mere-pas-top

Un presque siècle


Modigliani " Petite fille en bleu (1918)"

Hier c'était le 11 Novembre.
Grâce à elle, j'ai une toute petite idée de ce que cette date signifie pour ceux qui l'ont vécue.
Alors pour lui rendre hommage, aujourd'hui, je lui donne la vedette.

Ma Grand-Mère a 99 ans

Ma grand-Mère nous raconte le jour de l'armistice 1918, l'euphorie indescriptible, sa promenade solitaire extraordinaire dans la ville ce jour où les adultes, ivres de bonheur, ont  lâché prise sur la surveillance des enfants et oublié de fermer les portes de l'internat.

Ma grand-Mère me parle des moustaches de Guillaume II.

Ma grand-mère ne comprend pas que ma cousine ait choisi "l'austère voie de fille-mère". Elle s'inquiète pour l'enfant, lui "l'enfant sans père". Elle se souvient de la souffrance de sa propre fille en 1935. Quand les autres enfants se moquaient d'elles parce qu'elle était une fille de divorcée.

Ma grand-mère n'aime pas qu'on l'appelle Grand-Mère. Sauf nous ses petits- et arrière -petits- enfants bien sûr.
A tous les autres elle répond:
- "Vous êtes de la famille? Je n'arrive pas à vous remettre."

Ma Grand-Mère n'est pas impotente. Elle met dix minutes à trouver son stylo, son papier et à écrire le numéro de téléphone. Il est écrit. Pourquoi vouliez-vous  le faire à sa place?  

Ma Grand-Mère a toujours travaillé et gagné sa vie. Avec ses 5 enfants. Avec sa bonne, aussi,
Quatre mains pour sept personnes sans rayon surgelés, sans super-marchés, sans machines, sans couches jetables, sans plaques à induction.

Ma Grand-Mère se souvient encore de la claque administrée pas sa mère et de la douleur de la bague sur sa joue parce qu'elle osait réclamer une des brioches chaudes et dorées qui étaient dans le compotier sous ses yeux chez la voisine.

Ma Grand-Mère me raconte la généalogie de sa famille. De celle de mon Grand-Père aussi, son deuxième mari. Quand elle parle de lui, mort il y a 40 ans, elle a des larmes dans les yeux.

Ma Grand-Mère, c'est la référence historique de mes enfants :
- "Quand Grand-Mère était petite fille..."
- "Quand le papa de Grand-Mère était enfant..."
Au delà de ce temps, les hommes pre-historiques régnaient.

Je ne sais pas quelle mère fut ma Grand-Mère.

Mais elle est une Grand-Mère extraordinaire.

26 commentaires - aucun rétrolien

Chapeau bas

J'avoue?

Allez j'avoue...

Il y a des jours où je me sens.. top

Des jours où je promène sur ma marmaille un oeil énamouré et larmoyant d'émotion tellement je sens que nous atteignons la perfection.

Qu'à côté de nous la famille Ricoré c'est carrément les Thénardiers.

J'envie mes enfants d'avoir la mère qu'ils ont, j'envie leur père d'être tombé sur cette perle, j'envie mes voisins de nous croiser ces jours-là....

Ces jours-là, je regrette que la médaille de la meilleure mère soit tombée aux oubliettes depuis bien longtemps, je regrette de ne pas être plus connue pour que mon exploit soit encore plus célébré, je regrette de ne pas avoir plus d'enfants pour que ma victoire soit encore plus flagrante.

Ces jours-là, je suis tellement contente de moi, que je m'imagine déjà diriger la rédaction de la rubrique "bien-être-enfants" de tous les magazines féminins, je me vois déjà présenter l'émission "les maternelles" dès la prochaine rentrée scolaire, j'envisage presque d'être appelée à l'Elysée pour diriger la commission sur la petite enfance.

Ces jours-là...
Ces jours où j'ai cuisiné des légumes...

Et où ils les ont mangé!
En en ont redemandé!!

37 commentaires - aucun rétrolien

C'est bidon


Sondage ipsos-enfants magazine en Avril 2004 (oui, ça date)

Alors là je ne suis pas fière.

Ce n'est vraiment pas joli de tromper le public ainsi.

Lui laisser croire que la vie de famille c'est vraiment la famille Ricoré

Quand le soleil vient de se  lever, hein...
Parce qu'après...
Qu'est-ce qu'on en sait si  Monsieur et Madame Ricoré ils ne se foutent pas sur la gueule parce que Monsieur s'est levé sans débarrasser et Madame en a marre qu'on la prenne pour une bonne, et mais t'es complètement hystérique ma pauvre fille faut te faire soigner, ah ouais c'est moi bien sûr et toi quand tu hurles sur les enfants juste parce qu'ils renversent de l'eau...

