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QI: La révélation

 

 

 Yes, ça m'a demandé un peu de temps, j'ai attendu d'avoir toutes les infos en main, mais ça valait la peine.
J'ai the argument pour ne plus culpabiliser face à mon absence flagrante d'implication dans la stimulation intellectuelle de mes enfants.

Du style méthode d'Anglais à-mimile avec les écouteurs branchés directement sur le ventre maternel, dès le 3ème mois de gestation, ou CDs éducatifs qui décortiquent tout Mozart pour enfants d'âge pre-pre-scolaire.

Euh... et même sans aller jusque là, les cahiers d'activités, achetés, mais qui chez moi,  terminent immanquablement en cahier de créations libres. (Des exercices avec consignes? Où ça des exercices?). Ou les sorties dans des expos passionnantes, envisagées et toujours repoussées.

Voilà, tout ça je peux désormais le zapper la tête haute et le jarret conquérant.

Et là, je dis merci aux moteurs de recherche. Merci aux pages d'accueil qui, au hasard de clics négligents, nous moulinent des infos bétons sur les résultats du PSG (perdu comme d'hab), la fin de la star'ac (elle avait commencé?), ou les histoires de coeur de qui vous savez (ah bon, il lui a vraiment refilé la même bague qu'à l'autre?). Alors qu'on n'a rien demandé et qu'on voulait juste vérifier nos mails.

Ainsi l'autre jour, une petite info me fit lever le sourcil gauche plus que circonspectement.

Qu'y lis-je?

"Les aînés obtiennent des scores supérieurs au test de QI, quelles que soient leurs origines sociales".
Je résume : en gros, d'après cette enquête, les aînés sont des flèches, les cadets euh..., ben moins.

Et ce n'est pas fini:
"Plus la famille est grande, plus le sujet "perd" en intelligence, le troisième enfant d'une famille de quatre se plaçant au dessus du troisième enfant d'une famille de cinq".

Vous suivez?
En gros, il faut se rendre compte que la question

       -"Tu as des frères et soeurs? Ils sont plus âgés que toi?"

est une question piège. De laquelle il faut se sortir avec finesse et aisance. Le pauvre inconscient qui annonce désormais tout fier qu'il est le petit dernier d'une famille nombreuse ne doit pas s'étonner si son son interlocuteur se met à scruter son visage pour y déceler les signes physiques patents de la catégorie benêt.

Surtout lors d'un entretien d'embauche. N'hésitez pas à vous inventer une fratrie dont vous serez toujours l'aîné. Soyez conscient que quelques petits frères et soeurs supplémentaires vous font gagner des points de QI virtuels.

Sauf que là où ça se corse, c'est qu'au hasard d'autres lectures, j'avais également appris :
"Ceux qui ont plus de trois frères et soeurs réussissent moins que les autres".

Ouh là, reprenons:
Plus on est l'aîné et plus haut est notre QI.
Mais... plus on a de frères et soeurs et moins on réussit.

Donc, conclusion plus on a un haut QI et moins on réussit!

Et vous voudriez que je stimule le QI de mes enfants par des méthodes éducatives diverses et variées? Pas fou non?

Comment ça mon raisonnement n'est absolument pas scientifique et d'une telle mauvaise foi que j'ai toutes les qualités requises pour illico être engagée en tant que nouvelle plume de notre grand chef?

Mon raisonnement il est béton moi je dis!

PS: Inutile de chercher à me tirer les vers d'une nez, je ne vous dirai pas que j'ai plusieurs frères et soeurs. Et que je suis loin d'être l'aînée.  Non non, je ne dirai rien...

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Pas du tout d'accord

 


Aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, un vrai coup de gueule (enfin pas coutume pour vous, pour mes enfants bien sûr, c'est une autre histoire...). Pas original, pas à la pointe de l'actualité, mais nécessaire de mon point de vue.

Parce que la dernière trouvaille de notre grand chef m'a effarée. Une de plus.
Je sais j'arrive un peu tard, mais je ne voulais pas mettre en ligne sans avoir le temps de répondre aux comms, et je savais qu'hier ce serait compliqué.

Alors oui, ceux qui lisent fidèlement (au fait, dois-je vous rappeler que je vous baise les pieds?) savent que ce grand chef là, je m'en serais volontiers passée et c'est un euphémisme. Et qu'entre les deux, j'aurais préféré la grande chef. Même si je ne suis inconditionnelle de personne.

Mais même d'un grand chef aimé, je n'aurais pas supporté cette proposition.

L'idée de confier la mémoire d'un enfant de la Shoah à un enfant de CM2 me semble tout simplement atroce, dégueulasse, démago, stupide. Et j'en passe.

Je sais, depuis la conférence de presse où il a sorti cette idée de son chapeau, le concept s'est un peu transformé: désormais ce serait à une classe entière et non plus à un enfant seul que ce devoir serait fourni.
Voire même, ce concept pourrait encore se transformer. D'éminentes personnes ont été appelées en renfort. Preuve soit dit en passant que ce fut une proposition mûrement réflechie.

