mere-pas-top

Mère de famille nombreuse? Yeah!

Je dédie ce post à Caro et à son pamplemousse.


Petit post court aujourd'hui. Ça fait très longtemps que ce sujet me gratouille et finalement il se confirme que quand ça me gratouille, ça ne me chatouille pas. D'où une absence assez flagrante d'humour qui me fait abréger l'écriture.

Il semblerait donc que l'arrivée d'un troisième enfant et de ses éventuels petits frères et soeurs entraîne l'heureuse génitrice dans une catégorie bien connue sous le nom de mère-de-famille-nombreuse.

Tout un concept.
Mère de famille nombreuse...

Là comme ça à froid ça vous évoque quoi? Hmmm?
Allez, avouons-le, pas le top de la séduction.
Le jean informe, la vie rangée et une absence absolue de fantaisie.
 
La glamouritude attitude.... Pas tentante pour deux sous (pour ne pas employer un autre mot, qui rime avec tentante et qui veut dire à peu près la même chose. Vu d'un point de vue masculin. Ça commence par B. Et Brassens l'a chanté)

C'est là que je ris sous cape. Totalement out depuis 2005, les capes, soit-dit en passant. Les vrais fashionistas les ont déjà échangées contre une fourrure, qui, elle, est redevenue in depuis 2006. Petit apparté pour prouver sans avoir l'air d'y toucher qu'on peut être mère de famille nombreuse (que nous appellerons MDFN dans la suite de ce billet pour faire djeune) ET rester tendance.

Mais revenons à notre sujet.
J'aimerais savoir comment les MDFN  peuvent se coltiner une image pareille d'absolue ternitude, tout en étant fortement suspectées de ne pas savoir contrôler une sexualité débridée, seule raison plausible pour expliquer l'arrivée de tant d'éléments nouveaux dans leur descendance. Ou pour expliquer qu'elles pondent leurs lardons plus vite qu'un charcutier après l'abattage du cochon.   

Si  la montée de lait est la seule sécrétion qu'inspire à Madame-pas-top (un exemple au hasard) la vue d'un bel échantillon mâle de type Clooneysque, Grantesque ou Firthesque, alors que chez tout autre être féminin (et parfois masculin) ces sécrétions sont plutôt salivaires voire vaginales (euh, sauf chez les hommes pour ce deuxième type de sécrétions, c'est vrai), peut-on m'expliquer comment la MDFN peut avoir une telle sexualité?

Ah!!!
Alors?
Une réponse?

Alors dites voir, serait-il possible que la vision de la MDFN dans notre société moderne et néanmoins si conformiste se transformasse et qu'on arrête de nous cataloguer dans des vieux clichés surrannés, stupides et désagréables?


PS1: A vrai dire, ce billet ne vous est pas adressé vous qui venez gentiment lire ici. car j'ose croire que nous avons la même vision vous et moi, et que vous savez qu'une MDFN peut être porteuse d'un minimum de fantaisie, entre autres.
Mais si vous avez besoin un jour d'un argument face à une réflexion plus ou moins stupide...
Ou si vous avez une solution pour que j'affiche ce texte au café Coste ou que je le publie dans Elle...

PS2: Pour l'illustration, j'avais le choix entre  publier des photos d'un abattage de cochon, d'un jean informe ou de Colin Firth. Bon ben j'ai choisi Colin. Au hasard, si si... Parce qu'une photo de MDFN, franchement, quel intérêt?

PS3: Sans rapport aucun avec le sujet du jour. Pouick  m'avait fait une illustration pour le post d'hier, et je l'ai eue trop tard pour la mettre en ligne.
Alors voilà.  THE capuchon en plastique transparent par Pouick:
Et si vous n'êtes pas encore allée chez elle, n'hésitez pas, sa laïfe qu'elle prétend chiante est très drôle-ment bien dessinée.

 

PS4: Si vous trouvez que j'abuse des PS, il se peut que vous ayiez raison 

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Soyons honnêtes

 



Il est temps que mes filles se mettent à voler. Elles ont l'âge.

Pas de leurs propres ailes les pauvres, je ne suis pas Madame Thénardier non plus. Je leur octroie encore quelques années de cohabitation avec cette femme hystérique, de mauvaise foi et très légèrement monomaniaque
-    "T'as rangé? Va ranger, C'est pas rangé etc..."
qui leur sert de mère.

Non non, je veux parler du vol. Du larcin, de la fauche, du chapardage, du chourage, bref, piquer un truc quoi!

Parce que je crois bien qu'à leur âge, moi, j'avais déjà volé.

 Attention pas n'importe quoi. Pas un vulgaire malabar ou un carambar sponsorisé en sous-main par la confrérie des dentistes. Non non non, il s'agissait d'un objet typique de la féminité de l'époque. Enfin de la féminité version mémère. Maintenant que j'ai le recul nécessaire des années pour analyser, je me rends compte combien mon sens du fashion avait déjà de sacrés ratés.
Mais cet objet me fascinait, je rêvais d'être enfin femme pour en posséder un.

