'en prononçant le mot, on a déjà mal
Eux ils ont la chtouille. Rien qu'en prononçant le mot on a envie de rigoler.

C'est pas de l'inégalité caractérisée ça?

Bref non, la gratouille du coup, j'ai préféré éviter.

Surtout que le terme est un peu faible.
Il s'agit en réalité d'une démangeaison urticatoire aigüe.

De celle qui nous attaque quand on vient péniblement d'écluser le plus gros des découverts post-impots (non je ne suis pas mensualisée) et qu'on apprend que ça tombe bien parce qu'ils avaient justement besoin d' argent frais au gouvernement pour augmenter leur chef.

Ça gratouille non?

Pas du tout d'avoir payé ses impôts.
Mais de se demander s'il en restera assez pour construire un ou deux immeubles supplémentaires à loyer modéré dans Paris. Ou partout ailleurs.
Ou augmenter un chouïa le salaire des infirmières.
Ou réparer les installations d'aide aux personnes handicapées dans les lieux publics. Je connais personnellement dans une mairie une plateforme élévatrice pour monter les 6 marches menant à TOUS les services municipaux et que je n'ai jamais vue fonctionner.

Mais je m'éloigne très sérieusement de mon sujet.
Pour vous donner une idée, si mon sujet de départ était à Paris, je serais quelque part entre Vladivostock et Oulan Bator....

Je me concentre, je me recentre...

Après ces grand sujets, ma petite colère peut paraître bien dérisoire...
On pourra suspecter chez moi un problème d'hormone. Monter ainsi sur mes grands chevaux ...

Et bien tant pis. Au risque de laisser penser que je souffre d'une ménopause précoce (d'ailleurs où serait le problème?) je continue à cataclop-catacloper sur ma colère et je demande explication:

Pourquoi, mêmes pour les âges tendres, les magasins de jouets commencent déjà une forte distinction fille-garçon?

Pourquoi les seules et uniques voitures dans les rayons filles sont des décapotables taillées pour être conduites par des bimbos littéralement inhumaine du point de vue anatomique?
Et dont la garde robe est directement inspirée de celles des nombreuses copines du chanteur dans les clips de rap américain?

Pourquoi dans le rayon garçon, nombre de dessins sur les emballages ont un aspect agressif?

Pourquoi ai-je l'impression en déambulant dans les rayons qu'on propose à mes filles de s'identifier à un modèle soit de maman soit de put**?

Pourquoi les camions de pompier sont de l'autre côté de la "frontière des sexes" du magasin?
Le gène "camion de pompier" sur le chromosome Y aurait-il été découvert sans que je n'y prenne garde?

Pourquoi rien qu'en me fiant aux couleurs dominantes des RAYONS, je peux savoir directement où se trouvera la voiture de course et où se trouvera le camping-car familial?

Pourquoi mon garçon peut facilement se déguiser en chevalier ou en pirate, mais très difficilement en prince?

Pourquoi personne à part son père et moi ne lui a jamais offert de poupée? Ce qui le réduit à piquer celles de ses soeurs. Lesquelles croulent sous une marmaille en partie non désirée.

Pourquoi...?

Allez j'arrête d'enfoncer des portes grandes ouvertes, et qui me font quand même mal.
Je ne nie pas la différence des sexes. Il me semble juste que les magasins de jouets la caricaturent à l'extrême.
Et que c'est l'un des endroits où la parité fille-garçon est la plus inexistante.

Désolée, j'ai perdu tout mon humour en route.
Il est resté quelque part en plein milieu du magasin de jouet.
Promis, dès que j'en sors, j'essaie d'être plus drôle.


PS: La photo, c'est un quartier de yourtes à Oulan Bator. Juste comme ça, pour s'évader. Et puis parce que le mot yourte, je l'adore aussi et que sinon, j'aurais pu bloguer pendant des années sans jamais réussir à le placer...

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Quand je serai grand...


J'ai dû rater quelque chose,mais quoi?

Parce qu'au départ, s'il y a bien un sujet mère ma soeur sur lequel je n'avais aucun doute, c'est que l'avenir de mes enfants leur appartient.
Qu'importe ce qu'ils deviendront du moment qu'ils soient épanouis.

Oui, franchement qu'importe?
 
Médecin.
Avocat.
Chercheur
Cosmonaute
Allez, même grand reporter ou pilote d'avion

Qu'ils fassent ce qu'ils désirent...

Leur vocation ne s'établira pas en un jour. J'ai suffisamment vécu pour le savoir.