Reste que cette idée il l'a eue, écrite, il en a sans doute discuté avec d'autres éminents adultes qui le conseillent ou l'assistent, et l'a finalement exposée en conférence de presse.

Reste qu'il n'a visiblement pas eu la décence d'en parler à une personne qui l'a soutenu et qui est l'un des personnages publics les plus qualifiés dans notre pays pour évoquer l'atrocité du génocide juif. Il n'a pas eu la décence élémentaire de demander son avis à Simone Veil, laquelle à l'évocation de cette possibilité a dit :
«C’est inimaginable, insoutenable, dramatique, et surtout injuste.on ne peut pas infliger ça à des petits de dix ans, on ne peut pas demander à un enfant de s’identifier à un enfant mort. Cette mémoire est beaucoup trop lourde à porter…» (site de l'Express, vendredi 15 février)

Reste que je me demande si ses enfants à lui sont faits autrement que les miens, ou s'il a souvent discuté avec eux dans leur petite enfance. Evidemment je me doute fortement que la réponse à ma question est la solution numéro deux.

Car je ne suis pas spécialiste de l'enfance, encore moins évidemment de l'histoire de la Shoah. 
Je ne suis spécialiste de rien.

Mais j'ai déjà parlé de l'Holocauste à mes enfants.
Dans une conversation plus générale sur la guerre, conversation qui avait débuté par des questions sur l'enfance de leur grand-mère. Bien sûr très rapidement pour expliquer cette guerre il a fallu évoquer Hitler. Bien sûr l'évocation d'Hitler ne pouvait se faire sans l'évocation de sa haine des Juifs et sa folie exterminatrice.  Et bien sûr, vu leur tout jeune âge je ne suis entrée dans aucun détail abominable.
N'ayant aucune ascendance juive, aucune identification n'était possible pour mes enfants et ne peut expliquer la forte impression que ces quelques phrases ont eu dans leur esprit.

Dans les jours qui ont suivi, d'elles-mêmes, elles sont revenues sur le sujet, ont demandé des explications que je continuais à présenter de manière la moindre traumatisante possible, autant que faire ce peut dans ce contexte.

Alors je suis effarée à l'idée qu'on puisse leur demander vers leurs 10 ans de prendre en charge la mémoire d'un enfant de leur âge, de leur école. Ce qui reviendrait à créer une sorte de "lien affectif" entre cet enfant mort et l'écolier en charge de sa mémoire.

Il est indispensable que la mémoire de cette abomination soit dans toutes les têtes, il monstrueux d'en charger des jeunes enfants de cette manière là.

Et pour que vous puissiez si vous le désirez lire un avis nettement plus intéressant que le mien, je vous renvoie au blog de Serge Hefez (
Psychiatre et psychanalyste, responsable de l'unité de thérapie familiale dans le service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière à Paris) à ce sujet.
Je recopie ici juste les phrases qui m'ont le plus marqué
e:

"Si certains pourront sans aucun doute s’emparer de  l’histoire singulière d’un jumeau disparu, se l’approprier pour comprendre et pour grandir, pour s’inscrire dans une morale collective, d’autres ne rencontreront que les tourments de la culpabilité ou la terreur de l’innommable. Or la culpabilité est puissamment contre-productive, elle a vite fait de transmuter l’amour en haine. Ce projet produirait alors exactement l’inverse de ses objectifs : la haine de l’autre, le mépris du juif, l’exacerbation de l’antisémitisme. Nul ne sait en outre comment la famille de chaque enfant est en mesure d’accompagner ce travail."

PS1 : comme le sujet peut prêter à polémique, j'aimerais qu'il soit clair pour tous ceux qui veulent mettre un comm que mon coup de gueule n'est pas : "Faut-il évoquer la Shoah avec les enfants au cours de leur scolarité"? La réponse est mille fois oui, d'ailleurs la question ne se pose même pas. Le sujet est "Faut-il l'évoquer de cette manière-là"? Et là ma réponse est mille fois non.

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Trois soeurs

 

 

 

 J'étais la moins jolie des trois.

Ou je me l'imaginais.

J'ai admiré mes soeurs. Souhaité leur jolie peau à l'heure où la mienne se couvrait de boutons, envié leur fine silhouette quand la mienne s'est alourdie de tout mon mal-être, convoité leur joli sourire que n'enlaidissait aucun appareil dentaire. Rêvé à en pleurer de posséder la finesse de leurs traits.

Les adultes en visite disaient à mes parents:

-    "C'est une beauté"

Mais...
Il s'agissait toujours de mes soeurs. Ou alors mes oreilles, obéissant à mon cerveau d'adolescente complexée, n'entendaient que les paroles qui alimentaient ce complexe. 