Il me semble que depuis, cet objet a totalement disparu de la surface du globe.
Et que les moins de... pfouh, 30 ans?... ne peuvent pas connaître.
Comme quoi déjà à l'époque mon flair pour les solutions d'avenir se révélait infaillible.
C'était un petit truc que toutes les femmes bien possédaient. Enfin dans mon quartier. Enfin les dames qui se faisaient belles avec des bigoudis ou la permanente. Ces dames, elles n'étaient déjà pas jeunettes il y a trente et des bananes d'années. Mais elle portaient ÇA sur la tête.
Et ÇA pour moi, c'était la quintessence de la féminité:

Un capuchon en plastique transparent à se mettre sur la tête pour protéger sa mise en plis.

Rien que ça.
J'en rêvais.

C'était pas grand. Ça tenait dans un petite pochette en plastique, carrée d'environ deux ou trois centimètres de côté. Noire ou grise. Ou grise ou noire, les constructeur misant tout sur la fantaisie du packaging.

Dans cette petite pochette se trouvait le capuchon en plastique transparent. Plié non pas en 8, non pas en 16, mais en 32 ou 64 au moins.

Il suffisait de le déplier et les dames à bigoudis ou à permanente pouvait se le mettre sur la tête pour aller à l'extérieur les jours de pluie. La féminité assumée, la distinction faite femme.

Et quand elles voulaient le ranger, c'est là que la magie opérait. Car il suffisait de tirer sur les deux liens opposés et hop, merveille, le capuchon se refermait d'un seul coup d'un seul, comme un éventail ou un accordéon. Cette capacité à se refermer si magiquement m'enthousiasmait. Ce petit capuchon; c'était pour moi le comble du ludique allié à la féminité. 

Une invention pareille ça valait de l'or.

Enfin pour moi, parce qu'en vrai, ça devait coûter 1 franc ou même moins. C'était systématiquement placé devant les caisses, petit truc à ajouter au dernier moment à ses courses. Dans le super marché de mon quartier tout au moins.
Et moi à chaque fois que je passais devant ce bac à hauteur de mes yeux, je rêvais.

Malheureusement, ma mère, qui déjà à l'époque avait un goût bien meilleur que le mien, n'a jamais eu l'ombre du soupçon de l'idée d'acheter ce truc d'un ridicule fini. A la vérité je n'ai jamais osé lui demander. Sans doute cette prescience enfantine qui me faisait confusément sentir que cet objet très prisé des mamies et autres vieilles dames n'était sans doute pas un concept porteur.

Alors un jour, j'en ai volé un. D'un seul coup d'un seul.
J'ai vu que la caissière ne regardait pas, j'ai vu que ma mère s'occupait d'autre chose, j'ai vu que personne n'était dans les environs.

Je l'ai pris.
Je l'ai mis dans ma poche.
J'avais le coeur qui battait. De joie. Enfin j'étais en possession de l'objet de mes rêves. mon trésor à moi.

Malheureusement dans la demi-seconde suivante, mon coeur s'est mis à battre plus fort.

De honte.
J'avais volé.

Je n'ai pas osé le rendre. Je n'ai pas osé le dire. Une fois rentrée chez moi, je suis allée le cacher.
Même pas dans mes affaires, objet de malheur, je ne pouvais le garder dans ma chambre. Je l'ai mis sous des piles de linge dans la salle de bain.
Maintenant que je suis mère, je comprends bien que cette cachette était foireuse. Vue de ma hauteur d'enfant, cette armoire me paraissait ne jamais servir. Vue de ma hauteur de mère, je comprends ma légère erreur de perception. Cette armoire était sûrement une des plaques tournantes des occupations ménagère de mes parents. Très mauvais choix de cachette. Mais jamais personne ne m'en a parlé.
Et moi toujours quand la pensée me revenait, j'avais le rouge au front et la honte au coeur. Et pourtant parfois, pour le plaisir, j'ouvrais doucement l'armoire recéleuse, j'attrapais ce bel objet, je le dépliais, et hop je tirais sur les liens pour voir le miracle du pliage s'accomplir. Puis je le remettais au fin fond de sa cachette.

J'avais 6 ans.
Depuis je n'ai plus rien volé, je crois. Le souvenir de cette honte d'enfant m'a retenue de suivre les copains du collège quand ils ont ont commencé à piquer pour se sentir grands. Je n'ai jamais pu considérer le vol comme un signe d'affranchissement.

Cette histoire, je l'avais oubliée, enfouie dans toutes mes perceptions d'enfance. Mais elle m'est revenue de plein fouet pendant les vacances, lorsqu'un neveu ayant passé la nuit chez nous avec ses cousins-cousines est reparti en embarquant un paquet de chewing-gum. Larcin dont personne ne s'est évidemment rendu compte. Mais larcin qui lui fit faire des cauchemars toute la nuit suivante et ressentir une honte sans nom toute la journée du lendemain. Jusqu'à ce que, tel un pape moyen, à la demande de sa mère, je lui accordâsse(? Dieux de la grammaire, aidez-moi) mon pardon, avec tout le doigté dont j'étais capable.

Cette histoire me fit réfléchir... Il est évident que ce neveu ne repiquera pas de sitôt.
Et je commence à m'inquiéter pour mes enfants: il est largement temps qu'ils chouravent un truc, histoire de se traumatiser pour les années à venir et que je n'ai plus à me préoccuper du problème.
Le but ultime de mes réflexions étant bien sûr toujours de diminuer la charge physique et morale qui pèse sur mes épaules. Une bonne petite honte bien tenace, et ça devrait le faire côté éducation à la moralité.

Me voici donc confrontée à un problème inédit.