Mais je m'égare, excusez-moi

Sans doute l'envie inconsciente de changer de sujet tellement ma honte est grande.
Le rouge qui me monte au front me rend verte de terreur de vous avouer mon forfait..

Parce qu'un jour, j'ai participé à un reportage...
Bidonné.

Oui, comme à TF1 ou au vrai journal de Karl Zero, ou même au Wall Street Journal

- "Accusée levez-vous : qu'avez-vous à dire pour votre défense".

-  "Ben voilà Monsieur Votre Honneur, c'est que nous avons un ami.."

- "C'est bien"
 
- "N'est-ce-pas?"

- "Poursuivez je vous prie"

- "Or donc cet ami est photographe"

- "Très bien"
 
- "N'est-ce-pas?"

- "Accusée, vous n'êtes pas là pour commenter. Poursuivez"

- "Et bien cet artiste de renommée internationale dans son quartier, à l'oeil infaillible et au déclic rapide, s'est vu confier un sujet de la plus haute importance et de la plus grande originalité en ce 21ème siècle débutant.
Un sujet qui n'avait jamais été effleuré en dehors des 183 couvertures de magazines et des 2549 articles des rubriques psy"

- "Au fait, au fait..."

- "Ah oui pardon.
    Son sujet c'était les nouveaux pères.

    Notre famille venant tout de suite après celle des Ricoré dans son carnet d'adresse, il eut l'idée de nous prendre en photo pour soutenir ce propos.

Vous comprenez, il fallait illustrer l'image d'un père moderne dans un couple moderne.
Un homme engagé dans sa famille qui sait faire tourner une machine de linge et même séparer le blanc et les couleurs depuis le jour où il a découvert qu'une alchimie des couleurs subtiles peut se passer dans le tambour.
Ce qui lui permet désormais d'être l'heureux possesseur de l'unique exemplaire au monde d'une chemise-ès-rendez-vous d'affaire jaune-pipi.

Un homme qui a l'odorat assez fin pour humer le subtil parfum prouvant que les intestins du dernier-né fonctionnent.
Et ce depuis le jour où, lors de son attente à la caisse du super-marché et avec bébé dans le bras, il a constaté que tout le monde essayait de regarder discrètement ses semelles de soulier pour voir s'il n'avait pas par hasard marché dans une crotte de chien.
Et qui depuis se précipite pour aller changer la couche. Voire même (je sais c'est fou), arrête la mère dans son élan
- "Finis de lire ton article sur Georges Clooney chérie, je m'occupe de bébé-chou".

Un père, un vrai, qui sait même racheter des couches AVANT que le paquet ne soit ne soit fini.

Un père, un vrai, qui prouve que les temps anciens sont révolus grâce aux photos le prenant sur le vif de ses nombreuses occupations paternelles :

Le père donne le bain
Le père enfile le pyjama des enfants
Le père met le beurre sur la tartine du matin
Le père emmène ses enfants au square."

- "Accusée, je n'ose croire à ce que je pense, si je comprends bien ce reportage était...?"

- "Bidonné, oui Monsieur Votre Majesté, bidonné, j'avoue"

    Même pas qu'il savait où étaient rangés les vêtements des enfants dans l'appart. Et surtout quoi est à qui. J'avais tout préparé en douce avec des post-it indiquant le nom de l'enfant destinataire.
    Et le body, on a fait une répétition générale pour que le bébé n'ait pas un bras à 90°C  coincé dans le dos et une jambe dans l'autre manche
    Le beurre sur la tartine... ils détestent et ne prennent que de la confiture le matin
    Quand au bain... c'est bien simple j'avais prévu la couverture de survie dans le couloir au cas où il aurait fallu réanimer après un début de noyade...

- "Voilà  Votre Monseigneur, vous savez tout. On n'a pas touché un radis pour ce reportage bidon, et désormais le blason de notre famille est souillé jusqu'à la septième génération (à la huitième, on remet les compteurs à zero, c'est bien connu).

En plus...
Ah Votre Sainteté, faut-il vous l'avouer et qu'ainsi je me flagelle?
En plus...
C'était pour le journal des allocations familiales."