C'est vrai, j'avais de l'esprit, je le cultivais soigneusement. C'était lui et lui seul qui me procurait l'amitié des autres. En tous cas j'en étais persuadée. Pendant longtemps sûre d'être laide, je ne laissais à aucun garçon la possibilité de me dire ou prouver le contraire. La conviction de ma mocheté me poussait à m'exclure moi-même de ce jeu de chaise musicale des flirts adolescents, et cette exclusion était en retour la preuve indubitable de ma laideur.

Et puis j'ai grandi, et puis j'ai mûri, et puis j'ai appris peu à peu à reconnaître les atouts que je possédais, à camoufler ce que je n'aimais pas, à comprendre que la beauté n'est pas indispensable à une vie heureuse. On m'a prouvé que je plaisais.
Ce que j'écris là en quelques mots s'est écoulé sur des années de ma vie de jeune adute.

Et puis un jour enfin j'ai su que j'étais une femme idéale puisque ce jeune homme rêvé que je venais de rencontrer le pensait si fort.

Aujourd'hui j'ai trois filles.

Et comme mes parents jadis, j'entends les amis adultes me dire:

-    "Ce sont des beautés."

Mais...
En parlant de deux d'entre elles...

La troisième n'a aucune tare, elle n'a juste pas reçu ces yeux bleus particuliers en héritage, ni cette extrême finesse de traits.
Elle est vive et belle.
Moins  inhabituelle que ses soeurs sans doute.

Et déjà du haut de son tout petit âge, je l'ai surprise l'autre jour face au miroir, scruter son reflet d'un air si sérieux. Puis me dire:

-    "Moi je voudrais avoir le même visage que mes soeurs, elles sont plus jolies."

Alors j'ai retenu mes larmes et je l'ai prise dans mes bras.

Je lui ai dit que ses yeux de jais sont comme ceux de Blanche-Neige, la plus belle du conte, que ses cheveux lisses et sombres ressemblent à ceux de cette actrice indienne qu'elle admire tant, que sa bouche a la couleur d'une pierre précieuse.

Et puis je lui ai dit qu'un air bête et méchant rend laid même un joli visage, alors qu'un air vif et intéressé rend tous les visages attractifs.

Ce jour-là je l'ai rassérénée.

Mais depuis, mon coeur se serre quand je la vois se regarder un peu trop longtemps.
Que voit-elle dans le miroir cette enfant si jolie et belle comme un coeur?

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et TACs (2)

L'autre jour nous parlions des TACs (Troubles Alimentaires Compulsifs). Et de cette trouille bleue de les transmettre à nos enfants.
Impératif, ce me semble, pour éviter cette impardonnable faute de goût : bannir du vocabulaire culinaire toute référence au poids :"Ça fait grossir"; à la culpabilité: "Ce n'est pas bien"; et au chantage affectif: "Pour me faire plaisir"

Ah ben oui d'accord, mais alors là...
On répond quoi quand ils nous redemandent des frites pour la troisième fois?

La question est complexe et mérite réflexion.
Je me suis attelée à la tâche. Et j'ai étudié des exemples ancestraux. Telle une ethnologue de la topitude, je suis allée voir comment faisaient celles qui m'ont précédées. Je vous le dis tout de suite, après avoir fait ce petit bilan, j'ai réalisé que mon hérédité de non-topitude était chargée.
Enfin bref, si vous voulez vous faire une idée par vous-même...

(Pour la lisibillité de l'expérience, j'ai placé le dialogue autour de la table familiale, quelques instants avant le dessert):

Exemple numéro 1, autour de l'an de grâce 1950 :
    Comme ma grand-mère à ses enfants
- "Maman je peux avoir des frites?"
- "Non"
- "Pourquoi?"
- "Tu oses répondre à ta mère? Va dans ta chambre sans dessert petit insolent".

On notera au passage que cette réponse permet d'évacuer sans en avoir l'air le problème du dessert, potentiel bombe calorique.
L'ingéniosité de nos grands-mères étaient prodigieuse non?
Nonobstant, est-il raisonnable en 2008 de vouloir en tous points suivre les exemples éducatifs hérités directement d'une enfance aux alentours de la guerre de 14? Je m'interroge...

Exemple numéro 2 quelques années après l'an de grâce 1970 :
    Comme ma mère à ses enfants
- "Maman, je peux avoir des frites?"
- "Non"
- "Pourquoi?"
- "Parce que"
- "Parce que quoi?"
- "Parce que c'est comme ça"

On admirera la subtilité d'une démarche qui permet de rester sur ses positions sans jamais se fourvoyer dans des expressions potentiellement dangereuses.

Ah nos mères, quelles femmes !!!... Néanmoins cela nous a-t-il évité les troubles de l'alimentation?
A l'évidence non, oublions donc cet exemple.

