mere-pas-top

Dans la peau d'une grosse

J'ai vu Caro  resplendissante et ronde, enfin un petit peu. Et seulement au niveau du ventre. Caro qui souriait et aurait tant voulu être la déesse aux six bouches et 12 oreilles pour avoir le temps de discuter avec chacun d'entre nous.

J'ai vu Stéphane bouger, raconter, pleurer, jouer, sauter, danser, époustouflant d'énergie et de décontraction, Stéphane qui ne pourra jamais me faire croire que cinq secondes avant d'entrer en scène il était au bord de l'évanouissement d'angoisse, même s'il avait absolument besoin d'une ceinture pour tenir son pantalon lors de la suite de la soirée, rapport aux cinq kilos qu'il venait perdre en une heure de représentation.

J'ai vu un metteur en scène heureux du résultat qu'il voyait sur scène et plein de confiance dans son spectacle.

J'ai vu deux enfants rire aux larmes en écoutant le texte de leur mère.

J'ai vu des parents tout émus.

J'ai entendu des gens rire en cascade pendant une heure, j'ai vu des rappels, et des rappels, et des rappels

J'ai vu des têtes que je ne connaissais pas associées à des noms que je connais si bien, bonjour Julie, Fyfe, Princessevarda, Clyne, et bonjour à Sofiso et Londoncam, que j'ai vues sans oser aller déranger. Et bonjour à Pomme que j'ai, elle, tout de suite reconnue.

J'étais lundi soir à la première de la pièce de Caro jouée par Stéphane. J'en suis très fière.
C'était très drôle, très tonique, émouvant aussi pour nous qui suivons le blog de Caro.

Que tous ceux qui veulent en savoir plus aillent voir puis se précipitent pour réserver , ils seront sûrs de passer ainsi une très chouette soirée.

C'est tous les lundis soirs à 19 heures.

PS: Ah oui j'oubliais: pour réussir à voir tout cela, je n'ai pas vu mes enfants pendant trois jours. N'en tirez pas de conclusions hâtives s'il-vous-plaît, ce n'est pas ça qui me me donne ce ton guilleret.
Même que j'étais heureuse de les retrouver.


Quand je vous dis que Caro est mega douée...

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Mon combat


J'y crois pas!

C'est de la provocation pure!

Se ballader comme ça sous mes yeux, avec tout ce que j'ai fait pour éviter ce genre de scène.

Plusieurs mois sont passés depuis que j'ai commencé ce combat, et à l'époque il m'avait demandé beaucoup d'effort. J'avais, au bout d'un certain temps, pu finalement  le considérer comme gagné.

Je m'étais alors, je l'avoue, un peu reposée sur mes lauriers.

Ma vigilance s'était endormie, mon attention relâchée.

Jusqu'à la semaine dernière, ce coup de semonce.

Plus le moyen de me cacher la vérité, il fallait reprendre le problème à bras le corps.

Je l'ai repris, en puisant pour cela au plus profond de mes ressources de patience et d'énergie, pour ce travail de fond.

Mais cela en valait la chandelle: le résultat est là, j'ai gagné la bataille.

Dernière petite confirmation ce matin, vérification enfant par enfant, il semble qu'il n'y ait plus rien à craindre.

Jusqu'à ce que...
Au détour d'un coup d'oeil négligent j'aperçoive ce spectacle incroyable parfaitement écoeurant et que je n'avais encore jamais observé:

Un pou!!! Folâtrant sur le dessus du crâne de mon enfant chérie!!!.

Je l'ai presque vu me tirer la langue et éclater d'un rire sardonique tel Fantomas jamais vaincu ou le Rastapopoulos de Tintin qui jamais ne se meurt.

Mère-ma-soeur je te le dis, le pou, cet être malfaisant, est capable de se tenir en embuscade, accroché par une patte à l'oreille la plus proche, en attendant que la menace disparaisse. Car put* de bord* de merd*, j'ai passé consiencieusement le peigne fin il y a moins d'une demi-heure!!!

