Mercredi 23 Janv 2008
Voisins-voisines

Hors la grande ville, point de salut pour une mère-pas-top.
Son cauchemar absolu: une jolie maison isolée. Sans voisins.
Hier par exemple où ma fille était brûlante, comment aurais-je fait pour prendre sa température si je n'avais pu chercher le thermomètre chez la voisine?
Ne vous méprenez pas, je possède bien entendu un thermomètre médical. Acheté lorsque je préparais la venue au monde de mes premiers enfants et que j'étais encore pleine d'illusions sur moi-même. Ce thermomètre est présentement quelque part dans l'appartement, tout comme son frère lui même acquis un jour de énième recherche infructueuse du premier.
Ces deux instruments précieux sont actuellement rangés. En lieu sûr dans l'appartement. Le tout est de se souvenir du lieu sûr en question.
En tous cas pas dans le placard qui est supposée être leur rangement. Pas non plus sur l'étagère où il atterrit après avoir pris la température du petit. Pas plus sur le dessus de commode, lieu de dépose-rapide. Invisible également sur l'étagère-dépotoir en laquelle je fondais beaucoup d'espoir. Sous les lits, dans le panier de linge sale, derrière le canapé, avec les chaussettes des enfants, rien de rien, j'ai vérifié.
Alors?
Alors à moins de déposer des thermomètres dans toutes les pièces de la maison accrochés aux poignées de porte, il est bien évident que sans voisine organisée qui retrouve son thermomètre dans les cinq secondes après ma demande, il m'est impossible de déterminer la fièvre de mon enfant.
En soi pas très gênant, point besoin d'instrument pour comprendre qu'elle a une fièvre de cheval. Mais c'est l'éventualité d'une visite chez le médecin qui me rend prudente.
Face à un homme de l'art, être juste capable d'indiquer:
- "Mon enfant a de la fièvre", sans donner plus de précisions est toujours assez délicat.
Ces professionnels ont des questions indiscrètes:
- "Combien? Depuis combien de temps? A-t-elle augmenté depuis son apparition?"
Qu'est-ce-que j'en sais moi, franchement...!
M'étant faite prendre en flagrant délit d'ignorance des détails de la fébrilité de ma progéniture, je prends désormais les devants et la température
Mais UNE voisine ce n'est pas suffisant. Il m'en faut une deuxième.
Car le paracétamol nécessaire pour faire tomber la fièvre, il va bien falloir aller le chercher quelque part. Or si je suis bien l'heureuse propriétaire d'une boite de sachet de paracétamol en poudre, boîte que j'ai retrouvée à sa place attitrée, il semble que je ne sois propriétaire QUE de la boîte. Sans paracétamol dedans. L'extérieur de cette boîte ne trahissant en rien sa parfaite inutilité, elle trône fièrement à la place d'honneur depuis sa dernière utilisation. Evidement cela éclaire d'un jour nouveau la recherche de thermomètre. Si la boîte, dont le destin visible était de finir à la poubelle, se retrouve si bien rangée, il est fort à parier....
Rajouter à la prochaine liste: "Acheter un thermomètre"
Grâce à ce petit exemple tiré d'une journée ordinaire, je pense que l'utilité des voisines est totalement démontrée. En grand nombre cela va sans dire, la parfaite éducation transmise par mes parents m'empêchant d'importuner deux fois la même personne. Je rajouterai qu'il est indispensable qu'elles ne communiquent pas entre elles, afin que ma couverture de "mère-qui-assure" ne soit pas mise à mal.
Or on le sait, dans nos campagnes, les rapports humains sont si chaleureux que la caissière du super-marché est un puits de sciences sur votre vie et la boulangère sert d'informateur à toute la commune.
C'est pour cela que tant que j'ai charge d'âme à la maison, pour que je puisse continuer à faire illusion le plus longtemps possible, l'anonymat de la grande ville m'est indispensable.
Par ClaireMM, Mercredi 23 Janv 2008 à 06:20 GMT+2 dans Pas top en public