Exemple numéro 3 quelques années après l'an de grâce 1990 :
    Comme ma soeur aînée à ses enfants
- "Maman, je peux avoir des frites?"
- "Non"
- "Pourquoi?"
- "C'est bien d'avoir posé la question mon chéri, sache que l'ingestion de tels féculents après leur passage prolongé dans un milieu lipidique t'expose à l'augmentation de la masse de kilojoules que tu apportes à ton organisme lors de son rythme circadien, lequel organisme utilise lesdits kilojoules pour son adipocytogenèse."
- "...?"
- "Tu veux du ketchup avec tes frites?"

Oui, ma soeur a tout lu mais quelques concepts lui échappent encore, notamment celui de la cohérence entre le discours et les actes.
Oublions son exemple, il ne nous ménera pas très loin.

Ben oui mais alors...
On répond quoi...???

Et bien mère-ma-soeur, j'ai trouvé LA solution. Yes. Et je te la refile de bon coeur

Il suffit d'agir:
 "Scrountch, scrountch"
puis de parler:
-    "Ah ben non il n'y en a plus regarde,  je les ai toutes mangées"

Imparable!

PS : Oui oui, en haut vous avez la photo de cette traîtresse cellule qui ose se remplir de graisse au hasard de l'ingestion de quelques cuillérées de nutella ou autre petit bonheur! Tête sympa non? 

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C'est embarrassant

 
Avoir des enfants, il faut le savoir, c'est la garantie de vivre des moments délicats.

Tiens par exemple rien que l'accouchement...

Allez, non ne blêmissez pas, je ne vais pas vous décrire mes accouchements par le menu. Déjà qu'hier je vous parlais de mes problèmes de prostate (dont je confirme que je suis dépourvue, pour tous ceux qui douteraient encore), vous finiriez par vous croire sur un quelconque site médical.
Avec tous les dangers créés par ce genre de littérature. La lecture des différents symptômes nous rendant immédiatement hypocondriaques, persuadés d'être atteints d'une affection rarissime et incurable dont la veille nous n'avions jamais entendu parler.

On lit, on lit, et on finit par s'emmêler un peu les pinceaux dans tous ces symptômes divers et variés.

Tiens moi qui vous parle, un soir de recherche plus poussée que d'habitude, j'ai cru que j'avais le cancer des testicules.
Et puis, j'ai levé la tête de l'écran, j'ai réfléchi cinq minutes et je me suis dit que ça ne devait pas être ça.

Ceci dit, ça m'étonnerait que lire la description d'un accouchement puisse induire un lecteur lambda à se penser en plein travail obstétrical avec un col ouvert à 5 cm. Ou alors, c'est une personne trèèèès influençable.

Enfin bref, tout ça pour en revenir aux moments délicats de la vie de mère, du style de celui qui m'attend demain.

Un rendez-vous avec le maître. De petite classe.

Sans doute un chouïa de paranoïa de ma part, mais dès le serrage de main protocolaire, je suis déjà sur la défensive:

-    " Qu'est-ce-qu'il sait?"

Oui, que sait-il de moi? Et pourquoi il me regarde comme ça? Il a l'oeil qui frise, je vois bien qu'il a l'oeil qui frise. C'est moi qui le fait rigoler comme ça?
Qu'est-ce-que ma gamine a bien pu lui raconter?
Quel plaie ces enfants ouverts et chaleureux! Ils racontent tout.

Je rêve ou son regard dévie souvent sur mes pieds? C'est pas vrai, elle lui a dit que j'avais mis des chaussettes avec des trous ce matin. Je vois ça d'ici:

-    "Bonzour Maître, tu sais ma maman elle a de gros trous dans ses chaussettes aujourd'hui. On voit ses doigts de pieds qui sortent, c'est rigolo"
   
Non mais là il fait une fixation sur mes pieds, ce n'est pas possible, il les regarde encore. Elle ne lui aurait tout de même pas dit que j'ai tendance à puer des pieds? Traîtresse!

Mais le pire, c'est qu'il y a tant d'autres possibilités:

-    "Moi z'aime bien les pâtes aux beurres, mais quand même, desfois le soir, z'aimerais bien manzer autre chose".

-    "Moi ma maman, elle me lit zamais d'histoire le soir, elle dit que comme ça ze saurais lire plus vite. C'est vrai dis Maître?"

-    "Maman, elle ferme zamais la porte quand elle fait pipi"
   
-    "Maman la nuit elle ronfle".
   
-    "Tu sais Maître, le matin ma maman elle a une tête trop rigolote avant sa douche, on dirait qu'elle est vieille".

-    "Maître, tu crois que ça fait mal quand on s'enlève les poils? Parce que ma maman elle dit que ça va, mais moi je crois pas, parce que quand même elle fait une drôle de tête."

Tant d'autres possibilités je vous dis...

A la réflexion, j'ai encore le temps d'annuler non?

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Dix ans après

 

 

Pouick  m'a aimablement entraînée dans une chaîne.
Procrastrinatrice comme je suis, ça fait un bout de temps, mais voilà,un jour ou l'autre je fais les choses

Posons les faits, le thème de cette chaîne c'est "Dans 10 ans".