Epilogue: pour la n-ième fois de l'année: 15 lessives, 6 heures cumulées de pose lotionesque exterminatrice, 5 changements complet de literie et 6 ensembles bonnets/écharpes/anoraks à passer à la machine et à sécher en un temps record (entre deux sorties).

Je crois que le pou aura ma peau...

 PS1: Encore une fois je joue les mères-de-l'air et le blog buissonnier.  Je ne serai pas au rendez-vous de lundi, ni sans doute de mardi. A bientôt.
 

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A table

Mère-ma-soeur, je suis sûre que comme moi tu rêves d'inculquer à tes enfants le bonheur d'une nourriture saine et raisonnable. Voir tes enfants respirer de bonheur à la vue de ce plat de poisson au court bouillon ,accompagné de ses salsifis cuisinés avec amour, est un de tes rêves de base.

Rêve qui dans mon cas tient du phantasme le plus pur. Car pour ce faire, il me serait déjà utile de savoir comment se cuisent des salsifis. Ce qui m'amène à penser que je n'ai aucune idée de ce à quoi peuvent ressembler des salsifis crus.

Il m'est évidemment possible d'entrer chez n'importe quel primeur et de lancer sur un ton qui en imposerait:
-    "Dites-moi mon brave, donnez-moi quelques salsifis. De vos plus frais n'est-ce-pas!"

Mais je n'ose. Le problème avec les fruits et légumes, c'est cette histoire de saisons. Si d'aventure il s'avère que ma demande est totalement anachronique, je crains le sourire méprisant que tant d'inculture potagère pourrait faire naître.
Mais si, solution redoutable, ce charmant commerçant me répond:

-    "C'est comme si c'était fait ma petite dame, je vous en mets trois livres?"
La situation serait pire.

Je me retrouverais alors en possession d'un sac plein d'un légume dont mon dernier souvenir remonte à ma cantine de primaire (dès le collège, déjà,"ils" n'essayaient même plus).

Or, caractéristique amusante, il existe deux ou trois objets dans mon appartement dont la vue m'inspire un profond ennui, tels que le produit pour nettoyer les vitres, le panier avec le courrier en retard et...
Et l'épluche-légume, autrement nommé "économe". Petit nom qui nous rappelle les intendants des lycées de nos grand-parents et qui est bien la seule caractéristique plaisante à son sujet.

Dans une telle situation, mon phantasme tournerait déjà au cauchemar. Assise devant ma montagne de salsifis, crus, que je ne saurais par quel bout prendre (les salsifis, pas la montagne).
Dans les relents de vapeurs de court-bouillon poissonesque (oui ça je sais à peu près faire).
Et dans la profonde déprime de la mère rêvant de ce paquet de frites surgelées qui lui tendait les bras.

Mais le pire resterait à venir. Car en mère moderne et connectée à la toile intersidérale, j'arriverais bien à trouver une recette de salsifis, mise en ligne par une lointaine ménagère du nord du Quebec et qui s'occupe pendant ses longs mois d'hiver. A cuisiner des salsifis. Faut la comprendre, c'est ça ou la conversation avec un caribou. Quoique à sa place, je crois que je choisirais la conversation avec le caribou.

Munie de cette précieuse recette, je serais alors à même de déposer ce plat phantasmé sur la table familiale.

Et là, mère-ma-soeur, je suis sûre que grâce à ton expérience, la suite te paraît claire:

Tout d'abord des enfants qui reçoivent, sous la menace, un centimètre carré de salsifis dans leur assiette:
-    "On ne dit pas qu'on n'aime pas sans avoir goûté. Mange ça ou tu n'auras pas de dessert"

Ensuite une mère en plein trip salsifesque, doublée d'une très très légère mauvaise foi.
-    "Hmmmm mais quel délice, un bonheur, je me pâme, je défaille de plaisir, ah ces salsifis..."