Comment leur faire délicatement comprendre combien il est important pour leur avenir qu'ils aillent piquer une sucette à la boulangerie?

Dolto et Rufo, vous auriez une solution?


PS 1: Reconnaissons qu'il y a une faille dans mon raisonnement: pour que ce vol ait sa portée symbolique, il faut qu'il soit un secret honteux, donc qu'ils en m'en parlent pas. Si ça se trouve, ce vol a déjà eu lieu.

Quoi, mes enfants auraient piqué un truc sans m'en parler? Mais quelle honte! Ils auraient pu au moins me demander. Je les aurais emmenés direct à la parfumerie et j'aurais discrètement indiqué les produits qui coûtent un bras et que j'aimerais bien voir dans ma salle de bain. Tant qu'à faire...


PS2: J'ai désespérément googelisé sans trouver la moindre image de l'objet en question. Un si beau capuchon pourtant...

Edit de l'après-midi: Vous trouverez dans les comms d'Altaïr-Cécile et de Danrolle les liens nécessaires pour aller voir l'objet en question. Merci à elles.
(Désolée de ne pas les recopier mais ça me demanderait des manips de déblocage de pop-up et je suis très à la bourre)

 

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Bonne résolannée

Voilà, c'est le premier billet de l'année 2008 et non contente d'être en retard, je vais en plus faire preuve d'un manque flagrant d'originalité.

Mais il me faut l'écrire, car je vous souhaite vraiment une

BONNE ANNEE 2008


à vous tous et à vous toutes.
A vous qui venez lire ici tous les jours silencieusement mais fidèlement
A vous qui lisez et qui si gentiment, drôlement, pertinemment ou d'une manière émouvante faites vivre le blog grâce à vos comms.
A vous qui m'avez laissé des petits mots tout au long de ces 15 jours, petits mots que je parvenais à lire de temps en temps, au hasard de la rencontre avec un ordinateur connecté. Petits moments de plaisir personnels dans ces quinze jours très familiaux.

Alors à vous tous je vous souhaite une année la plus heureuse possible, remplie de petits bonheurs quotidiens. Jolis comme un pré rempli de fleurs des champs.

Voilà, et maintenant, en un mot comme en cent, continuons dans l'absence absolue d'originalité et parlons des bonnes résolutions.

Sauf que là, faut pas pousser mémère-pas-top dans les orties non plus, soyons sérieux, je n'en ai aucune.

Non parce que je tiens à signaler tout d'abord, que le concept de nouvelle année en plein milieu de l'hiver est tout à fait relatif quand on est une mère. Top ou pas top. Parce que l'année, comme chacun sait, elle démarre début Septembre pour se terminer avec les vacances d'été. Début Janvier, on est donc mathématiquement en début de deuxième tiers d'année.
Outre que ce terme évoque désagréablement les impôts, il prouve par ailleurs l'incohérence de se mettre soudain à prendre des résolutions de début d'année. Fussent-elles bonnes.
Sous prétexte d'année nouvelle,  faire la bise à tous ses amis, collègues, voisins, sans oublier le chien du voisin et le poisson rouge de la cousine, au risque de se refiler les milliards de germes qui profitent de la mauvaise saison pour se multiplier bien au chaud de nos voies rhino-laryngologiques, passe encore.
Mais en plus s'auto-flageller de nos manquements pour les transformer en bonnes résolutions, lesquelles par leur non-tenue nous donneront une nouvelle raison de nous auto-flageller dans quelques mois, là je dis stop.

Et conséquamment, j'aborde cette année sans aucune bonne résolution topitudesque.

Et puis honnêtement, si j'attendais le premier Janvier de chaque année pour me dire que là non vraiment j'exagère et qu'il faut que je fasse un effort envers mes enfants, il y aurait de quoi appeler la Ddass.

Je ne vais pas systématiquement attendre la nouvelle année pour me dire qu'il faut que je leur cuisine des choses plus équilibrées. Imaginez que cette soudaine prise de conscience me vienne début Fevrier après une semaine de repas vespéraux "pâtes-au-beurre", vous imaginez les dégâts si j'attends dix mois pour rectifier le tir? Je ne tiens pas à voir la photo de mes enfants dans les journaux médicaux sous le titre : "Seuls cas de scorbut recensés dans la classe moyenne européenne depuis un siècle et demi".

De même, je ne peux décemment pas attendre une date butoir pour prendre la résolution de cesser de rugir. Si après chacun de mes rugissements je ne prenais pas la résolution que, non vraiment, c'est trop la honte de ne pas se contrôler comme ça, désormais ma voix aura la douceur d'un chant d'oiseau et la caresse d'une brise d'été, si je ne la prenais pas cette résolution-là, mais je pourrais abuser de cette manière de m'exprimer! Déjà que..
Avec l'énorme risque de l'usure. Et de me retrouver un beau matin avec un rugissement inopérant.
Vous imaginez ma détresse? Je n'ai pas de solution de rechange. J'ai bien essayé le barrissement du phoque (ou de l'otarie, je ne sais pas très bien ils sont ensemble dans le zoo et j'ai toujours eu du mal à les distinguer). C'est un son très étonnant et fort peu mélodieux qui me fait toujours craindre que l'animal n'ait une bronchite mal soignée
A ma grande stupéfaction ce son m'est sorti  spontanément du gosier un jour de gros rhume et d'énorme colère.
Le résultat fut immédiat.
Mes enfants en ont pleuré de rire.
J'ai rayé à tout jamais le barrissement du phoque (ou de l'otarie) de ma panoplie.
Il est indispensable que mon rugissement continue à fonctionner dans les années à venir, et pour cela, ne point trop en abuser.