On me demande comment je me vois dans dix ans?

Et bien absolument identique à aujourd'hui, portant toujours belle mes 28 ans, pourquoi?

Question suivante.

Ah oui, non j'oubliais...
Je suis mère d'ados.

Mes enfants ados, ce qui change c'est évidemment la bannière de ce blog. (Eh oui, je compte bien m'accrocher au blog comme la moule à son rocher tiens!)

Comme l'avait suggéré SophieL.L il y a quelques mois: cette bannière se compose désormais de pieds qui puent, pointures de 38 à 44.

A part ça dans dix ans comme aujourd'hui, le soir je leur dirai bonne nuit. Seule nuance, ce ne sera plus eux, mais moi qui me irais me coucher après le baiser du soir...

Dans dix ans comme aujourd'hui je rugirai que bord* de m* je ne suis pas la bonne. Sauf que rapport aux écouteurs greffés dans leurs oreilles, ils s'en tamponneront allègrement le coquillard. Mais dans dix ans comme aujourd'hui, après avoir rugi, j'aurai ce petit air niais de la personne qui vient de se soulager et qui promène un regard béat sur ce qui l'entoure.

Dans dix ans comme aujourd'hui, je me poserai des questions sur comment aborder le sujet de la sexualité. Mais cette fois-ci ce sera de leur sexualité dont il faudra parler. Va falloir que je travaille mes rapports à la pudeur d'ici là...

Dans dix ans, comme aujourd'hui, on se fera des festins de granolas. Sauf qu'ils auront fait des progrès en arithmétique et qu'ils sauront qu'un paquet de biscuits divisé par le nombre d'individus présents dans l'appart , ça ne fait pas 1 gâteau pour chacun d'entre eux et le reste pour moi. D'où âpres négociations, calculs d'apothicaire et partage du dernier Granola par un découpage millimétrique.

Dans dix ans comme aujourd'hui je serai cernée de mères-top qui savent tout sur les dérogations pour les meilleurs lycées ou prépas, et sur les éditions de compléments de manuels scolaires. Pendant qu'éventuellement je serai à la recherche d'un maître d'apprentissage compatissant et prêt à faire un effort pour admettre un échantillon de ma marmaille, dont le génie n'aura pas été reconnu par les nombreux professeurs qui l'auront vu passer. 

Enfin et surtout, dans dix ans je pourrai enfin réaliser mon rêve. Tenant en cela une promesse jamais oubliée faite à moi-même alors qu'ils étaient encore bébés.
Je me réveillerai le dimanche matin vers 7 heures (sans doute quelque problème de prostate m'enjoindra un petit pipi matinal. Oui oui, même une belle plante de 28 ans peut avoir des problèmes de prostate, je vous signale!).

Et pour les remercier de ces années  continues sans aucune nuit complète et avec disparition absolue de mes grasses matinées dans la stratosphère intergalactique, je me présenterai dans leur chambre sur les coups de 7 h 12 (ben oui, quand on a des problèmes de prostate, le pipi ça peut durer longtemps), et je chanterai à tue-tête. Des tubes de ma folle jeunesse. En y rajoutant des "badous-badous" et autres "leinheinhein" qui rythment l'affaire.  Toujours à tue-tête. Jusqu'à les avoir réveillés, mais vraiment réveillés hein. Pas juste un grmourf qui sort de sous la couette.  Et lorsque leur tête ébourriffée jaillira enfin de sous l'oreiller, j'irai me recoucher pour de longues heures. Comme eux d'ailleurs, je ne me fais pas d'illusion.

Mais Boun Diou, je l'aurai fait.

En attendant, et pour être prête le moment venu, je fais mes vocalises tous les matins sous la douche.  Et c'est drôle, comme s'ils avaient une prescience de ce qui les attend, bien souvent je les entends derrière la porte:

-    "Pitié, arrête maman s'il te plaît, c'est moche".

Ces petites bêtes, leur instinct ne les trompe pas...

Niark niark...


Une chaîne c'est fait pour enchaîner, je refile donc le bébé (je garde l'eau du bain pour me relaxer) à FyfePrincessevarda  et Aurélie/Brasse Brouillon . En même temps c'est comme vous voulez les filles, je n'oblige personne. Moi j'ai fait mon devoir bloguesque

PS: Fyfe, désolée pour l'arbre de Noël de décembre, vu le temps qu'il me faut pour enchainer, je me voyais mal raconter mon plus beau Noël le 22 janvier.

PS de l'après-midi :Pour tout ceux qui doutent, soit de mes connaissances en anatomie, soit de mon genre, je vous rassure: a piori je ne pense pas qu'on trouve de prostate sous le gras qui me sert de ventre.
 