40 commentaires - aucun rétrolien

Pas commode

Avant-hier je vous parlais des concepteurs névropathes de jouets pour enfants, sans doute sous-marins du mouvement no-kids,

Aujourd'hui j'élargis mon propos. Que ceux qui n'ont pas d'enfants restent sur ce blog au lieu de recliquer aussi vite que leur ombre.

Parce que je vais vous parler du concepteur Ikéa
Ah, je savais que mon propos devenait soudain universel...
(D'ailleurs, vous êtes plusieurs dans vos comms de lundi à avoir fait immédiatement le rapprochement entre le montage de jouets et le montage de meubles. Comme quoi je ne suis pas si mauvaise langue que ça...)


Ce que le commun des mortels-clients  ignore, c'est que le concepteur Ik*a concourt pour le prix Nobel du Sadisme.
Il est en cela magistralement secondé par le dessinateur de la notice de montage.

D'ailleurs Nobel était suédois, Ik*a est suédois, vous n'allez pas me dire que c'est un hasard.

Sade était français, je reconnais. C'est notre contribution à nous à la mondialisation. Toute en finesse, en originalité et en raffinement, comme toujours.

Mais revenons au concepteur.

A mon avis, chez les suédois, ils ont une politique de recrutement ultra-pointue.
Par une technique très éprouvée basée sur les méthodes de l'ex KGB, ils parviennent  à se procurer les feuilles d'examen des écoles d'ingénieurs/concepteurs. Et ils les étudient attentivement avec des critères de sélection très rigoureux.
Pour un même sujet d'examen, celui qui a trouvé la solution la plus compliquée ET la plus tordue a gagné son CDI chez le monsieur meuble suédois.
 L'association de ces deux critères est très importante. On croit souvent à tort qu'ils sont identiques. Que nenni. Quand ces deux critères se potentialisent, on atteint l'apothéose, le sommet de l'abscons.

Cette perle rare de concepteur est ensuite présentée à plusieurs potentiels futurs collègues dessinateurs de notice.
Un séminaire de bilan des compétences est organisé.

Basé sur le modèle nommé "séminaire Koh Lanta", où les participants sont largués au milieu des rats sans vivres et sans portable.
Et où à la fin on compte les survivants.

Lesdits survivants se vouant dès lors une haine tenace, on peut les apparier pour créer le couple : concepteur/dessinateur de notice pour la création de la prochaine géniale invention de nos amis suédois. On peut être sûr et certains qu'ils feront chacun le maximum pour rendre le travail de l'autre totalement nébuleux.

Technique très éprouvée, succès au rendez-vous :
Le montage de leur meuble EST effectivement totalement nébuleux.

Cependant, je perçois une lueur d'incrédulité dans votre regard.
Car, me direz-vous, on imagine assez mal des suédois, personnes pacifistes et discrètes, réussir à tirer les vers du nez des agents du KGB. Voire leur soutirer par la force. Si tant est qu'on puisse soutirer par la force quelque chose d'un nez, j'avoue à avoir un peu du mal à visualiser le concept...

Bref je reconnais que cette partie de ma théorie est un peu faible.

J'ai bien réfléchi, et j'ai trouvé une autre explication, qui de surcroît, cadre parfaitement avec notre image des peuples du Nord.
Peuples extrêmement chaleureux et aimant bien se poiler entre potes (il n'y a qu'à relire Asterix et les Vikings pour s'en convaincre).

Chez Ik*a, c'est sûr, ils sont hyper peuples du nord.
Et leurs notices, c'est du second degré.
C'est une private joke pour eux tout seuls, ils se poilent tous ensemble dans leurs beaux immeubles près de Copenhague.

En gros, ils fabriquent un meuble. Après, sans montrer le meuble, le jeu est de créer la notice.
Celle qu'est la plus décalée par rapport au meuble est l'heureuse élue. Et, tel un Prix Goncourt moyen, se verra diffusée à des millions d'exemplaire (enfin presque pour le Prix Goncourt).

Et comme dans Asterix, à chaque fin de semaine, la bande de joyeux drilles concepteurs/dessinateurs suédois se cuite au schnaps en se tapant sur les cuisses de rire à l'idée de toutes ces personnes de part le vaste monde qui suent sang et eau pour assembler ce foutu meuble en suivant cette notice imbitable.

En conclusion, j'espère que désormais, cet éclairage vous aidera ainsi qu'il m'aide, la prochaine fois que vous aurez l'idée folle de vous ravitailler en meuble.

Depuis que j'ai compris ça,  je regarde les bouts de mon meuble, je regarde la notice, je pleure de rire en voyant à quel point ils ont bien réussi leur blague.
Puis quelques heures plus tard je pleure tout court.