Enfin 1,2 kg de salsifis à ne pas laisser perdre (oui le père, dans un soutien sans faille à son épouse, a accepté d'en manger 100 grammes).

Je vous laisse, j'ai des salsifis à manger..

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Dilemmes

 

Il ya des femmes qui ont des dilemmes très modes:
"Le legging noir ou taupe avec ma robe gris souris?"

Il ya  des femmes qui ont des dilemmes grande classe:
"Champagne ou Pouilly à l'apéritif de la reception de samedi?"

Il y a des femmes qui ont des dilemmes douloureux:
"L'épilation on la commence côté gauche ou côté droit du string?"

Ou bien des dilemmes savoureux:
"Nutella ou crème Mont-Blanc?"

Moi j'ai des dilemmes... vaseux...
Et nocturnes (ceci expliquant cela):

-    "C'est quoi ce bruit  attends qu'est-ce qu'il se passe quelle heure il est? Oh non..."
Il est 3 h 18 du matin pétante, il pleure. Je le prends dans mon lit comme mon instinct m'y pousse? Ou bien je me lève et le berce une heure durant comme on le préconise dans tous les magazines parentaux, mais sans aucune garantie d'efficacité? Ou encore je le laisse me pourrir ma nuit par ses pleurs comme le conseillent tous les psys?

Psys qui expliquent en détail combien le lit parental doit rester un sanctuaire inviolé (si j'ose dire), comment l'enfant doit, dès son plus jeune âge, appréhender l'existence d'une vie de ses parents dans laquelle il n'a pas part, existence symbolisée par cette chambre fermée, et à quel point, jamais au grand jamais, il ne faut lui permettre de dormir avec sa mère, au risque d'induire des traumatismes profonds qui se révéleront dans sa vie d'adulte.

Carrément?
Dans sa vie d'adulte?
Vraiment?

Mais attendez, si les traumatismes éventuels ne se révèlent qu'à l'âge adulte,  en quoi suis-je concernée? Franchement...

Et puis éventuels, éventuels..., c'est bien joli!

Mais un traumatisme qui n'est pas éventuel, c'est le mien demain lorsque le réveil sonnera si je ne me rendors pas dans les 10 secondes.
Ou pire, si je passe la moitié de ma nuit à déambuler du salon aux toilettes avec un paquet de kilos dans les bras, tout en me flinguant régulièrement le pied contre un coin de chaise ou un jouet qui traîne.

En conséquence, mon dilemme nocturne, il appartient à un espace-temps que seuls les sportifs émérites côtoient.

Quelques centièmes de secondes...

Au bout desquelles :

-    "Allez zou couche toi là, prend ce bout de couette et surtout surtout, maintenant...
tu te la FERMES!!!"

Moi la nuit, la psychologie, vous savez....

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Revue médicale


 
A la demande générale de SophieL.L, voici quelques mots sur des médecins. Un jour peut-être vous avouerais-je mes plus honteux secrets de traitements non donnés, de symptômes modifiés pour apparaître plus top, de mensonge éhontés. Pour l'heure, juste quelques mots.
Avant de vous laisser lire, je veux préciser que cette accumulation de médecins n'est due qu'à des déménagements et à des pépins qui n'apportèrent jamais aucune angoisse sur le long terme.
Je ne veux en aucun cas laisser penser qu'il faut me plaindre, ce serait indécent pour les parents qui combattent au jour le jour une maladie chronique ou évolutive de leur enfant.


Il y a eu celle qui grimaçait tellement quand elle auscultait les oreilles de mes enfants que j'en souffrais pour elle. Tout en m'interrogeant in petto sur la validité d'un tel examen, normalement de routine, et qui dans ses mains semblait relever de la chirurgie de pointe.

il y a eu celui qui m'a demandé tous les détails sur la santé de ma fille jusqu'à ce que j'ouvre la couche. Et qu'il se rende compte qu'il fallait rajouter la palpation des bourses à son examen de routine.