 

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La touche en plus

 

Futur père de famille et Future mère de famille (FMDF et FMDF), encore une fois je me dois de t'avertir de quelques petits détails passés consciencieusement sous silence par la rubrique "bien être - enfants" que l'on trouve dans n'importe quel magazine. Sauf peut-être dans L'Autojournal et dans Tuning Magazine, et encore, je n'ai pas vérifié.

Oh ce petit détail est très simple. Sache que tu peux d'ores et déjà aller faire un tour chez D*rty ou la FN*C la plus proche de chez toi et faire coucou à tes semblables, bien rangés en rang d'oignon sur leur étagère.

Charmantes petites machines qui tiennent dans le creux d'une main.
Je veux parler des dictaphones.

Observe-les bien, approche-toi, ne vois-tu pas un air de ressemblance entre toi et eux? Un rien, un petit détail... (C'est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup.)

Tu le vois?
Mais voyons regarde mieux.

Et la touche repeat alors?

Eh oui, la tienne n'est pas encore très fonctionnelle, mais crois moi, elle va le devenir. 

Bien sûr au début c'est plutôt agréable. Par exemple nous sommes capables de répéter la phrase:

-"Gouzi gouzi, c'est à qui ces jolis pieds?"

un nombre incalculable de fois sans ce lasser. D'autant plus qu'en raison de l'âge moyen de l'interlocuteur, attendre une réponse sensée paraît superflu. La répétition de la question permet d'éviter l'installation d'un blanc toujours embarrassant dans une conversation à bâtons rompues, même si l'un des deux protagonistes a les fesses à l'air et la couche chargée.

Malheureusement, la nécessité de répéter ne s'arrêtera pas le jour où votre merveille vous répondra:

-"Tu radotes ma vieille, t'as déza demandé hier".

Là commence le deuxième niveau de répétition, celui qu'on nommera "la valeur sûre". La répétition des ordres. Je n'insiste pas, tout un chacun l'a déjà expérimentée dans sa vie, d'un côté ou de l'autre.
Qu'on soit celui qui répète en permanence (un exemple au hasard) :

-"Range ta chambre"

Ou celui qui se voir répéter en permanence (un exemple au hasard):

-"Range ta chambre"

Chacun comprendra bien le fonctionnement de la touche repeat parentale évoquée par cet exemple.

FPDF et FMDF, je suis cependant au regret de te dire qu'il reste un sacré aspect de ta vie où tu te verras contraint d'enfoncer ta touche repeat perso pour ta plus grande exaspération.

Cela commence toujours de façon plaisante: à table avec  l'autre géniteur/trice de ces merveilles d'enfants, ou autour d'un café avec des potes très aimés, ou même sur une terrasse de maison de vacances avec un ami de longue date. On débute le récit d' une historiette passionnante. Comme par exemple celle où, à la boulangerie, la femme qui faisait la queue devant nous, a changé d'avis trois fois avant de choisir ses pâtisseries du dimanche, alors qu'on espérait acheter rapidement les deux baguettes chaudes et croustillantes nécessaire à notre petit déjeuner tardif.

Le genre d'anecdote qui mérite d'être racontée et qui tient en haleine une tablée entière. Anecdote qu'on regrette déjà de ne pas avoir passée sous silence tellement, rien qu'à la raconter, on s'ennuie soi-même.

Et bien c'est que ta touche repeat entre en fonction.

Car oui, cette anecdote passionne la marmaille.
Qui veut tout savoir..., sauf qu'elle n'a rien suivi, et comprend encore moins. D'où une suite de question qui fait décortiquer une anecdote déjà lamentable d'inintérêt jusqu'à la faire ressembler à un sujet d'explication de texte pour bac français.

-    "C'était qui? Mais où? Et pourquoi elle voulait des gâteaux? Et à qui elle demandait? Et ils étaient pas bons les premiers qu'elle avait choisi? Et pourquoi elle en voulait pas? Et c'était qui qui râlait derrière? Et pourquoi tu râlais?"

Tu veux un deuxième exemple?
Non?
Ah tiens...

Après ça, étonnez-vous que les pères de famille finissent taciturnes, pipe aux lèvres et n'ouvrant la bouche que pour dire des sentences définitives.

Ils ont tout compris les bougres:

"En présence de la marmaille jamais ne parlera, au risque de te répéter cent fois"

PS1 : Vous croyez qu'ils prendraient une fratrie entière en stage d'initiation au Carmel? Non parce que ça m'intéresse...

PS2 : Oui je sais, hier j'avais parlé d'une suite. Souvent femme varie. ceci dit elle existe cette suite, faut juste que j'arrive à trouver qu'elle mérite d'être mise en ligne. 

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Et TAC

 
TAC : Troubles Alimentaires Compulsifs, notion que je crée si elle n'existe pas déjà

On le sait, la relation à la nourriture n'est pas toujours simple-simple.
La vue d'un paquet de granola (plein) peut engendrer une délicieuse excitation du plaisir à venir, alors que la vue du paquet de granola (vide) remplit de haine et de dégoût pour cette chienne de vie qui n'a pas su refréner notre impulsion d'en avaler un nombre non-raisonnable.
Euh... tous en fait.
Moins les quelques échantillons donnés à la marmaille afin d'avoir une bonne excuse pour ouvrir le paquet.