D'une grande envie de devenir maîtresse ou pompier, ils passeront ensuite à une immense aspiration à aller garder des chèvres dans les Pyrénnées.
Non sans être passés par une phase de "n'importe quoi du moment que je puisse me faire plein de blé et vite et pouvoir enfin m'acheter l'écran plasma et la Play Station que vous êtes trop radins pour m'offrir pas comme les parents de Nico plus la paire de Nike à 220 Euros que Martin c'est déjà sa deuxième".

Je suis consciente de ces lentes phases du mûrissement de leur vocation. Je ne ferai rien  pour les éviter.

Loin de moi l'idée de perturber ce long chemin vers la connaissance d'eux-mêmes.

Qui les amènera vers leur moi profond, leur vocation de toute leur vie, le métier pour lequel ils sont faits.

Lequel sera (comment serait-ce possible autrement?): 

Médecin.
Avocat.
Chercheur
Cosmonaute
Allez, même grand reporter ou pilote d'avion...

Jamais je n'influencerai leur désir profond.

Ma ligne de conduite maternelle est inamovible.

Naïve que j'étais!
On croit être préparée à tout, on croit les connaître comme si on les avait fait
Prétention que tout cela...

Car ce soir-là, le thème de leur futur métier s'est introduit dans nos conversations.

Ce soir-là, des débordements de tendresse faisaient monter des larmes à mes yeux, des bouffées d'orgueil maternel créaient sur mes lèvres un sourire niais et extatique (se souvenir d'éviter absolument toute rencontre inopinée avec un appareil photo lors de ces moments, la mine ainsi composée étant particulièrement peu photogénique)...

...je les écoutais me raconter leur vie future.

Leurs descriptions avaient le goût de miel.

Vu leur jeune âge, aucune chèvre pyrénéennes ne se glissait dans leur propos, et aucune raison bassement matérialiste ne venait tacher la pureté de leurs rêves.

Persuadés que ans ce joli monde où nous vivons, tout travail est rémunéré grassement et permet de s'acheter des pots de nutella et tous les doudous qu'on veut. Leur confiance dans l'avenir est fascinante.
Qui le premier osera leur dire que... ?
Pas moi

Mais je m'égare...

Ce soir-là, aucune vérité trouble-fête ne s'était invitée autour de la table et je n'entendais parler que de future maîtresse ou pompière,  vétérinaire et marchand, conductrices de trains et pâtissier...

Jusqu'à ce qu'elle ouvre la bouche.

Et que soudain, la cuillérée de miel que je dégustais, semblât se teinter d' un net goût de jus de citron moisi.

Lorsqu'enfin, sortant de ses songes où elle visualisait son avenir radieux de femme comblée, d'adulte indépendante et épanouie, de sa voix claire et pleine d'enthousiasme elle nous révéla son rêve à elle...

Son envie profonde

Sa vocation de toute sa vie

Ce pour quoi elle se sentait intimement faite:

       - "Femme de ménage"!!!

J'ai fait "huurps"
J'ai craché toute ma bouchée.

Elle a demandé

-" Ben quoi?"

J'ai dû rater quelque chose, mais quoi?

 

 PS : Soudain un doute m'étreint : dans les Pyrénnées, on garde plutôt des moutons non?

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Cinema Paradiso



 Aujourd'hui, c'est "soirée-ciné".

La "soirée-ciné" est au visionnage de DVD ce que le week-end à Venise est au week-en à Deauville.

Le même plaisir, mais avec en plus une dimension... magique....

On installe le canapé en lit, on se met tous sous la couette serrés les uns contre les autres, on attend le livreur de pizza et... en route pour une soirée trop chouette, avec esquimaux glacés en prime pour le dessert.

Le bonheur.

Evidemment, il manque un détail dans cette description.
Un détail non négligeable.

C'est quoi le film?

C'est quoi le film qu'on peut regarder en famille et qui plaît de la même façon à tous, quand la famille se compose de plus d'une personne?
D'âges et de sexes variés?
Enfin variés, les sexes, n'exagérons rien... on n'est quand même pas génétiquement modifiés.
Quant aux âges.. a-t-on jamais vu une famille se composer exclusivement de personnes du même sexe et du même âge?

Enfin bref.
Revenons à notre problème.

Quel film remplit toutes les conditions nécessaires à un visionnage familial?
Pas facile...