Quant à l'histoire du soir...
Oui, je pourrais (A-I-SSSS) prendre la résolution que, joliment et tendrement, une histoire, chaque soir, je leur conterais (A-I-SSS).
Afin de les préparer à un sommeil profond et réparateur (enfin c'est surtout pour moi que leur sommeil est réparateur avouons).
Là je dis : cessons l'hypocrisie. Et appelons un chat un chat. J'appellerai donc désormais l'histoire systématique du soir une corvée. A la nuance près que celle-ci est facultative. Corvée. Facultative... Comme un hiatus non?
Franchement, ça vous parait logique de se taper facultativement une corvée? Non? Ben moi non plus.
D'où histoire du soir rare. Mais qui dit rare dit précieuse. Petits moments volés par mes enfants à leur flemmasse de mère-pas-top. Plaisir de m'écouter lire.
Résumons : ma non-topitude me permet de transformer un banal rituel du soir en moment précieux. C'est-y-pas top?
Je ne vais pas aller prendre la folle résolution de changer cet état-de fait.

Enfin voilà, quelques petits exemples pour essayer de justifier mon absence totale d'engagement solennel premierjanviesque.
Il est possible que mon raisonnement ne soit pas des plus convaincants.
Je me le garde quand même.

Et petit conseil en passant mère-ma-soeur ou pas-mère-mais-ma-soeur-quand-même, réfléchis à deux fois avant de de prendre des bonnes résolutions.
Parce que ce concept appelle bilan.

Moi au moins, je m'évite cette étape délicate... 

PS : Bon allez si j'en prends une de bonne résolution: celle de mieux relire mes posts pour ne plus laisser toutes les fautes d'orthographe que je retrouve trop tard. Que ceux et celles que ces fautes gênent dans la lecture veuillent bien m'excuser.

 

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Holidays


Je sens que je ne vais pas oser.
Très légèrement peur que la révélation que j'ai à vous faire n'induise un profond sentiment de rejet à mon égard...

Et je ne vais pas oser vous dire que les vacances,euh...
Je m'interroge...
Est-ce-vraiment le bonheur?

Je pourrais me faire lyncher, moi qui suis à la tête de 14 semaines de vacances par an, avec la possibilité de me dépayser un peu.

Néanmoins j'ai quelques arguments...
Peut-être est-ce plus simple que chacun se fasse une opinion par lui-même? Pour ce faire, je présenterai ma démonstration de manière simple, sous forme d'exemples.
A gauche du tableau nous avons Madame Quidam en vacances. Heureuse, béate détendue. En vacances quoi.
A droite du tableau nous avons Madame mère-pas-top. Sentiments indéfinis sur le visage.

Comptons les points "bien-être"

En les mettant les en situation.

Madame Quidam:
Les doigts de pieds couverts de sable, un roman passionnant, le bruit des vagues, le soleil qui chauffe son corps bronzé à travers le parasol, la gentille brise bienvenue qui combat la trop grande chaleur...
La détente toute entière de son corps qui lézarde...

Madame Mère-pas-top:
Les doigts de pieds couverts de sable, un roman passionnant, le bruit des vagues, le soleil qui chauffe son corps bronzé à travers le parasol, la gentille brise bienvenue qui combat la trop grande chaleur...
... Avec en bonus....
Un petit corps glacé et mouillé qui se jette soudain joyeusement sur elle.
Aaarrggh

Madame Quidam one poïnnt... - Mère-pas-top ziwo poïnnt...

Il me semble cependant percevoir dans l'assistance quelques mouvements de scepticisme. Je sens que cette démonstration n'a pas convaincue. Sous le fallacieux prétexte que je serais de mauvaise foi vu que ce sont les vacances de Noël qui démarrrent. Et que ce genre de scène est assez peu fréquente sous nos contrées en cette période.

Objection retenue, nous allons prendre un autre exemple:
Dehors le froid et la bise (oui, c'est mieux pour l'ambiance) qui souffle aux fenêtres, le retour d'un promenade qui a mis le chaud au coeur et le froid au corps.
Madame Quidam se défait de ses  couches successives et profite de la douce chaleur de son foyer. Se prépare une boisson chaude.
Se love dans un fauteuil, sous un plaid, un roman à la main, de la musique dans les oreilles.

Madame Mère-pas-top, avec la même bise et le même froid. Comme Madame Quidam, commence à se défaire des couches successives. Très incomplètement puisqu'elle est demandée pour une fermeture récalcitrante. Puis pour tirer des chaussures trop serrées à cause des deux paire de chaussettes. Puis pour retirer les gants. Défaire le tortillon d'une écharpe. Porter le petit dernier en urgence sur le siège des toilettes.
Tout ça avec son équipement prévu pour les -10°C actuellement mesurés à l'extérieur.
Rouge et transpirante, elle trouve la chaleur de son foyer insupportable.

Madame Quidam two points... - Mère-pas-top ziwo point...