Marmaille à qui bien sûr, personnellement, je ne permets pas de prendre une deuxième de ces merveilles. Perfection de biscuit, sensation du sablé qui s'éparpille sur chacune des papilles, parfum du chocolat qui se développe sur le palais, humidité chaude de la bouche qui exhale le tout, jouissance...

Ahem, excusez-moi, je m'égare...

Je disais donc que je surveille l'alimentation de ma marmaille encore plus sévèrement que Madame de Fontenay ne surveille celle de ses Miss ou que l'éleveur de génisse ne surveille celle de sa championne.

Dans le but avoué qu'elle (ma marmaille, pas la génisse voyons) reçoive le nombre précis de vitamines et la quantité exacte de minéraux nécessaires, tels que recommandés par le premier paquet de céréales venu. Ou pot de yaourt. Ou barres soi-disant diététiques. Sous certains aspects  un super-marché moyen ressemble ainsi à une bibliothèque de nutritionniste de pointe.

Mais je m'égare encore, je n'ose vous dévoiler toute ma pensée.
En réalité, si mon but avoué est leur équilibre alimentaire, mon but réel, mais caché, est qu'ils ne prennent pas trop de poids. Mais n'est-ce-pas, je suis bien trop hypocrite et politiquement correcte pour le formuler. Peut-être aussi un reste d'intelligence me permet-il de savoir que des kilos en plus sont loin d'être une catastrophe, que la vie peut être belle dans toutes les tailles, que le principal c'est de s'aimer, et non de ressembler aux canons de silhouette actuels.

Oui mais...
Oui mais ce sont mes enfants...
Oui mes ce sont mes filles...
Oui mais je ne veux pas qu'elles vivent mon adolescence pourrie par ces kilos...

Alors malgré mes belles théories et malgré toutes mes jolies et élégantes amies rondes, malgré l'harmonie qui se dégage de certains corps pleins de courbes, je suis angoissée de voir le poids de l'un de mes enfants s'envoler plus vite qu'il ne le faudrait.

D'où granola à l'unité. Pour eux tout du moins.

Oui mais alors... que répondre à la demande : "Je peux en avoir un deuxième?"
Parce que depuis Dolto, Rufo et Borloo (ah bon, lui aussi?) on sait que priver un enfant d'un aliment sous le fallacieux pretexte que "ça fait grossir" c'est la porte ouverte aux TACs.

En plus pas forcément. Fait grossir je veux dire. Il y a des personnes, détestables cela va sans dire, que dix granolas d'affilée NE FONT PAS grossir. Tandis que, excusez-moi de me mettre ainsi en avant, mon corps à la chimie interne extrêmement performante est capable de transformer 1 gramme de granola en 100 grammes de graisse. Oui madame! Pour une fois que je suis physiquement performante, il faut que ça tombe sur la création de graisse, pas de bol...

Du coup l'une de mes grandes dépenses d'énergie dans ma vie de mère, c'est d'inciter les enfants à manger des nourritures saines, sans parler poids, sans prononcer de mots qui, même de très loin, pourrait évoquer la culpabilité, sans transformer les repas en un séminaire de formation en nutrition comparée.

Autant dire une mission que même mon ami Jack (Bauer, pas Chirac), il déclare forfait.

-       "Bien plus simple de sauver les Etats-Unis d'une rafale de bombes atomiques" m'a-t-il dit.

Faut-il le préciser, je n'ai toujours pas trouvé la solution, sauf à cuisiner délicieusement TOUS les jours. Mais là moi aussi je dis

-       "Bien plus simple de sauver les Etats-Unis d'une rafale de bombes atomiques"

 
PS : En y réfléchissant, j'ai trouvé quelques différents modèles de réponses maternelles possibles, recueillies au gré de mes expériences. Je dois avouer qu'elles ne m'ont guère aidée, mais si cela vous intéresse, vous pourrez revenir les lire ici même demain. 

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L'angoisse

Mère-ma-soeur, mes ennemies sont là, je le sais...
Je suis cernée, entourée, encerclée...

Elles sont partout...
Les mères tops....

Celles qui n'élèvent jamais la voix.

Celles qui sont au courant au jour le jour du programme fait à l'école.

Celles qui, en achetant leur appartement trois ans avant d'avoir leur premier enfant, ont réfléchi pour savoir quel était le collège de secteur.

Celles qui, pour occuper les enfants le dimanche après-midi pluvieux, sortent leur carton secret de matériels de travaux-manuels, au lieu de sortir la carte du loueur de DVD le plus proche.

Celles qui sont capables d'avoir un avis sur les méthodes de la maîtresse.