Parce que pour au minimum les 5 ans qui viennent, à chaque fois que mes filles voudront un truc dans leur commode, je serai obligée de me déplacer.

Rapport aux tiroirs inouvrables sans un geste alliant force de traction, légère torsion sur la droite suivie immédiatement d'un petit coup vers le haut, avec enfin retenue ultime du geste afin de ne pas se recevoir le tiroir sur les pieds.

Edit : Hoooonte sur moi : j'ai sous-entendu dans ce post que Copenhague est en Suède. Merci à Clare.be de m'avoir fait remarquer cette grossière erreur et bonjour aux Stokholmois (?). 


PS : la photo vient du site :http://www.marketing-alternatif.com/ où j'ai trouvé ça :
" . Ikea a créé un site contestataire de designers anti-Ikea plutôt bien fait où la marque se parodie avec humour : videos, fausses pub, merchandising …A voir : http://elitedesigners.org/ "
Perso j'ai pas vu grand chose, mais je suis une quiche internet
En plus un site parodique qui est créé par la marque elle-même, il me reste suspect...

38 commentaires - aucun rétrolien

Tu te souviens?

 

Bon, je préfère prévenir : aujourd'hui, ce n'est pas comique. Parce que parfois, être une mère pas top, ce n'est pas franchement drôle.

Mais promis, demain sera plus réjouissant. Enfin bon, voilà.

 

Des colères comme jamais elle n'en avait connu

Pourtant ce n'était pas son premier enfant, ni même son deuxième, ni même son troisième.

Mais là, depuis deux mois environ, c'était l'enfer.
Tous les jours. Plusieurs fois par jour.

Elle avait bien sûr testé tous ses anciens trucs plutôt efficaces jusque là. Puis des nouveaux. Puis des qu'on lui avait conseillé. Sans oublier le chantage et la corruption qu'elle réessayait régulièrement.
Incorruptible, imperméable au chantage et absolument pas receveur d'un quelconque essai éducatif.

Un sujet de thèse de pedo-psychiatrie à lui tout seul.

Auparavant, ce petit bout de 2 ans et des bananes était normalement colérique. Sa petite crise de temps en temps et il passait à autre chose. Heureux d'aller à la crèche, heureux d'aller chercher ses soeurs le soir, acceptant la baby-sitter de temps en temps pour cause de travail maternel un peu plus long que d'hab ou de sortie des parents.

Mais depuis deux mois, depuis ce déménagement...
Tout s'était pourtant bien passé : les grands s'étaient immédiatement adaptés à leur nouvelle école, des histoires de copains-copines s'étaient mise en place dès le premier jour...
Assez fière d'elle, la mère, d'avoir si bien préparé l'atterrissage du transbordement familial.

Sauf que lui....
Il était pénible point barre.
En plus n'ayant pas trouvé de place en crèche, elle l'avait tout le temps avec elle. Courses, ménage, linge et aucun moment pour s'éloigner puisqu'elle n'avait pas retrouvé de travail.

Jusqu'au jour...

X-ième colère, elle l'apprend de la bouche du père en récupérant une petite boule rouge, hurlante et se débattant.

A bout de force, d'idées, d'energie elle s'assied à côté de lui, sur le trottoir, au pied de la porte qu'il n'a pas voulu franchir et ne peut qu'écouter ses cris.

 A  bout de force, d'idées, d'energie elle comprend enfin ces pleurs et cris sans parole

A bout de force, d'idées, d'energie, d'une voix presque chuchotée elle demande :

- "Tu te souviens de ta crèche où tu allais avant qu'on vienne habiter ici?".

Et d'une voix calme, avec un visage où instanément disparait toute trace de colère, en la regardant droit dans les yeux, le petit bonhomme répond:

- "Oui"

Et sur ses  joues à elle les larmes se mettent à couler.

Elles coulent pendant qu'elle lui raconte sa vie à lui, sa vie d'avant. Elles coulent pendant qu'elle lui promet que lui aussi retrouvera des occupations pour lui, en lui expliquant que quitter n'est pas abandonner, en lui racontant pourquoi ils sont partis. Elles coulent de reconnaître chez lui tellement de sa propre peine à elle.

Elles coulent en lui disant qu'il faut que sa tristesse s'arrête.

Elles coulent de honte de ne pas avoir senti  plus tôt la souffrance de son fils

Elles coulent de soulagement de l'avoir enfin comprise.