Il y a eu celle pour qui consultation ne rimait pas avec ordonnance, partie à la retraite trop tôt et à mon grand regret. Pas d'ordonnance, pas de traitement, pas de course poursuite dans l'appartement un suppositoire à la main.

Il y a eu celui qui, avant de prescrire quelques granules, m'a posé des questions tellement précises, pertinentes et vastes qu'après cette consultation d'une heure j'ai cogité pendant trois jours.

Il y a eu celui qui ressemblait tellement à un bon père de famille que j'avais très envie de l'appeler papa et de me reposer sur son épaule.

Il y a eu celle qui, pour réconforter mon petit bout de fille pendant ce douloureux changement de pansement, lui disait des mots doux avec une telle haleine nicotinée, que moi, qui tenais mon enfant sur les genoux, je ne savais plus si c'était la vue de la plaie à vif ou l'odeur du tabac régurgité qui me donnait le plus envie de vomir.

Il y a eu celle qui écrivait des prescriptions longues comme un jour sans pain, destinées à soigner des pathologies jusque là fort discrètes et sans aucun symptôme.  Symptômes qui encore aujourd'hui me sont inconnus, malgré l'atterrissage immédiat dans la poubelle de ce pensum médical.

Il y a eu celui qui s'occupait du cas, seulement du cas, sans aucune attention pour mon angoisse de mère, lui qui savait bien qu'il n'y avait rien d'inquiétant.

Il y a eu celle qui m'a si bien expliqué la maladie bénigne de ma fille que je regrettais de ne pas pouvoir prendre de notes. J'aurais pu immédiatement aller les revendre dans un CHU à n'importe quel carabin.

Et puis il y eu celui-là, une crème de médecin, un vrai médecin de famille à l'ancienne malgré ses bagouses, ses chemises sûrement dénichées dans une boutique pointue du marais et sa coupe de cheveux qui ne déparerait pas la tête d'un DJ house-techno.

Une personne chaleureuse, instinctive et apaisante, un médecin qui donne l'impression d'avoir tout son temps malgré sa salle d'attente bondée. Qui prescrit peu. Qui me parle à moi comme à une personne et non pas seulement comme à une mère. La nuance est fine, elle signifie qu'il prend en compte aussi mes sentiments et ma disponibilité, et que je ne suis pas seulement l'adulte-relais en charge de la mise en place du traitement.

Un coup de chance, le médecin le plus proche de chez nous après ce déménagement.
Enfin avant...
Avant l'autre déménagement.

Je vais militer pour que la sécu rembourse les frais d'avion.

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Révélation enchantée

Et bien voilà, ça y est je l'ai vu, le dernier Disney en date, qui se nomme "Enchanted" en Anglais dans le texte et "Il était une fois" en pas Anglais nommé Français. Je peux aller jusqu'à la traduction allemande si vous voulez mais ensuite, adressez-vous à votre consulat le plus proche.

Alors bien sûr, vu la date de péremption dudit film , je suppose qu'il a depuis longtemps disparu de l'affiche de par chez beaucoup d'entre vous. Je ne me la jouerais donc pas "Que voir ce soir après le dîner?". Je sais que le ridicule ne tue pas mais on n'est jamais trop prudent.

De toutes manières je ne réussirai jamais à vous en parler avec autant de talent que Caro.

Et puis si d'aventure j'avais ambitionné m'aventurer dans la critique du film, il est possible que je vous eusse avoué qu'à deux ou trois moments je m'y étais ennuyée. Mais ça vous pouvez le mettre sur le compte de mon mauvais esprit.
A beaucoup d'autres, j'ai ri de bon coeur, même plus que mes filles qui n'ont pas encore les clés pour comprendre tous les gags.
En fin de compte j'ai passé un bon moment.

Mais là n'est pas le but de ce post, je voulais vous parler de ce film parce que j'ai eu DEUX révélations en le regardant.

La première ce fut 7 minutes avant la fin:
-    "Put*in mais l'acteur, là, c'est Patrick Dempsey!"