Celles qui visitent enchantées des expositions avec leurs enfants, lesquels y partent avec enthousiasme et ressortent emballés.

Celles dont les enfants sont capables de reconnaître à l'odeur l'origan et le romarin, et se régalent de choux-fleurs à la croque au sel.

Celles qui considèrent que leur devoir maternel ne se résume pas à lancer d'un ton détaché:
"Allez vous laver les dents"
mais accompagnent cette phrase d'une vérification de l'obéissance à l'ordre. Avec retour surveillé dans la salle d'ablutions si nécessaire.

Celles qui ne demandent pas  cinq minutes avant l'heure du coucher:
-    "Au fait, vous avez fait vos devoirs?"

Celle qui ont fait faire les apprentissages fondamentaux à leurs enfants (vélo sans roulettes, natation sans brassards) un an avant tout le monde et au bas mot deux ans avant moi.

Celles enfin et surtout qui croient que nous sommes semblables. Rendant en cela inconsciemment hommage à ma capacité de mimétisme et à ma grande hypocrisie.

En conséquence de quoi, celles qui, pour mon plus grand stress, sont ravies de me confier leur enfant afin qu'il joue avec les miens une après-midi de week-end.

Mes enregistreurs-répéteurs perso, plus connus sous le nom de Stasi-de-chez-moi , s'enrichissent alors d'une nouvelle recrue. Sur laquelle je n'ai aucun contrôle. Et lorsque le soir, une mère au grand sourire vient rechercher son enfant chéri, mes pensées les accompagnent longtemps en les voyant s'éloigner sur le trottoir. Pensées qui se résument facilement par cette incantation:

-    "Sainte patronne des mères-pas-top, faites qu'il ne raconte rien. Sainte  patronne des mères-pas-top, faites qu'il ne raconte rien!

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Premières fois


Mère-ma-soeur, dis-moi que toi aussi tu fonds devant la découverte du monde par ton Petit d'Homme. Toutes ces premières fois qui lui allument des étoiles dans les yeux, sources inépuisables d'attendrissement et de larmes à l'oeil maternel.

La première fois qu'il rit en regardant un clown au spectacle, la première fois qu'il découvre le plaisir de plonger dans l'eau, la première fois qu'il voit un petit chaton chanceler sur ses petites jambes....

Quelle émotion...!

La première fois où il se rend compte que lui aussi a le pouvoir sur la lumière. Il appuie sur l'interrupteur. Ô prodige, la lumière s'éteint. Il re-appuie : ô prodige, la lumière s'allume. Il re-re-appuie: ô prodige la lumière s'éteint. Il re-re-appuie : ô prodige la lumière s'allume. Il re-re-re-appuie: ô pro...

-    "Mais tu vas lui foutre la paix à cet interrupteur put* de bord* de merd*!!!"

Quelle émotion peut-être mais faut pas pousser non plus!
 
La première fois qu'avec le plat de sa cuillère, il assène un coup martial à sa purée carottes-épinard et qu'ainsi il pare de nouvelles couleurs le pull de sa maman-çérie, et les  murs du coin-repas.

La première fois qu'en prenant délicatement sur la table de chevet de sa mère, le livre en cours (édition épuisée, modèle à valeur sentimentale intense prêtée par la future-ex-meilleure amie) il se rend compte du bruit délicat que fait le papier qui se déchire. Et que son oreille de futur mélomane averti lui enjoint de recommencer, encore.

La première fois qu'il découvre le plaisir tout simple de tracer un trait. Avec un marqueur. Sur le mur du salon. De chez la belle-mère.

Et puis, il y a cette première fois là...

Celle faite dernièrement par l'échantillon mâle de ma marmaille.

Cette emballante découverte d'une capacité jusque là insoupçonnée. Et qui concerne l'organe pendouillant sous le bidon, capable de grandir et de devenir dur.

Ses grands yeux tendres écarquillés d'étonnement et sa petite bouche fendue d'un sourire radieux, le petit homme fait le tour de l'appartement pour faire profiter l'ensemble de l'assemblée de cette prodigieuse aptitude.

Enthousiasmant non?

Grand succès auprès de ses soeurs, ébahies du phénomène.

Grande fierté du petit XY quand je lui assure que non, mon zizi a moi ne possède pas cette caractéristique exaltante.

Grand soulagement de ma part quand je me rend compte que le père, judicieusement parti au travail au bon moment, échappera à la demande de comparaison du phénomène entre le fils et le père.

Grand moment de solitude quant, à défaut du père, le petit homme se rabat sur le technicien-installateur internet présentement en train de bidouiller la ligne, le quel se voit demander confirmation et vérification de ce phénomène chez lui-même.


Attendrissantes leurs premières fois?
Oui enfin bon, pas toujours non plus...

PS: J'avais mis une autre illustration pour ce phénomène, mais en pensant à toi mère-ma-soeur dont les enfants peuvent débarquer à tout moment devant l'écran, je me sentis obligée de la recouvrir....

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