A ce stade du récit, il faut que je précise une fois pour toutes : je n'aime pas les dessins animés, je ne supporte pas les dessins animés, je deteste les dessins animés.
Il m'ennuient profondément.
Soirée-cinés et dessins animés sont donc antinomiques chez nous.

Alors quel film peut passer la sélection pour ces soirées?
Parce que les pré-requis sont très stricts.
A côté de ça, le boulot de sélectionneur pour le festival de Cannes, c'est de la petite bière.

Les différents paragraphes du cahier des charges sont d'ailleurs très clairs:

- Point de scène de violence, le film ne comportera.
Ici attention. La barre est très basse chez nous. En gros quand Oui-Oui engueule sa voiture parce qu'elle a encore fait pouêt au mauvais moment, certains membres de la famille en sont déjà tout retournés.

- Point de scène à la dimension angoissante trop appuyée, le film ne montrera.
Ici de même, on part de loin.
Pour donner une idée, la scène où le grand Mamouth Blanc apparaît dans le brouillard, dans le trop méconnu "Babar à la neige", est considéré par certains comme insoutenable d'angoisse. A ranger dans la même catégories que toute la série des "Freddy"
Un film qui ne fait pas peur, dans ces conditions, ce n'est pas gagné-gagné...

Enfin bien sûr:
- Toute scène charnelle du film sera exclue.
Pour faire simple, si le fondu enchaîné n'apparaît pas dans la demi-seconde où les bouches se rapprochent, le film n'est pas selectionné.

J'ai encore des sueurs froides au souvenir de ce jour où, alors que la sélection était censée avoir été rigoureuse, l'héroïne (et le spectateur avec) entrevoit quelques secondes son mari et sa maîtresse en plein ébat amoureux.

- "Mais il est fou, pourquoi il lui saute dessus comme ça?"

Evidemment, comme déjà évoqué sur ces pages, tout espoir d'éluder la question est un doux rêve...

D'où la nécessité d'avoir bétonné la sélection.
Avec les points pré-cités non négociables.

Il est certain qu'avec un tel cahier des charges, nos soirées-cinés peuvent paraître aussi tentantes que l'idée  d'aller boire un coup avec Benoît XVI au troquet du coin.

Et bien oui mais non.

Parce que j'ai mes trucs.

De ma filmographie personnelle, j'ai sorti, non seulement tous les Charlots (perfection absolue) mais aussi toutes les comédies romantiques et toutes les adaptations de Jane Austen qui sont mes anti-dépresseurs perso, et plein de comédies.

Et on se regarde ça tous ensemble en mangeant notre pizza puis en suçant nos esquimaux.

Bien sûr, le silence n'est pas requis. Certains films nécessitent même de donner une formation juridique historique accélérée (le principe de l'héritage de père en fils et non de père en fille, la grande Dépressin de 1929 aux Etats-Unis), ou même de faire des pauses-explicatives si une scène est un peu trop elliptique.

Pour avoir une idée de comment une ellipse leur passe au dessus de la tête, visualise la trajectoire d'un satellite dans la stratosphère. Mesure la distance avec le sommet de leur crâne. Voilà, tu sais à combien ça leur est passé.

Pour vous dire que la "pause-j'explique", parfois ça peut être long.
Mais ça fait partie du plaisir...
Transmettre, écouter....

Alors de pauses en explications, de choix de parfum d'esquimos en rasade de jus de fruits, le film initialement d'une heure et des brouettes, dure... et dure...

Et puis vous savez mes filles, comme des grandes, elles tombent sous le charme du héros du film, Hugh Grant par exemple.
Et puis mes filles, comme des grandes, elles se prennent à rêver pour le plaisir,  que cel homme, un jour, peut-être, fera partie de leur vie.
Qu'elles le rencontreront...
Que leur souhait se réalisera...

Et qu'il sera leur PAPA!!!

 Mes filles? Elles ont des idées géniales....

Mais bizarrement leur père ne comprend pas cette dimension de leur génie...


PS 1 : Caro, le coup du w.e à Deauville : ne te sens pas visée : parce que pour le coup, le tien,  il parait magique..

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Saint-Jean Bouche d'Or

349-407, plus connu sous le nom de Saint-Jean Bouche d'or

Si faire se peut, dans la bouche d'une mère de famille, certaines locutions doivent être soigneusement évitées.