Je dois dire pour ma défense que normalement je suis plus physionomiste que ça. Il suffit que Jude ou Colin apparaissent dans le fond de l'écran la nuit dans le brouillard pour que je sois déjà toute retournée d'émotion et raide dingue amoureuse.
Mais là je ne sais pas, aucune connexion n'avait pu se faire dans mon cerveau entre un film pour enfants et la présence d'un mâââle à tomber par terre.

Pour ma défense, les derniers films vus dans ces conditions, entourée de ma marmaille, étaient "Happy Feet", "Schreck" et "Ratatouille".

Films dans lesquels le potentiel érotique des héros ne m'avait pas réellement troublée.

Vous comprendrez que partie pour voir un film se plaçant dans une telle série, mon cerveau ne soit pas exactement programmé en mode "Attention ça va faire mâle".
Et que je puisse passer une heure à trouver le type à l'écran canon, sans comprendre qu'effectivement je suis en présence d'un des acteurs les plus craquants de sa génération.

Je sens bien que mon excuse vous laisse sceptiques, rajoutez-y une bonne fatigue.

Mais laissons-là ce détail (Patrick? Un détail? Oh my god, comment je peux écrire des trucs pareils?).
C'est la deuxième révélation qui fut la plus grandiose. Un truc énorme!

Pour les personnes qui n'ont pas vu le film je me dois juste d'expliquer le contexte. Cela ira vite, deux phrases suffiront:

Dans ce film Patrick Dempsey est le père d'une petite fille de 6 ans et on comprend qu'ils vivent seuls tous les deux. La scène au dialogue incroyable se passe au moment où la petite doit aller au lit. Son père à cheval sur un des accoudoirs du canapé du salon, sans la regarder,  l'envoie avec tendresse au dodo:
-    "Met-ton pyjama et va au lit ma chérie"

Vous le voyez le truc énorme, la chose insensée?

Le truc qui fait que je chérirai ce film toute ma vie, et pas seulement parce que pendant plus d'une heure il me permet de contempler en gros plan un mec beau que c'est pas Dieu possible?

Mais si voyons...

Il lui dit de se mettre au lit SANS L'ENVOYER SE LAVER LES DENTS et surtout, surtout, on comprend bien qu'il n'a AUCUNEMENT L'INTENTION de lui lire une histoire, et ENCORE MOINS d'abandonner son occupation présente (pianoter sur son portable) pour accompagner sa fille au lit.

Patrick mon amour épouse moi, je suis faite pour être la mère de tes enfants, moi non plus je ne lis pas d'histoire, l'injonction du lavage de dents, j'oublie une fois sur deux et l'accompagnement je peux m'en passer.

C'est bien simple dans cette scène, toi et moi on ne fait qu'un!

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MèreS pas topS

  

Je suis un peu déçue

En ouvrant ce blog je me croyais une certaine légitimité pour le faire, eu égard aux nombreux manquements que je décelais quotidiennement dans mes occupations maternelles.

J'avais un regard naïf et plein d'envie sur mes soeurs de galère mère-de-famille, et en mon fort intérieur résonnait régulièrement ce cri:

-    "Mais comment font les zoooootres?"

Pour suivre la scolarité de leur progéniture sans voir arriver à la maison les photocopies-circulaires distribuées par la maîtresse, sur lesquelles, touchante attention à moi seule destinée, est ajouté un petit mot manuscrit qui me rappelle mon dernier manquement en date (signature du contrôle, oubli du rendez-vous....)?

Pour les faire obéir sans immédiatement ressembler à Cruella des 101 dalmatiens?

Pour que les séances travaux manuels à la maison dépassent l'atelier dessin avec un stylo bille, seul effort consenti pour laisser s'épanouir la créativité de ma marmaille?

Pour accompagner dans le cabinet du médecin un enfant, sans répondre "Aucune idée" à trois question sur quatre. La quatrième étant :"Date de naissance de l'enfant?"?