Néanmoins le moment de la boisson chaude lovée dans le fauteuil sous un plaid,  bouquinage  à gogo, est envisageable
Sans le plaid qu'on lui a piqué pour faire une cabane.
Il reste la boisson chaude et le roman.
Dont une petite main anonyme a perdu la page.
Il reste la boisson chaude.
Qu'un petit corps qui se jette sur elle en tentant d'échapper à ses soeurs lui fait renverser au deux-tiers sur ses genoux.
Aaaaaaïïïe

Madame Quidam three points - Mère-pas-top: ziwo point

L'assistance de salariées à 5 semaines de vacances par an reste cependant difficile à convaincre, je le sens.
Il me faut donc frapper un grand coup. Et aborder le problème universel des grasse matinées.

Premier jour: Madame Quidam ouvre un oeil à 9 h42. S'étire, remonte la couette.  Un instant d'éternité dans le bien-être:  premier matin de vacances...
Premier jour: Mère-pas-top ouvre un oeil à 7 h36. Aidée en cela par une petite voix qui la questionne:
-       "Tu dors?"
Se traîne dans la cuisine aider à la préparation des petits-dej, un oeil ouvert, l'autre encore fermé...

Madame Quidam four points - Mère-pas-top: ziro point

Deuxième jour : Madame Quidam... mais ai-je besoin de continuer?

Vous avez bien compris, à la fin Mère-pas-top aura engrangé autant de points "bien être" qu'un concurrent de Malte au concours de l'Eurovision.  
D'où son expression indéfinie quand on lui parle vacances...
D'autant plus que je suis pudiquement passée sur la préparation des deux repas par jour, le linge, le minimum syndical de ménage etc etc...

Une mère-pas-top en vacances, comment dire, ce qui la dépayse le plus c'est d'avoir changé d'évier...

Allez, d'accord salariés-à-5-semaines-mes-amis, j'en rajoute un peu...

Ce soir c'est les vacances. Et c'est quand même le bonheur.
Je me réjouis pour eux.

Et puis quand je me lève à 7h36 pour dire la vérité, je frôle la grasse mat...


Et...

 BONNES VACANCES ET BONNES FÊTES A TOUS... 

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Ma lettre au Père Noël

 

Cher Père Noël

J'ai bien réfléchi, je sais précisément ce que je veux pour Noël.

Je voudrais du temps. Du temps. Et du temps.

Du temps pour être mère.
Pour m'occuper d'eux. Les écouter un par un. Leur parler seul à seule.
Les observer, les aider à approfondir une passion naissante, faire les fous à deux, à quatre, à six. M'installer près d'eux au retour de l'école et entendre leurs récits. Avec mes deux oreilles. Et mon esprit tout à eux.
Du temps pour sortir avec eux tout d'un coup, sur un coup de tête, sans calculer l'heure de retour en fonction des devoirs, du lait à acheter avant la fermeture du super-marché et du réveil qui sonnera trop tôt le lendemain matin. Aller admirer le coucher de soleil ou les lumières de Noël. Puis revenir et avoir le temps.  Le temps de partager. Le temps de transmettre tout ce que j'aime, à petite doses, leur faire entrevoir des mondes inconnus. En prenant notre temps.

J'aimerais du temps pour vivre ma vie de femme amoureuse. Autant que je le désire. Du temps pour aimer et pour être aimée. En le prenant, le temps.

Du temps pour mes amis, mes ami-e-s. Sortir, papoter, écouter, partager, aider si je peux. Tenir mes promesses d'aide.

Du temps pour me cultiver. Voir des spectacles, écouter de la musique, lire lire lire. Pas seulement ce qui se lit vite, les romans qui n'exigent pas trop d'efforts, et donc peu de temps.
Je veux me plonger dans de bouquins qui demandent réflexion. Des livres qu'on pose pour mieux s'en imprégner. Et puis qu'on reprend. Puisqu'on a le temps.
Du temps pour étudier. Les premières civilisations, la mythologie grecque, les secrets de la botanique, la magie du monde animal, comment fonctionne un moteur de voiture et comment je peux réparer mon ordinateur... Et tant encore.

Du temps pour aider.  Sans compter mon temps.

Du temps pour m'occuper de moi. Tous les jours. Comme me le conseillent tous les magazines féminins. Devenir une femme si soignée.
Maquillage démaquillage crème de jour, crème de nuit. Contour des yeux, soin des pieds, gommage, masque pour donner de la vitalité à mes cheveux, masque détendant pour le visage, masque tonifiant pour le visage, manucure,  épilation ...
Avec le temps, peut-être comprendrais-je que ce n'est qu'une perte de temps.

Et puis plein de temps pour perdre mon temps.
Plein de temps à ne rien faire.
Quelque chose que je sais si bien faire...

Voilà petit papa Noël, tu vois ce n'est pas compliqué.
Il n'y a qu'une seule chose sur ma liste et en plus c'est  gratuit. Mais tellement précieux.

Merci d'avance

PS : Ah et puis j'allais oublier...  Si tu pouvais ajouter une bonne dose d'énergie aussi dans le paquet. Parce que mazette...
Quel programme!

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Y croire?


Bon les amis j'ai un problème.
Mais le thème est complexe, et quand je dis complexe...
J'ai peur de m'embrouiller. Tant pis je me lance

Je crains de n'avoir engendré une légère confusion dans la tête de ma marmaille.
Celle en âge de comprendre un discours de plus de trois phrases d'affilée. Pour LE reste (au singulier), il est déjà assez confus en lui-même, il n'a pas besoin de mon aide.