 

Edit : Au vu des premiers comms, j'ai un peu l'impression de "tromper mon monde". Cette scène est déjà vieille de plusieurs mois, et ce texte a été écrit il y a plusieurs semaines. Je n'osais pas le mettre en ligne. Et puis hier quelque chose a fait remonter tout ça. Alors aujourd'hui je me suis lancée 

36 commentaires - aucun rétrolien

Encore raté

Once again, hier fut un jour SANS.
Sans prestige maternel
Et ce, face à un petit bout même pas capable de couper sa viande tout seul.
Ça fait mal.

A priori, la mission qui m'était confiée ne paraissait pas insurmontable.

Mettre bout à bout les rails en bois de ce circuit où peut ensuite circuler un charmant petit train, poussé par l'enfant, parfois pendant des heures.
Fascinante capacité des enfants à se concentrer sur un rien totalement inintéressant. Mais nous sommes bien d'accord : le principal est qu'ils soient occupés pendant des heures. Et SEULS.
Cinq minutes de travail maternel pour une heure de tranquillité, moi je dis, c'est honnête comme deal.

Bref, Le seul effort qui m'était demandé, c'était de l'aider à monter ce circuit.
En rond.
Et avec un pont.

Et bien, mère-ma-soeur, n'en tire pas des conclusions hâtives sur le nombre de neurones qui composent mon cerveau mais...
J'ai rien compris.

Bon, ce rail légèrement incurvé à droite, je dois le mette au bout de ce rail droit afin de pouvoir rejoindre le rail légèrement incurvé à gauche qui est au bout de ce rail droit ce qui permettra de fermer le circuit et de faire tourner en rond le petit train.
Bord*de M*, pourquoi ils sont décalés d'un centimètre?
Attends, je vais forcer un peu, ça devrait passer.

Put*, c'est du chêne massif ce bois, impossible de varier la courbe du rail ne serait-ce que d'un millimètre. Plus jamais j'achète de la qualité.

Bon il doit me manquer un rail de jonction, mais lequel peut-ce bien être?

Merdum, il ne me reste que deux rails inutilisés. Et j'ai au moins 50 centimètres de circuit à compléter si je veux que les deux bouts se rejoignent.
Un léger doute s'installe dans mon esprit: me serais-je un tantinet trompée dans ma conception du circuit jusqu'ici?

Ah non, c'est parce que Chérinet avait caché des bouts. Qu'il me désigne de son petit doigt potelé.
Mon bébé d'amour.
Il a compris mon problème. Il intervient exactement au bon moment. Quel esprit brillant. Mon fils quoi.

 ???


Horreur, ce n'est pas les bouts manquants qu'il me désigne.
Ce sont les rails censés créer le pont du circuit. Incurvés EN HAUTEUR.
Je les avais oublié ceux-là.
Mais dites-moi bande de névropathes-concepteurs de ce circuit, pourquoi ces deux rails sont incurvés en hauteur?
C'est du n'importe quoi. Pour que ça marche, il faut un rail incurvé en descendeur.
Ha....!
Et comment je fais moi maintenant?
...
Autant pour moi, je retourne l'un des deux. Oui d'accord.

Et le pilier? Je le mets comment le pilier?
Perpendiculairement au pont et non parallèlement. Faut pas me prendre pour une brêle. Si mon premier mouvement fut de l'installer parallèlement, c'était juste pour vérifier qu'effectivement c'était nul comme solution.

Et pourquoi les deux rails ne se rejoignent pas sur le pilier? C'est quoi cette différence de hauteur de 1 cm entre les deux maintenant?

C'est trop inzuste, .
Ze veux ma maman...
Moi qu'étais la plus forte en géométrie dans l'espace en maths au lycée... C'est pas possible : j'ai au moins perdu la moitié de mes neurones depuis ce temps là! Et comme par hasard dans le lot, tous ceux dédiés à ladite géométrie dans l'espace.
Pas de bol.

Mes potes, vous qui prétendez bien m'aimer, donnez-moi une bonne excuse pour me sortir de ce guêpier.
Téléphonez-moi.
Là maintenant tout de suite!
Les amis ..., jamais là quand on a besoin d'eux.

J'ai bien essayé d'ouvrir mon enfant au monde en prétendant lui avoir construit une voie des chemins de fer afghans, avec trous de mines et déformation du ballast  dûs à l'action des bombes.
Totalement insensible à l'argument.

Si  la génération suivante est à son image, concentrée sur son petit monde sans aucune compassion pour le reste de l'humanité, on est mal parti.