Pour éduquer leur cinq sens de façon à ce que, à l'odeur, ils sachent différencier si le plat contient de l'estragon ou du coriandre? Et non pas uniquement de façon à ce que, à la vue du paquet, ils sachent différencier si les pâtes sont au gruyère ou au parmesan râpé.

Pour leur apprendre à ranger leur chambre sans utiliser la technique connue en psychiatrie sous le nom de Hysterica Rangementa la Porcheria?

Oui vraiment, je suis un peu déçue, et très honteuse de mon arrogance.

D'avoir eu la présomption de croire que j'étais différente des autres.

Parce que dites-donc, d'évidence, vos comms à l'appui, ma pathologie est très répandue!
Et comme qui dirait que finalement, va falloir que je rajoute un S au nom de ce blog.

PS: Mais vous savez quoi? Grâce à tous ces témoignages, je suis chaque jour un peu plus heureuse d'avoir ouvert ce blog.
Merci
.


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Procrastination

 

PROCRASTINATION, subst. fém.
Littér. Tendance à différer, à remettre au lendemain une décision ou l'exécution de quelque chose. Synon. ajournement, atermoiement. Cette habitude, vieille de tant d'années, de l'ajournement perpétuel, de ce que M. de Charlus flétrissait sous le nom de procrastination (Proust, Prisonn., 1922, p.86).


Avant-propos: Ayant appris ce mot récemment, j'ai décidé de vous en faire profiter. A mon avis, à la fin du post vous l'aurez assez lu pour votre vie entière.

Futur père-et-mère-de-famille (FPDF- et FMDF) -mon frère, ma soeur, encore une fois c'est à toi que je m'adresse. Oui je suis une mine de conseils pour ceux qui n'ont pas encore fait l'irréparable: procréer.

Aujourd'hui je me permets de te conseiller l'apprentissage de la procrastination. Deviens proscratinateur, n'hésite pas.

Bien évidemment, pas dans ta vie d'adulte responsable et réfléchi. Même si cela permet de connaître des moments de douce euphorie. Moments bénis où l'on a enfin mis le chèque des impôts à la poste, à H-3 minutes alors qu'il traînait dans notre sac depuis deux semaines. Moment où l'on connaît un tel contentement de soi-même qu'on pourrait en remonter à notre président lui-même.

Malheureusement, ces moments de douce euphorie se payent chers. Et en avance. Par des sueurs froides dignes du Vertigo d'Hitchkock. De plus la procrastination rend également parano, il faut le savoir. On est en permanence susceptible d'être en retard dans ce qu'on devait faire.

Faire quoi? Là est toute la question! Avec tout ce que l'on remet au lendemain, on ne sait même plus ce que l'on devait faire le jour même.

Personnellement l'ouverture du courrier est régulièrement une source d'angoisse et je réponds au téléphone la main tremblante. Si c'était une amie qui avait quelques mots à me dire suite à une promesse que je lui aurais faite puis remise au lendemain?
La promesse d'aller chercher son fils à l'école par exemple?

Non, réellement, pour la survie dans notre société moderne il vaut mieux éviter toute proscratination.

Par contre FPDF et FMDF, pour ta survie dans ta future sphère familiale, il est indispensable que face à une demande quelconque de ta progéniture, tu apprennes rapidement à prononcer le mot magique de tout bon procrastinateur :

-"J'arrive!"

Alors même que tu n'as aucune idée de quoi il s'agit, qu'il est bien clair que tu n'as pas l'intention de te bouger d'un pouce et que tu oublies ta parole dans les deux secondes qui suivent son prononcement.

C'est ça ou la fin définitive de toute activité en continu.

Calme ta conscience FPDF et FMDF, à procrastinateur, procrastinateur et demi.

Car sache-le, à chaque ordre comminatoire de venir sur le champ que tu donneras à ta descendance, tu t'entendras de l'exacte même façon répondre un:

-    "J'arrive!"

Tout aussi, totalement et absolument, exempt de la moindre part de vraissemblance.