Ainsi, il est évident que la formule toute faite Put** de Bord** de M** est à manier avec précaution et à réserver aux grandes occasions.
Celles où le choix qui nous reste se réduit à deux seules issues:
- soit l'expression ordurière de l'exaspération qui a pris présentement le contrôle de notre corps.
- soit la mise en orbite immédiate d'un représentant de notre descendance pour nous défouler.
De préférence le plus léger. Ce n'est pas parce qu'on est au bord de la nervous break down qu'on ne garde pas un peu de jugeotte nous permettant d'évaluer le risque de se faire un tour de rein.


De même; on évitera de répondre :

- " De la soupe qui pue "

à la question:

- Qu'est-ce-qu'on mange ce soir?"

Je reconnais que l'immuable répétition quotidienne de cette question mérite à elle seule la mise sur le marché de petites pilules destressantes spéciales mères/pères-de-famille.
Mais n'est-ce-pas, gardons le contrôle de nous même.
Et répondons à la place:

-     " De la pâtée pour chien".

Cette phrase est neutre. Ni agressive, ni dévalorisante. Et puis tous les enfants aiment les animaux. Que peut-on rêver de mieux comme réponse défoulatoire?


Par ailleurs lorsqu'on sera sollicitée pour admirer un dessin, la moindre des décences maternelles nous interdira de répondre:

-     "Ben heureusement que tu me dis que c'est un chat, je n'aurais jamais reconnu"

Non, nous savons toutes que notre enthousiasme face à l'oeuvre n'aura d'équivalent que celui d'un candidat d'un jeu télévisé stupide (pléonasme) lorsqu'il apprend sa victoire.

-    "Mon chéri mais quelle merveille, j'en ai les larmes aux yeux je peux le garder pour l'afficher sur mon bureau, ce chat on a tellement envie de le caresser etc etc..."

Sachant que tout l'art de la mère d'artiste est ensuite de faire disparaître un pourcentage raisonnable de la production de sa descendance  sans que ladite descendance n'en prenne ombrage.


Dans un autre cas de figure, face au chagrin d'un enfant qui vient de s'écorcher le genou, même si l'on fait comprendre que la douleur probable nous parait sans commune mesure avec le cri poussé, on évitera de donner comme argument pour calmer le chérubin:

-     " Ben attends d'avoir eu une bonne séance chez le dentiste , tu verras ce que ça veut dire d'avoir mal. Surtout les jours qui suivent..."

Cet avertissement anti-corporation des diplômés ès-roulettes est supperflu. Notre air  blafard rien qu'à sentir l'odeur lorsqu'on entre dans le cabinet dentaire est assez explicite. N'oublions pas que l'enfant ressent nos sentiments comme une éponge..


Voilà. Tout ça pour dire que, par ces quelques exemples précis, je pense donner totalement gage de ma bonne volonté à créer un dialogue familial harmonieux et constructif, entre personnes qui s'aiment et se respectent.

Alors dites-moi:
 
 Pourquoi, alors que j'exprimais d'une façon subtile et toute en finesse ma lassitude face au niveau sonore présent autour de la table familiale lors de ce repas vespéral...
Pourquoi elle...
Du haut de ses 6 ans...
S'est-elle permis de me répondre:

-     " Ben t'avais qu'a pas avoir d'enfants"

Elle que, comme ses frères et soeurs,  j'adore, me fait fondre, que je ne me lasse pas de regarder vivre...

Mais qu'est-ce-que j'ai bien pu lui dire pour qu'elle me rétorque ça?

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Catherine Zeta-Jones est-elle ma soeur?


Ou pas?

Je suis en droit de me poser cette question.

Elle est belle, elle a des enfant et un mari qui a un certain succès auprès des femmes.
(Dans la phrase ci-dessus, au moins un point commun entre elle et moi s'est caché. Saurez-vous le retrouver?)

Mais....
Elle l'a dite.
LA phrase.

Aïe Catherine, pourquoi m'as-tu fait ça?

Parce que cette phrase-LÀ, chez moi, c'est physique.
Elle me donne une très légère réaction allergique.
Comme une envie de rugir, et pour une fois pas sur mes enfants.

 Dans Marie-Claire de ce mois-ci. Cette phrase, je vous la livre dans toute sa brutalité:

- "Je suis épouse et maman avant tout"

Ben voyons
Hé ho......
On est en 2007

- "Je suis épouse et maman avant tout"

Ôte-moi d'un doute Catherine ma chérie, ça veut dire que toi, par exemple, avant de te rendre à un dîner chez des potes,

    Puisque tu es une mère avant tout...