Finalement mère-ma-soeur, j'ai agi pour l'équilibre futur de mon enfant.
Ainsi que Dolto, Rufo, Calimero (ah bon, lui aussi?) nous l'ont appris.
Je lui ai montré qu'exprimer sa frustration est primordial pour l'équilibre psychique.

J'ai tout jeté au travers de la pièce.

Puis je lui ai conseillé de confier cette mission à sa grande soeur.

Cinq minutes plus tard, Petit-Bout poussait son train sur un circuit parfaitement construit, virage et pont inclus, trous de mines et déformation du ballast non-compris.

Quelle leçon à en tirer?
Si tu n'as pas une grande soeur disponible sous la main, un conseil,  le petit train en bois c'est ... NEVER.


PS : Femina en Suisse m'a fait l'honneur de me remarquer, avec d'autres mères-soeurs et pères-frères de famille. 

35 commentaires - aucun rétrolien

J'ai un truc

C'est le matin, nous sortons.


Les enfants marchent calmement en se donnant la main, manteaux fermés, dents lavées, les parents suivent un sourire aux lèvres. La voisine
de retour du kiosque à journaux nous croise en souriant, le kiosquier nous dit bonjour au passage, l'éboueur replace son container en faisant un signe de la main, le SDF de la station de metro nous dit bonjour.

Ambiance  "le soleil vient de se leveeer..."

Quelle jolie petite famille
Tout a l'air si pur et harmonieux dans leur monde

Si vous saviez, amis qui nous croisez...
Si notre famille irradie ainsi de sérénité lorsque nous apparaissons en public, c'est que j'ai un petit truc.
Et aujourd'hui, devant vos yeux éblouis, je vais le partager avec vous.
Mais pour ce faire, vous devez momentanément entrer dans l'intimité de la famille.

Pour que ce soit plus compréhensible, j'ai copié le meilleur des blogs

Quelques instants avant le départ, chez Monsieur et MadameMM plus marmailleMM


8h 21' 09": "Vous ramassez les livre par terre et vous mettez vos manteaux, on y va".
8h 21' 11" : "J'ai encore faim, j'peux avoir une tartine?
8h 22' 15" : "Tu ne t'es pas coiffée, tiens prends la brosse coiffe-toi et attache tes cheveux"
8h 21' 15" : "Où sont mes chaussures?"
8h 21' 16" : "On va pas être en retard à l'école hein maman?"
8h 21' 19" : "T'as regardé sous ton lit?"
8h 21' 30" : "J'peux avoir une tartine?"
8h 21' 45 " : "Tu te coiffes avant de partir
8h 22' 05" : "Pipi maman-çérie, pipi viiiite
8h 22'10" : "Dis par hasard, t'aurais pas vu la carte pour la photocopieuse de mon boulot. Et les clés de mon placard au bureau? Et mon portable?"
8h 22' 15"  "J'peux avoir une tartine?"
8h 22' 29" : "Enlève tes chaussures et va mettre un collant sous ta jupe. Il fait - 3°C, tu ne sors pas jambe nues."
8h 22' 47" :  "Ben dis, tu pourrais répondre non gentiment, c'était à  tout hasard quoi"
8h 23' 04" : "T'as oublié de signer le mot pour l'école"
8h 23' 16" : "Je trouve pas mon manteau"

C'est LÀ que se situe mon petit truc...

J'ai lu tout Dolto, Rufo, Pluto et Dingo (ah bon eux aussi?).
Et je sais qu'il ne faut pas aboyer sur ses enfants.
Je n'aboie donc pas sur mes enfants.

Je rugis.
Beaucoup plus efficace.

Mon rugissement est à peine fini que tous les enfants sont silencieux.
La bouche ronde, la larme à l'oeil.
Les relations soro-fraternelles en sont énormément ressérées et les grands sont responsabilisés :les petits se réfugient dans les bras des grands qui s'accrochent aux petits tout en prenant sur eux pour ne pas pleurer.

Résultat la communication gestuelle peut s'installer, le ballet de la vie quotidienne se remettre en route après cette interruption momentannée des programmes, le tout, ô bonheur, sans heurts, sans pleurs et dans un silence religieux.

Un sourcil qui se hausse? la soeur ainéee court se coiffer.
Un doigt qui désigne? Le petit dernier file chercher ses chaussures et les enfile.
Un oeil qui s'arrondit? la cadette se précipite pour ranger les livres trainant à terre.
Un regard qui change de direction? Le représentant-de-la virilité-à-la-maison retrouve illico ses clés, ses chaussures, son portable et se baisse spontanément pour faire les lacets du petit dernier.