Ma progéniture a récemment découvert l'existence de Dieu.
Enfin sa non existence.
Euh enfin le fait que Dieu est un sujet.
Enfin un sujet dont on parle, pas un sujet qui agit
Enfin si quand on y croit il agit. Sauf si on n'y croit pas.

Vous voyez, je vous l'avais dit, c'est un sujet à embrouilles dans ma tête.

Alors vous imaginez quand ma progéniture s'en mêle, comment je suis à l'aise.

Or elle a récemment découvert, à l'occasion d'un baptême familial, qu'il y a des enfants qui sont des enfants de Dieu.
Enfin, c'est comme ça que disait le prêtre. Même qu'il a vachement insisté sur le fait que les enfants de Dieu ils ont tout bon, rapport que Dieu veille sur eux. Jour et nuit. Et peut éventuellement chasser les cauchemars (non, ça c'est moi qui le rajoute parce que le prêtre il avait oublié d'en parler).
Et puis ils ont pu constater par eux-mêmes, que côté cadeau, devenir un enfant de Dieu c'est rentable.

Et  là, ma marmaille, non baptisée, quand même, ça lui a posé un énorme problème.

Et pourquoi eux ne sont pas des enfants de Dieu?

Qu'est-ce-que c'est que cette irresponsabilité parentale qui ne leur a pas fourni cette assurance divine?

Bien sûr, une bonne mère-pas-top qui s'assume dirait:

-    "Tout ça c'est du n'importe quoi, je n'y crois pas une seconde, va te coucher"

Sauf que..., ce n'est pas si simple dans ma tête. Sans doute un peu plus dans la tête de leur père, mais c'était moi sur la sellette ce jour-là.

Alors affirmer péremptoirement:

-    "Dieu n'existe pas",
je n'ose.

Mais asséner la réflexion miroir:

-    "Dieu existe",
là je ne puis.

Et me voilà bien embêtée.

Surtout que dans un souci de culture minimale, il n'est pas question de fêter Noël sans parler de Jesus. Donc de Marie. Donc de Joseph. Donc de etc etc...
Tout se complique!

J'ai bien sûr tenté une réponse de base, pensant ainsi régler le problème:

-    "Il y a des gens qui croient que Dieu existe, il y en a qui n'y croient pas"

Simple, fin et logique. La classe.

Sauf qu'à logique, logique et demi.

D'où une réponse frappée du coin du bon sens:

-    "Ah je comprends, Dieu, c'est comme le Père Noël"

Là il m'apparut que je n'étais pas sortie de l'auberge. Quand tu en es à expliquer la différence entre Dieu et le Père Noël, c'est que tu pars de très loin. Et que tu n'es pas arrivée.

Heureusement, comprenant que sur ce coup là, se parents n'assuraient pas une cacahouète, un échantillon de ma descendance a pris le choses en main. Sans nous demander notre avis.

Elle prie donc "à Dieu". Pour lui demander qu'il fasse beau demain par exemple (elle débute dans la voie des prières, n'oublions pas).
Et quand il fait beau le lendemain, elle ne me l'envoie pas dire:

-    "Tu vois, ça marche, il fait beau"

A moi de me dépatouiller pour lui expliquer que l'expression "ça marche" en parlant de Dieu n'est peut-être pas la plus indiquée.

Mais là, je sens que ça va me demander encore de gros efforts intellectuels.
Je vous laisse, faut que j'aille y réfléchir...

 

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Enfin seul(e)?



Aujourd'hui, juste un petit détail en passant, futur(e) mère-ma soeur et père-mon-frère d'un premier enfant...

Oui, je sais, je sais, on t'a déjà fait mille conseils, donné mille recommandations et mis en garde contre mille dangers.

Ca devient très légèrement agaçant.

Considère-moi comme la mille-et-une ième. Ce nombre me plaît. Très évocateur

Parce qu'il faut savoir....Tu crois que l'arrivée de la merveille va te faire passer dans la catégorie parent? Bien sûr...

Mais elle va surtout te faire intégrer très rapidement la grande confrérie des personnes pour qui les waters closed ne peuvent plus l'être.
Closed je veux dire.
Idem pour la salle de bain.

Sous peine de vaquer à tes petites affaires sanitaires avec ce doux bruit de tambourinage de porte en fond sonore accompagné de l'incantation:

-    "T'as bientôt fini?"

Pour éviter ce désagrément, tu perdras vite le réflexe de t'enfermer.

Ce qui te permettra, à ton grand bonheur, d'avoir un public attentif.

Capable dans les cas les plus extrêmes d'amener son propre tabouret pour s'installer face à toi lorsque tu es assis sur le trône très démocratique.

Et de te regarder.

Situation qui a l'art de mettre à l'aise.

Ou bien de venir voir par derrière pour vérifier qu'il se passe bien ce qu'il pense qui est en train de se passer.

Et demander confirmation à voix haute:
-    "Tu fais caca?"

L'occupation de la salle de bain donnera lieu également à des séries de questionnements métaphysiques par ta marmaille:

-    "Pourquoi t'as des poils sur le zizi?"

Est évidemment l'une des valeurs sûres dans les questionnement incontournables.

A ce sujet, il faut être consciente que la chair de ta chair dans un élan pédagogique, ira raconter sa découverte à qui lui tendra une oreille attentive.