Tu ne cherches pas à glaner 5 minutes de tranquillité, au besoin en étant moyennement aimable avec ta descendance. Le minimum vital pour rectifier ton maquillage avant de mettre ton manteau.
Contrairement à moi mère-pas-top. Moi qui cadenasse la porte de la salle de bain. dans le but revendiqué de pouvoir tracer un trait d'eye-liner sans que personne ne me tire par la manche au moment critique où le pinceau est pile-poil en plein milieu de la paupière.


    Puisque tu es une mère consciente de ses responsabilités ...

Ce soir-là, tu n'expédies pas le menu des enfants par un concept : pâtes au beurre - petit suisses afin de récupérer un peu plus de temps pour te préparer (cadenassée dans la salle de bain, ai-je besoin de le rappeler)

Tu as composé ton menu, acheté les légumes frais au marché le matin avant de partir au turbin et cuisiné le soir sans jeter un oeil inquiet sur la pendule.
Maman avant tout, rien ne peut te distraire de cette mission sacrée : fournir à tes chérubins la quantité quotidienne nécessaire exacte de vitamines, minéraux, glucides, lipides et protéines dont leur petit corps tendre a besoin.

Contrairement à moi, mère-pas-top.
A qui même avec le concept éprouvé "pâtes-au-beurre" pose des problèmes.
Lorsque j'essaie de me rappeler si j'ai bien tous les ingrédients pour mon plat principal.

Oui, même des pâtes au beurre, ça demande de se questionner un minimum:
-     "Reste-t-il des pâtes?"
-     "Reste-t-il du beurre?"
Parce que pâtes-au-beurre, si l'un des deux ingrédients manque, c'est moyen goûtu.


    Puisque tu es une mère épanouie dans ton rôle, en te préparant ce soir là...

Tu n'as pas le dilemne de ta tenue.
Aucune importance si cela fait cinq fois que tu te rends à une soirée avec cette même tunique.
Aucune importance si, en y réfléchissant bien, tes potes, cette l'année, ils ne t'ont jamais vu sortir avec une autre tunique.
Aucune importance si, pour dire les choses comme elles sont, tu n'en as pas d'autre, de tenue pour sortir.
Mère heureuse, épouse comblée, l'idée de te faire un petit shopping perso consacré au renouvellement de ta garde-robe ne te traverse même pas l'esprit.


    Et puis  bien sûr, j'allais oublier, mère avant tout...

Le lendemain matin de cette jolie soirée où tu t'es couchée à 5 heures du mat', l'arrivée des petits-bouts dans ton lit à 6h 38 pétantes est une pure joie, un moment très fort de bonheur dans ta vie de mère.

Donc quand tu dis:

- "Je suis épouse et mère avant tout"

C'est vraiment AVANT TOUT.

100% honnête.

Dis Catherine-darling,
Tu ne penses pas que cette phrase mériterait d'être nuancée?

Histoire de ne pas continuer à colporter, en filigrane, je te l'accorde, un mythe très légèrement plombé qui veut que l'aboutissement ultime de la vie d'une femme soit de se consacrer à son mari et à ses enfants?

Ou alors c'est moi qui ai vraiment mauvais esprit de voir tant de pensées légèrement surrannées dans cette toute petite phrase?


 
PS1 : Bon, sachez chers amis, que Marie-Claire, journal paritaire, a eu la bonne idée de nous fournir dans le même entrefilet une pensée profonde de Monsieur Zeita-Jones, j'ai nommé Michael Douglas.
Lui aussi m'a comment dire... gratouillée. Et pas comme j'aime. Dommage, un si bel homme!
Je vous en parlerai à l'occasion.

PS2 : L'honnêteté me pousse à vous dire qu'en écrivant ce billet, je me suis retournée sur moi-même (exercice extrêmement difficile, j'en suis encore toute contorsionnée) et je dois reconnaître que.., ben..., je suis souvent épouse et mère avant tout.
Mais jamais je ne le revendiquerai.
Et surtout jamais ne l'avouerai .
Parce qu'on est quand même plus que ça non?

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Sous les feux de la rampe

Comme je ne recule devant aucune mauvaise foi, ce post-ci est un peu l'antithèse de celui-là.
Et, cela va sans dire, tout aussi péremptoire.
Mes enfants sont très partageurs, et ma mauvaise foi, ils vous en refilent une partie.


Mère-ma-soeur, tu connais le point commun entre Angelina Jolie et moi?

Mises à part les formes je veux dire
Non, je plaisante, elle n'a pas du tout le même corps que moi.
La pauvre...