Voilà pourquoi 5 minutes plus tard, les passants qui nous croisent, devant tant d'harmonie et de sérénité, auront ce sentiment étrange de "déja-viou" comme disent les englishophones.

- "Mais je les connais? M et Mme Ricoré? Charles et Caroline Ingalls peut-être?"

 Edit : Pouick me signale que les englishophones disent plutôt : "déjââ vou". Vous pouvez donc relire l'avant dernière phrase avec l'accent correct, histoire de ne pas passer pour une daube, comme moi...

28 commentaires - aucun rétrolien

Des prudes émois (déprudez-moi)


Je ne remercie pas le chroniqueur radio d'hier matin.

Celui que nous écoutions ma mère et moi, un sourire aux lèvres grâce aux bons mots dont il avait truffé son papier.

Celui qu'essayait de comprendre ma fille de 8 ans assise à côté de nous.

Celui qui faisait une gentille satire de certains membres du gouvernement

Dont David Martinon
Et d'autres.

Quelle idée a-t-il eu de raconter cette blague, fort drôle au demeurant, mais dont j'essayais encore le soir de me dépatouiller?

Cette blague ou un gentil benêt répond à la question :
- "Tu es puceau?" par la réponse
- "Pas encore"

Cette blague incompréhensible pour une jeune enfant dont les parents n'ont pas dépassé l'étape de l'explication de la graine enchantée qui, un beau matin, saute on ne sait comment du zizi du papa vers la graine du ventre de la maman.
Hop hop, ni vu ni connu et le bébé est dans le ventre.
Trop magique ce papa...

Mais cette blague que, mue par un sixième sens infaillible, l'enfant VEUT comprendre.

Sur le coup l'esquive est facile.
-"Attends ma chérie, je veux entendre la suite, je te répondrai plus tard"

Malheureusement, à un moment ou à un autre, le plus tard devient maintenant

Et maintenant, radio éteinte et à la table familiale, en présence de sa grand-mère très pudique, l'enfant remet le sujet sur le tapis.

- "Tu m'avais dit que tu m'expliquerais la blague."

Heureusement pour la mère pas tout à fait à l'aise, le terme de puceau ne semble pas avoir été imprimé sur le disque dur de l'enfant.

Une lueur d'espoir brille alors au fond de son tunnel de pruderie.

En rassemblant ses souvenirs d'autres chroniques satiriques, elle est en position de sortir la réponse qui la sortira d'affaire.
La réponse qui allie une petite allusion sous la ceinture pour oreilles juvéniles et, en gage de non-tricherie, le  nom de famille répété plusieurs fois le matin même par le chroniqueur.

- "Eh bien tu vois, il y a des gens qui n'étaient pas d'accord avec l'arrivée d'un Monsieur appelé David Martinon.
Alors ils disaient : Martinon-non-non.
Du coup le monsieur de la radio il disait Sarkozy -zi--zi.
C'est rigolo non?"

Gros éclat de rire autour de la table.
Le petit frère en pleine période caca-pipi-prout n'en a jamais entendu une aussi bonne. Même les soeurs plus âgées, théoriquement sortie de cette phase de régression anale, ne peuvent se retenir de rire.

Mais pas la questionneuse. La questionneuse sent le piège.
La questionneuse n'est pas née de la dernière pluie.
La questionneuse sait que quelque chose de plus important a été dit. Quelque chose qui, quand tu le connais, te fait directement rentrer dans le monde des adultes.

Et ce quelque chose, elle VEUT le savoir.

Coupant net l'hilarité de la naïve mère, très fière d'elle-même en croyant l'avoir joué fine, elle réitère sa question
- "Non, mais qu'est-ce-qu'il a dit d'autre? C'était pas ça"

La mère sent le piège se refermer.
La mère n'a jamais parlé de "ça" avec sa propre mère. Qui par un malheureux concours de circonstance est présente autour de la table.
La mère ne sait plus à quelle mère elle doit faire attention et à la place de quelle fille elle doit se placer.

Alors non, vraiment, je ne remercie pas le chroniqueur d'hier matin.


PS : La chronique était celle de Didier Porte dans l'émission de France Inter : "le fou du roi" de Stephane Bern. (Blog rigoureux qui cite ses sources, yes!)