 

PS : Un grand merci à la personne qui m'a servi de muse pour ce post et qui se reconnaîtra

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Voisins-voisines


Hors la grande ville, point de salut pour une mère-pas-top.

Son cauchemar absolu: une jolie maison isolée. Sans voisins.

Hier par exemple où ma fille était brûlante, comment aurais-je fait pour prendre sa température si je n'avais pu chercher le thermomètre chez la voisine?

Ne vous méprenez pas, je possède bien entendu un thermomètre médical. Acheté lorsque je préparais la venue au monde de mes premiers enfants et que j'étais encore pleine d'illusions sur moi-même. Ce thermomètre est présentement quelque part dans l'appartement, tout comme son frère lui même acquis un jour de énième recherche infructueuse du premier.
Ces deux instruments précieux sont actuellement rangés. En lieu sûr dans l'appartement. Le tout est de se souvenir du lieu sûr en question.

En tous cas pas dans le placard qui est supposée être leur rangement. Pas non plus sur l'étagère où il atterrit après avoir pris la température du petit. Pas plus sur le dessus de commode, lieu de dépose-rapide. Invisible également sur l'étagère-dépotoir en laquelle je fondais beaucoup d'espoir.  Sous les lits, dans le panier de linge sale, derrière le canapé, avec les chaussettes des enfants, rien de rien, j'ai vérifié.

Alors?

Alors à moins de déposer des thermomètres dans toutes les pièces de la maison accrochés aux poignées de porte, il est bien évident que sans voisine organisée qui retrouve son thermomètre dans les cinq secondes après ma demande, il m'est impossible de déterminer la fièvre de mon enfant.

En soi pas très gênant, point besoin d'instrument pour comprendre qu'elle a une fièvre de cheval. Mais c'est l'éventualité d'une visite chez le médecin qui me rend prudente.

Face à un homme de l'art, être juste capable d'indiquer:

-    "Mon enfant a de la fièvre", sans donner plus de précisions est toujours assez délicat.

Ces professionnels ont des questions indiscrètes:
-    "Combien? Depuis combien de temps? A-t-elle augmenté depuis son apparition?"

Qu'est-ce-que j'en sais moi, franchement...!

M'étant faite prendre en flagrant délit d'ignorance des détails de la fébrilité de ma progéniture, je prends désormais les devants et la température

Mais UNE voisine ce n'est pas suffisant. Il m'en faut une deuxième.

Car le paracétamol nécessaire pour faire tomber la fièvre, il va bien falloir aller le chercher quelque part. Or si je suis bien l'heureuse propriétaire d'une boite de sachet de paracétamol en poudre, boîte que j'ai retrouvée à sa place attitrée, il semble que je ne sois propriétaire QUE de la boîte. Sans paracétamol dedans. L'extérieur de cette boîte ne trahissant en rien sa parfaite inutilité, elle trône fièrement à la place d'honneur depuis sa dernière utilisation. Evidement cela éclaire d'un jour nouveau la recherche de thermomètre. Si la boîte, dont le destin visible était de finir à la poubelle, se retrouve si bien rangée, il est fort à parier....

Rajouter à la prochaine liste: "Acheter un thermomètre"

Grâce à ce petit exemple tiré d'une journée ordinaire, je pense que l'utilité des voisines est totalement démontrée. En grand nombre cela va sans dire, la parfaite éducation transmise par mes parents m'empêchant d'importuner deux fois la même personne. Je rajouterai qu'il est indispensable qu'elles ne communiquent pas entre elles, afin que ma couverture de "mère-qui-assure" ne soit pas mise à mal.

Or on le sait, dans nos campagnes, les rapports humains sont si chaleureux que la caissière du super-marché est un puits de sciences sur votre vie et la boulangère sert d'informateur à toute la commune.

C'est pour cela que tant que j'ai charge d'âme à la maison, pour que je puisse continuer à faire illusion le plus longtemps possible, l'anonymat de la grande ville m'est indispensable.