Malheureusement pour ta pudeur sur laquelle tu vas vite comprendre qu'il faut t'asseoir, cette oreille attentive est régulièrement madame Dugenou, ci-devant voisine d'en face. Ou la maîtresse. Ou la boulangère. Bref, rien que des intimes avec qui une petite discussion sur ta pilosité ne peut qu'être un grand moment de plaisir...

Voilà, futur(e) mère-ma-soeur ou frère-mon-père, je ne te retiendrai pas plus longtemps.

Tu as désormais toutes les clés en main pour débuter cette période magique de ta vie.
Et de nombreux futurs sujets de conversation avec madame Dugenou.

Vos rencontres dans l'escalier ne seront plus jamais les mêmes...

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Saison de couette

 

Les amis, il est temps d'agir. Cessons de parler en rond, prenons des décisions et défendons nos valeurs communes.

Cela ne peut plus durer.
Trop de souffrances, trop de déprimes

Exigeons l'abolition de l'hiver sans fin.
Et dès à présent revendiquons l'hiver du 2 Février au 23 Mars.

Laissons là le mois de novembre déprimant, ce mois de décembre que ne réchauffe aucunement les lumières de Noêl, et ce mois de Janvier glacial. Ne gardons que le dernier mois et demi d'hiver.
En guise de souvenir.
Et afin de se féliciter tous les jours de la brièveté de ces jours abominables.
Afin surtout de continuer à ressentir cette joie toute simple apportée par les premiers signes du printemps. Continuer à pouvoir déguster un rayon de soleil qui, pour la première fois depuis de longs mois, nous chauffe et auquel on tend un visage heureux. Ou bien un chant d'oiseau un matin qu'on redécouvre avec ravissement.

Ne gardons, pour le plaisir du cycle des saisons, qu'un service minimum d'hiver.

Qui permettra à certaines de continuer à être si élégante en low-boot et en pull de cachemire. Ou si joliment emmitoufflée dans leur écharpe qui tourne trois fois autoir de leur cou et un bonnet bien enfoncée sur leurs yeux. Modèle Claudia Schiffer dans Love Actually.

Je dis bien certaines. Pas les autres. Pas celles appartenant à la grande confrérie des causes perdues de l'élégance. Dont il me faut bien avouer que je fais partie, et ce, malgré des tentatives récurrentes et desespérées de m'en extraire.
Malheureusement, force m'est de reconnaître que l'hiver pour moi, c'est la garantie de la silhouette 100% boudin.

Pas de taille, pas de hanches, pas de seins, pas d'épaules.

Juste un rectangle formé d'empilement successifs.
Et des pieds qui ont pris deux pointures.
Une pointure pour faire entrer les deux paires de chaussettes épaisses.
Une pointure purement illusion d'optique due au côté croquenot de la chaussure.

Parce que reconnaissons que la bottine fourrée, mon accessoire fétiche en hiver, passion que je partage ce me semble avec les vendeuses des étals de poissonnerie sur les marchés, ne rend pas justice à la finesse de mon pied.

Ajoutons à ce tableau déjà chargé, une propension à avoir l'air stupide avec un bonnet sur la tête, accessoire pourtant indispensable pour éviter des déclenchements de migraines dues au froid.

Voilà à quoi se réduit mon élégance l'hiver.

Sans compter le nez rouge. Et les traits tirés par le froid, grâce auxquel je gagne instantanément dix ans dès que je mets le nez dehors.
J'ai bien dit je gagne. C'est à dire en plus. Sur mon visage.

Je résume:
l'hiver, en extérieur j'appparaîs  comme un objet mouvant non identifié, de forme cubique au nez rouge, à l'air stupide et en vieillissement prématuré.

Loin, très loin de Claudia Schiffer dans Love Actually

Et malgré tout banquisifiée en 5 secondes.

Conclusion logique : je ne peux envisager qu'un seul scénario pour survivre à un week-end d'hiver.
Celui bien connu de la couette, avec une boisson chaude à ma droite, chocolatée (version régressive), ou théinisée (version raffinée), quelques douceurs à ma gauche, un bon DVD face à moi.
Dans mon cas n'importe quelle comédie romantique fait l'affaire. Rajoutons deux ou trois DVD en attente, plus un ou deux livres en solution de secours lors des scènes faibles scénaristiquement parlant. Et je peux enfin oublier le froid, le vent et la luminosité défaillante.

Mais... ils sont là!

Etres pas totalement finis, incapables de s'enquiller 3 DVDs à la suite tout en grignotant des mignardises.
Ne comprenant pas que traîner au lit une journée entière est un bonheur rare sur cette terre.
Tout au plus parfaitement d'accord avec le concept du zero-toilette et pyjama-day.

Aucune concession supplémentaire.

Sortie o-bli-ga-toi-re

Même par - 10°C!
Même sous la neige!

Il semble donc mère ma soeur, que je ne sois pas de la même famille que mes enfants. La génétique s'est amusée

Ils font partie de famille des volatiles qui sont hyperactifs l'hiver. (Hyperactifs? ça me rappelle quelqu'un).
Je fais partie de l'espèce des mamifères hibernants.

La cohabitation est rude...

Surtout pour le mammifère...

PS : Bien sûr, je suis consciente que nous, amis terriens, faisons ce qu'il faut pour que ce scénario d'hiver raccourci, voire totalement disparu, se mette en place. Et bien sûr, j'en suis extrêmement angoissée. Surtout quand je les regarde eux, et que je me dis qu'ils vivront sans doute les années 2050, 2060 etc... où les changement climatiques auront peut-être déjà fait tant de dégâts.
 