Mise à part la beauté de nos compagnons.
Brad Pitt? Il serait doublure lumière si mon homme était acteur...

Mis à part le nombre d'enfants
Huit à nous deux. Quatre pour elle, quatre pour moi. Nos enfants sont équitablement répartis.
Pas comme notre charisme
Un peu terne parfois la Angelina non?

Mais non, ce n'est rien de tout cela.
C'est bien plus éblouissant.

Notre point commun ce sont les feux de la rampe.
Angelina comme moi, on vit sous le regard des autres, les commentaires perpétuels et les personnes qui nous accostent.

Enfin, moi c'est seulement quand j'ai ma marmaille autour de moi.

Mais là attention :  je ne passe pas inaperçue.
Et je n'ai pas intérêt à me rater, parce qu'il y aura toujours quelqu'un pour me le faire dire.

Cas n°1 :
-"Vous ne pourriez pas porter le cartable de votre enfant? Vous ne voyez pas qu'il est aussi grand qu'elle?"

-"Attend, c'est elle qui va à l'école, c'est pas moi... "

Cas n°2
- "Mais il ne faut pas laisser les clés à l'enfant dans la pousssette, il va vous les perdre, vous êtes inconsciente."

-"Moi je veux bien. Regardez, je lui retire..."
    -" OUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIINNNNNNN"

-"Je lui redonne..."
    -"........"

-"Alors, convaincue?"

Cas n°3
-"Oh il a les joues toutes rouges et il est grognon, il vous fait une dent c'est sûr"

-" Oh oui c'est sûr, c'est juste sa  102ème depuis sa naissance il y a 6 mois... enfin moi j'y connais rien aux dents, mais il y a plein d'experts qui m'ont fait des consultations gratuites comme ça dans la rue. Vous êtes donc le 102 ème.
Laissez-moi votre adresse, quand la première dent sortira je vous ferai signe"

-"Ah et puis pour les joues rouges, je croyais bêtement que c'était le fait d'être entré dans ce magasin surchauffé alors que son emmitouflage est prévu pour les  -5°C actuellement mesurés à l'extérieur. Ce qu'on peut être stupide parfois"

Mais les amis tout cela n'est rien

Mon jour de gloire, mes cinq minutes Warholiennes de célébrité, mon casting de la Nouvelle Star,  je l'ai vécu hier.

Dans le tram.

Pourtant je me la jouais très sobre.
Limite incognito, accompagnée que j'étais d'un seul et unique échantillon de ma marmaille.
Même pas braillant. Calme et attentionnée, comme une personne sensée.
Même pas puant. A priori elle savait se débrouiller seule avec le papier toilette (encore lui?) depuis des années.

Mais... montée sur roller.
Dans ce tram long de 3 wagons communiquants, nous sommes montées par la porte arrière, loin, très loin du chauffeur.
Toujours calmes, toujours fondues dans la foule. Limite perdues dans nos songes.

Pas pour longtemps.

Parce qu'une fois les portes refermée, le tram en route..., le piège était refermé.

A cet instant précis, des haut parleurs habilement disséminés partout dans le plafond, et qui ne servent sinon qu'en cas d'attaque terroriste ou de réception du pape, nous parvint une voix.
La voix du chauffeur.
Qui parlait de moi. Et de ma fille

- "La dame qui vient d'entrer dans le tram avec un enfant en patin en roulettes est avertie qu'elle enfreint formellement le réglement des transports en commun et doit descendre à la prochaine station"

Là mes amis, je fus submergée par un sentiment, comment dirais-je.. de confusion. Une telle mise à l'honneur... Et de façon si délicate!

Car TOUS les passagers ont cherché à voir la femme ainsi distinguée :
Bibi.

Le rythme des conversations se fit plus soutenu. Chacun y allant de son petit commentaire, qui soutenant le chauffeur, qui me soutenant...
Deux dames, aux opinions radicalement opposées, ont haussé le ton. La seconde clamait haut et fort que le chauffeur avait raison.
Et que si on laissait tout faire, la décadence pointerait son nez, c'est-y-pas malheureux.
La première théorisait sur la baisse de la natalité irrémédiable d'un pays où la vie des enfants était ainsi contrôlée.
Les voisins s'en mêlaient, démarraient leur propre discussion.
Appuyant leurs dires avec force regards dans ma direction et gestes me pointant du doigt.

Et bien tu veux que je te dise mère ma soeur?

Je la comprends Angelina : la célébrité dans la rue, franchement, c'est gonflant!

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