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Alerte

 

Mère-ma-soeur, j'aimerais que tu comprennes à quel point ma vie est un combat de tous les instants. Et pour cela, j'ai décidé ce jour, de te décrire  ma vie quotidienne. Enfin un bout. Petit.

Nota bene: Que ceux qui à la lecture de cette phrase recliquent aussitôt sur "fermer la fenêtre" soient assurés de mon soutien. Une telle introduction serait également pour moi source de fuite à toute souris

Pour tous les courageux volontaires qui restent (et dont une fois de plus je baise les pieds afin de leur prouver ma reconnaissance) voici un petit échantillon de la vie d'une mère-pas-top.

La scène se passe sur le chemin de l'école.
Une mère, de la race maudite (pour moi) des mères-top, demande à l'enfant que je tiens négligemment par la main:

-    "Alors tu es prête pour les contrôles?"

Immédiatement la sonnette d'alarme résonne dans ma tête.

Un mordage de langue intensif me permet de ne pas avoir l'air ahurie et de ne pas poser la question révélatrice:

-    "Ah bon? Vous avez des contrôles? Mais quand ça?"

Je reste concentrée.
En lieu et place de l'air étonné, je me compose un petit sourire entendu. Petit sourire dont je suis assez fière j'avoue, dusse ma modestie en souffrir. Tellement fière que je suis même capable de l'adresser à la ci-devant mère-top avec ses questions perfides. Femme que je soupçonne immédiatement d'être un agent double en repérage pour la Ddass.

Etre prise en flagrant délit d'absolu non suivi de la scolarité des ses enfants dans notre société moderne où la réussite à l'école est le critère numéro un pour juger un parent, c'est la marque définitive d'infamie maternelle.

Il me faut à tout prix surmonter cette épreuve.

Par un contrôle de tous mes nerfs, je reste maître de mes émotions et ne montre pas l'angoisse qui m'étreint dans l'attente de la réponse de la chair de ma chair.

Il est en effet indispensable que je cogite à toute allure afin d'être prête à parer toute éventualité. Notamment celle que je redoute entre toutes, une réponse prononcée par le sang de mon sang et qui serait à peu près:

-    "Ah non pas du tout, j'ai rien compris aux divisions, et puis le futur antérieur je ne sais pas le conjuguer"

Dans ce cas là il faut que je sois immédiatement en capacité d'énoncer, AVEC un ton très convaincu:

-    "Ma chérie, je voulais te faire la surprise. Ce soir j'avais justement prévu une session de travail complète en video-conférence avec Tonton Hervé, agrégé de mathématiques. Quand au futur antérieur, il fera l'objet d'un prochain séminaire."

J'attends donc la réponse de l'être que j'ai enfanté, intérieurement liquéfiée, extérieurement niaisement sûre de moi.

L'angoisse monte, je suis suspendue à ses lèvres.

-    "Ben ouais pourquoi?" répond alors ma progéniture.

Ma chérie!!! Prunelle de mes yeux, joie de ma vie, être exceptionnel entre tous! Une fois de plus, grâce à toi, ta mère peut garder le front haut et le regard souverain de la mère qui se sait parfaite.

Mais ce n'est pas tout ça: rester calme, n'exulter qu'intérieurement. Et maintenant que l'alerte est passée, reprendre la main de ce jeu de bluff maternel.

Retourner la question à l'enfant de mon interlocutrice:

-    "Et toi, les contrôles, tu es prêt?"

Avec le secret espoir que la réponse sera négative. Il n'y a pas de raison, c'est elle qui a attaqué la première. Il est même possible qu'en réalité cette mère soit ma soeur-pas-top, et que son info exclusive ne soit que le fruit d'un heureux hasard.
Partant de là, elle se poste sur le chemin de l'école afin d'apostropher tous les collègues de son enfant, étalant sa science de suivi scolaritesque  et espérant ainsi engranger des points bonus dune topitude totalement injustifiée.

Technique très facile à mettre en oeuvre.
Je le sais, je l'utilise dès que l'occasion se présente.

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