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Retour au pays

 

Je crois que ce billet se comprend mieux si on sait déjà qui est Mariama. Et puis, ça vaut la peine de la connaître, Mariama. Pour cela il faut cliquer .


Mariama repart.

Elle quitte ce pays pour rentrer dans celui où elle est née, dont elle parle la langue et dont les codes de la vie de tous les jours lui sont connus.

Elle rejoint ses amis et sa famille. Tous ceux qui n'ont pas été contraints d'émigrer.

Elle laisse là son isolement,  et trouvera de l'aide au quotidien pour s'occuper des enfants, des oreilles amies pour se confier.

Elle retrouvera un climat qu'elle comprend et pour lequel elle sait se vêtir.

Elle pourra de nouveau s'aventurer plus loin que les trois rues autour de chez elle sans l'angoisse de se perdre et de ne plus savoir demander son chemin.

Elle ne sentira plus ces regards qui se retournent sur elle.

Elle saura juger de la qualité des victuailles sur un marché et estimer la valeur de ses achats.

Mariama repart

Je suis heureuse pour elle. Son visage perdra son air de tristesse, ses enfants découvriront leur mère autrement.

Mariama repart

Je suis si triste.

Pour elle qui va laisser son mari ici. Qu'elle ne reverra plus qu'une fois tous les deux ans.

Pour son mari qui va voir s'éloigner ses enfants et sa femme dans cet aéroport ultra-sécurisé où il ne pourra pas les accompagner très loin.

Pour ces enfants qui vont quitter leur père.

Pour ce garçon et cette fille qui vont quitter leurs amis et leur pays pour s'adapter à celui de leur parents.

Pour cette mère qui devra élever ses petits dans un pays où la santé peut coûter si cher.

Pour la vie de cet homme et de cette femme, si difficile, et qui demande de faire de tels choix.

Mariama repart.

Et je ne sais pas si je dois me réjouir pour elle ou pleurer pour eux.

Mais je sais que moi, je perd une jolie présence dans ma vie.

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Pétasse, le retour

Il semble donc que j'aie engendré une pétasse .

La fille jolie dont la meilleure copine est toujours une mocheté. Mocheté qu'elle aime vraiment énormément, et à qui elle raconte tous ses malheurs. Comme quand son jean en taille 36 la serre et qu'elle sent bien qu'elle a pris 200 grammes. La mocheté est tellement peinée pour elle qu'elle n'a même pas le réflexe élémentaire de lui proposer son jean taille 44 pour qu'elle se sente plus à son aise et moins engoncée.

Celle qui raconte aussi à sa copine moche comment c'est dur que Thomas il ne l'ait presque pas regardée ce soir. Copine moche qui ne comprend pas très bien où se trouve le problème vu que les 28 autres garçons de la soirée, eux, ont passé TOUTE la soirée à se relayer à ses côtés.

Celle qui ne s'est même pas rendue compte que son super pote débonnaire et qui lui raconte des blagues en permanence tout en lui donnant la liste des devoirs qu'elle a oublié de noter, est aussi totalement raide dingue d'elle.

Je le sais bien tout ça. Je n'invente rien. C'était moi la moche.

Ma copine belle à moi, elle s'appelait Graziella.
D'accord, mon prénom n'est pas Germaine ou Mauricette, mais il faut bien admettre que, si à une soirée on présente Graziella et Claire à un garçon lambda, et que l'une des deux est sublime (et que ce n'est pas Claire), cette dernière a autant de chance d'imprimer la mémoire du jeune homme qu'Arlette Chabot de gagner le concours Miss France.

Voilà pourquoi, en matière de fille top, j'en connais un rayon. Et passée la surprise d'être en partie à l'origine de l'existence d'une telle personne, je comprends qu'il va falloir être vigilante.

Ce n'est pas parce qu'elle est pétasse que je peux la laisser faire tout et n'importe quoi.

Et hier soir, à la fête de son école, il m'est apparu qu'elle faisait tout et n'importe quoi.

Alors qu'ils étaient tous en rang d'oignons à chanter et que j'en profitais pour les observer très indiscrètement. Avec le même oeil critique qu'une actrice inspectant les portants de chez Chanel avant de choisir sa tenue pour les Césars.

Je cherchais des yeux Valentin, ci-devant tombeur de ses demoiselles et qu'une indiscrétion que j'ai juré de ne répéter à personne m'a appris être l'amoureux officiel de la demoiselle.

Et c'est là que mon sang de mère n'a fait qu'un tour.

Comment peut-on, entre tous ses soupirants, choisir Valentin-le-bellâtre alors qu'on a Corentin-le-piquant en option?

Quelle idée de choisir cet espèce de Thomas Hugues en miniature. Que je suis sûre qu'à vingt-cinq ans il se fera des brushings pour aller à son boulot de chargé de clientèle à la Société Générale.

Alors qu'on a un petit brun des plus prometteurs à disposition. Qu'on imagine dans une quinzaine d'années traîner plus de coeurs derrière lui que Keanu Reeves et Jude Law réunis.

Je suis profondément désapointée.
Et totalement déçue.

Il faut que je me rende à l'évidence! En matière de soupirant comme en matière de décoration de Noël, les goûts de ma progéniture sont complètement pourris.

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