29 commentaires - aucun rétrolien

Collègue

 

Mère ma soeur, l'autre jour je t'ai refilé mon gourou et mes exercices de méditation transcendantale.
Mais après réflexion, je me suis dit qu'il n'y a pas de raison pour que je ne te refile que les bonnes choses de ma vie.
Une soeur c'est fait pour partager, nous allons donc partager.

Ma collègue.
Qui me gonfle

Curieusement, elle est mère, mais je ne la sens pas soeur.

Par une malheureuse coïncidence, sa marmaille a l'âge de la mienne. Sa marmaille au singulier puisqu'elle est la mère d'une fille unique.

Jusque là tout va bien, je n'ai jamais jugé et ne jugerai jamais le nombre d'enfants dans une famille
Et d'une on ne sait pas la raison du taux de natalité d'une famille : choix, impossibilité physique ou pratique, rien n'est simple
Et de deux, il n'est écrit nulle part, même chez moi, que grande fratrie est synonyme de chouette et petite fratrie de bof.
Le bonheur est où on le crée, quelque soit le nombre d'enfants.
Après cette minute café du commerce philosophico-maternel, je reviens à mon propos.

Et surtout à ma collègue qui va bientôt devenir la tienne si tu veux bien de temps en temps m'en soulager.

Parce que cette collègue est un peu une monomaniaque du sujet de conversation.
Tu le vois arriver ce sujet? Gros comme une maison de star cachée dans les collines de Saint-Tropez?
Ben oui, SA FILLE.
La vie de sa fille. Les repas de sa fille. Les progrès de sa fille à l'école. Le coucher et ses difficultés. Le temps mis à faire ses devoirs la veille.
Et les petites maladies. Sujet enthousiasmant s'il en est, chacun sait à quel point l'évocation d'une gastro à 8h45 juste après le café matinal est de nature à ensoleiller la journée.

Mère-ma-soeur, ne me fais pas l'affront de penser que je peux, même d'une manière infinitésimale, l'encourager dans sa loghorrée verbale.
Non, intègre jusqu'au bout, pas un "Ah bon?", ni un "Tiens tiens" ne franchit mes lèvres.
Et jamais au grand jamais une réplique aussi suicidaire que "C'est pas vrai, vas-y raconte" n'a franchi mes lèvres.

Mais malgré ma discipline rigoureuse dans la non-réplique et les exercices intensifs de fermage de visage indiquant une concentration extrême sur mon occupation du moment, rien ne l'arrête.

Et ma journée passe dans l'évocation régulière des mille et un moments qui constituent la journée d'une mère.
Sujet qui me passionne à la condition exclusive que ma propre marmaille soit l'héroïne de l'histoire.
Sinon ça me gonfle grave.
Ce qui est un léger détail qui a l'air d'échapper à ma collègue

Oui je sais amie lectrice qui n'est pas mère.

Tu te dis :
-"Moi j'ai la même, mais en plus comme je n'ai pas d'enfant, ça me gonfle encore plus ses histoires..."

Et bien détrompe-toi Pas-mère-ma-soeur.

Parce que si je m'épanouis parfois au boulot, c'est AUSSI parce que..
Parce que pour quelques heures dans la journée je peux utiliser mes neurones à autre chose qu'à me réciter les tables de multiplication pour voir si une erreur ne s'est pas glissée dans le devoir de ma descendance à rendre le lendemain.
Parce que pour quelques heures dans la journée je ne me demande pas s'il reste assez de couches dans le sac pour tenir jusqu'au week-end.
Parce que pour quelques heures dans la journée je ne réfléchis pas à ce qu'on va manger ce soir et si le dernier shampoing anti-poux a bien fonctionné.

Alors que grâce à ma gentille collègue atteinte de ce tic de langage qui lui fait commencer toutes ses phrases par "ma fille",  je perds toute possibilité d'oublier pour quelques heures que je suis mère.

Et ça
Franchement
Il n'y a pas pire pour une mère...

31 commentaires - aucun rétrolien

Je suis la plus belle

Aucun doute dans son esprit.

Mes cheveux (sans couleur définie) sont merveilleusement doux et ondulés.

Mon visage (munis de défauts divers et variés) est divinement harmonieux.

Mon corps (avec ses bourrelets, sa cellulite et ce bizarre changement d'échelle dans les proportions du haut et du bas) est on ne peut mieux fait.

Personne ne me surpasse en beauté.

Elle en est persuadée.

Ma fille...
Tellement belle...
Tellement fière quand on lui dit qu'elle me ressemble énormément...

La pauvre...

 

25 commentaires - aucun rétrolien

Page précédente | 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 | Page suivante